RP Naruto - Rupture de l’Éther

RP Shinobi no Saisei - Rupture de l’Éther

Pour le public hors RP : Depuis plusieurs mois, je gère un RP Naruto sur Twitter, Shinobi no Saisei, on alterne entre sérieux et humour sur les intrigues narratives, et cela m'a donné l'envie d'écrire notre création commune sous la forme de fiction. Bien sûr, beaucoup d'éléments sont incohérents au manga, je ferais au mieux pour rester dans l'univers, mais tout ne sera pas forcément logique. Temporellement parlant, cela est situé après Shippuden et avant Boruto.


 

Pour les membres du RP SnS : Tout ce que j'écris n'est pas forcément vrai et arrivé dans le RP (notamment pour ce qui concerne les discussions privées et les détails impossibles à récupérer), je vais romancer notre jeu, le rendre cohérent au possible et garder la dimension sérieuse. Bien sûr, interpréter les personnages est une tâche difficile, et le faire en intégrant la façon dont vous jouez vos rôles l'est encore plus, j'espère que je ferai quelque chose de potable. Je ferai de mon mieux. Puisque je ne peux suivre le RP que depuis le point de vue de Sasori, je ne pourrais écrire que depuis cette position là, donc si je commets des erreurs niveau lecture de votre propre RP, je présente toutes mes excuses d'avance.

Fiction rp sns

Chapitre 1 : Retour

Sasori ouvrit les yeux. Le soleil lui brûla la rétine et il se redressa légèrement. Le marionnettiste laissa ses yeux glisser autour de lui. Il était allongé dans le sable et la chaleur se faisait ressentir. Il reconnut sans peine le désert de Suna. Avec un soupir las, il passa une main dans ses cheveux ébouriffés. Il ne comprenait pas sa présence en ce lieu, il ne comprenait comment il pouvait être vivant. Il avait pourtant réussi à se libérer du jutsu de Kabuto grâce à Kankuro. Pourtant, il ne pouvait s'agir de la même situation. Lors de sa précédente résurrection, il avait retrouvé un corps humain, or cette fois, il possédait son enveloppe retravaillée de marionnette vivante, comme lorsqu'il était en vie. Il possédait également une sacoche contenant des rouleaux. Un rapide coup d'œil lui permit de savoir que ces derniers dissimulaient l'intégralité de ses pantins. Le dernier détail qui lui assurait qu'il était bel et bien de retour était le contrôle qu'il avait sur ses actions. Sasori se mit debout. Si lui était revenu, il était plus que probable qu'il ne soit pas le seul. Aussi, son nouvel objectif était de tenter de retrouver ses anciens compagnons. Déterminé, il se mit en route rapidement, ne voulant pas perdre de temps.


 

*********


 

Le village de Konoha était en pleine ébullition. La fin de la guerre avait été compliquée pour tout le monde, et Tsunade avait eu beaucoup de difficultés à retrouver une certaine stabilité politique. Après quelques années de travail acharné, elle avait lâché l'affaire. L'Hokage avait donné temps et énergie à la reconstruction du pays, elle ne désirait maintenant plus que repos, sources thermales, voyages et jeux. Et également un peu de saké. Mais avant de partir, elle devait choisir un successeur. Son choix s'était automatiquement porté sur Kakashi Hatake, un ninja brillant et responsable qui avait plus que contribué à la victoire de la quatrième grande guerre. Mais à son grand désarroi, le ninja aux cheveux argentés avait refusé. Tsunade se retrouvait donc seule dans son bureau, à chercher une solution, inconsciente de l'émoi qui ébranlait actuellement l'intégralité du village. Ce dernier était pourtant justifié par l'arrivée de deux personnes dans le village. Deux personnes qui n'auraient jamais du se trouver là. Deux personnes décédées depuis longtemps. Kushina Uzumaki et Minato Namikaze. La nouvelle de leur retour s'était propagée très vite, et elle avait entraîné un rassemblement gigantesque à la porte principale. Naruto était arrivé en catastrophe, les larmes brillant dans ses yeux bleus océan. Le jeune homme s'était jeté dans leurs bras, posant mille et une questions qui n'avaient aucune réponse. Shizune entra en catastrophe dans le bureau de Tsunade. Cette dernière sursauta.

- Et bien, pourquoi une telle précipitation ? demanda-t-elle avec flegme.

- Maître Tsunade, le village entier s'est précipité l'entrée du village !

- Quoi ? Mais pour quelle raison enfin ?

Sa jeune assistante semblait bien trop affolée pour que cela soit normal. L'Hokage fronça les sourcils, inquiète.

- Le quatrième du nom et Kushina Uzumaki y sont !

- Comment ?! cria la dirigeante de Konoha en se levant brusquement. De nouveau Edo Tensei ?

- Non, justement, ils sont bel et bien vivants.

- C'est impossible...

Tsunade contourna son bureau et se dirigea hors de la pièce. Shizune lui emboîta le pas, en silence. Le son des talons de la ninja médecin martelant le sol donnait à sa marche un rythme qui témoignait de son anxiété. Malgré l'incompréhension et l'appréhension qui fusionnaient dans son esprit, l'Hokage ne put s'empêcher d'avoir une idée en tête, une idée qui résoudrait son problème. Lorsqu'elle arriva au milieu de la foule et que son regard croisa celui de Minato, elle sut ce qu'elle avait trouvé la bonne solution.


 

*********


 

Minato referma le dossier qu'il lisait avant de lâcher un soupir las. Trop de questions lui trottaient dans la tête, et cela l'empêchait de se concentrer sur son travail. Lorsqu'il était revenu au village, vivant comme l'étaient tous les habitants, il n'avait pu fournir aucune explication. Kushina, qui était alors à ses côtés, n'en savait pas plus. Toutefois, tous les avaient accueillis à bras ouverts, et Tsunade, qui ne rêvait que de quitter son poste pour partir en voyage, avait proposé au quatrième de nom de reprendre du service. Ce dernier avait gentiment accepté, mais il restait troublé par cette histoire. Malgré ses recherches, il n'avait rien trouvé sur les raisons son retour. Minato se leva et s'approcha de la porte fenêtre de son bureau afin de rejoindre le balcon. Il glissa sa main gauche dans sa poche et en sortit un paquet de cigarettes. Il saisit une tige, la porta à ses lèvres avant de l'allumer avec le briquet qu'il tenait au creux de ses doigts. Le jeune homme inspira longuement, fermant les yeux pour mieux savourer la sensation, avant de souffler une fumée grise. Cette activité était une autre conséquence de ce nouvel état d'être humain. Il savait pourtant le danger provoqué par la toxine inspirée, mais il n'y pouvait rien, chaque nouvelle cigarette l'apaisait plus que la précédente. Un son retentit dans son dos et l'Hokage se retourna pour voir Sasuke entrer dans le bureau. Le meilleur ami de son fils et lui s'étaient bien entendus assez rapidement, à la grande surprise de tout le monde. Le jeune Uchiha appréciait la force et l'assurance tranquille du leader, et celui ci aimait le sang froid et l'efficacité du brun. Ce fut donc naturellement que le plus jeune devint un conseiller de choix pour le dirigeant de Konoha.

- Minato, j'ai des nouvelles assez inquiétantes à t'annoncer...

L'Hokage revint immédiatement dans la pièce.

- Que se passe-t-il ? interrogea le blond, le regard soucieux.

- Il semblerait que Kushina et toi ne soyez pas les seuls à être revenus. Des cas similaires se sont produits, et pas uniquement à Konoha.

- Qui, Sasuke ?

L'héritier des Uchiha prit une longue inspiration.

- Tout d'abord, vos prédécesseurs, ils viennent d'arriver au village. Mais aussi...

- Dis moi.

- La rumeur court que l'Akatsuki est également de retour.

Minato écarquilla les yeux, conscient de ce que représentait cette information.


 

*********


 

Il sourit avec satisfaction avant de tendre les dés à l'homme qui lui faisait face. Celui ci s'empara des deux objets avant de les lancer sur le plateau.

- Et bien Hidan, susurra son interlocuteur avec un rire amusé, te voilà tout aussi chanceux que tes petits camarades.

L'homme aux cheveux argentés rigola à son tour.

- Décidément, vous êtes joueur depuis quelques temps.

- Tu n'imagines pas à quel point le monde est devenu ennuyeux. Je ne pourrais pas vous contrôler là bas, et vous n'aurez aucun souvenir de ce qu'il s'est passé ici, c'est pour cela que ça va être très amusant de vous y renvoyer.

- Vos désirs sont des ordres, s'inclina le ninja immortel.

Sur un simple claquement de doigt de l'inconnu, Hidan disparut de la pièce, ne laissant de son passage que deux dés indiquant un double de cinq. Un sourire malsain aux lèvres, il se tourna vers la dernière personne présente dans la pièce immaculée.

- Mon cher Kisame, il semble que tu sois le dernier de l'Akatsuki à être encore ici. Viens donc tenter ta chance toi aussi.

L'homme requin répondit d'un rictus amusé.

- Ce que tu peux être tordu Jashin, affirma-t-il en s'asseyant en face du dieu.

Ce dernier ricana avant de saisir les dés entre ses doigts pour les donner à son nouveau partenaire de jeu.

Chapitre 2 : Discussions, décisions

Sasori entra dans le bâtiment avant de balayer la salle d'un regard las. Ses yeux se posèrent sur une chevelure blonde qu'il reconnaîtrait entre mille. L'homme était seul, un air boudeur et profondément ennuyé sur le visage, tout en sirotant une boisson sans grande conviction. Le marionnettiste avança avec nonchalance avant de s'assoir en face de lui. Aussitôt, les yeux couleur océan s'écarquillèrent de surprise.

- Sasori ! Tu es vivant !?

Un léger sourire flotta sur les lèvres du ninja aux cheveux écarlates.

- Je pourrais te dire la même chose, Deidara, répondit-t-il simplement.

Son interlocuteur fit la moue.

- C'est vrai, mais tu es parti avant moi quand le binoclard nous a utilisés.

Il plongea ses iris dans ceux de son aîné.

- Tu m'as abandonné à cette bande d'abrutis de l'alliance ninja. Tu n'imagines pas le calvaire que j'ai subi !

Le nukenin de Suna soupira. Son acolyte ouvrit la bouche pour parler mais il leva la main pour l'inciter au silence.

- Je voulais te voir, l'informa-t-il d'une voix posée. Pour être plus exact, je te cherche depuis ma résurrection.

Deidara sembla surpris.

- Ah oui ? Et pourquoi cela ?

- Je veux reformer l'Akatsuki, j'ai l'intuition que nous ne sommes pas les seuls à être de retour.

Le ninja d'Iwa ricana.

- Reformer l'Akatsuki ? Et pour faire quoi exactement ? Enfin Sasori, on est de nouveau libres de nos actes, tu ne voudrais pas plutôt faire ce qui te plaît ?

Le maître marionnettiste roula des yeux.

- J'ai justement des projets personnels, et c'est pour les réaliser que je souhaite réunir notre organisation. Maintenant, la question n'est pas ce que je veux faire, mais plutôt si tu acceptes de venir avec moi ?

Le jeune homme sembla réfléchir un instant. Il laissa son regard dériver sur son verre et il songea à l'ennui qu'il éprouvait depuis son retour.

- Je te suis.


 

*********


 

Gaara entra à l'intérieur du village de Konoha. Minato l'attendait près de la grande porte, avec à ses côtés Sasuke et Naruto. Les quatre hommes profitèrent du trajet jusqu'au bâtiment principal pour échanger quelques familiarités. Peu avant d'atteindre l'édifice, le fils du quatrième du nom se fit interpeller par Konohamaru, qui désirait son aide pour une tâche particulièrement ardue, le blond partit donc, laissant ses acolytes monter jusqu'au bureau du Hokage. Le brun resta à l'extérieur de la pièce afin de veiller à ce que personne ne dérange les deux dirigeants, tandis que ces derniers s'installaient autour de la grande table. Minato prit une grande inspiration.

- Si j'ai demandé ta présence Gaara, c'est pour te parler d'une affaire hautement problématique.

Le Kazekage hocha la tête, l'invitant à poursuivre.

- Je t'écoute.

- Comme tu le sais déjà puisque la nouvelle fait le tour du monde, de nombreuses personnes sont revenues à la vie sans aucune explication, moi le premier. Toutefois, des rumeurs inquiétantes circulent à propos de l'Akatsuki. Il semblerait qu'ils fassent partis des ressuscités.

- C'est en effet peu rassurant, nous devons absolument augmenter la surveillance des villages, et prévenir les autres Kages.

Minato le regarda avec gravité, hochant la tête.

- C'était prévu. Si je t'ai convié en premier, c'est parce que l'organisation s'en est prise à toi il y a quelques années, mais j'ai d'ores et déjà envoyé des messages à nos pairs des autres pays afin d'organiser un conseil ici, à Konoha.

- Excellente idée. Il ne reste donc plus qu'à attendre...


 

*********


 

Le jeune homme souffla, vexé. Son acolyte lui jeta un coup d'œil aussi bref que désintéressé. Pourtant, derrière ce visage inexpressif, le ninja aurait juré qu'il arborait un sourire amusé bien que ce dernier ne soit qu'une ombre au coin de ses lèvres.

- Pourquoi râles tu déjà Deidara ? demanda alors le marionnettiste sans quitter sa nonchalance habituelle.

Le blond roula des yeux.

- Tu le sais très bien, arrête de te moquer de moi Sasori.

- Tu es revenu deux fois à la vie, il serait peut être temps d'enterrer la hache de guerre non ?

Le nukenin d'Iwa grogna pour toute réponse. Les deux revenants poursuivirent leur route en silence. Ils finirent par trouver celui qu'ils cherchaient, et Sasori s'avança seul pour parler avec lui, Deidara refusant de s'approcher. Il observa de loin son acolyte discuter avec l'homme qu'il haïssait plus que tout. Itachi Uchiha, ninja de Konoha. A ses yeux, ce type était l'arrogance même, et il ne pouvait le supporter. Se sentant observé, le possesseur du sharingan fit glisser ses iris rouges écarlates vers lui et le spécialiste des explosions détourna la tête, refusant de lui accorder de l'importance. Finalement, les deux hommes conclurent leur conversation et revinrent vers lui. Déçu de constater qu'Itachi avait décidé de rejoindre la partie, Deidara entreprit de n'avoir aucun contact avec lui.


 

*********


 

Les trois membres de l'Akatsuki s'arrêtèrent devant la porte. Le blond fronça alors les sourcils.

- Sasori, ne me dis pas qu'ils sont dans une bibliothèque ?

- Pourtant, ils sont bien ici... répondit le maître marionnettiste avec flegme.

Le nukenin d'Iwa ricana.

- Ne te moque pas de moi, comme si Hidan savait lire.

Le ninja aux cheveux rouges ne daigna pas répondre, et Itachi garda le silence qu'il avait adopté depuis qu'il accompagnait le duo d'artistes. Ils entrèrent dans la haute bâtisse et se mirent à la recherche des deux immortels. Les trouver fut plus simple qu'ils ne l'avaient espéré car le calme du lieu était perturbé par une voix haute qui criait à fréquence régulière. Les nukenins suivirent l'origine du volume sonore jusqu'à s'arrêter entre deux étagères. Kakuzu était installé à une table, occupé à lire un épais ouvrage sans prêter attention aux babillages de son acolyte. Ce dernier, avachi sur le même bureau, se lamentait de son ennui avec conviction. Le religieux finit par prendre conscience de la présence de ses anciens alliés.

- Sasori ?! Avec Itachi et la blondasse ? Qu'est ce que vous foutez là ?

Kakuzu leva alors les yeux de ses lignes pour regarder les nouveaux venus. Deidara ouvrit la bouche pour insulter le fanatique de Jashin en réponse au surnom employé mais Sasori l'en dissuada en posant sa main sur son épaule. Le plus jeune fit la moue, se jurant que ce n'était que partie remise.

- Je souhaite reformer l'Akatsuki, affirma le marionnettiste sans perdre de temps. Voulez vous venir ?

- Je te suis, répondit aussitôt Hidan en se levant, tout plutôt que de rester dans cet enfer de paperasse.

Sasori plongea ensuite son regard dans celui de Kakuzu.

- Je serai payé ? demanda enfin l'homme aux cinq cœurs.

Le nukenin de Suna soupira en roulant des yeux.

- Forcément, nous restons une organisation comme à l'époque. Seul l'objectif va changer, et encore.

Son interlocuteur resta un instant interdit, puis il se redressa à son tour, acceptant la proposition. L'équipe sortit du bâtiment, décidée à poursuivre leurs recherches sur les autres membres de leur groupe. Toutefois, ils n'eurent pas le temps de s'éloigner de l'édifice qu'une personne se matérialisa face à eux.

Chapitre 3 : Gardiens

Le village de Konoha retrouvait doucement son calme habituel. Le retour des anciens Hokages avait perturbé la vie quotidienne autant que l'arrivée de Minato et Kushina quelques semaines auparavant. Le soleil éclairait l'intégralité des bâtiments et la forêt qui enfermait la cité offrait une ombre dansante sur les abords de la muraille. Un homme approchait des grandes portes, il avançait sur le sentier d'un pas tranquille, bien que son cœur battant à tout rompre ne soit la preuve de sa hâte. Dès qu'il entra dans l'enceinte, Izumo et Kotetsu, qui étaient de garde, se précipitèrent à sa rencontre.

- Alors toi aussi tu es revenu ! cria le premier, un air surpris mais heureux sur le visage.

- Quel plaisir de te revoir en vie ! enchérit le second avec le même enthousiasme.

L'homme leur offrit un sourire éclatant.

- Je vois que je vous ai manqué. A vrai dire, je ne pensais pas le moins de monde que je serai ressuscité.

Les deux ninjas baissèrent alors les yeux, confus.

- Nous voudrions te présenter nos excuses, lança Kotetsu en porte parole de leur pensée commune, nous avons été incapables de mener à bien notre dernière mission et notre incompétence t'a coûté la vie.

Leur interlocuteur posa une main sur son épaule, une expression bienveillante sur le visage.

- Vous avez fait de votre mieux, nous n'étions juste pas préparés. Ne soyez pas désolés, vous n'êtes pas responsables.

Le revenant rit de bon cœur, porté par la joie d'être de nouveau parmi les siens. Son nom résonna dans son dos et il se retourna pour se trouver face à Kakashi Hatake. Ce dernier le fixait simplement, les mains dans les poches et l'attitude nonchalance qui lui seyait à merveille.

- Tu n'as pas l'air très surpris de me voir, affirma le nouveau venu avec amusement.

- C'est qu'on commence à s'y faire, répondit le shinobi aux cheveux argentés avec légèreté. Entre Minato, Kushina, et les anciens Hokages, on a eu un bon lot de stupéfaction ces derniers temps. Il faut croire que la Mort rencontre quelques difficultés avec son autorité.

Il s'approcha alors, et l'homme put imaginer le sourire qui irradiait le visage de son interlocuteur derrière le masque de celui ci.

- Toutefois, je suis content de te voir, Asuma.


 

*********


 

Les membres de l'Akatsuki se figèrent lorsqu'un individu apparut soudainement devant eux. Ils reconnurent rapidement Tobi de par son fidèle masque orange, ou plus exactement Obito Uchiha, qui avait été des leurs avant de les utiliser pendant sa guerre.

- Ainsi, commença-t-il simplement, vous avez décidé de reformer l'Akatsuki ?

Les ninjas déserteurs gardèrent le silence, ne sachant comment réagir. Ils avaient maintenant tous conscience de la réelle identité de leur ancien allié, et surtout, ils savaient qu'ils n'avaient été que des pions à ses yeux. Sasori s'avança le premier pour lui faire face, l'expression indéchiffrable, comme à son habitude.

- Effectivement, Obito. Que veux tu ?

L'homme masqué prit le temps de découvrir son visage et tous purent voir son sharingan brillant de conviction.

- Savoir ce que vous comptez faire, parce qu'il est hors de question que je vous laisse semer une nouvelle fois la terreur dans ce monde.

Il fut coupé par un éclat de rire proche de la démence. Son propriétaire s'approcha à son tour, ses yeux violets grands ouverts de colère, de haine mais aussi de folie meurtrière.

- Tu te fous de ma gueule le borgne ? hurla-t-il. Qui a manipulé l'Akatsuki pour ses petits projets secrets ? Qui a déclenché la quatrième grande guerre ninja pour les réaliser ? Qui a échoué en entraînant des milliers de morts au passage ? Et tu oses venir nous confronter en jouant les héros ? T'es le pire d'entre nous, Uchiha !

Le nukenin saisit sa faux, prêt à combattre, un sourire sadique aux lèvres.

- Jashin se délectera bientôt de tes entrailles, crois moi !

Sasori leva son bras, barrant la route du ninja impulsif.

- Attends Hidan.

L'homme aux cheveux argentés serra les dents pour ne pas insulter le marionnettiste qui le coupait dans son élan. L'artiste de Suna ignora la réaction de son acolyte pour tourner ses yeux vers Obito.

- Nous n'avons pas besoin de nous battre. Je crois comprendre que tu as à ton tour trouvé ta rédemption. Que s'est-il passé pendant la guerre ?

L'Uchiha sembla pris de court, toutefois, il entreprit de raconter les évènements qu'il avait vécu. L'Akatsuki l'écouta plus ou moins patiemment, Sasori avait les bras croisés et le regard fixé sur l'orateur, Kakuzu semblait quelque peu distrait, Itachi avait posé attentivement ses pupilles sur celui qui partageait son nom, et en arrière, Hidan et Deidara tâchaient de se disputer sans élever la voix, ce qui fut rapidement peine perdue. Lorsqu'Obito se tut, ce fut le maître marionnettiste qui prit la parole, expliquant d'abord ses ambitions, puis la façon dont il avait réuni leur groupe mythique. Au bout d'une longue discussion, les nukenins finirent par savoir comment agir, marquant un nouveau départ qui promettait de lourds évènements à venir.


 

*********


 

Shikamaru était allongé sur le toit de sa maison, le regard perdu dans la contemplation d'un ciel clair parsemé de nuages. Le jeune homme laissait ses iris glisser le long des masses blanches, avant de caresser leurs formes jusqu'à les libérer de son emprise. Il était ainsi depuis plusieurs heures, peu motivé à réaliser les différentes tâches qui l'attendaient patiemment. Las, il poussa un profond soupir avant se redresser. L'heure n'était malheureusement pas à la paresse, et il avait encore beaucoup à faire malgré son envie de rester à jamais dans sa contemplation céleste. Le shinobi sauta avec agilité de son perchoir pour se retrouver sur la terrasse, il entra ensuite à l'intérieur du salon et écarquilla les yeux. Devant lui, le plateau de shogi était installé, comme si une partie ne désirait que débuter. Il sentit alors un mouvement dans son dos et se retourna vivement pour se figer de stupeur. Asuma se tenait devant lui, bel et bien en vie, une cigarette accompagnée d'un sourire au coin des lèvres.

- Et bien, rigola le revenant, cette expression sur ton visage vaut bien le détour.

Shikamaru ouvrit la bouche, chercha ses mots, ne les trouva pas.

- Senseï... finit-il cependant par murmurer.

L'homme contourna son ancien élève pour aller s'assoir en face du jeu. Il lui jeta un œil amusé avant de reprendre.

- On se remet ça ?

Chapitre 4 : Volontés

La salle de réunion planait dans un silence pesant. Les Kages étaient assis tout autour de la table, échangeant des regards inquiets. L'Hokage, Minato, venait d'informer ses pairs du danger des résurrections nombreuses. Il avait bien sûr abordé la rumeur qui disait que l'Akatsuki était de retour, et c'était bien cette dernière qui préoccupait maintenant les chefs de villages.

- Est ce que qu'Orochimaru pourrait être derrière tout ça ? demanda Darui après un long silence.

Le leader de Konoha secoua la tête.

- Impossible, la technique qui nous a ramenés n'a rien à voir avec Edo Tensei. Nous avons le contrôle de nos corps, et sommes mortels. De plus, depuis la fin de la guerre, il est sous surveillance constante.

Gaara, les coudes posés sur la table et les mains jointes devant son visage, ferma un instant les yeux, réfléchissant aux explications possibles comme aux éventuelles solutions. Après quelques minutes, il leva ses yeux de glace vers ses collègues.

- Tout ce que nous pouvons faire pour l'instant est d'augmenter la surveillance de nos villages ainsi que le contrôle des frontières. Et bien sûr, nous devons faire coopérer nos services de renseignement afin de s'avertir mutuellement si nous apprenons la moindre nouvelle à ce propos.

Les autres hochèrent la tête, approuvant les mesures proposées par le plus jeune d'entre eux. La réunion prit encore quelques temps pour se conclure, puis tous quittèrent la salle, laissant l'Hokage seul face à ses pensées. Minato ouvrit la fenêtre, et, songeur, il alluma une cigarette avec nonchalance avant de la fumer lentement.


 

*********


 

Les membres de l'Akatsuki étaient postés en ligne, le regard posé sur les deux silhouettes avançant vers eux. Tous avaient le visage grave. Une fois face à face, ce fut l'homme aux yeux violets qui prit la parole le premier.

- Qui a regroupé l'Akatsuki ? demanda-t-il simplement.

Sasori s'avança, plongeant ses iris bruns dans les rinnegans de son interlocuteur. Le ninja aux cheveux roux demanda alors au marionnettiste de venir s'entretenir avec lui à l'écart. Les deux nukenins s'éloignèrent quelque peu du groupe sous les regards inquisiteurs des autres et celui, grave, de Konan.

- Tu n'es pas réapparu dans ton corps original Nagato ? demanda alors le déserteur de Suna.

- Non, lorsque je me suis éveillé, le corps que j'avais en tant qu'humain n'était nulle part, et je n'avais que le contrôle que des six corps de Pain. Je me suis donc résigné à redevenir celui que j'étais avant ma mort.

Le regard de Sasori se fit alors plus intense.

- Et qu'en est-il de tes intentions ?

Les iris héliotropes de l’orphelin d'Ame se perdirent au loin tandis qu'un sourire triste fleurissait sur ses lèvres.

- J'ai perdu la vie juste après avoir trouvé le salut. J'aimerais profiter de cette nouvelle chance pour voir les choses d'une façon différente. Je songe aller aux côtés de Naruto, et profiter pour une fois. Mais avant tout, je dois m'assurer que mes anciens démons de refont pas surface.

Le maître marionnettiste esquissa un rictus amusé.

- C'est nous, tes anciens démons, n'est ce pas ?

- Malheureusement, oui.

Les pupilles au pouvoir divin se posèrent sur le ninja de Suna avec insistance.

- Pourquoi avoir reformé l'organisation, Sasori ? Que recherches tu ?

Le jeune homme aux cheveux écarlates prit un instant pour observer le ciel clair qui surplombait leurs têtes.

- Je suis revenu à la vie pendant la guerre, murmura-t-il alors. J'ai croisé le chemin de Kankuro, le frère aîné du Kazekage que j'avais enlevé pour servir tes plans.

Il fit une pause, avant de reprendre.

- Il m'a fait prendre conscience de l'importance de la vie, de la liberté et de l'héritage. C'est cela que je veux retrouver désormais. Mais pour tout ça, le monde doit être en paix. Alors je veux protéger ce monde. Et pour cela, j'ai besoin de l'Akatsuki. Ainsi que des villages ninjas.

Pain ne répondit pas immédiatement.

- Tu me surprends beaucoup, lâcha-t-il enfin. Tu as beaucoup changé.

- La mort est une expérience unique, et elle a transcendé ma vision des choses.

Le possesseur des rinnegans posa sa main sur l'épaule de son acolyte.

- Sasori, aujourd’hui mon ambition n'est plus d'être à la tête d'une organisation, mais je ne souhaite pas l'abandonner pour autant. Et toi, non seulement tu as des projets qui sont honorables, mais en plus tu as toujours eu l'attitude d'un leader. Je voudrais donc que tu prennes les rênes de l'Akatsuki, au nom de la paix.

Son interlocuteur hocha la tête. Les deux nukenins revinrent alors auprès des membres du groupe. Une discussion suivit, Pain résuma la conversation qu'il avait eu avec le ninja aux cheveux rouges, et tous acquiescèrent face aux décisions prises, malgré les protestations et réticences initiales de certains.


 

*********


 

Le visage caché par ses longs cheveux de jais, il était concentré sur la rédaction d'un parchemin particulièrement important. Le pinceau glissait avec régularité sur le papier, tandis que ses yeux suivaient avec attention chaque mouvement institué par son poignet. Lorsqu'il posa l'outil sur le coté du bureau, relisant une dernière fois son texte, il ne put s'empêcher de sourire avec une grande satisfaction. Bientôt, son heure viendrait enfin. L'homme jeta un œil par dessus son épaule, conscient des yeux attentifs portés sur lui. Il enroula le message qu'il venait de rédiger et le scella simplement. Avec lenteur, il posa sa main sur le rouleau et un serpent glissa de sa manche pour venir s'en emparer. L'animal rampa alors jusqu'au sol avant de s'engouffrer dans une fissure de la pièce jusqu'à disparaître de la vue du ninja. Ce dernier tourna brusquement la tête, il se leva de son siège. Un rictus amusé naquit sur ses lèvres.

- Yamato, que me vaut l'honneur de ta visite ?

- Pas de ces jeux là avec moi, Orochimaru, déclara alors le ninja de Konoha d'un ton sec. Que manigances tu dans ton coin encore ?

Le nukenin laissa un rire s'échapper de sa gorge.

- Comme d'habitude enfin, des expériences inoffensives, quelques rapports scientifiques. La routine.

Tandis qu'il parlait, un éclat particulier faisait briller ses iris.


 

*********


 

Les jeunes shinobis de Konoha filaient rapidement entre les arbres, attentifs à tout ce qui les entouraient. Neji, en tête du groupe, ne percevait pas le regard particulier que ses compagnons portaient sur lui. Lui aussi était revenu à la vie, et son retour au village avait causé beaucoup d'émoi parmi ses acolytes comme sa famille. Malgré leur trouble encore bien présent, les ninjas ne se permirent pas plus de dérives personnelles et ils se concentrèrent de nouveau sur leur environnement. Leur mission était capitale, bien qu'elle soit pour chacun d'eux signe d'un passé qu'ils auraient bien laissé derrière eux.

Dès que l'aube s'était éveillée, Minato avait convoqué dans son bureau quelques camarades de son fils dont il avait connaissance des capacités. Il avait alors relaté les rumeurs concernant le retour de l'Akatsuki et avait avoué son inquiétude. L'Hokage avait donc monté une équipe pour effectuer des recherches dans les alentours du pays du feu. Il avait longuement réfléchi sur les effectifs à envoyer pour cette opération et avait finalement composé une escouade de shinobis aux capacités sensorielles et relativement puissants. Ainsi, Hinata, Kiba, Neji et Shino ouvraient la marche lors de l'expédition. A leurs côtés, Lee et Tenten s'étaient ajoutés comme soutiens en cas de combat. Neji, qui commandait la formation, leva le bras pour indiquer à ses acolytes une pause. Les jeunes ninjas se posèrent près d'une rivière pour se rafraîchir. Kiba flatta la tête d'Akamaru d'une caresse avant de se tourner vers ses amis.

- On se croirait retournés des années avant, lâcha-t-il alors. Rechercher des traces de l'Akatsuki, ça ne m'avait franchement pas manqué.

- Toujours à te plaindre Kiba, souffla Shino pour toute réponse.

Le dresseur canin prit immédiatement la pique pour une provocation.

- Je ne me plains pas ! hurla-t-il, vexé. Je constate c'est tout.

Le jeune homme fit la moue et Hinata laissa échapper un rire amusé.

- Moi ça m'avait manqué les missions avec vous, renchérit la kunoichi avec un sourire éclatant.

Kiba lui répondit d'un rictus similaire. Lui aussi était content de retourner en expédition avec son ancienne équipe.

- Personnellement même si je suis contente d'être avec vous, cette affaire sur l'Akatsuki m'inquiète un peu, reprit Tenten, la mine soucieuse.

- Ne t'en fais pas, lui répondit Lee en exécutant une série de mouvements vifs dans le vide. Nous leur réglerons leur compte comme à l'ancienne !

Neji regarda chacun de ses acolytes. Il ne regrettait pas son sacrifice lors de la guerre, mais ils lui avaient tous manqué durant les quelques temps où il n'était plus de ce monde. Il était heureux d'être de retour, même s'il ne faisait aucune réflexion sur le sujet.

- Nous repartons, décida-t-il après un instant. La pause est terminée.

Tous acquiescèrent, et le groupe repartit, concentré sur sa mission.

Chapitre 5 : Retour à Suna

Sasori et Deidara avançaient en silence sur la route déserte. Après avoir rassemblé l'Akatsuki et abordé les nouveaux objectifs de l'organisation, ils avaient installé un nouveau repère non loin de la frontière du pays du vent. Les différents binômes s'étaient ensuite séparés par souci de discrétion, chacun avec une mission à accomplir. Depuis que les deux artistes étaient partis, Sasori n'avait pas prononcé un mot, et Deidara commençait à se poser des questions. Son compagnon n'avait jamais été très bavard, et c'était souvent lui qui menait les conversations avec son babillage incessant, mais cette fois, l'artiste de Suna semblait bien soucieux. De plus, depuis son retour à la vie, le maître marionnettiste n'avait pas une fois invoqué Hiruko. Pourtant, avant de mourir, il ne sortait quasiment jamais de son pantin défensif et les personnes à connaître son vrai visage se comptaient alors sur les doigts d'une main. Le jeune nukenin était intrigué par le changement de comportement de son partenaire.

- Sasori, où allons nous ? Tu ne dis rien depuis que nous avons quitté le repère, je veux bien te suivre mais je ne suis pas un petit chien à promener.

Le nukenin du désert se retourna pour voir son acolyte faire la moue. Il esquissa un sourire discret à la limite de l'imperceptible.

- Je n'ai pas l'intention de te laisser dans le secret, cesse donc de te plaindre. Nous allons à Suna, mais je t'en dirais plus le moment venu.

Ils continuèrent leur avancée jusqu'au crépuscule, où Sasori décida une halte. Ils s'installèrent à l'abri de toute embuscade et firent un feu de camp sommaire pour parfaire à leurs besoins. Le ninja aux cheveux écarlates s'adossa contre un arbre avant de dérouler un parchemin qu'il conservait sur lui. Intrigué, le blond s'approcha, regardant par dessus son épaule pour lire.

- C'est quoi ? demanda-t-il, curieux.

- Le terme qui serait plus adapté. Il s'agit de Komushi.

- C'est qui ? Une de tes marionnettes ?

Sasori soupira.

- C'est compliqué.

Il croisa alors le regard curieux de son acolyte. Le regard qui parlait plus par sa brillance que des lèvres s'ouvrant pour autoriser le passage de la voix. Le regard qui demandait le droit de connaître l'histoire. Le maître marionnettiste roula des yeux, mais il accepta de raconter. Son enfance solitaire, la découverte du marionnettisme, son choix de n'avoir aucun contact avec son entourage, l'unique exception qu'il se permit pour son meilleur ami, Komushi, le décès de ce dernier, l'évolution de son art, la destruction totale de toute émotion en lui, sa désertion, la façon dont il avait enlevé, séquestré puis tué le Kazekage de l'époque pour en faire son pantin. Deidara l'écouta sans l'interrompre, flatté de pouvoir enfin en apprendre plus sur son partenaire dont il n'avait finalement jamais rien su. Toutefois, touché par la fatigue, il finit par s'endormir vers la fin du récit, lorsque Sasori abordait son adhésion à l'Akatsuki. Le nukenin de Suna sentit un poids sur épaule et il stoppa son monologue pour tourner la tête. Le jeune homme aux cheveux blonds s'était assoupi contre lui. Il hésita un instant à le dégager d'un coup sec, mais il n'en fit rien. Son regard se posa de nouveau sur le parchemin tandis qu'il se perdait dans ses pensées. Lorsque l'aurore arriva, Deidara s'éveilla lentement.

- Excuse moi, souffla-t-il dans un bâillement, je n'ai pas écouté la fin de ton histoire. Tu disais ?

Le ninja du désert se leva simplement avant de regarder l'horizon.

- Plus tard, j'ai autre chose à te dire actuellement.

- Ah oui ? Quoi donc ?

- Suna n'est plus qu'à une demi journée de marche, j'aimerais que tu restes ici.

Le nukenin d'Iwa voulut protester mais son acolyte, qui s'y attendait, le devança.

- Je dois aller à Suna pour régler une affaire, c'est quelque chose qui ne concerne que mon passé et moi, je dois y aller seul. De plus, si je devais ne pas revenir d'ici demain, cela signifierait que j'ai un problème, je dois donc pouvoir compter sur toi pour venir m'aider.

Le plus jeune soupira, se résignant à attendre son ami. Satisfait, Sasori reprit la route.


 

*********


 

Orochimaru aperçut le serpent longeant le sol au dernier moment. Il tendit la main et l'animal glissa dans sa manche, déposant au passage un message au creux de ses doigts. Le ninja déserteur déplia le rouleau et ses yeux parcoururent les signes avec fluidité. Un sourire satisfait étira ses lèvres et il jeta un regard bref en arrière, où son atelier présentait une multitude d'expériences diverses. L'heure était donc enfin venue. Il se dirigea tranquillement dans les couloirs, approchant de plus en plus de la sortie. Comme il s'y attendait, Yamato apparut rapidement en face de lui.

- Où comptes tu aller ainsi Orochimaru ? demanda le ninja de Konoha d'un air sévère.

- Moi ? sourit le reptile avec innocence, mais nulle part enfin.

Tandis qu'il parlait, une ombre se glissa dans le dos de l'utilisateur du Mokuton pour lui asséner un coup puissant dans la nuque. Celui ci s'écroula dans un bruit sourd, inconscient.

- Quelle ponctualité, apprécia le scientifique dans un rictus satisfait.

- Toujours pour vous, maître Orochimaru.

Sans qu'un mot de plus ne soit nécessaire, l'homme et son sbire quittèrent le repère. En voltigeant en hauteur pour s'éloigner le plus rapidement possible, le nukenin de Konoha savoura la sensation du vent sur son visage. Il n'était pas sorti depuis si longtemps qu'il en aurait presque oublié la couleur du ciel.


 

*********


 

Gaara fixait le sable danser avec douceur le long du village. Posté depuis la vitre de son bureau, il avait terminé depuis longtemps de remplir ses papiers et profitait de son répit pour se perdre dans la contemplation de Suna. Depuis la fin de la guerre, la cité qu'il dirigeait prospérait dans la paix et le calme. La situation n'avait jamais été aussi favorable pour Suna, et le Kazekage en était soulagé. Toutefois, depuis le dernier conseil des Kages, il était plus qu'inquiet à propos de l'Akatsuki et redoutait une fois de plus leurs actions. Cependant, malgré ses recherches et celles de ses alliés, il n'y avait aucune information sur les activités de ce groupe, ni même la moindre preuve confirmant leur retour. Le jeune homme poussa un lent soupir empli de lassitude. Il ferma les yeux et laissa sa tête basculer jusqu'à rencontrer la fenêtre. La porte de son bureau s'ouvrit brusquement, manquant de le faire sursauter. Le dirigeant du pays du vent se retourna pour faire face au ninja qui se tenait dans l'entrée, il capta immédiatement le regard paniqué du shinobi mais n'eut pas le temps de poser la moindre question.

- Maître Kazekage ! cria l'autre, la peur faisant trembler sa voix. Il est là ! Aux portes du village !

- Qui ?

- Sasori des Sables Rouges !

Chapitre 6 : Bienvenus aux villages

Minato soupira avant de refermer le dossier. Il travaillait depuis l'aube et ne s'était permis aucune pause. Il avait hâte de passer le flambeau de la fonction à son fils, qui s'y préparait depuis de nombreux mois. La passation était prévue pour la fin de l'année, l'Hokage actuel devait donc encore s'occuper du village pendant quelque semaines. Un son retentit contre la porte tandis qu'il se penchait sur un nouveau papier et il autorisa l'entrée à la personne sans lever les yeux de ses lignes.

- Si c'est pour une mission, informa-t-il d'une voix neutre, je n'ai aucun contrat actuellement, il faudra voir au second étage dans le département approprié. Des Jonins sont chargés de la distribution comme je suis occupé.

- Ce n'est pas pour une mission, Minato, répondit une voix féminine.

Le dirigeant de Konoha leva alors ses iris océans pour dévisager Kushina. Celle ci avait le regard triste et l'expression sérieuse qui ne lui étaient pas habituels.

- Il faut qu'on parle toi et moi... reprit-elle en baissant la tête.

Le blond soupira.

- Ce n'est pas vraiment le moment...

- Ce n'est jamais le moment, contra-t-elle avec reproche, tu travailles constamment Minato.

Le jeune homme délaissa ses papiers pour se lever. Il se posta contre la fenêtre et observa son reflet. Sa compagne vint se placer à ses côtés. Ils étaient revenus tous les deux de la mort, ensemble, avec l'apparence juvénile de leurs vingt ans. Minato semblait plus être le grand frère de Naruto que son père, et Kushina faisait plus d'office d'amie aux côtés du futur Hokage.

- Je t'écoute, relança le grand blond, détachant son regard de la vitre pour le poser sur la kunoichi aux cheveux rouges.

- Et bien, reprit son interlocutrice avec moins d'assurance qu'à son arrivée, j'ai besoin de savoir si toi aussi tu as l'impression que tout a changé.

- C'est à dire ?

- Toi, moi, nous. Ce n'est plus comme avant, dans notre première vie, je veux dire.

La jeune femme baissa les yeux.

- J'ai l'impression que quelque chose s'est brisé dans cette renaissance...

Il ouvrit la bouche pour répondre lorsque brusquement, Kotetsu entra dans le bureau sans prendre la peine de frapper.

- Maître Hokage ! Pain et Konan de l'Akatsuki sont aux portes du village !

Minato délaissa Kushina dans l'instant, se téléportant directement à l'entrée de Konoha, prêt à combattre. Pourtant, quand il fut sur les lieux, Naruto était déjà en face des nukenins d'Ame, un sourire éclatant aux lèvres.

- Nagato ! Alors toi aussi tu es de retour ? lança-t-il à son aîné. Que viens tu faire à Konoha ?

- Et oui, on ne peut rien te cacher, acquiesça ce dernier avec un sourire. Et bien je viens pour toi à vrai dire, j'aimerais profiter de ma résurrection pour apprendre à ton contact, profiter de l'existence, et ne plus ressentir souffrance et solitude.

- Et Konan, continua l'hôte de Kurama, toi aussi tu es revenue, ça me fait plaisir de te revoir !

- Bonjour Naruto, je suis également contente d'être ici.


 

*********


 

Gaara avançait, le regard sévère, vêtu de sa tenue de combat, son immense jarre fixée sur son dos. Il arriva enfin à l'entrée du village et il quitta l'abri des falaises pour se placer en face du nukenin de Suna. Derrière lui se tenaient les nombreux ninjas chargés de la surveillance, tous étaient prêts à agir au premier ordre de leur dirigeant, et ce même s'ils savaient qu'ils n'avaient aucune chance de vaincre la légende des Sables Rouges. Alors que le leader de la cité s'attendait à se trouver devant Hiruko, l'imposante et redoutable défense du manipulateur, devant lui se tenait un jeune homme au visage doux et d'une jeunesse déroutante. Ses cheveux rouges dansaient doucement au rythme de la brise et ses yeux inexpressifs entre le doré et le brun étaient posés sur le Kazekage.

- Sasori, commença le chef du pays du vent d'un ton froid, pourquoi es tu revenu ? Quelles sont tes intentions ?

- Je viens en paix, répondit-t-il simplement le maître marionnettiste.

Gaara le fixa, surpris d'une telle réponse.

- Ah oui ? Et comment pourrais-je te croire ?

- Je ne suis pas à l'intérieur d'Hiruko, la marionnette qui protège mes points faibles.

- Comme si tu en avais besoin.

Sasori esquissa un sourire amusé. Il reconnaissait que son argument était faible puisqu'il était capable de conquérir un pays entier sans faire appel à ses pantins les plus puissants.

- Gaara, si j'avais souhaité du mal à Suna, je n'aurais pas pris la peine de me présenter à l'entrée pour t'attendre sagement. Je sais que tu as pris des mesures pour la garde, que tu es inquiet et prévoyant, et c'est tout à ton honneur, mais tu sais aussi bien que moi que je peux entrer et sortir d'ici sans que personne ne le sache.

- Ce n'est pas faux, admit le jeune leader.

Il croisa les bras, dardant ses yeux de glace sur l'homme qui, bien que beaucoup plus âgé que lui, ne semblait être qu'un adolescent d'une quinzaine d'années.

- Bon, reprit Gaara avec flegme, partons du principe que tu viens réellement en paix. Pourquoi revenir à Suna ? Tu as déserté l'Akatsuki ?

- Non, réfuta son interlocuteur, bien au contraire. Je suis maintenant à la tête de l'organisation, et c'est en son nom que je viens aujourd'hui vers toi. Nous avons tous trouvé la rédemption lors de notre résurrection. Notre renaissance dans ce monde aura de nouvelles méthodes, bien que l'objectif soit le même, protéger la paix. Mais cette fois ci, il n'est plus question de traquer quiconque, ni d'agir comme des criminels. Nous avons déjà confronté une fois l'alliance shinobi, et nous avons échoué. Nous souhaitons dorénavant collaborer avec les villages ninjas.

Gaara fut interloqué d'entendre de telles paroles venant d'un homme tel que Sasori, toutefois, il vit dans le regard de ce dernier une grande assurance. Restant méfiant par prudence, et connaissant le don inhumain du nukenin pour la manipulation, il jugea cependant plus sage d'attendre d'en savoir plus.

- Entendu Sasori, Suna accepte de t'ouvrir officiellement ses portes, à la condition que tu restes sous étroite surveillance.

Le maître marionnettiste hocha la tête.

- Bien, allons discuter dans mon bureau, j'aimerais aussi avoir l'avis de Temari et Kankuro. Et je pense que ce dernier aura aussi beaucoup à te dire.

Le jeune Kazekage se décala pour libérer le passage à ce visiteur inattendu, qui s'avança, faisant le premier pas vers un passé empli de souvenirs.

Chapitre 7 : L'Akatsuki à Suna

Orochimaru admirait la centaine de ninjas s'entraînant dans l'arène. Tous étaient bien plus puissants qu'à leur arrivée dans ce lieu, et bientôt, ils seraient prêts pour l'offensive. Le ninja légendaire comptait profiter du chaos provoqué par les nombreuses résurrections pour enfin achever sa vengeance contre Konoha. Aussi, après son évasion, il avait passé de longues semaines à réunir ses sbires et à les former afin d’augmenter leur force. Il avait ainsi lever une armée digne de sa grandeur comme de son projet. Un de ses subordonnés s'approcha de lui, un léger sourire aux lèvres.

- Maître Orochimaru, comme vous l'avez souhaité, tout sera prêt d'ici deux jours, annonça-t-il simplement.

- Parfait, siffla le nukenin, le regard toujours posé sur l'arène.

Son interlocuteur suivit des yeux ce qui captivait le scientifique et à son tour, il jaugea les combattants.

- Croyez vous qu'ils seront suffisamment forts pour vaincre Konoha ?

Un rire lui répondit.

- Bien sûr que non, je ne leur ai pas donné autant de puissance pour qu'ils restent en vie.

Un éclat particulier brilla dans ses iris.

- Leur rôle est de faire le plus de dégâts, et ils possèdent le pouvoir nécessaire à cet objectif. Mais ils ne serviront que de leurres dans ce plan, c'est moi, et moi seul qui réduirai Konoha en cendres.


 

*********


 

Deidara était allongé sur l'herbe, appuyé nonchalamment contre un arbre, le regard perçant à travers le feuillage pour observer le ciel bleu. Il gonfla ses joues tel un enfant d'humeur maussade. La veille, quand Sasori l'avait laissé pour rejoindre Suna, il s'était dit qu'attendre serait une tâche aisée, mais la réalité l'avait vite rattrapé. Il n'avait rien à faire et s'ennuyait mortellement ; de plus, même si sa fierté refusait de l'admettre, il s'inquiétait pour son acolyte. Si ce dernier ne revenait pas bientôt, il lui faudrait agir. La dernière fois que le nukenin d'Iwa avait infiltré le village du sable, il avait pu entrer grâce au talent du maître marionnettiste, mais cette fois, il allait devoir entrer de force, et il ne savait pas réellement comment s'y prendre. Un bruissement dans les buissons attira son attention et il se redressa, le regard vif, prêt à se battre si nécessaire. Lorsque Sasori apparut devant lui, Deidara ne put réprimer un soupir soulagé, qui n'échappa pas à son partenaire puisque ce dernier esquissa un léger sourire amusé. Le leader de l'Akatsuki était accompagné de deux shinobis portant l’emblème de Suna, et le blond haussa un sourcil, surpris.

- Tout va bien, répondit son ami à sa question muette, je viens simplement te chercher, nous sommes conviés à Suna tous les deux.

- Moi aussi ? demanda-t-il, étonné. Mais lors de mon dernier passage, j'ai enlevé le Kazekage, je ne pensais pas être invité un jour.

Son acolyte haussa les épaules, indifférent à l'argument. Deidara se souvint alors que lui même avait bien séquestré le troisième du nom pour en faire son pantin. Souriant de cette anecdote, il posa alors ses yeux sur les deux hommes.

- Et eux ?

Le maître marionnettiste suivit le regard du nukenin d'Iwa.

- Ils sont chargés de me surveiller.

Le ninja aux dons explosifs ne put s’empêcher d'éclater de rire.

- C'est une blague Saso !? Regarde les trembler dans leurs armures, ils se pissent dessus à l'idée de te voir bouger le petit doigt. Comme s'ils faisaient le poids face à toi.

Sasori prit un instant pour observer les deux shinobis. Ces derniers gardaient un air impassible, toutefois la crainte qu'ils éprouvaient était plus que perceptible. Il soupira en roulant des yeux avant de se tourner vers son équipier.

- Bon, allons-y, je dois retourner auprès du Kazekage, et je ne veux pas le faire attendre. Et je te préviens Deidara, aucune explosion dans le village.

Le jeune homme hocha la tête, conscient des enjeux de leur venue. Adressant un clin d'œil moqueur aux gardes, il se dirigea vers Suna.


 

*********


 

Gaara faisait face à Sasori. Tous deux étaient installés dans des fauteuils, au sein d'un salon privé, et ils discutaient de nouveau. A l'arrivée du maître marionnettiste, une première conversation avait eu lieu dans le bureau du Kazekage. Kankuro avait gardé son sang froid, mais il n'avait pu cacher l'admiration qu'il ressentait face à la légende qui se tenait devant lui, ni la joie qu'il éprouvait devant les nouveaux idéaux de cette dernière. Temari avait manifesté bien plus de froideur, bien qu'elle ait démontré un grand respect à l'invité, consciente de ses capacités comme de sa renommée. Si le jeune dirigeant avait voulu garder sa venue discrète, la rumeur du retour du prodige shinobi avait déjà parcouru le village, et ce dernier était en émoi. Beaucoup voyaient Sasori comme l'opportunité de relancer l'art du marionnettisme, ainsi que de hausser la puissance du pays du vent, mais il y avait aussi énormément de méfiance. Une grande part de la population voyait le leader de l'Akatsuki comme un danger réel, un traître et un homme à abattre. Ce dernier avait conscience de tout cela et y était complètement indifférent.

Seulement six jours s'étaient déroulés depuis son retour, et il passait la plupart du temps aux côtés de Gaara, discutant de multiples choses. Son acolyte au tempérament explosif avait plutôt opté pour le tourisme, il s'amusait à faire rager les shinobis l'accompagnant et n'avait pas encore réellement confronté le jeune dirigeant. Le kage de Suna se trouvait dans une situation complexe. Il avait bien sûr de la méfiance à l'égard des deux visiteurs, mais depuis qu'il fréquentait son aîné, il se sentait troublé. Il se surprenait à apprécier la compagnie de Sasori, ses conseils avisés, son calme constant, son expérience aussi prodigieuse que compétente et ses nombreuses qualités de ninja. Celui ci faisait de son mieux pour lui être utile, conscient qu'il était dans une position délicate et qu'il lui faudrait prouver sa fidélité à Suna.

- J'aurais besoin de bien plus d'effectifs sur cette zone, souffla alors le jeune homme, les yeux posés sur une carte.

Sasori glissa son regard sur le papier, observant avec attention.

- Pourquoi ne pas placer des marionnettistes ? suggéra-t-il. Avec des pantins, une plus grande surface serait couverte. De plus, quiconque approchant de loin aurait l'impression d'une plus grande quantité de shinobis.

Gaara réfléchit un instant, puis il secoua la tête.

- Notre équipe de ninjas marionnettistes est trop petite, et puis ils n'ont ni ton niveau, ni suffisamment de pantins. Kankuro a bien essayé de transmettre cette technique aux plus jeunes, mais elle n'intéresse plus grand monde aujourd'hui... Même si ton retour a changé cette vision des ch...

Le Kazekage se coupa soudainement, braquant ses yeux de glace sur son interlocuteur. Un éclat particulier brilla un instant dans ses pupilles et il ouvrit la bouche pour parler, mais le leader de l'Akatsuki le devança.

- Oui, je peux. Quitte à ce que je sois à Suna, autant rentabiliser mes capacités. Je construirai des marionnettes pour la section, et j'entraînerai les ninjas intéressés par cet art.

Le plus jeune voulut le remercier, mais la porte du salon s'ouvrit brusquement sur Deidara qui vint se jeter dans un fauteuil sans plus de cérémonies. Il darda son regard bleu océan sur le dirigeant de Suna et lui offrit un grand sourire.

- Gaara, ça va depuis le temps ? Vraiment très sympa chez toi, j'avais pas pu profiter du tourisme la dernière fois, j'avais du travail.

- Tu parles de la fois où tu m'as enlevé ?

- Exactement, bonne mémoire.

Sasori se pinça l’arête du nez tandis que le Kazekage soupirait. S'il se découvrait une amitié naissante avec le maître marionnettiste, il pressentait que le contact avec le partenaire de celui ci allait être bien plus compliqué.

Chapitre 8 : Espoir brisé

Ils étaient tous ensemble, près de la rivière, allongés de part et d'autre sur l'herbe à regarder les nuages tout en discutant posément. Cela avait été une idée d'Hinata, qui avait voulu réunir tous ses amis pour un après midi. C'est ainsi qu'elle avait d'abord parlé de son idée à Ino et Sakura, et toutes les trois avaient préparé minutieusement cette réunion entre camarades. Ainsi, Kiba, Lee et Naruto chahutaient avec énergie tandis qu'un peu plus loin, Sasuke discutait tranquillement avec Sakura. Shino, Neji, Saï, Ino, Tenten, Hinata et Choji riaient autour d'anecdotes datant de leur enfance, et Shikamaru, qui regardait de base le ciel, s'était finalement assoupi. Le jeune stratège était inquiet ces derniers temps, il se méfiait grandement des nombreuses résurrections, craignant que ces retours ne soient les outils d'un plan d'un ennemi encore inconnu. Tsunade avait légué la charge du village à l'un des ressuscités, Minato, et malgré son respect pour ce héros d'antan, il ne pouvait s'empêcher d'être méfiant à l'égard du shinobi légendaire. Choji jeta un œil sur son ami endormi avant d'ouvrir un paquet de chips.

- Vous ne trouvez pas qu'il est soucieux ces temps ci ? demanda-t-il soudain à ses camarades.

- Non, je n'ai pas vraiment remarqué, réagit Tenten en fronçant les sourcils.

Neji posa ses iris sur Shikamaru avant de le tourner vers l'héritier du clan Akimichi.

- Choji a raison, il réfléchit beaucoup depuis quelques semaines et semble souvent perdu dans ses pensées.

- C'est vrai, intervint alors Hinata. Pourtant, j'aurais pensé que le retour d'Asuma l'aurait rendu plus heureux.

- Peut-être qu'il pense à son père vu qu'il n'est pas revenu lui, suggéra alors Saï avec son tact habituel.

Personne ne répondit, et Shino, qui fixait le soleil glisser dans l'horizon depuis quelques temps, soupira.

- J'ai un mauvais pressentiment, lâcha-t-il simplement.

Les autres acquiescèrent, en accord avec l'intuition de leur ami qui n'avait pourtant aucune explication.


 

*********


 

Saï entra dans le bureau du Hokage après avoir frappé. Minato, penché sur ses dossiers, leva la tête pour le regarder avant de lui sourire.

- Vous m'avez demandé, maître Hokage ?

- Oui, répondit le légendaire shinobi.

Le dirigeant de Konoha se leva, un fichier dans la main et le tendit au jeune homme.

- J'ai besoin de toi pour une mission longue et dangereuse qui nécessite une discrétion importante. Je connais tes capacités et je pense que tu es le ninja idéal pour cette opération.

- Entendu, répondit le ninja en récupérant les papiers.

Sans perdre plus de temps, Saï se retourna pour quitter le bureau.

- Sois prudent, lança Minato avant de le voir disparaître dans le couloir.

Il allait se concentrer de nouveau sur son travail quand une personne apparut dans l'entrée du bureau. Kushina approcha lentement et, après un soupir, elle prit la parole.

- Minato, je pense qu'on devrait rompre.

Le jeune homme ouvrit la bouche, la referma, et hocha la tête.

- Tu es sûre de vouloir ça ? demanda-t-il après un long silence que tous deux avaient ressenti avec gêne.

- Oui... Nous avons eu l'opportunité de revivre, mais nous sommes très différents d'avant, tu as changé, et moi également. Nous avons perdu ce qui faisait autrefois notre famille, notre fils est adulte... On croirait qu'il a nôtre âge... Je... Je ne veux pas de cette vie pour reprendre là où elle s'était arrêtée alors que le temps a passé sans nous. Nos chemins doivent se séparer pour que nous puissions nous épanouir de nouveau.

L'Hokage acquiesça, il était du même avis.

- Alors qu'il en soit ainsi, Kushina.

- Quoi ?! hurla une voix derrière eux.

Les deux adultes se retournèrent pour voir le visage horrifié de Naruto qui venait d'arriver à la porte. La jeune femme fit un pas vers son fils, mais celui, choqué par les propos qu'il venait d'entendre, recula et partit en courant dans le couloir. Le héros de la quatrième grande guerre sentit les larmes lui monter aux yeux tandis qu'il parcourait les rues de Konoha. Lorsque ses parents étaient revenus à la vie, il avait naïvement cru qu'il pourrait enfin avoir une famille, la sienne. La conversation qu'il venait de surprendre avait réduit ses espoirs à néant. Perdu dans ses pensées, et la vision troublée par ses pleurs, il ne vit pas qu'il fonçait dans un homme avançant calmement et il se heurta contre celui ci.

- P.. Pardon, bredouilla-t-il alors.

- Et bien Naruto, répondit une voix que le blond reconnut immédiatement, tu es toujours aussi turbulent ? En revanche, ce n'est pas habituel de voir tant de larmes sur ton visage. Que t'arrive-t-il ?

Lentement, les yeux écarquillés, le ninja releva la tête pour reconnaître son défunt maître, Jiraya. Ce dernier était là, son éternel sourire collé aux lèvres, bel et bien vivant. Sans parvenir à contrôler ses actes comme ses sanglots, le shinobi de jeta dans les bras de son mentor, lui expliquant brièvement la situation comme son réconfort de le voir de nouveau, le tout en balbutiant avec difficulté tant il pleurait. L'ermite mit une vingtaine de minutes à calmer son apprenti, puis il l'emmena dans le village et tous deux s'assirent autour d'un verre. Ils discutèrent longuement, et Jiraya vit bien que son protégé était en plein tourment. Ils convinrent que le mieux pour rattraper le temps perdu, pour mieux se retrouver et également pour apaiser le blond et sa douleur récente était de refaire un voyage comme celui qu'ils avaient jadis fait, à l'époque où Naruto n'était encore qu'un petit garçon en quête de son meilleur ami parti.

Chapitre 9 : Première bataille

Les différents hologrammes apparurent autour de Sasori. Celui ci se tenait au centre de la pièce sombre qu'il occupait. A ses côtés, Deidara attendait patiemment.

- Pourquoi nous as tu convoqués ? demanda Kakuzu.

- Mes espions m'ont informé de nouvelles assez graves dont je dois vous parler, répondit le maître marionnettiste.

Hidan ricana, attirant l'attention du leader de l'organisation.

- Parce que même le temps où t'étais clamsé, ton réseau est resté intact ? Quelle fidélité chez tes petits jouets.

- J'ai en effet recontacté mes informateurs à mon retour, as tu d'autres réflexions pertinentes Hidan ?

L'homme ouvrit la bouche mais il fut coupé par Kakuzu qui lui lança son poing dans le ventre.

- Est ce que parmi les informations que tu possèdes, tu as reçu des nouvelles concernant Kisame ? demanda alors Itachi au marionnettiste.

Ce dernier secoua la tête.

- Non, je n'ai rien à son propos. Je surveillerai, Itachi.

Le jeune Uchiha acquiesça simplement.

- Pour en revenir à ce pourquoi je vous ai appelés aujourd'hui, j'ai appris qu'Orochimaru projetait d'attaquer Konoha avec une grande armée. L'alliance se méfie encore de nous et de nos projets. C'est l'occasion idéale de leur montrer nos nouvelles convictions. A moins que quelqu'un ici ait une objection à faire ?

Malgré le côté interrogatif de son propos, tous dans la pièce surent au regard glacial de leur leader qui les balayait tour à tour que ce n'était pas une question, ni un choix.

- Nous te suivrons, assura alors Itachi au nom de tous les membres de l'Akatsuki.

Sasori le remercia d'un coup d'œil.

- Bien. J'ai déjà informé le Kazekage qui s'entretient actuellement avec son conseil. Deidara, lui et moi ainsi qu'une troupe de ninjas d'élite partirons dès ce soir pour Konoha. Je veux que vous veniez nous rejoindre au village caché des feuilles au plus vite. Le Hokage est au courant et vous laissera entrer. Faites toutefois très attention à votre comportement. Nous avons beaucoup à faire pour avoir leur estime.

Les nukenins hochèrent la tête, puis le chef de l'organisation les congédia, et les différents hologrammes disparurent. Deidara esquissa un sourire amusé.

- Une vraie prestance de chef, lança-t-il à son acolyte.

- Tch... Cesse donc de dire des bêtises et suis moi, nous devons rejoindre Gaara.

Les lèvres du blond s'étirèrent encore plus.

- A vos ordres, susurra-t-il avec insolence.

Il suivit docilement son aîné tandis que celui ci soupirait d'exaspération.


 

*********


 

Orochimaru avançait, le regard rivé sur l'horizon dans lequel se dessinait le village de Konoha. Derrière lui, son armée suivait, docile. Aucun ne reviendrait en vie, mais ils ne le savaient pas. Leur maître avait bien dissimulé cette partie du plan. Alors qu'il voyait les portes de Konoha au loin, il se figea soudainement, s'arrêtant sur une branche avant de faire signe à ses hommes de l'imiter. Un de ses sbires avança et se posa à ses côtés.

- Maître Orochimaru ?

- Les portes sont fermées, et je sens de nombreux chakras puissants près d'ici. Il se passe quelque chose...

Un éclair lumineux éclata sur le sentier, juste devant l'entrée close de Konoha, et l'éblouissante clarté fit place à Minato Namikaze, son manteau de Hokage flottant doucement dans son dos. L'instant d'après, le jeune homme était entouré de ses pairs. Gaara de Suna et sa jarre de sable, Mei de Kiri et sa crinière hérissée, Darui de Kumo et sa panthère noire électrique et enfin le doyen Onoki, flottant dans les airs. Le subordonné écarquilla les yeux.

- Comment ont-ils pu savoir ? lâcha-t-il, désemparé.

Une silhouette aux cheveux écarlates se découpa alors sur les remparts du village. Son manteau noir aux nuages rouges dansait doucement dans le vent. Il avait les bras croisés et le regard dénué de tout éclat.

- Sasori, siffla le serpent en serrant les dents, les iris braqués sur son ancien partenaire. J'avais entendu dire qu'il était de retour, mais je ne pensais pas que son réseau d'espions existait toujours. Il m'a encore devancé ce satané manipulateur.

Aux côtés de l'adolescent marionnette, de nouvelles ombres se formèrent.

- L'Akatsuki, souffla son sbire.

Agacé par la tournure des évènements, Orochimaru lança l'assaut sans attendre plus longtemps. L'armée se jeta en avant, et rapidement, une bataille fit rage devant l'enceinte du village. Les shinobis de Konoha, soutenus par l'alliance et l'organisation autrefois ennemie, combattirent les soldats du serpent, tandis que les kages affrontaient le ninja légendaire. Ce dernier se sentit vite dépassé par les évènements, et il tenta de battre en retraite. Toutefois, aucun de ses adversaires n'avait l'intention de le laisser partir. Avant l'attaque, le Conseil des chefs des cinq nations s'était réuni pour s'organiser. Et il avait pris une décision, éliminer une fois pour toutes la menace du reptile. Les dirigeants de l'alliance traquèrent Orochimaru dans la forêt pendant que les sbires de ce dernier étaient tués ou capturés par les shinobis. Ils réussirent à le rattraper après une vingtaine de minutes, un combat bref s'ensuivit, et ce fut Minato qui acheva l'ennemi.


 

*********


 

Les cinq kages étaient revenus devant les portes du village, où la bataille était enfin terminée. Les shinobis s'occupaient de rassembler les corps pendant que les blessés se faisaient soigner. Onoki fixait avec méfiance l'Akatsuki, qui était chargée de veiller sur les quelques prisonniers qui s'étaient rendus lors des combats. Il croisa alors le regard de Deidara, et ce dernier esquissa un sourire avant de lui faire un clin d'œil. Le doyen marmonna dans sa barbe, agacé par l'éternelle insolence de ce garnement. Minato remarqua le regard du plus âgé de ses pairs et il se racla la gorge pour attirer l'attention des quatre chefs de villages.

- Qu'allons nous faire concernant l'Akatsuki ? demanda-t-il simplement. L'organisation nous a été d'une aide précieuse aujourd'hui. Les avoir pour alliés serait une excellente chose pour maintenir la paix.

Mei fronça les sourcils, peu convaincue, tandis qu'Onoki grognait de désapprobation.

- N'est ce pas Sasori qui a averti l'alliance des plans d'Orochimaru ? questionna le Raikage, songeur.

Tous se tournèrent pour observer l'adolescent assis sur une pierre à réparer le bras d'un de ses pantins. Se sentant observé, il leva la tête et posa son regard inexpressif sur les dirigeants pendant quelques secondes, avant de retourner à sa tâche.

- C'est bien lui, confirma Gaara. Pour ma part, je retourne à Suna avec lui ainsi que Deidara.

- Pain et Konan étaient déjà à Konoha, renchérit Minato, ils ont acquis ma confiance. Itachi m'a fait part de son souhait de revenir, et Sasuke appuie ce projet.

- Je pense que dans ces circonstances, enchaîna Darui, nous pouvons intégrer l'Akatsuki à l'alliance ninja.

Les autres hochèrent la tête, y compris le Tsuchikage, qui conserva toutefois une certaine réticence.

Chapitre 10 : Discussions au village du sable

Sasori frappa à la porte avant d'entrer dans la pièce. Gaara lui faisait face, assis derrière son bureau à remplir des dossiers divers.

- Tu m'as fait appelé pour quelle raison ? demanda-t-il au jeune kage de sa voix froide habituelle.

- J'ai quelques chose pour toi, répondit aussitôt le dirigeant de Suna en se levant.

Il contourna le meuble pour faire face à son aîné, la main serrée autour d'un objet. Conscient de son impatience, il présenta sans attendre sa paume au marionnettiste et déplia lentement les doigts pour révéler un bandeau de Suna brillant.

- Je ne sais pas si tu aimeras, murmura le chef du village, mais c'est ma façon de te remercier, et également celle de te dire que tu as toute ma confiance. Tu es chez toi Sasori, bon retour chez les tiens.

D'un geste mesuré et flegmatique, le maître de la manipulation s'empara du présent tout en plongeant son regard dans celui de son cadet.

- Je suis très honoré, j'en pendrais grand soin.


 

*********


 

Les cinq kages étaient réunis autour d'une table ronde. Plusieurs semaines s'étaient écoulées depuis l'attaque d'Orochimaru, et ils avaient jugé bon de faire un bilan de la situation. Suna avait accueilli l’événement afin d'épargner au Hokage de gérer une énième charge. Pendant de longues minutes, ils avaient fait le bilan concernant les prisonniers du serpent, le contexte géopolitique entre les pays et la gestion de la paix malgré les différents conflits mineurs. Ensuite, ils abordèrent le cas de l'Akatsuki. Les quelques membres restés sous l'autorité des villages s'étaient extrêmement bien intégrés et participaient activement à la prospérité. Rien dans leur attitude ne pouvait montrer qu'ils avaient jadis été des criminels de rang S.

- Qu'en est-il de Sasori et Deidara ? demanda alors Darui au Kazekage.

- Je ne vous cacherai pas que le deuxième cause quelques ennuis, mais il s'agit plus de pitreries adolescentes que de fautes dignes d'un terroriste. Quand au leader de l'Akatsuki, il est toujours aussi froid et distant qu'auparavant, mais il est également très impliqué dans les évènements du village. Actuellement, il aide au développement de la section des marionnettistes.

- Personnellement c'est bien ce qui m'inquiète, trancha le Tsuchikage d'un air sévère. N'oublions pas qui il est, sa renommée n'est plus à faire. Sasori est réputé pour être un expert, un maître en la matière, qui nous dit qu'il ne nous manipule pas tous pour ses plans ? Dois-je vous rappeler ce qu'il a jadis fait au troisième Kazekage ? Sans parler de sa responsabilité dans la naissance de l'avant dernière grande guerre ninja ?

Les kages gardèrent un instant le silence, conscients que le risque était réel. Le jeune homme était aujourd'hui à la tête d'une organisation de ninjas puissants répartis au sein de toutes les grandes nations, et il savait contrôler à la perfection tout ce qui l'entourait. Plus encore, son réseau d'espions toujours performant lui donnait plusieurs coups d'avance sur le monde lui même. Il était une aide précieuse pour Gaara, mais un danger mortel et silencieux pour la société. Un véritable scorpion, agissant dans l'ombre. Toutefois, Gaara secoua la tête, réfutant l'argument.

- Je ne pourrais dire pourquoi, mais je suis persuadé de pouvoir me fier à lui. L'avoir à mes côtés contre Orochimaru m'a convaincu de sa sincérité.

Onoki ouvrit la bouche pour répliquer, mais l'Hokage le devança.

- Pour ma part, Sasori bénéficie également de ma confiance. Gaara seul est au courant, mais il y a deux semaines, un espion du marionnettiste l'a informé de la résurrection de Danzo, que je n'ai pas besoin de vous présenter.

Minato fit une pause, regardant ses pairs un a un.

- Danzo avait pour projet d'attaquer Konoha, par vengeance bien sûr. Sasori m'a informé par courrier de ses plans, et nous avons pu non seulement éviter l'offensive, mais également traquer notre ennemi grâce aux informations fournies dans le message. Cela fait deux fois que Konoha se voit sauvé par son intervention. Je ne peux que me fier à lui. Je pense sincèrement qu'avec lui à la tête de l'Akatsuki, nous aurons l'organisation entière comme puissante alliée.


 

*********


 

Le jeune homme aux cheveux blonds poussa un soupir en sortant de la salle. Le Conseil était devenu très mouvementé dès que la question de l'organisation de nukenins avait été abordée, toutefois, ils étaient finalement parvenus à s'entendre. L'Hokage traversa les couloirs, perdu dans ses pensées. Un mouvement le sortit de son esprit et il reconnut Sasori qui refermait une porte à clef sur la droite du corridor. Le marionnettiste inclina légèrement la tête pour le saluer.

- Oh, bonjour Sasori, commença Minato en souriant. Je voulais justement te parler.

Le nukenin de Suna posa ses iris froids sur le dirigeant de Konoha, attentif. Le blond se passa une main derrière la tête tout en enchaînant.

- Je souhaitais sincèrement te remercier pour les informations sur Danzo, le village est sauf. J'ai une grosse dette envers toi.

- Non, tu ne me dois rien, répliqua le leader de l'Akatsuki de sa voix grave et glaciale. J'ai fait ce que je devais faire.

Il allait partir dans le couloir mais Minato lui saisit le bras, et l'artiste se retourna pour le regarder.

- Il n'empêche que tu as acquis ma confiance Sasori.

L'Hokage le lâcha et il sortit de sa poche l'un de ses kunaïs marqués de son sceau pour le tendre au jeune homme.

- Prends ceci je te prie. J'ai amélioré ma marque, tu n'as qu'à frotter le manche pour que je reçoive ton appel et me téléporte jusqu'à toi. J'en ai confié un à chaque kage, et je voudrais que tu en aies un toi aussi.

Le ninja aux cheveux écarlates regarda un instant l'arme, puis il la prit et la rangea sur lui avant de fouiller dans sa poche pour en sortir une marionnette à son effigie un peu plus grande que sa main, qu'il présenta à son tour.

- J'ai moi aussi travaillé ma technique. En cas de crise urgente, je ne peux me déplacer d'un village à l'autre rapidement, il faut trois jours de voyages, c'est bien trop pour agir efficacement. Et puis je déteste attendre ou faire attendre. Ce pantin permet de me contacter, mieux encore, il est relié à mon cœur. Il te suffit d'insuffler du chakra à l'intérieur, et je serais invoqué à tes côtés aussitôt.

Minato prit l'artefact avec le plus grand soin et il offrit un sourire éclatant à son interlocuteur.

- Je te remercie Sasori. J'espère avoir l'occasion de te revoir bientôt.

Chapitre 11 : Ambitions

La jeune femme prit une longue inspiration, puis elle toqua contre la porte. Lorsqu'elle en reçut l'autorisation, la jeune kunoichi entra dans la pièce pour s'avancer doucement. Minato l'invita à parler d'un sourire bienveillant et elle se mordilla nerveusement la lèvre inférieure tout en baissant les yeux pour fixer le sol.

- Excusez moi Maître Hokage, balbutia la princesse Huyga d'une voix basse. Je voulais simplement savoir si vous aviez des nouvelles de Naruto ?

Le jeune homme soupira tristement.

- Non aucune. Jiraya m'écrit régulièrement depuis qu'il est reparti avec lui, mais jamais il ne m'informe de son état. Je pense que Naruto le lui a demandé. Il était réellement bouleversé, et j'en suis responsable... Je suis désolé Hinata...

La brune secoua la tête.

- Vous n'avez pas à l'être, ce sont des choses qui arrivent...

Minato prit un instant pour observer attentivement le visage de la kunoichi. Elle souriait doucement pour assurer ses propos, mais il décelait en elle une tristesse immense, et son cœur se serra en voyant cela. Il se sentait coupable du départ de son fils, et depuis celui ci, il passait son temps à travailler dans son bureau, négligeant sommeil comme santé. Désireux de réconforter la jeune femme, il se leva, plaçant son paquet de cigarettes dans sa poche tout en contournant le meuble, et il tendit la main vers elle.

- Hinata, viens donc boire un verre avec moi. Cela te changerait les idées et moi j'ai grand besoin d'une pause. Je n'aime pas voir les gens tristes...

La princesse Huyga le fixa un instant, puis elle hocha doucement la tête et saisit sa main. Ils quittèrent le bureau en silence, et Hinata ressentit une légère reconnaissance pour l'attention que l'Hokage lui portait.


 

*********


 

Le jeune homme soupira d'ennui, faisant voler sa longue mèche blonde. Les mains dans les poches, il déambulait dans les rues de Suna sans réel but. Depuis son retour au village des sables, il passait ses journées sans réelles occupations et cette routine vide l'agaçait. Ayant acquis lentement la confiance des kages, et en particulier celle de Gaara, il n'était plus accompagné de shinobis chargés de surveiller chacune de ses actions. Le nukenin fit la moue, cherchant une activité quelconque à faire. Son ancienne vie de criminel ne lui manquait pas, il en était assez surpris. Son amour pour l'art était toujours bien présent en lui, mais il ne ressentait pas le besoin de causer du tord. De plus, la constitution du pays du vent était parfaite pour lui, lorsqu'il désirait explorer sa fibre artistique, il n'avait qu'à voler dans le désert et produire ses créations sans se préoccuper de quoi que ce soit. Toutefois, il n'avait plus d'argile depuis quelques jours, et le temps d'en retrouver, il ne savait que faire. En venant dans ce village, il avait vu son acolyte renouer avec ses racines, et il commençait à se questionner lui même sur l'envie ou le besoin de retourner à Iwa. Son ancienne patrie ne lui manquait pas, il en était conscient, mais il savait aussi que jamais il ne verrait son foyer ailleurs qu'au pays de la terre. Deidara soupira, il ne savait pas encore ce qu'il ferait, mais il était conscient qu'il devrait attendre encore avant de quitter Suna. Son regard glissa sur le bâtiment principal et un sourire vint fleurir lentement sur ses lèvres. Il entra dans l'édifice et traversa les couloirs d'une démarche désinvolte jusqu'à atteindre le bureau du Kazekage, puis il ouvrit la porte sans frapper pour avancer tranquillement dans la pièce. Gaara, occupé à lire un dossier conséquent, leva doucement les yeux pour observer le shinobi.

- Que veux tu ? demanda-t-il simplement de sa voix froide.

- Je m'ennuie hun, dit sincèrement le blond en s'asseyant en face du leader.

Le membre de l'Akatsuki lui jeta un regard intrigué.

- Dis, c'est un trait caractéristique de Suna de tirer la tronche et de parler d'une façon vide ? Ou alors c'est un attribut des types aux cheveux rouges ?

Le kage soupira, fatigué par la charge de travail comme par la présence de son insolent invité. Il replongea dans ses fiches en ignorant les questions de son interlocuteur.

- En parlant de Sasori, répliqua-t-il cependant, j'ai entendu dire qu'il avait toujours été solitaire, toutefois...

- Ouais ?

Le jeune homme releva ses iris de glace sur son interlocuteur, plongeant dans le bleu azur de ses prunelles.

- J'ai l'impression qu'il se renferme beaucoup ces temps ci. Il travaille toujours sur différentes choses, et il m'aide beaucoup sur de multiples plans, mais dès qu'il a du temps libre, il reste dans son atelier, sans lumière, sans repos, sans compagnie.

Le blond haussa les épaules.

- C'est normal. Il est comme ça, t'inquiète pas pour lui, il sait ce qu'il fait.

- Mais...

- Gaara, je le connais mieux que personne alors fais moi confiance hun. Il a sûrement trouvé un nouveau projet ambitieux et comme il est borné en plus d'avoir un caractère de merde, il sera à fond dessus jusqu'à ce qu'il ait terminé.


 

*********


 

Tobirama soupira. Son frère était en retard et cela l'agaçait. Ses doigts pianotèrent avec impatience sur la table, et il leva les yeux vers la porte tandis qu'elle s'ouvrait sur Hashirama. Ce dernier laissa glisser son regard dans le bar jusqu'à s'arrêter sur le shinobi aux cheveux blancs. Un grand sourire étira ses lèvres et il s'avança dans la pièce pour venir s'assoir en face de lui.

- Tobirama ! Tu es là depuis longtemps ?

- Approximativement vingt minutes, soit l'heure de notre rendez vous, répliqua son jeune frère aussitôt.

L'aîné eut un léger rire forcé tout en se passant une main derrière la tête, gêné par la remarque implicite sur son retard.

- Désolé Tobi, j'étais pas mal occupé en fait, j'avais...

- Tu t'es encore perdu ?

Hashirama baissa la tête lentement.

- Oui, admit-il finalement.

- Dans ton propre village, quelle honte, enchaîna le deuxième du nom en croisant les bras, le regardant d'un œil sévère.

- C'est bon, n'en rajoute pas, soupira son interlocuteur en affaissant ses épaules sous les mots durs de son propre frère.

Tobirama saisit son verre et avala une gorgée de sake.

- Bon, parlons sérieusement, cela fait longtemps que nous n'avons pas pris le temps de discuter. Qu'as tu l'intention de faire Hashirama ? Tu as sûrement de nouveaux projets maintenant que tu as vérifié que le village était entre de bonnes mains.

Le premier du nom prit un instant pour réfléchir, ses iris figés sur le liquide dans le verre qui lui faisait face.

- Je songe à voyager, répondit-il enfin en regardant son frère. Konoha sera toujours mon foyer, mais j'aimerais profiter de cette nouvelle vie pour construire des choses, des villages aussi. J'ai passé beaucoup de temps à me battre et à détruire, aujourd'hui je veux compenser en façonnant. Et toi ?

- Minato m'a proposé de prendre la tête de la police de Konoha. J'ai accepté l'offre, je pourrais ainsi veiller sur le village.

Hashirama accentua son regard sur son cadet.

- Tu ne comptes pas penser à toi même un peu ? Tu as toujours fait ce que tu estimais être ton devoir, quand prendras tu enfin du temps pour toi ?

- Je suis heureux ainsi Hashirama, cesse de t'en faire pour moi. Je vais profiter de cette chance pour poursuivre mes objectifs.

Son aîné hocha finalement la tête.

Chapitre 12 : Nouvel ennemi

Kushina sangla sa ceinture avant de laisser son regard planer le long de la pièce, vérifiant qu'elle n'avait rien oublié. Elle partait pour une mission complexe et n'avait pas l'intention d'échouer. Selon les informations données par le Hokage, des mouvements avaient été repérés dans les alentours du village de la part d'un individu suspect. La jeune femme sortit de son appartement avant de quitter rapidement Konoha, parcourant la forêt avec vigilance. Elle s'arrêta un instant lorsqu'elle repéra des traces laissées par l'intrus. Son travail de pistage commençait maintenant. La kunoichi avança ainsi pendant de longues minutes, attentive à effacer sa présence alors qu'elle se rapprochait de sa cible. Kushina arriva face à une caverne sombre, elle plissa les yeux. Le suspect était à l'intérieur, elle en était persuadée. Avec discrétion, elle se glissa dans l'antre et se cacha derrière un rocher. Au fond de la grotte se trouvait un homme à la peau blanche. Sa silhouette était humaine, mais ses yeux immaculés et les cornes sur son front prouvaient qu'il ne l'était pas complètement. Kushina reconnut les traits caractéristiques des Otsutsuki. Les iris de l'individu se posèrent sur l'entrée de la caverne.

- Je sais que tu es là, montre toi, affirma-t-il d'une voix résonnante.

La jeune femme aux cheveux écarlates se redressa pour venir faire face à l'inconnu. Elle sortit un kunaï et le plaça en avant.

- Que comptes tu faire, jeune imprudente ? renchérit l'Otsutsuki.

- Je vais devoir vous arrêter, vous êtes sur le territoire du pays du feu sans autorisation.

L'homme ricana doucement.

- Tu n'as pas idée du nombre des miens présents dans ce monde. Notre prince a de grands projets pour vous, stupides humains.

- Alors je vais te stopper, histoire d'envoyer une réponse claire à ton prince.

Kushina se jeta sur l'inconnu, lançant des shurikens pour attirer son attention le temps qu'elle puisse le frapper de ses poings. Son ennemi esquiva sans difficultés et il para les coups avec fluidité. Un combat de taijutsu débuta alors entre les deux combattants, et la kunoichi se rendit compte rapidement de la différence de force entre eux. Elle ne parviendrait pas à le vaincre, elle le savait. Enchaînant toutefois les assauts avec courage, elle réussit à lui porter néanmoins quelques offensives. Agacé, l'Otsutsuki la balaya violemment et elle heurta la,paroi de la grotte avec brutalité, s’effondrant au sol. Alors que son adversaire avançait lentement vers elle, la jeune femme parvint à rédiger un bref message sur un parchemin qu'elle envoya à Konoha via un sceau efficace et discret. Alors que son appel à l'aide se dirigeait vers le village, l'homme la saisit par le cou pour la soulever.

- Je sens que tu vas m'être très utile.


 

*********


 

Sasuke entra dans le bureau du Hokage pour le trouver vide. Il balaya la pièce du regard et aperçut celui qu'il cherchait sur le balcon. Lentement, il s'approcha. Minato était accoudé à la rambarde, une cigarette allumée entre ses doigts.

- Bonsoir Sasuke, souffla le jeune homme sans se retourner.

- Bonsoir Minato, répondit aussitôt l'Uchiha.

- Que puis je faire pour toi ?

Sasuke vint se placer aux côtés du leader de Konoha.

- De nombreux bruits courent dans les pays voisins. Des choses se passent, et même si Sasori des Sables Rouges nous communique les informations obtenues par son réseau d'espions, je n'aime pas l'idée d'attendre sans savoir. J'aimerais partir du village quelque temps, voyager et rassembler les données. Je te ferai des rapports régulièrement.

Minato ferma un instant les yeux. Il perdait son fils, maintenant son bras droit. Il secoua la tête, il devait agir comme un kage et cesser de songer à lui même.

- C'est une idée judicieuse en effet. Mais veux tu partir seul ou bien emmène tu une équipe avec toi ?

- Garde tes ninjas, tu auras besoin d'eux pour d'autres choses. Je peux me débrouiller.

Il recula alors pour rejoindre la porte, mais il se stoppa avant de partir, se retournant vers le jeune homme.

- Et n'hésite pas à me contacter si tu as besoin, je te répondrai au plus vite.

Minato hocha la tête et le brun disparut dans les couloirs. Sasuke récupéra chez lui le sac qu'il avait préparé, puis il prit un instant pour aller saluer son frère aîné, lui faisant promettre de veiller sur le village en son absence. L'Uchiha quitta ensuite le village, repartant sur les routes comme il l'avait jadis fait de nombreuses fois.


 

*********


 

Minato était resté sur son balcon après le départ de Sasuke. Sa cigarette était terminée depuis une dizaine de minutes mais il restait là, les yeux figés dans le vide et plongé dans ses pensées. Il sortit son paquet de sa poche et saisit une nouvelle clope pour la poser entre ses lèvres avant de l'allumer. Il tira lentement une taffe avant de souffler la fumée. Son esprit dériva vers Naruto. Il était fier de son fils, plus qu'il n'aurait pu l'imaginer. Il avait hâte que celui ci ait un peu plus d'expérience et de maturité pour lui céder la place de Hokage. Il soupira, las. Il aimait le travail qu'il effectuait, après tout, cela était son rêve depuis toujours. Mais l'expérience de la mort et surtout celle de la résurrection avait quelque peu changé sa vision des choses. Konoha avait évolué, et il se sentait décalé dans le temps. Il entendit un bruissement dans son bureau et se retourna subitement. Un parchemin venait d'apparaître sur le meuble. Écrasant sa cigarette dans le cendrier, Minato s'approcha. Il reconnut immédiatement le sceau de Kushina et l'ouvrit pour accéder au message.


 

« L'ennemi est un Otsutsuki, demande de renforts immédiate, il est bien trop puissant pour moi »


 

Le reste des inscriptions étaient des coordonnées. Le cœur du jeune homme accéléra subitement, l'inquiétude gagnant son être. Il connaissait le pouvoir de ces humanoïdes, il connaissait leur dangerosité. Il espérait simplement qu'il ne soit pas trop tard. Minato ouvrit le tiroir de son bureau et sortit un petit pantin, un peu plus grand que sa main, à l'effigie d'un adolescent aux cheveux rouges. Sans plus tarder, il activa le sceau.

Chapitre 13 : Intervention d'urgence

Sasori tourna la page et il continua à écrire. Il était installé à son bureau, une faible lumière éclairant le plan de travail. Son atelier était un lieu sombre et parsemé d'affaires, mais tout était rangé minutieusement. Les étagères se départageaient le matériel chimique et artistique, les bocaux conservant de nombreux éléments divers et les pantins inachevés, entreposés dans un coin précis. Sur la longue table se trouvaient des parchemins contenant inscriptions, calculs et expériences sur un nouveau projet que le marionnettiste avait mis en pause le temps de s'occuper de l'imposant ouvrage qu'il remplissait actuellement. Depuis son retour, il avait longuement repensé à son combat contre Sakura Haruno et Chiyo. La jeune fille avait trouvé un antidote à son poison le plus élaboré, et il avait compris qu'il avait encore de nombreuses failles dans le domaine. Le ninja aux cheveux rouges avait alors entrepris de longues recherches sur la chimie et la médecine en général, il avait développé de nouveaux talents et de nouvelles techniques dont il n'aurait jamais pensé qu'elles puissent exister. Ainsi, il avait pu composé des poisons encore plus efficaces que son ancienne formule, des composants dangereux, divers, et puissants. Sasori avait alors décidé de répertorier ses recherches et ses inventions dans un gigantesque grimoire. Il termina la page consacrée à sa soixante dix-septième combinaison avant de reposer la plume dans l'encrier. Il leva alors la tête, pressentant l'activation du sceau qu'il avait confié à Minato. Une fraction de secondes après qu'il eut autorisé la téléportation, il était debout, face au Hokage qui le fixait d'un air soucieux.

- Sasori... Kushina est partie sur les traces d'un intrus, mais c'est un Otsutsuki, elle a besoin d'aide mais les jonins du village sont absents. Aide moi à la sauver je t'en supplie.

Le garçon aux cheveux rouges hocha la tête.

- Selon mes indications, Kushina a déposé l'un de mes kunaïs à l'endroit où elle est. Je vais nous y transporter.

Sasori acquiesça et ils disparurent aussitôt. Les deux hommes se retrouvèrent aux abords d'une caverne. Ils prirent un instant pour contrôler les lieux puis ils entrèrent dans la grotte. Kushina était étendue sur le sol, inconsciente, et le reste de l'endroit était dorénavant désert, l'ennemi avait disparu. Minato se précipita pour vérifier que la jeune femme était toujours en vie tandis que Sasori inspectait les traces du combat. La kunoichi de Konoha ouvrit doucement les yeux et sa main se resserra sur le manche de son kunaï. Le maître marionnettiste fronça les sourcils en examinant le sol, puis il leva les yeux pour observer la combattante. Avec un réflexe surhumain, des fils de chakra sortirent du bout de ses doigts pour s'attacher au corps du Hokage afin de le tirer brutalement en arrière, permettant ainsi au jeune homme d'éviter de peu la lame brillante que Kushina avait brandi contre lui.

- Elle est manipulée Minato, affirma alors le ninja de Suna d'une voix froide sans détacher son regard de la ninja de Konoha. L'Otsutsuki en a fait son pantin afin de nous tendre un piège. Il va falloir la neutraliser.

Il avança légèrement mais Minato leva sa main pour l'arrêter.

- S'il te plaît Sasori, laisse moi essayer quelque chose avant de faire quoi que ce soit.

Le leader de l'Akatsuki hésita un instant, puis il hocha la tête. Le blond s'avança prudemment vers Kushina, qui le fixait sombrement, sa lame tendue en avant. Il leva lentement sa main en direction de la jeune femme, le regard implorant.

- Allez, je t'en prie, murmura-t-il, reprends toi... Kushina, pense à Konoha, à tes amis, à Naruto... Notre fils. Tu te souviens hein ?

L'expression de la femme aux cheveux rouges s'adoucit sous ses paroles, et elle abaissa son kunaï. Minato sourit, et il avança avec précautions vers elle. Kushina ne fit aucun geste dans sa direction, et il reprit la parole pour la rassurer et la ramener à la raison. Il put ainsi lui parler pendant une dizaine de minutes, se déplaçant lentement pour ne pas la brusquer et parvenant par ses mots à stabiliser son état. Sasori était admiratif, le contrôle sur l'esprit était redoutable, réussir à le dominer ainsi était simplement prodigieux. Lorsqu'il fut proche d'elle au point de pouvoir la prendre dans ses bras, la kunoichi posa sa main gauche sur la joue du Hokage, puis, d'un mouvement soudain, elle leva son autre bras et planta son arme dans l'abdomen du jeune homme. Il tomba à genoux, les yeux écarquillés de surprise, murmurant doucement le prénom de son ancienne compagne avant de s’effondrer. Le sang jaillissait rapidement à travers ses vêtements et il perdit conscience dès qu'il fut au sol. Sasori réagit aussitôt, ses doigts lançant avec fluidité une aiguille empoisonnée qui s'enfonça dans le cou de la ninja de Konoha. Il s'agissait d'une formule paralysante puissante qui plongeait sa victime dans un sommeil profond en plus de neutraliser l'usage de son corps. Kushina tomba à son tour et Sasori s'avança pour s'agenouiller près du Hokage. Il ouvrit sa veste pour observer la blessure avant de lui procurer les premiers soins. Il n'avait pas sur lui le matériel nécessaire pour s'occuper d'une plaie aussi béante, mais il pouvait déjà stopper l'hémorragie. Plaçant un garrot sommaire, il plaça ensuite l'homme inconscient sur son dos, l'une de ses marionnettes saisissant Kushina pour la porter. Il prit le chemin de Konoha afin de revenir le plus rapidement au village. La nuit était tombée depuis quelques heures et la lune éclairait le sentier d'une douce lumière. Lorsqu'il traversa les grandes portes, Izumo et Kotetsu, de garde, se précipitèrent vers lui.

- Minato est blessé, il lui faut des soins d'urgence, lança le maître marionnettiste d'un ton autoritaire implacable. Kushina va bien, mais elle est manipulée par l'ennemi qu'elle cherchait lors de sa mission, un Otsutsuki, je vais avoir besoin d'une pièce close pour l'y enfermer le temps que je trouve comment lui rendre le contrôle de son esprit.

Les deux shinobis échangèrent un regard perplexe avant d'acquiescer.

- A vos ordres.

Aussitôt, une équipe médicale fut appelée pour prendre en charge le Hokage. Les ninjas en charge des portes se firent relayés à l'entrée du village pour guider Sasori et Kushina dans un bâtiment surveillé et clos. Une fois enfermés dans une cellule, le chimiste installa la victime de l'Otsutsuki sur une table où il l'attacha avec des sangles. Il sortit ensuite son matériel et appliqua l’antidote de son poison à la jeune femme afin de pouvoir étudier le contrôle effectué sur son esprit et ainsi trouver comment le débloquer.


 

*********


 

Minato prit une grande inspiration avant de frapper à la porte. Il s'était réveillé quelques heures auparavant à l'hôpital, le torse complètement bandé et sans comprendre ce qu'il s'était passé. Les infirmières lui avaient alors résumé la situation, depuis son inconscience jusqu'à son réveil. Il avait appris que Kushina était revenue à elle, et qu'elle était également dans l'établissement pour se reposer. Personne ne put toutefois informer l'Hokage du lieu où se trouvait Sasori, bien qu'il soit encore à Konoha afin de surveiller l'évolution des choses. Le jeune homme avait alors demandé à voir la kunoichi, et il était aller toquer à sa chambre. Il entra alors dans la pièce et la jeune femme baissa la tête en le reconnaissant.

- Je suis désolée.

- Ce n'est pas grave, ce n'était pas toi. Comment vas tu ?

- J'ai encore mal à la tête, mais Sasori a dit que c'était normal.

Minato s'approcha pour s'asseoir sur la chaise près du lit.

- C'est lui qui t'a rendu le contrôle de toi même ?

Elle hocha la tête.

- Je ne sais pas comment il a fait, mais il a réussi à le faire sortir de mon esprit.

- Il est doué en manipulation, cela ne m'étonne pas. Kushina ?

- Oui ?

- Je suis content que tu n'aies rien, j'ai eu peur quand j'ai reçu ton message.

La jeune femme sourit.

- Moi aussi j'ai eu peur pour être honnête.

Chapitre 14 : Akatsuki

Sasori était accoudé à la rambarde, les yeux rivés sur le panorama de Konoha et le vent faisant doucement balancer ses mèches écarlates. Il était monté sur le plateau surélevé qui menait au parc et profitait du silence des lieux. Un mouvement léger dans son dos attira son attention et il se retourna pour apercevoir Pain avancer vers lui, plus précisément Chikushôdô. Ce corps était le seul des six Pain a possédé une apparence féminine, et la jeune fille, derrière ses rinnegans, donnait une impression de douceur qui contrastait avec sa puissance réelle.

- Est-il arrivé quelque chose à Tendô ? demanda-t-il simplement.

L'adolescente secoua la tête.

- Tout va bien. Toutefois j'ai à te parler Sasori.

Elle sourit.

- Mais avant, toutes mes félicitations pour ton héroïque sauvetage.

Il leva les yeux au ciel avant de pivoter pour se replacer face au paysage. Chikushôdô vint se mettre à ses côtés.

- Tendô et les autres sont partis de Konoha, expliqua-t-elle alors. Nous avons commencé à devenir lentement indépendants les uns des autres depuis notre résurrection. Nous pouvons toujours nous lier entre nous si nous le désirons, mais ce n'est plus systématique. Maintenant, les six Pain sont six personnes à part entière. Les autres ont voulu partir le temps de comprendre comment cela est arrivé, mais aussi pour s'apprendre et de se découvrir.

- Je vois. Et toi ?

L'adolescente sourit une nouvelle fois, elle semblait pétillante d'énergie et de bonne humeur, ce qui démontrait ses propos puisque Pain avait toujours été taciturne.

- J'ai voulu rester. J'aime ce village, et puis, j'ai pensé à toi aussi. Je suis là pour l'Akatsuki, tu as besoin de tous les membres de l'organisation. N'est ce pas, chef ?

Le regard de Sasori se posa sur la jeune fille, et elle fut surprise de voir ses iris, habituellement si froids, s'adoucir légèrement.

- Je te remercie Pain.

- Avec plaisir.


 

*********


 

Hinata se réveilla en souriant. Le soleil éclairait doucement sa chambre et apportait dans la pièce une chaleur agréable. La jeune femme se leva pour se diriger dans la salle de bain où elle se glissa sous la douche. Savourant la sensation de l'eau longeant sa peau, elle se perdit dans ses pensées. Son esprit divagua progressivement vers Minato. Ils se voyaient régulièrement depuis qu'elle était venue dans son bureau pour lui demander des nouvelles de Naruto, et elle appréciait de plus en plus la présence du jeune homme au sourire éclatant. Le blond semblait très attentionné à son égard, et se souciait sincèrement de son état moral. La princesse Huyga sortit et s'enroula dans une serviette avant de ses sécher. Elle s'habilla tranquillement avant de sortir de la demeure de sa famille pour rejoindre le dojo. Depuis quelques mois, son père l'entraînait personnellement afin qu'elle prenne la suite comme chef du clan. Hanabi avait en effet avoué qu'elle n'était pas intéressée par la charge et l'aînée, après une longue discussion avec son géniteur, s'était portée garante de la succession. Les deux Huyga s'exercèrent pendant de longues heures, puis, l'homme étant plus que satisfait des progrès de son héritière, il la libéra afin qu'elle puisse profiter de son après midi. Hinata décida de rejoindre Kiba et Shino, qui étaient assis posément près de la rivière.

- Cela fait longtemps que je ne t'ai pas vu Shino, souffla la jeune femme en s'installant près des deux garçons. Comment vas-tu ?

- Je vais bien, merci Hinata. Et t...

- Tu connais pas la nouvelle Hinata ?! lâcha alors Kiba avec un grand sourire, coupant son ami. Shino va bientôt commencer sa formation pour devenir professeur à l'académie ninja !

Le shinobi aux lunettes de soleil jeta un regard noir à son acolyte, que ce dernier ignora royalement.

- J'aurais aimé l'annoncer moi même, reprit le futur enseignant.

Hinata lui offrit un sourire sublime.

- Je suis très contente pour toi ! affirma-t-elle.

Les trois coéquipiers savaient que cette nouvelle signifiait que leur trio serait bientôt dissous, mais ils n'étaient pas attristés, ils avaient profité de leurs années passées ensemble à partir en missions et n'avaient pas de regrets. De plus, leur amitié était forte, et elle perdurerait malgré les chemins qu'ils allaient prendre.


 

*********


 

Minato soupira. Il était las de tout ce qu'il faisait et ressentait de plus en plus le besoin de faire de nouvelles choses. Une idée lui traversa l'esprit et il se mordit la lèvre. Pouvait-il faire cela ? Cela risquait de lui attirer de sérieux problèmes avec les conseillers du village, probablement auprès des kages aussi. Mais il n'en pouvait plus de sa routine, il voulait du changement. Décidé, il se téléporta à l'un de ses kunaïs, celui qu'il avait confié à l'homme qu'il voulait maintenant voir. Lorsqu'il réapparut, il était dans une pièce sombre. Devant lui, assis nonchalamment dans un siège, tenant un parchemin dans sa main et les iris glacés figés sur lui, Sasori. Le blond inclina doucement la tête pour le saluer.

- J'ai un service à te demander, commença-t-il, beaucoup moins sûr de lui maintenant qu'il faisait face au maître marionnettiste.

- Je t'écoute, répondit ce dernier en posant son rouleau sur le bureau.

- Je souhaiterais rejoindre l'Akatsuki.

Le leader de l'organisation, s'il fut surpris, ne montra aucun signe d'étonnement sur son visage neutre. Minato entreprit alors de lui exposer les raisons de sa demande, les yeux rivés sur le sol. Quand il se tut, un long silence emplit l'atelier de l'artiste.

- Tu as conscience du pouvoir que tu m'accordes si tu te places sous mes ordres ? demanda alors ce dernier.

- Je le sais.

Il leva les yeux pour enfin confronter le regard intense du ninja de Suna.

- Je te l'ai déjà dit, j'ai confiance en toi.

Sasori ne répondit pas, puis il se leva et se dirigea vers une armoire de laquelle il tira un long manteau noir aux motifs de nuages rouges ainsi qu'un coffre scellé. Il offrit le vêtement au Hokage et activa le sceau pour ouvrir la boîte. Avec précaution il en sortit une chevalière argentée avec une pierre dorée ornée d'un kanji noir. Le garçon aux cheveux rouges tendit le bijou à Minato, qui le glissa à son index droit.

- Voici la bague du crépuscule, prononça lentement le maître marionnettiste. Elle est désormais tienne, et toi tu es maintenant des nôtres. Bienvenue dans l'Akatsuki.

Le shinobi de Konoha enfila le manteau avant de s'agenouiller devant l'artiste, la tête légèrement baissée.

- Je te remercie, tu peux compter sur moi.

Chapitre 15 : Humains

Hashirama était allongé sur le toit d'un bâtiment de Konoha, admirant le soleil descendre lentement dans l'horizon. Il s'était placé près des remparts du village pour profiter des sons apaisants de la forêt. Alors qu'il se sentait doucement glisser vers une paix complète de ses émotions, il se releva brusquement, fronçant les sourcils. Il venait de ressentir un chakra non loin de là, une énergie bien trop familière, et fort inquiétante. D'un bond agile et puissant, il se dirigea hors de l'enceinte du village, parcourant la forêt en direction de ce qu'il détectait. Le sang battait dans ses oreilles tandis que de multiples questions s'imposaient à toute vitesse dans son esprit. Il s'arrêta dans une clairière, face à un homme qui évapora ses derniers doutes quant à l'identité derrière la source de chakra ressentie. Les cheveux noirs, longs et hérissés, se balançant doucement aux vent, l'armure rouge faisant ressortir ses iris écarlates, l'expression sévère et le regard intense.

- Madara.

- Bonsoir Hashirama.

- Ainsi donc, toi aussi tu es revenu du monde des morts.

L'Uchiha esquissa un sourire moqueur.

- Non je viens juste me promener. Crétin.

Hashirama fit la moue.

- Tu ne changes pas dans la mort Madara, toujours aussi cassant.

Son visage redevint alors sérieux et il vrilla ses yeux dans les sharingans de son ami d'enfance.

- Quelles sont tes intentions ? Tu comprends bien que si tu t'opposes de nouveau à l'alliance ninja, nous devrons t'arrêter.

Madara secoua la tête.

- Je ne ferai rien, rassure toi. J'ai bien compris ma défaite lors de la dernière guerre, il n'est pas question que je gaspille cette nouvelle vie.

Le premier Hokage prit le temps d'observer le visage de son rival, essayant d'y voir une quelconque assurance de ses propos. Il ne parvint pas à trouver la folie qui seyait l'expression de l'Uchiha la dernière fois qu'ils s'étaient affrontés. Un sourire vint lentement fleurir ses lèvres.

- Bienvenue chez nous dans ce cas, mon ami.


 

*********


 

Sasori ouvrit les yeux avec difficulté. Son atelier était dans un état catastrophique, les étagères étaient fracassées, le plan de travail s'était affaissé par terre et le sol était jonché de flacons brisés comme de matériaux divers. Une bombe n'aurait pas fait de pires ravages. Le maître marionnettiste, allongé au centre de la pièce ravagée, se redressa légèrement avant de se figer, une sensation désagréable parcourant son corps pour la première depuis très longtemps. Il grimaça sous la douleur, essayant de se rappeler de ce qu'il s'était passé avant qu'il ne sombre dans l'inconscience. Il se souvint qu'il travaillait sur un nouveau corps, plus puissant et bien plus durable que sa forme de pantin en bois. Le garçon aux cheveux rouges s'était en effet rendu compte que si le bois restait figé dans le temps, la matière n'était pas plus pérenne qu'une autre. Il avait alors entrepris des recherches avancées, jouant entre les domaines de l'anatomie et de la chimie, pour parvenir à une enveloppe charnelle de meilleure qualité. Toutefois satisfait de son apparence, il ne voulait pas détruire cette dernière, et avait donc étudié la discipline du sceau afin de la préserver. C'était en pleine nuit qu'il avait achevé sa préparation, il s'était alors enfermé dans son atelier, et il avait lentement transformé son corps pour obtenir le résultat prévu par sa théorie. Il avait d'abord façonné sa nouvelle enveloppe charnelle, puis il l'avait liée à un sceau puissant dans lequel reposait sa forme de marionnette. Mais cette expérience aussi créative que dangereuse avait entraîné sur le jeune homme une réaction qu'il n'avait pas prévue. Dès que tout fut terminé, il avait senti son chakra bouillonner en lui, et il n'avait pu contrôler le flot d'énergie. La dernière chose dont il se souvenait était l'explosion qui était sortie de lui pour frapper la pièce avec violence. Il s'était ensuite senti partir, ses jambes l'abandonnant en même temps que son esprit. Sasori se leva avec des gestes lents et hésitants, éloignés de son assurance habituelle. Laissant son atelier dans un état désastreux, il sortit, veillant à ce que les couloirs soient vides, et il se dirigea vers le petit appartement qu'il occupait dans le bâtiment principal depuis son retour. Il s'arrêta dans la salle de bain et prit le temps d'observer son reflet dans le miroir. Son nouveau corps lui donnait maintenant dix-sept ans plutôt que quinze, et il dévoilait une musculature fine et bien dessinée, sur les bras comme le long du torse. Malgré tout, il semblait toujours être cet adolescent presque chétif, ayant conservé la même taille qu'auparavant. Cela ne l'importuna pas, il faisait un mètre soixante quatre depuis près de vingt ans et cela ne l'avait jamais dérangé. Ses iris ambrés glissèrent le long de son corps de nouveau humanisé, longeant les veines violettes qui contenaient son poison le plus mortel, jusqu'à se poser sur sa hanche gauche, où un imposant tatouage noir en forme de scorpion venait grandir jusqu'à ses côtes. Le sceau. La marque qui contenait son œuvre la plus personnelle. Le maître marionnettiste leva doucement sa main, effectuant un mudra simple pour activer le jutsu de l'encre scindée à sa peau. Aussitôt, il redevint pantin, admirant sa forme de bois et de chair dans le miroir pendant de longues secondes, puis il refit son geste, et l'apparence de marionnette laissa place au jeune homme qu'il était à présent. Afin de vérifier que son organisme s'était mis en place correctement, le ninja de Suna sortit une seringue d'une armoire emplie de matériel chimique et il préleva une petite dose du poison qui coulait dans ses veines pour faire des analyses. Il enfila ensuite son long manteau noir aux nuages rouges sans prendre la peine d'enfiler un t-shirt, les pensées tournées vers le composant toxique qui lui servait de sang. Il se demandait quelles divergences il pourrait constater dans le futur. Quittant sa réflexion, Sasori retourna dans son atelier avec l'intention de le ranger avant que le soleil ne se lève, mais lorsqu'il fut à la porte de la pièce, il reconnut Deidara au centre de la salle sombre, le regard interloqué fixant l'état de cette dernière. En entendant son acolyte, le blond se tourna vers lui et leva immédiatement les mains en signe d'innocence.

- Je te jure que c'est pas moi qui ait explosé ton atelier ! affirma-t-il avant que le shinobi du désert ne puisse dire quoi que ce soit.

- Je sais.

Il ferma la porte derrière lui et rejoignit Deidara, levant les yeux pour confronter le regard de son partenaire, plus grand que lui.

- C'est moi qui ai fait cela.

L'autre ouvrit la bouche, un sourire amusé sur les lèvres.

- Avant que tu ne dises quoi que ce soit, le coupa Sasori d'une voix aussi glaciale que ses iris, sache que si tu t'avises de faire la moindre blague, tu finis empaillé dans un coin de la pièce.

Un éclat de provocation parcourut les prunelles océans du garçon, mais il ferma finalement la bouche, capitulant.

- Et pour quelle raison as tu décidé de refaire la décoration intérieure ?

Sasori roula des yeux.

- Je me suis créé un nouveau corps, plus puissant et plus éternel que l'ancien, mais je n'avais pas prévu que mon chakra réagisse aussi violemment lors du transfert.

- Un nouveau corps ? Tu n'es plus un pantin alors ?

- Non, répondit-il en passant derrière Deidara pour ramasser des outils, j'ai un corps humanisé dorénavant, fait de chair de d'une multitude de composants divers. Le chakra circule bien mieux en moi et je vais pouvoir contrôler plus de marionnettes qu'avec mon ancienne forme. Mais je ne suis pas un homme, le temps n'aura toujours pas d'emprise sur moi, et j'ai bien plus de force et de résistance que les être humains.

L'expression du nukenin d'Iwa s'éclaira alors et un grand sourire traversa son visage.

- Pourtant t'as toujours l'apparence d'un gamin d'un mètre soixante, glissa-t-il avec malice.

Il grimaça de douleur lorsque la main de Sasori claqua derrière sa tête, mais il ne put s'empêcher de rigoler. Il se retourna pour affronter le regard noir que lui lançait le garçon aux cheveux rouges, et il lui offrit un sourire insolent.

- Oh allez, tu sais très bien que tu t’ennuierais sans moi, susurra-t-il avec provocation.

- Tch, ben voyons.

Ignorant le rire moqueur de son acolyte, Sasori continua de ranger ses affaires, grommelant contre l’immaturité du blond et se demandant pourquoi il faisait preuve de tant de patience à son égard. Jamais il n'aurait admis qu'il voyait Deidara comme son ami, le seul qu'il ait eu depuis Komushi.

Chapitre 16 : Le village abandonné

Gaara était assis dans un fauteuil, tourné vers la large fenêtre. Il était revenu de son bureau assez tard et profitait du silence pour se reposer quelques temps. La nuit était bien avancée et il fixait son village endormi en se posant de multiples questions. Le jeune homme se demandait s'il avait fait les bons choix dans sa vie. Il s'était toujours battu, d'abord pour lui même, puis pour les autres. Naruto, son ami, lui avait ouvert les yeux sur beaucoup de domaines. Mais il se sentait las. Le Kazekage avait à peine vingt ans, il était à la tête de son village depuis plusieurs années, avait été commandant de l'alliance ninja, pourtant il avait l'impression de ne pas avoir réellement vécu. Il n'avait jamais eu d'enfance, et son adolescence ne s'était pas mieux déroulée. Il avait du devenir adulte bien trop vite, et il regrettait de ne pas avoir pu profiter de son existence comme les autres. La porte de ses appartements s'ouvrit, le tirant de ses réflexions. Temari entra lentement et vint s'assoir dans le canapé près de son frère.

- Gaara ? appela-t-elle doucement en remarquant l'absence du garçon aux cheveux rouges.

Il ne répondit pas mais quitta sa contemplation des yeux pour la regarder.

- Tu sembles distrait... Tout va bien ?

Les iris de la jeune femme laissaient entrevoir de l'inquiétude. Le dirigeant de Suna ouvrit la bouche pour répondre, mais il la referma, ne trouvant pas ses mots.

- Je me pose des questions... souffla-t-il enfin, comme s'il faisait une confidence.

- Quelles questions ? l'encouragea sa sœur d'une voix douce.

- Je suis fatigué de tout cela. Je ne sais pas si c'est ce que je veux sur le long terme... J'ai besoin de voir de nouvelles choses je crois... En fait... Je ne sais pas...

- Gaara... Je sais que c'est une charge difficile, mais Suna a besoin de toi, de ta force, de ta bienveillance. Kankuro et moi, nous serons là pour t'épauler, tu le sais bien.

Le garçon aux cheveux rouges hocha la tête, toutefois peu convaincu. Il se sentait vide de quelque chose, mais il ne savait pas comment l'expliquer à Temari. La kunoichi posa une main réconfortante sur son bras.

- Repose toi Gaara, tu iras mieux demain.

Elle se leva ensuite et quitta la pièce avec un dernier regard pour son frère. Celui ci reporta ses yeux sur la fenêtre. Il se demanda alors s'il était vraiment indispensable dans ce lieu.


 

*********


 

Tobirama attendait devant le bureau du Hokage, les bras croisés et le regard droit, pendant que celui ci feuilletait un ensemble de rapports.

- Tu as fait de l'excellent travail, le félicita Minato en reposant enfin les dossiers. J'ai bien fait de te confier la police, ton expérience est vraiment bénéfique pour ce village.

Le deuxième du nom le remercia d'un hochement de tête. Une personne frappa alors à la porte avant d'entrer dans la pièce.

- Je peux faire quelque chose pour toi, Hashirama ? demanda le blond en souriant face au nouveau venu.

- Je viens te parler de Madara.

Les iris de Minato brillèrent d'inquiétude et il se leva aussitôt.

- Il a fait quelque chose ?

- Non non ! répondit l'aîné des Senju en agitant soudainement ses mains devant lui.

L'Hokage soupira.

- En fait, Madara aimerait partir, voyager, et rebâtir un village pour ne pas rester sur le premier échec lorsqu'il a délaissé Konoha. J'aimerais l'accompagner, moi aussi j'ai envie de construire dans cette nouvelle vie, et puis je pourrais le surveiller ainsi.

Le jeune dirigeant acquiesça.

- Oui c'est une très bonne idée, vous avez tout mon soutien pour ce projet.

- Mmmh, ne le quitte pas des yeux Hashirama, compléta Tobirama.

Son frère sourit à cette réaction puis il quitta le bureau. Minato tourna son regard vers le chef de la police.

- Toujours cette défiance ?

- Évidemment, répliqua le cadet Senju, n'oublions pas qui est Madara Uchiha.


 

*********


 

La jeune femme passa les portes du village d'un pas hésitant. Elle était heureuse de revenir, mais cela lui semblait si irréel que ses pas manquaient d'assurance. Elle déclina son identité auprès des ninjas chargés des entrées et sorties de Konoha, puis elle se dirigea dans les rues, essayant d'associer ses souvenirs aux changements que le temps avait causé à la structure de la cité. Après s'être perdue dans les ruelles, elle demanda aux passants où elle pouvait trouver le quartier Uchiha, et elle apprit qu'il n'y avait plus de réelles séparations entre les clans depuis la reconstruction, excepté pour la noblesse Huyga, mais un homme lui proposa de a conduire jusqu'au domicile d'un shinobi de sa famille résidant à Konoha depuis quelques temps. Il la laissa devant la porte, et la jeune femme frappa doucement, curieuse de savoir qui vivait dans l'édifice. Ses yeux se remplirent de larmes lorsqu'elle reconnut le garçon, et celui ci fut surpris quand elle se précipita en avant pour le serrer dans ses bras.

- Maman...

Le jeune shinobi ne savait pas comment lui parler. La dernière fois qu'il l'avait vue, il tenait un sabre dans sa main et s'apprêtait à la tuer en même temps que son père. Mais ce souvenir ne perturbait pas Mikoto, elle venait de retrouver son fils aîné et c'était la seule chose qui lui importait.

- Itachi... Je suis tellement contente de te revoir, tu m'as beaucoup manqué.

- Je ne pensais pas que tu serais si enthousiaste à cette idée, souffla le membre d'Akatsuki en refermant la porte avant de répondre à l'étreinte de sa mère.

La kunoichi se redressa légèrement pour plonger ses yeux noirs dans ceux de son enfant.

- Ne dis pas de bêtise, jamais je ne t'en ai voulu. Tu es mon fils, je t'aimerai à jamais quoi que tu fasses. Et puis aujourd'hui, tout a changé. Oublions le passé.

Itachi hocha la tête en souriant.

- Ton frère est au village ? demanda alors la jeune femme.

- Il est parti en mission maman, mais je vais lui envoyer un message pour lui annoncer ton retour.

Il désigna ensuite la pièce en serrant la main de Mikoto dans la sienne.

- Bienvenue à la maison, tu es ici chez toi.

La brune offrit à son aîné un sourire éclatant. Elle était vivante, et elle était heureuse.


 

*********


 

Sasori regardait avec ennui le paysage à travers la fenêtre. Il était installé dans un fauteuil, au milieu d'un grand salon, écoutant les bavardages de Deidara, quant à lui allongé dans un canapé avec nonchalance. Le maître marionnettiste cessa de prêter attention à son acolyte pour se concentrer sur les bruits de fond. Il lui semblait entendre depuis les couloirs beaucoup de chaos, les bruits de pas se succédant avec précipitation, accompagnés de cris paniqués. Le garçon aux cheveux rouges soupira d'agacement, il détestait ne pas savoir ce qui se passait. Il avait besoin de contrôler chaque événement autour de lui, et ce qu'il pressentait n'engageait rien de bon. La porte de la pièce s'ouvrit alors brusquement sur Baki et Kankuro. Deidara stoppa son monologue face à cette intrusion et Sasori tourna la tête pour les regarder. Les deux ninjas avaient le visage grave et le frère du Kazekage semblait très inquiet.

- Gaara a disparu depuis ce matin ! s'écria-t-il, répondant ainsi aux questions muettes qui traversaient l'esprit du leader de l'Akatsuki.

Connaissant l'histoire de la disparition du troisième du nom et la responsabilité de son acolyte dans l'affaire, Deidara glissa son regard sur Sasori avec un air désapprobateur.

- Encore ? Ça fait beaucoup là non ?

Le garçon aux cheveux rouges roula des yeux, résistant à l'envie de le frapper.

- Ce n'est pas moi crétin.

Baki s'avança dans la pièce.

- Permettez moi d'émettre quelques doutes Sasori, mais il se trouve que vos antécédents n'interviennent pas en votre faveur. Vous avez fait du troisième votre jouet, le quatrième fut éliminé par votre ancien partenaire et vous avez déjà une fois enlevé le cinquième avec votre acolyte actuel.

Deidara laissa un rire s'échapper de sa gorge à ce souvenir mais il s'arrêta quand il vit le regard noir des deux ninjas préoccupés. Le maître marionnettiste se passa une main dans les cheveux avec lassitude, cherchant comment répondre aux accusations cohérentes du shinobi. La porte s'ouvrit de nouveau sur Temari, un papier à la main.

- Baki, Kankuro, Sasori n'y est pour rien.

- Tu étais pourtant la première à te méfier de lui lorsqu'il est revenu, déclara son frère, perplexe.

- En effet, mais j'ai retrouvé ceci sous le lit de Gaara, soutint la jeune kunoichi en présentant la feuille qu'elle tenait. Il est parti de lui même, il le dit ici.

Les deux hommes saisirent le message pour le lire, tandis que Deidara regardait Sasori en essayant de comprendre. Le jeune homme originaire de Suna fixait les ninjas sans rien laisser paraître, comme à son habitude.

- Depuis quelques temps, je sentais qu'il avait quelque chose d'étrange, reprit Temari. Il doutait de ses choix, de lui, la charge de kage est très conséquente, surtout à son âge. Sans oublier le rôle qu'il a eu pendant la guerre. Il a toujours agi pour remplir son devoir, et il a fini par s'oublier lui même. Il a craqué, et il est parti.

- Mais qu'allons nous faire si le Kazekage abandonne le village ? demanda alors Kankuro.

Chapitre 17 : Crise majeure au village des sables

Les différents écrans montraient tous des visages inquiets et soucieux. Après le départ de Gaara, Baki avait demandé de l'aide au conseil de Suna, dirigé par le sage Ebizo depuis la mort de sa sœur Chiyo. Après avoir organisé des recherches qui ne donnèrent aucun résultat, le vieil homme avait décidé de contacter l'alliance ninja pour les avertir de la situation. Minato n'était pas seul devant la caméra, il avait à ses côtés Tobirama et Tsunade, revenue au village depuis peu. Darui, Mei et Onoki étaient en revanche isolés dans leurs bureaux afin d'assister à cette réunion urgente sans être dérangés. Du côté de Suna, Ebizo, Baki, Kankuro et Temari s'étaient installés dans la salle du conseil afin d'organiser cette discussion virtuelle. Ils avaient d'abord pris de longues minutes pour exposer le problème à leurs alliés, et l'ambiance était pesante.

- Vous avez bien dit que vous aviez organisé des recherches ? demanda Minato.

- Oui, confirma la kunoichi du village des sables, mais elles n'ont donné aucun résultat, si Gaara ne veut pas qu'on le retrouve, alors nous n'avons aucune chance.

- Et c'est ce jeune blanc bec qui me faisait des réflexions avant la guerre, railla le Tsuchikage.

Kankuro serra les dents.

- Gaara a fait un travail admirable, il n'a jamais eu d'enfance en plus d'avoir sacrifié toute sa vie à Suna, c'est déjà exceptionnel qu'il ait fait autant ! Personne n'a le droit de le juger, il ne va pas bien, et c'est parfaitement compréhensible !

Baki posa une main sur l'épaule du garçon.

- Calme toi, tu t'adresses à un kage.

- Il a raison, intervint alors Tsunade. Gaara a fait bien plus que beaucoup d'autres, sa réaction était à prévoir, nous aurions du faire preuve de plus de prévenance à son égard.

- Mais Suna ne peut se passer de Kazekage, affirma le Raikage en croisant les bras. Régler ce problème est une priorité.

Ebizo soupira alors.

- En effet, approuva-t-il. Gaara étant disparu volontairement, il ne fait aucun doute que nous devions choisir un nouveau Kazekage. Toutefois, il reste à choisir qui.

- Je pense que la réponse est pourtant évidente, lança alors Mei, attirant l'attention des autres participants. Votre village possède un ninja talentueux, intelligent, qui a prouvé récemment qu'il était digne de confiance en plus d'être probablement le plus puissant de vos shinobis.

- Vous voulez parler de Sasori des Sables Rouges ? questionna Baki.

La Mizukage hocha la tête.

- En effet, cela paraît la meilleure solution, réagit Tobirama. Il y a peu, il a sauvé l'une de nos kunoichis en plus du Hokage face à la menace Otsutsuki. Nous avons besoin d'alliés comme lui.

- Mais il est le leader de l'Akatsuki ! s'écria Onoki, scandalisé. Dois-je vous rappeler qui sont ces criminels ?! Qui est cet homme ?! Lui donner le rôle de kage en plus serait lui accorder bien trop de pouvoir !

Il s'arrêta un instant pour prendre une longue respiration, puis il reprit.

- Si vous voulez vraiment lui offrir le siège, il doit abandonner l'organisation !

Kankuro secoua la tête.

- Ça se voit que vous ne le connaissez pas, affirma le marionnettiste. Personne ne saura faire chanter Sasori, il est le maître de la manipulation, on ne peut jouer avec lui sans perdre. De plus, il ne désire pas le poste, c'est nous qui avons besoin de lui. En somme, il est en position de force et nous ne pouvons donc pas lui poser d'ultimatum.

- Et puis ce serait parfaitement stupide, déclara Darui. Il tient l'Akatsuki entre ses mains, s'il est kage, il pourra les contrôler dans les intérêts de Suna et donc de l'alliance, alors que s'il abandonne le groupe, que feront tous ces nukenins ?

- Je connais Sasori, commença alors Minato. Personne ne pourra le forcer à faire quoi que ce soit. Mais nous pouvons nous fier à lui. Avec l'Akatsuki et Suna, il sera notre meilleur allié.

- Oh toi, ne la ramène pas! s'énerva le Tsuchikage. Je te rappelle que tu as rejoint l'Akatsuki sans le dire, comme un fourbe ! Tu es devenu la marionnette de Sasori au même titre que les autres ! C'est une honte que tu sois encore accepté parmi les kages !

- Mesurez vos paroles lorsque vous vous adressez au Hokage, siffla Tobirama en jetant un regard noir sur l'écran du vieil homme.

- L'heure n'est pas à la dispute, intervint alors Ebizo avec calme. Je connais bien Sasori, et ce malgré lui, n'oubliez pas qu'il est le petit fils de ma sœur. Je pense sincèrement qu'il est le meilleur candidat pour cette charge, le tout est de savoir s'il l'acceptera.

- Je ne suis pas convaincu, opposa Onoki. Je refuse d'accepter parmi nous un criminel de rang S. Surtout un individu aussi dangereux et détraqué que lui. Vous semblez tous oublier ce qu'il a fait jadis, à des ninjas de tous les villages, à des pays entiers même. Vous êtes des inconscients.

Un long silence suivit. Les kages n'avaient habituellement pas leur mot à dire lorsqu'un village devait élire un nouveau leader, toutefois, maintenant que l'alliance ninja était consolidée et durable, ils étaient concernés par la question. L'ambiance se fit assez pesante dans la salle du conseil, puis Tsunade prit la parole avec conviction.

- Je parlerai au nom de Konoha, ainsi que du deuxième et quatrième Hokage afin d'approuver et de soutenir la candidature de Sasori au poste de Kazekage. En effet il a commis des horreurs, comme beaucoup de shinobis, mais il a prouvé à notre village que nous pouvions lui faire confiance.

- Au nom de Kumo, j'apporte moi aussi mon soutien, enchaîna Darui avec désinvolte.

- De même pour Kiri, continua la Mizukage.

Tous se tournèrent vers l'écran du Tsuchikage qui se renfrogna.

- Iwa restera neutre quant à ce sujet, affirma-t-il.

Baki hocha la tête, comprenant ce choix.

- Temari, Kankuro, appela Ebizo. Vous êtes la famille de Gaara, qu'en pensez vous ?

La jeune femme échangea un long regard avec son frère, puis elle soupira.

- Tout cela ne me plaît pas, si je m'écoutais je partirai immédiatement à la recherche de Gaara. Mais je dois penser au village... Je n'aime pas Sasori, mais je pense qu'il est le seul à pouvoir reprendre les rênes et à être suffisamment fort pour protéger notre nation.

- Pour ma part, j'ai confiance en lui, compléta le marionnettiste. Ce qu'il a fait pour Suna depuis son retour n'est pas négligeable, et il a permis au département des utilisateurs de pantins une évolution fulgurante. Il est une légende pour moi, autant que Chiyo l'était, si ce n'est plus. J'approuve moi aussi.

Onoki se leva de son siège depuis son bureau.

- Alors soit, proposez donc à cet homme le rôle de kage. Mais je vous aurais prévenus.

Sur ces mots, il éteignit la caméra, signant la fin de la réunion. Chaque dirigeant quitta l'appel virtuel sans rien ajouter, laissant les habitants du village des sables seuls dans la grande salle du conseil.


 

*********


 

Minato soupira profondément lorsqu'il quitta la réunion. Il n'avait pas aimé les reproches du Tsuchikage, mais il ne pouvait se défendre car le vieil homme avait raison. Il savait bien que les réactions suite à son intégration à l'Akatsuki seraient vives, il savait aussi que son choix était dangereux.

- Tout va bien Minato ? demanda Tsunade en le fixant.

- Mmmh, oui oui, j'ai juste un peu de mal avec la fermeté d'Onoki. Il me condamne bien vite sans chercher à comprendre.

- Même avec tes explications Minato, lança alors Tobirama d'un ton tranchant, permets moi de te dire que cette décision était stupide en plus d'être risquée. Tu as agi comme un imbécile doublé d'un inconscient.

Minato détourna le regard vers Tsunade, espérant son soutien.

- Je suis d'accord avec lui Minato, tu as été idiot.

L'Hokage saisit son paquet de cigarettes et se leva pour rejoindre le balcon, las des critiques. Il comprenait bien sûr l'inquiétude et la méfiance, mais il était persuadé au fond de lui qu'il avait raison. Ses deux interlocuteurs le suivirent du regard, puis ils le laissèrent seul avec lui même, quittant le bureau. Le blond s'alluma une clope avant de tirer une longue taffe. Il entendit la porte s'ouvrir et sourit en reconnaissant les pas qui s'approchaient timidement.

- Bonjour Minato, j'espère que je te ne dérange pas.

- Non bien sûr, approche, Hinata.

Chapitre 18 : Choix décisifs

Il faisait face au désert, débout sur les falaises qui enserraient le village pour le protéger des attaques. Seul sur la dune, il avait pris soin de s'éloigner pour laisser les patrouilles faire leur travail tout se permettant de profiter du panorama sublime du crépuscule. Ses iris ambrés suivaient depuis de longues minutes le soleil s'enfoncer dans l'horizon de sable. Le vent balayait ses cheveux écarlates comme le tissus de ses vêtements puisqu'il avait exceptionnellement revêtu la longue tunique traditionnelle de Suna. Depuis que Gaara avait disparu, il n'avait presque pas dit un mot. Déjà silencieux de nature, il s'était enfermé dans ses réflexions, participant aux recherches sans trouver de réponse. Même son imposant réseau d'espions n'avait pu obtenir la moindre information sur le Kazekage. Le maître marionnettiste se demandait ce qu'il se passerait maintenant. Il y avait beaucoup de personnes de pouvoir à Suna qui le détestaient et qui ne lui faisaient pas confiance. Si lui et Deidara avaient été aussi bien accueillis, c'était le fait de Gaara. Mais le jeune kage n'était plus là, et Sasori se retrouvait seul une nouvelle fois. Un bruit de pas attira son attention et il se retourna pour voir Baki et Ebizo s'avancer vers lui avant de s'arrêter.

- Que puis je faire pour le grand conseiller du conseil ? demanda-t-il de sa voix froide et neutre.

- En voilà des façons de saluer sa famille Sasori, répondit alors le vieux sage. Je suis ton grand oncle tout de même.

Le leader de l'Akatsuki ne répondit rien, ignorant sa remarque pour retourner à sa contemplation.

- Nous avons eu une conversation avec l'alliance ninja, expliqua alors Baki. Il fallait parler de la succession du Kazekage.

- Vous abandonnez déjà l'idée de retrouver Gaara alors ?

- Il est parti de lui même, se justifia le jonin, nous ne pouvons pas faire grand chose. Il faut impérativement penser à la sécurité du village.

- Sasori... souffla Ebizo en se plaçant devant le paysage que le nukenin admirait afin de plonger ses yeux dans les iris de glace de celui ci. Les différents kages ont décidé de soutenir une candidature en particulier. Une candidature approuvée par le conseil de Suna, ainsi que la famille de Gaara.

Le maître marionnettiste ne dit rien, attendant la chute. Il avait bien conscience que si les deux hommes venaient lui parler de cela, c'est qu'il était concerné par cette affaire. A la mine grave de ses interlocuteurs, il supposa que le candidat en question était sûrement l'un de ses détracteurs.

- C'est toi qu'ils veulent comme Kazekage, acheva enfin le grand conseiller.

Si le jeune homme fut surpris, il n'en montra rien. Il resta simplement silencieux, fixant son grand oncle. Baki, impatient et stressé par tous ces évènements, se rapprocha à son tour.

- Alors, qu'en pensez vous ?

Le regard glacial du garçon aux cheveux écarlates se posa sur le ninja, et ce dernier se sentit soudainement transpercé.

- Il y a encore une semaine, lorsque Gaara a disparu, tu m'accusais d'être responsable de cela. Et aujourd'hui tu redoutes que je refuse de devenir le nouveau Kazekage ?

L'homme parut mal à l'aise.

- Je... je n'ai pas dit que je craignais votre ref...

- Tu es anxieux et impatient, je peux le lire sur ton visage. Tu me regardes sans cesse depuis qu'Ebizo m'a annoncé la nouvelle, cherchant sur mon expression une réponse. Tu paniques parce que tu ne vois rien. Tu l'as dit, pas avec des mots mais avec ton corps.

Baki ouvrit la bouche, cherchant quoi répondre, avant de la refermer, agacé de s'être fait analysé comme un enfant sans pouvoir maîtriser la situation. Sasori l'ignora et il avança lentement sur la dune pour fixer le soleil qui avait maintenant presque disparu au travers des dunes, ne laissant filtrer que quelques rayons lumineux.

- J'accepte, affirma-t-il alors.


 

*********


 

Hashirama se laissa tomber sur le dos au milieu de la place publique, épuisé. Cela faisait un peu plus d'une semaine que Madara et lui avaient commencé à construire un village. Ils s'étaient installés à la frontière du pays du feu près de quelques maisons perdues. Les habitants avaient expliqué aux deux voyageurs que le lieu était riche en ressources grâce aux terres fertiles et à la grande rivière qui donnait sur un lac, mais leur difficulté était le développement de leur contrée car ils étaient isolés des autres cités et le trajet était bien trop long pour le commerce rapide. Une ombre plana devant le shinobi légendaire et il leva les yeux pour contempler le visage de son ami.

- Je dois te parler, annonça simplement l'homme taciturne.

Le premier Hokage se leva et les deux acolytes marchèrent jusqu'à la lisière de la forêt. Madara plongea son regard dans celui de son camarade.

- Les gens me craignent.

- Tu te fais des idées, on leur construit une ville, ils ont même proposé de faire de l'un de nous le chef de leur cité. Et cette fois ci, ce sera ton tour !

- Non Hashirama, ouvre les yeux et arrête de voir le monde avec ton insupportable optimisme, ils savent tous qui je suis et ils ont peur.

Le ninja du clan Senju baissa la tête en soupirant.

- Si tu fais preuve de patience, cela ira, je te le promets.

- J'ai besoin de réfléchir, de savoir ce que je veux.

Il releva le menton pour regarder son ami. L'Uchiha esquissa un léger sourire.

- Je ne ferai pas deux fois la même erreur, je vais aller prendre un peu de temps pour moi, voyager, apprendre à comprendre les gens. Ensuite je reviendrais ici, et nous dirigerons ce village. Ensemble.

Hashirama tendit alors sa main vers le shinobi taciturne.

- Entendu mon frère, je t'attendrais. Mais ne tarde pas trop, d'accord ?

- Promis.

Madara serra la main de son ami fermement, puis il le laissa pour s'enfoncer dans la forêt, en quête d'une sagesse qu'il n'avait jamais réellement recherchée.


 

*********


 

Minato marchait lentement le long de la berge, regardant de temps en temps Hinata qui avançait à ses côtés. Ils avaient passé une nouvelle soirée ensemble, et appréciaient mutuellement leur compagnie. Sans rien dire, ils traversaient les rues désertes éclairées par les rayons de la lune et la lumière de quelques lampadaires, puis ils franchirent un pont et s'arrêtèrent au centre afin d'admirer la rivière paisible. La jeune femme frissonna légèrement et Minato retira sa veste pour la poser sur ses épaules. Elle le remercia d'un léger sourire et il put admirer les traits de son visage. Elle semblait apaisée, mais il décelait toujours une grande tristesse en elle.

- Tu penses encore à mon fils ?

Elle hocha la tête.

- Tu l'aimes, je me trompe ?

Hinata rougit, bégayant une réponse trouble. Minato sourit.

- Rassure toi, ton secret sera bien gardé. Tu sais, il a beaucoup de chance d'avoir une jeune femme avec autant de qualité pour l'aimer et l'attendre même quand il part longtemps. Je serais très fier de t'avoir comme belle fille.

Il pencha légèrement la tête sur le côté.

- Je vais être honnête, j'apprécie beaucoup ta compagnie, tu es une personne formidable.

En voyant l'absence de réaction de son interlocutrice, il recula légèrement, craignant de l'avoir embarrassée, mais soudain, elle lui saisit l'avant bras pour le tirer vers elle et elle se glissa dans ses bras.

- Merci beaucoup d'être là, moi aussi je serais vraiment fière de pouvoir entrer dans ta famille.

Chapitre 19 : Kazekage, sixième du nom

Sasori était debout face à la fenêtre d'une pièce vide, le regard figé. Il écarta légèrement le col de son vêtement pour libérer son cou puis il soupira. Il regarda un instant la bague qui brillait à son pouce gauche avant de rabaisser les longues manches blanches sur ses mains. La porte s'ouvrit derrière lui et le jeune homme se retourna pour voir Deidara appuyé contre le chambranle. Il portait sa tenue de ninja habituelle mais avait délaissé les sacoches d'argile qu'il emmenait en mission ainsi que le manteau de l'organisation.

- Alors, qu'est ce que ça te fait d'être à quelques minutes de devenir un kage ? Stressé ?

- Ne dis pas de conneries.

Le garçon aux cheveux rouges passa devant son acolyte pour sortir de la salle. L'autre le suivit aussitôt.

- Sasori ?

- Quoi ?

- Que va-t-il se passer maintenant ? Pour l'Akatsuki ? Pour moi ?

Le maître marionnettiste s'arrêta au milieu de couloir, tournant la tête pour fixer son partenaire.

- Je continuerai de gérer l'organisation. La paix se maintient, alors nous n'avons plus autant de missions que pendant notre première vie, mais je me tiens constamment au courant des évènements de ce monde donc je pourrai agir à tout moment si besoin. Quant à toi, tant que tu n'as pas de missions, tu es libre de faire ce qu'il te plaît.

Le blond hocha la tête.

- Dans ce cas, je t'aiderai ici. Il est sympa ce village, je peux aller dans le désert explorer mon art, et j'aime voir ceux qui me détestent être obligés de me respecter, ce qui va être encore mieux maintenant que t'es leur dirigeant.

Le plus petit roula des yeux à ces propos. Les deux hommes rejoignirent le toit du bâtiment principal par les escaliers extérieurs. La population de Suna était réunie dans les rues et sur la place publique qui faisait face à l'imposant édifice centrale pour l'occasion. Les conseillers du village étaient déjà en place, n'attendant plus que leur nouveau Kazekage. Deidara jeta un coup d'œil malicieux à la coiffe de kage que tenait Ebizo, et un sourire vint étirer ses lèvres.

- Pratique tout ça, glissa-t-il d'un ton amusé, avec ta taille tu ne vas même pas avoir besoin de te baisser pour qu'il te mette ton chapeau.

Sasori lui lança un regard glacial.

- Je vais te jeter dans le vide Deidara.

L'insolent nukenin d'Iwa éclata de rire avant de se placer près des membres du conseil. Le leader de l'Akatsuki s'avança jusqu'à se tenir en face de la foule, l'expression aussi inexpressive que de coutume. Son grand oncle marcha vers lui, et dans un mouvement lent et mesuré, il posa sur ses cheveux écarlates le couvre chef distinctif de la fonction. Il se tourna alors vers le peuple des sables et s'éclaircit la gorge avant de parler.

- Habitants de Suna, j'ai l'honneur de vous présenter le sixième Kazekage de votre village, Sasori des Sables Rouges !

Des applaudissements fusèrent depuis la place, d'abord peu assurés puis de plus en plus enthousiastes. Le maître marionnettiste ne se faisait pas d'illusions, il savait que l'engouement venait de sa force, il savait qu'il était soutenu parce qu'il pouvait grandement augmenté la puissance militaire de la nation. Il savait aussi qu'il avait encore beaucoup d'ennemis. Le jeune immortel prit le temps de balader son regard sur l'ensemble de ces gens présents, puis il se retourna simplement pour partir.

- Sasori, le retint Ebizo, un banquet est prévu pour fêter ton investiture.

- Profitez en alors, répondit le jeune homme d'un ton cassant tout en poursuivant sa marche.

Le vieux conseiller soupira, mais il n'insista pas. Il s'était douté que la cérémonie ne compterait pas la présence du principal concerné. Il avait le pressentiment que la nouvelle fonction de son petit neveu ne l'aiderait pas à s'ouvrir au monde. Le garçon avait toujours été un solitaire, mais il craignait qu'un jour, cette pesante absence de compagnie ne lui fasse défaut.


 

*********


 

Minato plissa les yeux pour mieux observer ce qui se passait devant lui. Le coffre était gardé par cinq shinobis bien connus de l'ANBU. Tous étaient des déserteurs inscrits dans le Bingo Book. Ainsi, ils avaient réussi à se réunir pour former une guilde criminelle. Plus encore, ils étaient parvenus à mettre la main sur un rouleau de techniques interdites extrêmement rare et dangereux. Le parchemin était maintenant enfermé dans un coffre protégé au sein d'une redoutable forteresse. Pour l'éclair jaune de Konoha, pénétrer cette dernière n'avait été qu'une formalité. Les pièges entreposés dans le bâtiment étaient enfantins, il avait su déjouer chacun d'eux avec une facilité insolente, et il se trouvait maintenant dans la dernière pièce, face à cinq ennemis certes redoutables, mais qui ne faisaient pas le poids face à lui. D'un geste fluide, le blond lança un kunaï vers l'un des hommes qui le saisit par le manche avant de sourire.

- T'as raté ton coup, se moqua-t-il. Allez, sors de ta cachette.

Minato ne bougea pas.

- Qui t'a dit que j'avais raté ?

A peine sa phrase était finie qu'il avait disparu. Il apparut au niveau de son arme, juste devant son ennemi. Sa main tenait un autre kunaï, et dans un mouvement si rapide qu'il en parut presque invisible, il trancha la gorge du nukenin. D'un bond, il passa dans le dos d'un autre ninja et l'élimina tout aussi rapidement. Les survivants ne virent qu'un éclair passer entre deux et semant la mort. En quelques secondes, tout était fini. Minato posa sa main sur le coffre et il déverrouilla le sceau avant de saisir le parchemin. Sa mission était terminée, il balaya la pièce de son regard avant de disparaître comme s'il n'avait jamais été là. Il réapparut dans l'atelier de Sasori, dans lequel le marionnettiste était concentré sur une fiole d'un liquide violet. Le blond reconnut l'un des nombreux poisons du chimiste. Des mélanges redoutables réputés dans le monde ninja et qui avaient contribué à la réputation d'horreur de son créateur. Le jeune garçon aux cheveux écarlates posa ses outils avec minutie avant de se tourner vers le shinobi de Konoha. Ce dernier posa immédiatement un genou à terre avant de tendre le parchemin au leader de Suna. Ce dernier le scinda un instant de ses iris ambrés avant de saisir le rouleau.

- Je te remercie Minato.

- Tu n'as pas d'autres missions pour moi ?

- Non, tu peux y aller.

- Entendu.

Il inclina la tête avec respect, et, sans se relever, disparut simplement. L'Hokage se téléporta directement dans ses appartements. Devant le miroir chez lui, il retraça les coutures de son manteau noir aux nuages rouge du bout des doigts. Un sourire fleurit lentement sur ses lèvres, cela faisait longtemps qu'il n'avait senti son cœur battre sous l'excitation du danger.

Chapitre 20 : Politiques

Temari frappa à la porte. Une voix lui répondit positivement, aussi entra-t-elle simplement.

- Ah, Temari. Tu veux me dire quelque chose ?

- Oui Kankuro, je viens t'annoncer que je vais partir d'ici peu pour Konoha.

Le garçon sembla déconcerté.

- D'accord, mais ce n'est pas la première fois alors pourquoi as tu un visage aussi grave.

La jeune kunoichi prit une inspiration.

- Je n'y vais pas pour une mission, j'y vais pour y vivre. Je quitte Suna.

- Quoi ? Mais pourquoi ?

Il sembla alors prendre conscience d'une chose et un sourire moqueur fleurit sur ses lèvres.

- Oh je vois, ça se concrétise avec Shikamaru alors ?

La ninja du vent rougit violemment et elle frappa son frère derrière la tête. Il gémit de douleur et se frotta le crâne tandis qu'elle retrouvait son expression sombre.

- Un peu oui, mais ce n'est pas pour ça que je pars. Kankuro, je ne me sens plus à l'aise ici. Tout me rappelle constamment Gaara. Je... J'ai l'impression de ne plus être chez moi.

- Je vois oui. Et bien écoute ma chère sœur, je te souhaite le meilleur.

La kunoichi du village désertique sourit.

- Merci Kankuro, bon courage à toi. Et veille sur Suna.


 

*********


 

Hinata était assise devant le miroir. Derrière elle, des jeunes femmes du clan Huyga s'affairaient à coiffer les longs cheveux de leur princesse. Cette dernière était quelque peu anxieuse en cette matinée spéciale, mais surtout, elle était très fière. Aujourd'hui, elle devenait la dirigeante du clan. Son père avait décidé de passer la main et il avait organisé une grande cérémonie dans les règles de la tradition. La porte s'ouvrit alors sur Hanabi, qui rayonnait en cette journée.

- Tu es prête ? demanda-t-elle à son aînée.

Celle ci hocha la tête avant de se lever. Hinata s'approcha de sa sœur qui lui saisit le bras.

- Je suis très fière de toi, tu es devenue si forte.

- Merci Hanabi, je t'aime fort.

- Moi aussi.

Les deux princesses échangèrent un sourire, puis elles longèrent le couloir pour sortir de chez elles. Marchant d'un pas régulier et assuré, elles avancèrent pour entrer dans le temple principal du quartier. Tous les membres du clan et ses représentants étaient installés le long de la pièce. Au fond, centré et président la salle, leur père attendait, le visage grave. Hanabi frotta le dos de sa sœur pour l'encourager, puis elle s'assit près de l'entrée. Hinata marcha dans l'allée sous le regard de tous, elle croisa Neji, près des anciens membres de la branche secondaire qui avait été supprimée pour reformer une seule et même famille égale. Les yeux de la jeune kunoichi brillèrent quand elle songea à sa mort, puis à son retour à la vie. Il lui adressa un grand sourire, et elle répondit de la même façon. Elle se mit ensuite à genoux devant son père, attendant qu'il prononce les premiers mots, ce qu'il fit sans tarder.

- En ce jour si particulier, le clan Huyga va accueillir sa nouvelle dirigeante. Il est désormais temps pour moi de passer la main, de confier l'avenir à la nouvelle génération avec l'espoir qu'elle saura agir avec sagesse et discernement pour le bien de notre grande famille.

Il fit une pause, posant son regard sur sa fille, qui écoutait attentivement, avant de reprendre.

- Hinata, princesse du clan Huyga, jures-tu de servir et diriger notre famille, de protéger nos secrets, de défendre les tiens et d'être pour eux comme pour le village entier une aide bienveillante ?

- Je le jure.

Un silence bref mais présent s'installa alors, et Hiashi se permit d'offrir à son aînée un sourire sincère. Il se leva et tendit la main à sa fille pour qu'elle se relève. Il lui céda sa place et lorsqu'elle fut installée où il se tenait quelques instants auparavant, il s'agenouilla à son tour et prononça quelques mots avant de s'incliner devant elle.

- Saluez votre nouvelle cheffe.

D'un mouvement uni, tous les membres de la famille s'inclinèrent devant Hinata, avec un profond respect. La princesse était aujourd'hui une reine.


 

*********


 

Les politiciens échangèrent un regard anxieux. Le Kazekage avait convoqué l'intégralité du conseil, mais personne n'en connaissait la raison, pas même son grand oncle Ebizo. Tous étaient assis autour de la longue table dans la salle sombre, et ils attendaient l'arrivée du jeune dirigeant. Kankuro était également présent, mais lui non plus ne savait pas pourquoi. Le jeune homme regardait le verre, posé en face de lui, sans comprendre ce qu'il faisait à une réunion d'une telle importance. Sasori entra enfin, son long manteau noir aux nuages rouges flottant dans son dos. Il contourna la table en silence, les doigts de sa main gauche frôlant le meuble. La tension montait en chaque personne tandis qu'il avançait. Lorsqu'il fut au bout, devant le siège vide qui n'attendait que lui, il se stoppa et balaya l'assemblée de son regard inexpressif et glacial. Kankuro et Ebizo, assis tous deux à la droite du fauteuil du kage, se regardèrent, soucieux. Les portes de la salle claquèrent subitement et un grand blond entra avec une aise déconcertante. Il s'installa sur l'autre chaise restante, à la gauche de celle du dirigeant. Aussitôt, l'un des vieux conseillers se leva, outré.

- Il n'a rien à faire ici !

Le regard de Sasori, tranchant, se posa sur lui. Le vieil homme déglutit, mais il poursuivit, déterminé.

- Il n'est ni membre du conseil, ni ninja de Suna. Enfin, maître Kazekage !

Le maître marionnettiste fit glisser ses iris ambrés sur l'intrus désigné, qui lui renvoya un sourire insolent. Il reporta son attention sur le politicien.

- Est ce que tu viens d'insinuer que l'un des membres de mon organisation, mon binôme qui plus est, siffla-t-il doucereusement, est indigne de s'assoir à ma propre table ?

Son interlocuteur blêmit.

- Je.. Je veux simplement dire que... que cette réunion ne concerne que Suna et son gouvernement.

- Oh je vois, reprit le jeune leader avec une froideur qui fit frissonner tous les conseillers. Pourtant, Deidara participera bien à cette conversation, et pour la simple raison que je l'ai décidé.

L'homme se rassit, honteux. Toujours debout, Sasori saisit son propre verre et le leva, un sourire charmeur aux lèvres.

- A cette première réunion, à ce conseil, à Suna.

Tous saisirent leur propre gobelet et répétèrent un simple « A Suna » avant de boire une gorgée. Deidara avait croisé les bras sur sa poitrine, un rictus moqueur collé au visage. Le maître marionnettiste quant à lui, s'était placé entre Ebizo et Kankuro, plaçant ses doigts sur les récipients pour que les deux hommes ne boivent pas. Son geste, discret, n'avait été remarqué que par les deux concernés, qui regardaient maintenant le Kazekage sans comprendre. Celui ci but une longue gorgée sous le regard de tous, avant de reposer son gobelet sur la table. Il sortit de la poche de son pantalon un rouleau qu'il montra à l'assemblée. L'un des conseillers posa la question qui leur brûlait tous les lèvres.

- Qu'est ce que c'est, Maître Kazekage ?

Les iris glacials du shinobi firent une nouvelle fois le tour des membres du conseil. Puis il prononça quelques mots de sa voix tout aussi froide.

- Les preuves que vous avez essayé de me faire assassiner. Vous tous ici présents, exceptés Deidara, Ebizo et Kankuro.

Le silence se fit lourd. Certains conseillers ouvrirent la bouche dans l'optique de se défendre mais Sasori, revenu devant son propre siège, leva la main, intimant par ce simple geste le silence.

- Je ne veux pas vous entendre. Je conçois votre peur de laisser un ancien criminel de rang S aux commandes de l'une des cinq grandes nations. Je comprends aussi que vous n'ayez pas confiance en moi. Je n'étais pas votre ennemi. Vous avez attenté à ma vie, à présent, je le suis. Votre erreur a été d'engager des assassins de ce pays. Des mercenaires qui étaient depuis quelques temps mes marionnettes.

Il se permit d'offrir un sourire des plus malsains aux politiciens.

- Que voulez vous, j'ai toujours su gérer mon entourage.

Un bref rire clair, léger, tout aussi effrayant que son rictus, suivit sa phrase. Le silence était passé de pesant à sinistre. Son sourire disparut aussi vite qu'il n'avait fleuri sur ses lèvres.

- Votre plus grande faute a été de croire que je n'allais pas le découvrir. Vous connaissiez pourtant ma réputation, cause de votre crainte. Et pourtant, vous m'avez sous estimez. C'est pourquoi vous ne ressortirez pas de cette pièce vivants.

Cette sentence, annoncée avec une froideur spontanée, sonna comme une certitude. Les conseillers étaient blêmes. L'un d'eux, plus courageux que les autres, prit la parole.

- Vous allez nous tuer, Maître Kazekage ?

De nouveau, Sasori sourit, posant ses yeux ambrés sur l'homme.

- Mais c'est déjà fait, susurra-t-il d'une voix doucereuse.

Les politiciens échangèrent un regard inquiet. Puis, l'un d'eux étouffa une exclamation en remarquant le filet de sang qui s'échappait de son nez. D'autres virent le liquide écarlate s’échapper de leurs oreilles ou même de leurs yeux. Le maître marionnettiste saisit de nouveau son gobelet, un sourire éclatant sur le visage.

- Nous avons trinqué ensemble, rappelez vous.

Il but lentement une gorgée avant de reporter son regard sur les conseillers qui agonisaient dans la terreur.

- Ooh, bien sûr, ne vous fiez pas au fait que je boive également. Comme si le poison pouvait m'affecter.

Au moment où il reposa son verre, tous rendirent leur dernier souffle. Kankuro et Ebizo ne savaient quoi dire, ils étaient soucieux du sort que le kage leur réservait. Deidara lui, éclata de rire.

- Tu as toujours aimé rendre les choses dramatiques et spectaculaires, affirma-t-il à son acolyte.

Ce dernier ignora la remarque avant de reprendre comme si rien ne s'était passé.

- Kankuro, j'aimerais que tu rejoignes officiellement le nouveau conseil de Suna. Ton point de vue m'importe en tant que jeune de la nouvelle génération. Ebizo et toi serez mes deux appuis politiques. Je verrais ensuite si d'autres sont dignes de cette fonction.

- Entendu, accepta le jeune homme.

- Si tu es d'accord, j'aimerais aussi que tu diriges la section des marionnettistes. Je veux qu'elle se développe encore, et ton expérience ne sera que profitable.

- Cela me convient.

Ebizo laissa ses yeux se poser sur les corps affalés sur les chaises tout autour de la table.

- Sasori, tout ceci était-il nécessaire ?

- Oui, répondit le Kazekage. Je veux être sûr que personne ne me trahira.

Il se leva alors, et, sous le regard d'un Deidara hilare, il commença à quitter la salle en prononçant une dernière phrase.

- J'enverrais quelqu'un nettoyer tout ça, soyez tranquilles.

Chapitre 21 : La brume s'élève

L'homme marchait sous la pluie battante. Il n'était pas venu ici depuis très longtemps, pourtant, il se sentait chez lui. Le shinobi savait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne soit repéré, qu'il avait des comptes à rendre à beaucoup de personnes, mais il était serein. La mort est une épreuve qui change fondamentalement une personne. Rien ne lui semblait aujourd'hui plus important qu'autre chose. Deux hommes apparurent soudainement devant lui, l'air méfiant, et il s'arrêta.

- Ainsi, toi aussi tu es revenu, commença l'un des shinobis.

Il hocha la tête, attentif.

- Tu comprends bien que tu ne peux pas te pointer ici et faire comme si de rien était, continua l'homme. Tu vas devoir nous suivre, nous allons t'amener à la Mizukage, elle décidera de la suite.

- J'accepte, obtempéra l'intrus avec une étrange docilité.

Les deux ninjas escortèrent le renégat à travers la ville, jusqu'à arriver dans le bâtiment qui comprenait le bureau de la dirigeante. Arrivés devant la porte, les deux gardes demandèrent la permission d'entrer en toquant. La voix féminine de Mei Terumi leur répondit.

- Entrez !

Les trois hommes obéirent et les yeux de la cheffe de Kiri s'écarquillèrent quand elle vit qui se tenait devant elle. D'un geste de la main, elle congédia ses deux soldats pour rester seule avec le nouveau venu. Un silence planant s'installa dans la pièce.

- Je ne m'attendais pas à te revoir ici, Zabuza.

Le concerné esquissa un sourire derrière les bandages qui couvraient son visage.

- Je ne suis pourtant pas le premier à revenir.

- Je voulais dire, à Kiri.

- Oh. Et bien pour être honnête, je suis assez surpris moi même. Mais les temps ont changé. La dernière guerre et ma dernière vie, si on peut la nommer ainsi, m'ont permis de prendre du recul sur tout ça.

La Mizukage sourit à son tour.

- Et quelles conclusions en as tu tirées ?

- Je n'ai plus pour convictions de m'opposer à ce que ce monde a construit. Combattre Kakashi de Konoha m'a fait voir les choses sous un nouvel angle, et mourir deux fois également. J'aimerais renouer avec mon village. La brume sanglante n'est plus, tu as prouvé tes capacités à diriger Kiri, je ne veux plus combattre les miens.

La cheffe de la cité hocha la tête. Elle aimait ce qu'elle entendait. Elle avait entendu parlé des actes du renégat avant sa mort, ainsi que de son combat contre le ninja copieur lors de la guerre. Zabuza était un homme changé, qui avait su se remettre en question tout en restant le shinobi fort qu'il avait toujours été.

- Je n'y vois pas d'inconvénient, affirma-t-elle alors. Mais tu devras prouver ta loyauté.

Il hocha la tête.

- As tu des questions concernant ce monde ou les temps présents ? Ou quoi que ce soit ?

- Oui j'en ai une, répondit le ninja de la brume. Pas sur le monde toutefois, c'est plus personnel.

Il fit une pause et plongea ses yeux dans ceux de Mei.

- Où est Haku ?


 

*********


 

Il était quelque peu déçu de ce qu'il voyait. A chaque fois qu'il renvoyait une personne, celle ci était supposée renverser les choses, causer le trouble. Hors, les uns après les autres, ils s'intégraient simplement à la vie banale et quotidienne. Et cela l'ennuyait. Il voulait se divertir, il voulait voir le feu, le sang. Les évènements ne lui plaisaient pas, et pourtant il ne pouvait rien faire. Il ne pouvait agir que depuis ce lieu, et il était limité. Il fallait simplement qu'il trouve les bonnes personnes. Il avait pourtant cru que l'Akatsuki serait l'organisation idéale pour cette tâche, mais il avait oublié que les criminels avaient trouvé leur rédemption avec la mort. Il devait trouver autre chose. Un son attira son attention derrière lui et il se retourna. Un homme s'approchait de lui. Grand, à la musculature développée et impressionnante, la peau bronzée et des marques noires tatouées sur le visage, soulignant le bas de ses yeux pour descendre en pointe le long de ses joues. Un autre ligne ébène longeait le milieu de son menton pour glisser jusqu'à son cou. Le nouveau venu avait des cheveux massifs, couleur de l'onyx, qui remontaient de sa nuque jusqu'en haut de son crâne pour ensuite défier la gravité à l'aide de longues mèches hirsutes. Son visage était fin, mais ponctué d'une expression assurée qui frôlait l'arrogance. Ses iris écarlates brillaient d'une lueur amusée, donnant à son regard une intensité forte.

- Et bien, Jashin, susurra-t-il d'un air doucereux. Surpris de me voir ?

Un rictus tordit le visage du dieu du mal, creusant un peu plus ses joues.

- En effet, Hachiman, je ne m'attendais pas à ta visite.

Les deux divinités se jaugèrent un instant du regard. Ils étaient très différents. Jashin aussi était grand, mais il ressemblait plus à un squelette vivant. Son corps élancé était rachitique, effrayant. Pourtant, il n'avait pas l'air faible ou malade, une grande dangerosité se dégageait de sa stature. Ses yeux étaient jaunes vifs, brillants et entourés d'un noir profond, comme des cernes immortelles. Ses cheveux étaient d'un blanc immaculé qui semblait irréel, longs et lisses, attachés d'une pince à l'arrière de son crâne.

- Que vient faire le grand dieu de la guerre dans mon humble demeure ?

- Ne te joue pas de moi avec tes paroles mielleuses, Jashin, renchérit aussitôt le nouveau venu. Je te surveille depuis quelques temps, je sais ce que tu as fait. Les autres dieux ne s'intéressent pas assez au monde des humains pour le voir, mais je ne suis pas comme eux.

- Oooh, roucoula alors Jashin avec un sourire carnassier. Tu vas me dénoncer alors ? J'ai été très vilain moi...

Hachiman répondit d'un rire clair.

- Non, au contraire, j'adore ce que tu essaie de faire. Et j'ai bien compris que tu avais du mal à parvenir à tes objectifs. Tu es le seul parmi nous à pouvoir envoyer des êtres sur ce monde. Ou du moins, le seul qui accepterait de le faire. C'est pourquoi j'ai un marché à te proposer.

- Je t'écoute.

Le dieu de la guerre plongea ses iris dans ceux de son homologue.

- Lorsque le moment sera venu, envoie moi sur terre. Et je t'offrirai le chaos que tu recherches tant.

Jashin le fixa un instant, puis un rictus étira ses lèvres. Il avait enfin trouvé une solution à son problème.

Chapitre 22: Réunion

Les cinq kages s'observaient en silence. Ils étaient tous réunis dans la salle du conseil de Suna. C'est dans le village des sables qu'ils avaient choisi de se réunir, afin de souhaiter la bienvenue au nouveau chef de village, mais aussi pour s'assurer directement sur les lieux que tout se passait bien. Certains éprouvaient encore une méfiance mesurée à l'égard de Sasori. La réunion avait commencé quelques minutes auparavant. Si Mei, Minato et Darui avaient échangé quelques mots avec bonne humeur, Onoki lui se contentait de fixer le Kazekage avec insistance, comme s'il attendait l'instant fatidique où le marionnettiste ferait preuve de sa monstruosité. Ce dernier avait bien noté l'attention particulière que lui portait le Tsuchikage, toutefois il prenait soin de l'ignorer.

- Maître Kazekage, lança alors Mei d'un ton clair, maintenant que vous êtes à la tête de votre village, quelle utilisation faites vous de l'Akatsuki ? C'est une question qui nous préoccupe depuis notre dernière réunion avant votre nomination, nous aimerions avoir votre avis pour pouvoir juger notre position concernant l'organisation.

Les pupilles ambrées de Sasori se posèrent sur la Mizukage, et il répondit d'une voix grave et tranquille, bien que très froide, comme à son habitude.

- Les membres de l'Akatsuki continuent leurs missions, elles ont simplement changé d'objectifs. Nous acceptons les primes comme avant, remplissons des contrats, toutefois, nous avons placé des limites à ce que nous faisons. Nous avons des valeurs morales à respecter, et nous pouvons également agir sur d'autres domaines si la paix ou la cohésion se retrouvent menacées. Nous prenons la plupart du temps des avis de recherches de ninjas renégats considérés comme dangereux et menaçants pour le monde. Je comprends que la question vous intéresse étant donné nos actions passées, et c'est pourquoi j'ai répondu, cependant je tiens à rester clair sur un point, nous sommes ici réunis en tant que kages. Je parle au nom de Suna, l'Akatsuki n'a pas a être mise en cause dans nos discussions, excepté si ses agissements peuvent être utiles à l'alliance. Pour le reste, si l'un de vous souhaite engager notre organisation par la suite, cela se verra en privé avec moi même dans un contexte plus approprié.

Un silence répondit à sa tirade. Onoki le fusilla du regard, contrarié par son assurance qu'il jugeait déplacée. Il hésita à parler, mais le maître marionnettiste tourna la tête vers lui et plongea ses iris glacials dans le sien. Le Tsuchikage chargea ses yeux de menace mais il ne dit rien.

- Étant donné le climat de paix qui règne en ce moment, enchaîna Darui calmement, y-a-t-il d'autres sujets à aborder tant que nous sommes réunis ?

- En effet, assura alors l'Hokage avec un sourire. J'ai reçu il y a peu des nouvelles d'Hashirama Senju, premier du nom. Il était parti en compagnie de Madara dans le but de créer un nouveau village loin des grandes nations. Il compte bientôt inaugurer cette cité, nommée Kurayanami. Et il me semble que nous y serons tous conviés, les invitations ne devraient pas tarder. Toutefois, Madara ne sera pas présent. Il a choisi de voyager en solitaire pour des raisons personnelles, et selon les dires d'Hashirama, il ne s'agit pas de quelque chose d'inquiétant.

Onoki poussa une exclamation scandalisée.

- Rien d'inquiétant ? siffla le vieil homme, agacé. Mais vous êtes tous aveuglés ma parole ! Depuis la dernière guerre, vous faites comme si ce monde n'avait plus rien à redouter. Pourtant, c'est l'Akatsuki que nous avons affrontée ! C'est Madara qui a bien failli tous nous tuer ! Il est parti sans aucune surveillance explorer le monde, qu'est ce qui nous assure qu'il n'est pas en train de préparer sa revanche ?! Entre lui, et le pouvoir que vous donnez sans réfléchir à des individus dangereux, vous êtes une belle bande d'inconscients !

Les kages se tournèrent tous vers Sasori pour voir sa réaction, puisqu'il était totalement visé par les paroles du doyen. Le maître marionnettiste se contentait d'observer en silence, sans afficher d'expression. Il ressemblait à une poupée inerte, et si ses paupières n'avaient pas cligné à fréquence régulière, il aurait presque semblé mort.

- Personnellement, répondit enfin Minato après un long silence, je me fie à Hashirama. Après tout, il est celui qui connaît le mieux Madara. Il peut le vaincre, mais aussi le prévoir. Tant qu'Hashirama ne sera pas inquiet, je me fierai à son jugement.

Les autres semblèrent approuver. La figure du premier Hokage était rassurante pour tous ceux qui connaissaient sa renommée.

- J'ai également une chose à vous révéler, intervint alors Mei. Il y a quelques jours, une nouvelle résurrection est apparue à Kiri. Un ancien renégat. Zabuza Momochi. Il a apparemment abandonné ses ambitions destructrices et souhaite revenir au sein du village. Il est pour l'heure encore sous surveillance et je compte m'assurer de ses intentions au fil du temps, mais je souhaitais vous avertir honnêtement de son retour.

Les autres acquiescèrent simplement, et la Mizukage reprit la parole après un instant.

- Maître Hokage, vous pouvez remercier Kakashi Hatake pour son implication dans le changement de Zabuza.

Minato lui adressa un sourire sincère tout en hochant la tête. La réunion se termina peu de temps après, et les dirigeants quittèrent la salle. Sasori resta assis un moment, laissant ses invités partir. Les yeux clos, les coudes posés sur la table et les mains jointes sous son menton, il réfléchissait. Une respiration qui n'était pas la sienne attira cependant son attention. Ses paupières s'ouvrirent et il vit le Tsuchikage, près de lui, qui le fixait. Ils étaient seuls dans la pièce, et le silence était pesant. Onoki fut le premier à parler.

- Ne crois pas que tu sauras m'avoir comme tu as déjà séduit les autres kages. Je sais qui tu es, je ne te ferai jamais confiance.

Sasori le fixa un instant puis il se leva lentement et vint combler la distance qui le séparait du vieil homme. Il répondit d'une voix calme, glaciale mais très douce.

- Je n'ai que faire de ton avis à mon égard. En revanche, il serait temps de cesser ces piques futiles lors de nos rencontres, nous devons coordonner cette alliance.

- Tu te prends déjà pour le chef de cette dernière ?

- Non, je ne fais que le nécessaire pour Suna.

Las de la conversation, le jeune Kazekage commença à marcher vers la porte pour partir. La voix de son aîné retentit dans son dos.

- Pourquoi n'essaies tu pas de me convaincre de tes bonnes intentions Sasori ? Comme tu l'as fait pour les autres ?

Son ton était railleur, et il le mettait au défi. Toutefois, le ninja des sables se contenta de lui jeter un regard ennuyé par dessus son épaule.

- Et pourquoi faire ?

Onoki parut surpris de la réponse, mais déjà, le marionnettiste continuait.

- Tu as raison tu sais. Je suis le même homme qu'autrefois. J'ai peut être changé d'objectifs, ainsi que ma façon de faire, mais je ne me considère pas pour autant comme quelqu'un de bien. Si cela peut t'aider, déteste moi, méfie toi de moi, de mes paroles ou de mes actes. Cela n'a aucune espèce d'importance.

Et sur ces propos, le jeune homme quitta la salle, laissant le Tsuchikage seul.

Chapitre 23 : Le choix du champion

Le village était festif. Les gens présents discutaient, buvaient, dansaient et s'amusaient dans une ambiance agréable alors que le soleil disparaissait doucement à l'horizon. Hashirama observait cela avec un sourire satisfait. La cité qu'il avait bâtie avec Madara était terminée, et même si son ami n'était pas là, la fête restait une réussite. Par égard pour l'Hokage légendaire, les cinq dirigeants des nations ninjas étaient tous venus pour l'inauguration de Kurayanami, la nouvelle commune. Mei Terumi était en pleine discussion avec le Tsuchikage et le Raikage, Minato discutait avec une villageoise en riant et Sasori était adossé à un mur, observant les gens sans prendre part aux festivités. Hashirama ne lui en tint pas rigueur, et il se dirigea vers le trio pour participer activement à la conversation. La météo était douce, pour la saison, le printemps n'était pourtant pas censé arriver avant de longues semaines, mais la température était agréable. Le Kazekage songeait à partir, mais il sentit soudainement une ombre au dessus de lui. Il leva les yeux et tomba sur le visage souriant d'un grand blond.

- Est ce que tu prends un verre ? demanda gentiment Minato en lui tendant un gobelet rempli de whisky. Enfin, peut être que tu ne bois pas d'alcool ?

Sasori attendit quelques secondes avant de saisir le récipient.

- Je bois ce que je veux. A vrai dire, ni l'alcool ni aucune substance dans ce monde ne peut avoir le moindre effet sur mon corps.

- Comment ça se fait ?

- Et bien, ce corps que je me suis fait sur mesure, il n'a pas de sang dans ses veines, mais un poison de ma conception. Les produits de ce monde ne peuvent pas impacter un tel liquide. Il n'y a pas de globules rouges, rien ne pourrait empoisonner l'intérieur donc, puisque cette enveloppe charnelle est déjà plus toxique que tout ce qui existe.

Minato le fixa un instant, interdit.

- Oh, dit-il simplement sans savoir comment réagir.

Sasori avala une lente gorgée de whisky, pendant que son interlocuteur réfléchissait à ses propos.

- Donc, reprit lentement le blond, tu ne peux pas être bourré, ou drogué ?

Le Kazekage pencha légèrement la tête.

- Et bien, tout dépend du contexte et de mon état, mais tant que je suis en forme, sans blessures, et contrôlant mon chakra comme mon corps, non je ne peux ni être bourré, ni drogué.

Le Hokage parut fasciné par l'information. Il sortit de sa poche son paquet de cigarettes et en sortit une avant de l'allumer. Puis il tendit la boîte au marionnettiste.

- Je suppose que tu ne peux pas être touché par les risques mortels de ça non plus ?

Sasori saisit une clope lentement tout en répondant avec flegme.

- En effet, ça ne me fera rien. Mais je n'ai jamais essayé pour être honnête.

- Mieux vaut tard que jamais.

Le jeune homme aux cheveux écarlates esquissa un sourire très furtif avant de coincer le bâtonnet de tabac entre ses lèvres. Minato leva son briquet pour lui allumer la cigarette.

- Tu n'as qu'à inspirer profondément pour emplir tes poumons, lui dit-il simplement.

Sasori tira alors une première taffe, laissant la fumée s'infiltrer en lui, avant de ressouffler lentement. Le blond le fixa avec un sourire.

- Alors ?

Les iris ambrés du ninja de Suna se posèrent sur lui.

- C'est particulier. Mais très apaisant, j'aime cette sensation.

L'Hokage sourit encore plus.

- Bienvenue chez les êtres humains, et leur créativité indétrônable en addictions létales.

Les deux hommes échangèrent un regard amusé, complice des prémices d'une amitié qui se formait lentement, malgré la réserve de l'un d'eux.


 

*********


 

Hachiman était penché sur le monde. Depuis sa dernière conversation avec Jashin, il regardait les actions de l'humanité. Le dieu de la guerre n'avait jamais vraiment accordé son attention aux êtres inférieurs. Il s'était contenté de juger leurs conflits, de les influencer parfois, mais il ne s'agissait que d'actions ponctuelles. Seulement, pour réaliser son plan, il devait mieux les connaître. Il s'était donc placé près du monde, et il observait. Plusieurs êtres humains l'intéressaient, mais un en particulier avait su capter son attention. Et depuis deux jours, il épiait ses faits et gestes avec beaucoup de minutie. Un sourire éclatant étira alors ses lèvres, et il se passa une main dans les cheveux d'un geste désinvolte. Il avait trouvé son champion. Se relevant enfin, il se dirigea sans perdre une seconde vers l'antre de celui qu'il cherchait. L'homme rachitique aux cheveux blancs était allongé avec nonchalance sur un divan, et il regardait avec lassitude dans une grande flaque de cristal. Lui aussi épiait le monde shinobi. A son arrivée, le dieu leva son visage squelettique vers le nouveau venu avant de sourire.

- Hachiman, je ne fais que de te voir en ce moment. Je te manque déjà ?

L'autre roula des yeux sans toutefois cacher son air amusé.

- C'est bon Jashin, j'ai trouvé ma cible.

- Déjà ? s'étonna la divinité, je pensais que tu aurais eu besoin de plus de temps.

- Et bien il se trouve que parmi les âmes que tu as ramenées pour ton amusement personnel, une est tellement intéressante que dès que je l'ai vue, je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir une volonté spontanée d'en faire mon jouet. Alors vas-y, envoie moi là bas, et je t'offrirai le chaos que tu recherches.

Les deux hommes échangèrent un regard complice débordant de destruction. Jashin laissa sa langue humidifier ses lèvres asséchées. Il avait hâte d'assister au spectacle.

- Mais bien sûr, je vais t'y envoyer, susurra-t-il en réponse, mais avant, puis je savoir quelle est cette âme qui a conquis aussi vite le dieu de la guerre ? Qui est donc cet élu divin qui va ouvrir la porte de tous les massacres ?

Hachiman se permit un rire clair qui résonna longuement dans toute la pièce avant de répondre simplement.

- Minato Namikaze.

Chapitre 24 : Possession

Minato était seul dans son bureau. La nuit avait commencé depuis déjà plusieurs heures, et le bâtiment central de Konoha était maintenant désert. Le blond était resté plus longtemps pour travailler. Il avait besoin de se plonger dans les dossiers pour éviter de laisser son esprit se perdre dans des réflexions qui pourraient être désagréables pour lui. Le jeune homme avait toujours connu une réelle stabilité, mais, depuis sa résurrection, il se confrontait à l'inconnu, au doute et à l'inquiétude. Il soupira, las de cette sensation. Quelqu'un toqua alors à la porte, et il autorisa la personne à entrer. Mais personne n'ouvrit la porte. Pensant que son invité imprévu n'avait pas entendu, le kage se leva, il traversa la pièce pour saisir lui même la poignée, et la tourner.

- Oui ?

Il se figea. Il n'y avait personne derrière. Le blond s'avança légèrement et il regarda des deux côtés du couloir, mais l'endroit était vide. Il était pourtant sûr d'avoir entendu frapper. Minato retourna dans son bureau, perplexe, avant de refermer la porte. Une respiration s'éleva alors dans son dos et il fit volte face. Devant lui se tenait un inconnu. L'homme était vraiment grand. Ses cheveux noirs étaient massifs, et sa peau hâlée était tatouée de marques noires à divers endroits de son visage. Minato plongea alors dans un regard rouge sang débordant d'amusement. Aussitôt, sans qu'il puisse se l'expliquer, l'Hokage ressentit une grande méfiance envers son visiteur improbable, tout comme il sentit son aura, d'une puissance exceptionnelle.

- Bonsoir, Minato, murmura d'une voix grave l'homme.

- Qui êtes vous ? demanda alors le blond avec une politesse mesurée.

L'homme sourit, puis il répondit.

- Je m'appelle Hachiman. Je suis le dieu de la guerre.

Le jeune kage afficha un air perplexe. Les dieux n'étaient pas beaucoup célébrés dans le monde shinobi, pour la simple raison que les êtres humains savaient d'où ils tiraient leurs capacités et d'où ils venaient. Les religions diverses n'avaient qu'un impact mineur sur leurs vies, exceptés pour ceux et celles qui y dédiaient leurs vies dans différents temples.

- Euhh... hésita le blond après un instant de silence.

- Je te sens sceptique, s'amusa son interlocuteur.

- Bah, c'est à dire que... Un dieu, c'est pas commun...

- Tu ne me crois pas ?

- Après tout ce que j'ai vu, la mort y compris, si, je te crois. Mais je me demande quelles sont tes intentions.

Hachiman eut un sourire étrange.

- Là dans l'immédiat, prendre possession de ton corps. Sur le long terme, me servir de toi pour répandre le chaos sur cette terre, rien de bien nouveau je sais, mais je suis irrésistiblement attiré par la mise en scène, que veux tu, on est un dieu ou on ne l'est pas...

Minato fronça les sourcils, oubliant la prévenance diplomatique qu'il avait d'abord affichée.

- Tu penses vraiment que c'est une bonne idée de venir me provoquer au centre même de Konoha ?

Le rictus du dieu se tordit encore plus tandis qu'il susurrait enfin.

- Oh tu sais, moi je suis quelqu'un, j'adore le risque...

Aussitôt, Minato se mit en garde, prêt à combattre, mais son adversaire disparut sans qu'il ne puisse le suivre. Le jeune Hokage regarda autour de lui, guettant le moindre signe qui trahirait la présence de son ennemi. Un mouvement attira alors son attention dans son dos et il fit volte face, apercevant enfin une légère brume noire, il voulut reculer mais la fumée presque invisible fut plus rapide, le shinobi la sentit traverser son corps et s'infiltrer en lui. Minato se crispa pendant qu'une présence s'insinuait dans son esprit comme dans son corps. Il lutta pour la dégager, repoussant tout ce qui était étranger à son être. Ses cheveux blonds commencèrent à noircir sur les racines, puis ses yeux, couleur océan, se teintèrent de rouge écarlate.

- Sors de là... siffla l'éclair jaune de Konoha.

Un rire lui répondit ; un rire qui n'existait qu'à l'intérieur même de sa tête. Minato se concentra, et lentement, ses cheveux reprirent leur teinte initiale, et ses iris retrouvèrent la couleur de l'azur. Il se laissa tomber à genoux, le souffle court et prit le temps de comprendre tout cela. Il avait cru faillir, mais il avait finalement senti la présence du dieu se rétracter. Il soupira, soulagé. Minato se redressa alors, observant les alentours de la pièce pour voir si son ennemi était toujours là, mais il était bel et bien seul. Sur sa main gauche, à l'auriculaire, se tenait maintenant une bague dorée. Le jeune homme voulut l'inspecter, mais il ne parvint pas à la retirer. Voilà qui était d'autant plus surprenant.


 

*********


 

Ses yeux ambrés étaient tournés vers la vitre, il regardait simplement le sable se faire balayer par le vent, légèrement plus violent que de coutume. Une tempête approchait. Dans son bureau, Sasori était resté à travailler plusieurs jours, sans voir personne. Quelqu'un toqua alors à la porte et il tourna ses pupilles froides vers cette dernière.

- C'est ouvert, répondit-il de son habituel air inanimé.

Ebizo entra alors dans la pièce, refermant derrière lui. Il plongea son regard dans celui du jeune marionnettiste et fut une nouvelle fois déconcerté par l'absence de sentiments qui y flottait.

- Bonjour Sasori, comment vas tu ?

- Comme d'habitude, répondit ce dernier à sa façon, cassant et direct.

- Tu es resté enfermé longtemps, et tu ne vois personne, je m'inquiète un peu.

- Tu ne dois pas, je suis mieux seul.

Ebizo pinça ses lèvres, peu convaincu. Il regarda alors le bandeau de Suna rayé du jeune homme, qui était posé sur le bureau.

- Tu as gardé ton bandeau frontal rayé ? Je croyais que Gaara t'en avait offert un nouveau...

Sasori suivit le regard de son grand oncle et il tira de sa poche un objet identique, dont le symbole du village était cette fois intact. Ebizo plongea alors dans les iris d'or de l'artiste, si intenses et pourtant tellement glacials. Le Kazekage répondit alors avec désinvolte.

- Ce n'est pas parce que j'ai changé que j'ai oublié qui j'étais.

Chapitre 25 : Doutes

Tobirama étudia minutieusement le rapport qu'il avait sous les yeux. Il fronça les sourcils. Depuis quelques jours, les choix de Minato avaient drastiquement changé, et cela ne lui ressemblait pas. Il fallait qu'il lui parle. L'ancien Hokage se leva pour quitter la pièce où il travaillait, prenant les dossiers avec lui. Il rejoignit le bâtiment principal et longea les couloirs jusqu'au bureau de celui qu'il voulait voir. Avec politesse, il frappa à la porte, et ne l'ouvrit qu'après avoir reçu l'aval du propriétaire des lieux. Il trouva le dirigeant de Konoha confortablement installé derrière le meuble, les pieds posés sur les dossiers ouverts et une cigarette entre les lèvres.

- Bonjour Minato, tout va bien ?

- Salut Tobirama, répondit le blond avec un sourire, oui et toi ?

Le frère Senju se contenta de hocher la tête. Il s'approcha du bureau et lui montra les documents qu'il avait emportés.

- Je suis en train de consulter les rapports de ces quelques jours, et il fallait que j'en discute avec toi, tu as fait des choix bien différents de ton habitude.

Minato se redressa et saisit les dossiers pour les consulter avec sérieux.

- En effet, cela ne fait pas de mal de changer les habitudes.

- Certes, répliqua le second Hokage, mais permets moi de douter de certaines décisions, les répartitions des missions et des équipes sont très ambitieuses, je pense que cela pourrait coûter sur le succès des opérations, en plus d'être plus dangereux.

Minato plongea ses iris océans dans le regard écarlate de son interlocuteur, soucieux.

- Et bien, nos ninjas sont compétents, je leur fais confiance... Tu trouves vraiment cela inconscient ?

- Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est inconscient, mais c'est très risqué. Enfin bon, c'est toi le kage, mais je voulais t'en toucher un mot pour être sûr. Je te laisse, j'ai encore du travail.

Le shinobi légendaire récupéra ses papiers et il quitta le bureau. Minato fixa longuement la porte refermée, un éclat rouge passa dans ses prunelles azures, et un sourire se dessina sur ses lèvres. Lentement, il murmura, d'une voix plus grave que de coutume.

- Oh, moi, je suis quelqu'un, j'adore le risque...


 

*********


 

Tobirama soupira lorsqu'il quitta le bâtiment. Son entrevue avec Minato le laissait perplexe. Il aperçut au loin une silhouette qui se dirigeait vers lui et reconnut le prodige de la famille Uchiha, Itachi. Ce dernier s'inclina avec respect devant lui.

- Bonjour Tobirama. Pourrions nous parler ?

- Je t'écoute.

Le jeune shinobi plongea son regard dans celui du second Hokage.

- Je voudrais votre avis sur un projet auquel j'ai pensé. Puisque vous êtes chargé de diriger la police du village, il me semble important d'avoir votre approbation en premier lieu. Voilà, depuis quelques temps, nous sommes nombreux à revenir à la vie, et si tout semble merveilleux pour l'instant, rien ne dit que ce n'est pas inquiétant pour l'avenir. Je suis heureux d'être vivant, ne vous méprenez pas, mais soyons honnêtes, ni vous ni moi ne devrions être ici.

- Ce n'est pas faux, approuva Tobirama avec gravité.

- C'est pourquoi j'aimerais partir du village quelques temps, le temps de trouver des informations sur cet étrange phénomène, et aussi, j'aimerais chercher mon ancien partenaire de l'Akatsuki, Kisame. Seul il est dangereux, mais si je parviens à le convaincre de revenir dans l'organisation, il peut être un allié précieux.

Le second Hokage réfléchit un instant, avant d'approuver d'un hochement de tête.

- Oui ça me paraît judicieux.

- Je suis content d'avoir votre accord, continua Itachi, je vais aller en parler avec l'Hokage à présent.

Alors qu'il dépassait son interlocuteur pour se diriger vers le bâtiment principal, le cadet des Senju lui agrippa le bras pour le retenir.

- Je vais me charger de l'avertir pour toi Itachi, j'en prendrai la responsabilité ne t'en fais pas. Je pense que tu devrais plutôt mettre le temps que tu as à préparer ce qu'il te faut pour cette mission qui sera probablement assez longue, et aussi, pour aller avertir ta mère.

D'abord incertain, le jeune homme acquiesça finalement, Tobirama avait raison, il fallait qu'il en parle à Mikoto. L'Uchiha s'inclina alors et il partit en direction de sa maison, sous le regard écarlate du second Hokage. Celui ci jeta un regard en hauteur vers l'édifice qui accueillait le bureau du dirigeant de Konoha. Sans qu'il ne puisse l'expliquer, il avait un étrange pressentiment à propos de Minato, et il préféra rester méfiant concernant le départ de l'ancien nukenin.


 

*********


 

Le jeune homme terminait de rassembler les affaires nécessaires à sa mission lorsqu'il entendit la porte claquer. Il descendit les marches pour rejoindre le salon et faire face à la personne qui venait d'arriver. Mikoto posa les sacs de courses sur la table en levant les yeux vers son fils aîné. Puis elle vit la grande sacoche qu'il descendait, et son regard se teinta d'une ombre mélancolique.

- Bonsoir maman, commença Itachi en s'avançant. J'ai parlé avec Tobirama Senju aujourd'hui, je pars en mission. Je ne sais pas combien de temps je serai absent, mais il est possible que ce soit assez long.

La kunoichi sourit doucement.

- A peine revenue à la vie, mon fils cadet était déjà parti pour travailler, et maintenant on m'enlève aussi mon aîné...

Itachi voulut répondre mais elle le devança.

- Inutile de t'expliquer, je sais bien que c'est le devoir des shinobis. Je suis fière de vous deux, même si vous me manquez quand vous êtes loin de moi. Va Itachi, et fais ce que tu as à faire. Mais sois prudent, je t'en prie.

Le shinobi hocha alors la tête avant de sourire.


 

*********


 

Sasori était accoudé à la barrière qui encerclait le toit du bâtiment principal du village. L'endroit même où, il y a peu de temps, il avait été fait Kazekage devant la population. Le soleil se couchait à l'horizon avec une lenteur qui teintait le ciel d'une couleur orangée. Un mouvement dans son dos attira son attention, sans toutefois le faire réagir, et Deidara vint se poster près de lui.

- Encore tout seul à ruminer ?

- Pourquoi est ce que tu viens encore m'agacer ?

Le blond fit la moue.

- Oh voyons, tout de suite des insinuations. Rien n'a évolué depuis notre rencontre quand t'es venu me recruter ? Tu me vois toujours comme ce gamin insupportable ?

- Si je réponds oui, ça fait quoi ?

Deidara croisa les bras, indigné.

- Un jour je vais vraiment t'exploser espèce de connard !

Le Kazekage tourna la tête vers lui, un étrange sourire sur les lèvres.

- Oh, il est piqué le sale mioche ? susurra-t-il avec insolence. Je t'en prie, essaie de me tuer pour voir, je suis curieux.

Deidara se redressa pour faire face au jeune marionnettiste, les iris océans colériques. Ce dernier leva la tête pour soutenir son regard, pas plus déstabilisé par la menace du blond que par sa taille plus élevée que la sienne.

- Arrête de me tenter, affirma alors le plus jeune.

- Pourquoi ? renchérit l'autre, décidément d'humeur joueuse. Parce que tu sais que tu perdras ?

Deidara étouffa un grognement de rage et il tourna les talons avant de vouloir une fois de plus, s'en prendre à un Kazekage. Tandis qu'il repartait d'où il était venu, Sasori reprit la parole, le visage de nouveau tourné vers l'horizon.

- Bien sûr que ça a changé, tu es aujourd'hui la personne à qui je confierais ma propre vie sans hésiter.

Le blond eut l'air surpris, mais un sourire qu'il ne contrôla pas illumina son visage, et il quitta les lieux avec un étrange sentiment de satisfaction.

Chapitre 26 : Démasqué

Minato était occupé dans son bureau, un sourire satisfait sur le visage. Tout se passait comme il l'avait prévu. Bientôt, il pourrait passer à la suite de son plan, détruire ce monde, comme il l'avait promis à Jashin. En fond de son corps, la conscience du quatrième Hokage était encore présente. Il était maintenu prisonnier de sa propre enveloppe charnelle. Hachiman avait pris le contrôle de son être, et le blond ne pouvait qu'assister, horrifié, à ce qu'il préparait lentement. Il avait l'impression d'être un insecte immobilisé dans une toile d'araignée, voyant le monstre s'approcher lentement, mais sûrement de lui. La porte s'ouvrit alors sur Tobirama qui paraissait contrarié.

- Minato, qu'est ce que ça veut dire encore ? demanda-t-il en levant un dossier.

Hachiman leva un sourcil.

- Tu pourrais être un peu plus précis ?

- Envoyer une équipe de genins menés par un chunin à peine promu pour une mission de rang A ? Tu as perdu la tête ?

- Je ne vois pas le problème.

Tobirama vint poser ses main sur le bureau, plongeant ses iris dans ceux, azurs, de son interlocuteur.

- Le problème, Minato, c'est que Konoha possède un service de répartition des missions de sorte à ne mettre en danger aucun shinobi. Et toi depuis plusieurs jours, tu envoies des équipes irrégulière pour des voyages dangereux sans consulter personne, et ce sont de choix plus que risqués ! Enfin Minato, tu n'as jamais été aussi irresponsable !

Un sourire étira les lèvres du blond, et un éclat rouge brilla dans son regard. Tobirama se figea alors. Avait-il bien vu ? Cela expliquerait beaucoup de choses. Lentement, il articula.

- Je trouve que tu es très étrange depuis quelques temps, alors... Permets moi de te poser une question.

- Je t'écoute, répondit aussitôt Hachiman en souriant.

Les yeux du second Hokage se plissèrent.

- Qui es tu et qu'as tu fait de Minato ?

Un long silence lui répondit, interrompu par un rire bruyant et démentiel.

- Et bien, reprit le blond avec amusement, je ne pensais pas être démasqué aussi vite. Comment as tu su ?

- Minato est un excellent Hokage, ce qui n'est pas ton cas. Tu n'as pas répondu à ma question.

Hachiman pencha la tête sur le côté, provocateur.

- Et bien en réalité, tu en as posées deux. Mais je suis fort sympathique, alors je vais répondre aux deux. Mon nom est Hachiman, je suis le dieu de la guerre envoyé par Jashin pour semer le chaos afin de combler son ennui mortel, et le mien par la même occasion. Minato est enfermé dans son propre corps, que je contrôle avec grand plaisir.

Tobirama se mit en garde.

- Dans ce cas je vais te vaincre et aviser pour le libérer.

- Mais quel prétentieux, tu te crois vraiment de taille à affronter un dieu.

Le second Hokage disparut aussitôt, réapparaissant près de son ennemi, un kunaï en main. L'arme étant emplie de chakra, le coup s'annonçait brutal et puissant. La divinité s'écarta soudainement pour éviter l'attaque, et ce fut la fenêtre qui explosa à sa place. Hachiman éclata de rire tandis qu'il se laissait entraîner dehors à travers la vitre brisée, pour atterrir souplement au sol, près du bâtiment central de Konoha. Tobirama le suivit aussitôt, enchaînant les assauts à son encontre. Les forces combinées de la légende Senju et du dieu guerrier causèrent de brutales explosions autour d'eux, et rapidement, les villageois fuirent tandis que les shinobis, désorientés, ne savaient comment réagir. Fallait-il les séparer, ou bien l'un des deux était à neutraliser ? Ils n'en avaient aucune idée. Après de longues minutes, les deux adversaires s’éloignèrent pour se juger, et tous purent voir le changement sur le quatrième Hokage. Ses cheveux blonds avaient viré au noir, et ses yeux étaient écarlates. Un sourire dément barrait son visage tandis qu'il fixait Tobirama. Ce dernier regarda les ninjas autour de lui avant de clamer.

- Minato a été possédé ! Prévenez immédiatement l'alliance et l'Akatsuki, je vais le retenir, mais nous aurons besoin de renforts. Que personne ne l'attaque de front, il est bien trop puissant pour nous !

Avec ces nouvelles directives, certains shinobis partirent vers l'édifice pour contacter d'urgence les autres villages pendant que d'autres restaient en retrait, près à seconder le cadet des Senju. Une silhouette apparut près de lui. La chevelure grise, le regard concentré, le visage masqué.

- Je vais vous aider à l'affronter, affirma Kakashi.

Tobirama hocha la tête.


 

*********


 

Dehors, le combat faisait rage avec violence, mais les shinobis de Konoha étaient courageux. Pendant que certains appuyaient le second Hokage et Kakashi, d'autres ninjas s'étaient rassemblés dans une salle spacieuse à l'intérieur du bâtiment principal.

- Est ce qu'on est sûrs que cela va marcher ? demanda un homme, peu rassuré. Nous n'avons fait que quelques expérimentations jusque là.

- On est sûrs de rien, répliqua la kunoichi chargée d'organiser les choses, mais nous n'avons pas le choix. Nous avons besoin d'aide. La Mizukage, le Raikage et le Kazekage ont reçu notre appel à l'aide et sont prêts à essayer cette technique. Sasori des Sables Rouges a également ordonné à certains membres de l'Akatsuki de se préparer.

- Entendu.

Ils préparèrent de gigantesques sceaux à l'intérieur de la pièce, puis, de nombreux ninjas se positionnèrent à distance égale les uns des autres. D'un même geste, ils effectuèrent plusieurs mudras avant de poser leur paume devant eux. Une lumière éclatante illumina la salle et quand elle se dissipa, Mei Terumi, Sasori, Darui, Deidara, Hidan et Kakuzu étaient au centre. Les nouveaux venus ne perdirent pas un instant de plus et ils sortirent se joindre au combat. La situation leur avait été expliquée, il fallait immobiliser Minato, mais sans causer de dégâts sur lui. Hachiman, furieux, sortit les kunaïs de son hôte et insuffla à l'intérieur un chakra électrique avant de les envoyer envers ses adversaires. Et dans la foulée, il effectua un jutsu, et une pluie d'électricité tranchante s'abattit tout autour de lui. Tobirama invoqua une gigantesque vague pour protéger les shinobis, et Mei cracha de la lave sur l'ennemi, qui l'esquiva. Hachiman sentit alors une morsure sur sa jambe et il baissa le regard pour voir un serpent d'argile enroulé autour de lui, les crocs plantés dans sa chair. Deidara leva sa main, prêt faire exploser l'animal de sa conception mais Sasori cria.

- Ne blesse pas le corps de Minato, Dei !

Frustré, il abandonna l'idée de faire sauter le reptile et se contenta de raffermir sa prise sur la jambe du dieu. Le Kazekage, minutieux, lança quelques uns de ses pantins pour bloquer les bras de l'homme possédé. Aussitôt, les alliés profitèrent de l'occasion pour se précipiter sur la divinité guerrière. En travaillant ensemble, en ajustant leurs attaques les unes par rapport aux autres, ils finirent par attacher solidement l'ennemi grâce aux fils de Kakuzu qui bloquaient le chakra divin tout en le maintenant fermement immobile. Les ninjas étaient pour la plupart essoufflés. Hachiman, lui, criait de rage.

- Que faisons nous pour libérer Minato maintenant ? demanda Kakashi, inquiet.

Le ninja copieur essayait en vain de retirer la bague étrangère sur le doigt de son ancien maître. Mais le bijou était coincé et impossible à retirer. Tobirama fronça les sourcils, puis il fixa Sasori qui rangeait ses marionnettes dans un parchemin.

- Le Kazekage et moi allons chercher un moyen de sceller le dieu pour qu’il sorte du corps de Minato. S'il y a d'autres spécialistes des sceaux ici, venez avec nous pour travailler là dessus.

Il laissa son regard glisser sur les personnes présentes. Hidan leva la main, ouvrant la bouche pour parler, puis la baissa finalement. Kakuzu lui donna un coup de coude avant de lui murmurer.

- Laisse tomber, toi à part de l'emmerdement, t'es un spécialiste de rien du tout.

Le second Hokage poursuivait déjà.

- Les autres, mettez le à l'intérieur dans une cellule, et gardez le à l’œil. Maîtres Mizukage et Raikage, merci pour votre aide, j'espère que vous pourrez rester le temps que nous trouvions une solution.

Les deux concernés hochèrent la tête. Sasori s'apprêtait à suivre Tobirama quand une voix l'interpella.

- Bah et moi je fais quoi ? demanda Deidara.

Le Kazekage le lorgna d'un regard par dessus son épaule.

- Ce que tu veux, à part des explosions ou des idioties.

Le blond fit la moue à cette réponse, et il tira la langue à son acolyte qui repartait en lui tournant le dos.

Chapitre 27 : Scellé

Les deux kages faisaient des recherchent depuis plusieurs jours. Enfermés dans la bibliothèque de Konoha, ils étudiaient tous les documents qui parlaient de la pratique du sceau. Si Tobirama se permettait de temps en temps de s'absenter quelques heures afin de dormir ou se nourrir, Sasori n'avait pas de genre de contraintes, il restait donc dans la salle gigantesque à éplucher les ouvrages en attendant le retour du Hokage. Le marionnettiste posa le livre qu'il feuilletait et en saisit un autre, qu'il ouvrit avant de laisser ses yeux parcourir les pages avec rapidité. Au bout de quelques minutes de silence, il s'approcha de Tobirama.

- On devrait essayer cette technique, dit-il. Nous ne savons pas quelle influence nous avons sur un dieu. Avec celle ci, nous pourrons constater directement de la réussite ou de l'échec de notre tentative.

Le cadet Senju se pencha sur ce que le Kazekage lui tendait, lisant avec attention.

- Oui, c'est une méthode complexe. Mais à deux, ce sera plus simple et moins long.

Les deux hommes quittèrent les lieux, rejoignant les prisons de Konoha pour entrer dans la cellule dans laquelle Hachiman était enfermé et surveillé. Il était placé dans une pièce particulière, enchaîné au centre et placé immobile. Il hurlait depuis sa captivité, scandalisé par le traitement des mortels sur un être divin comme lui. Tobirama et Sasori commencèrent à tracer des inscriptions sur le sol, tout autour du prisonnier, qui était de plus en plus en colère.

- COMMENT OSEZ VOUS ?! Vous devriez vous mettre à genoux devant moi ! Je suis immortel !

- Oui c'est ça, lança froidement Tobirama au bout d'un moment. L'immortalité n'est pas exceptionnelle de nos jours.

Il désigna Sasori d'un mouvement de tête.

- Regarde le. Il fait dix-sept, dix-huit ans tout au plus. Il en a bien plus. Presque quarante si je ne me trompe pas.

- Trente cinq, informa Sasori en continuant de préparer le sol.

- Alors tu vois, Hachiman. On se fiche bien de toi, et de ton essence divine. Tu nous as attaqué, tu en paies le prix.

Le dieu fixa un instant Sasori, les yeux plissés. Pendant leurs recherchent pour le sceller, les deux kages lui avaient rendu visite plusieurs fois, pour l'étudier, et si Tobirama répondait vite avec agressivité à ses paroles, le ninja de Suna lui ne lui avait jamais adressé la moindre parole. Il n'aimait pas être ignoré. Se sentant observé, le leader de l'Akatsuki leva la tête, plongeant ses iris ambrés dans ceux, écarlates d'Hachiman. Il détourna ensuite le regard pour fixer Le second Hokage.

- Tu es prêt ?

- Oui.

Hachiman les regarda tour à tour.

- Prêt à quoi ? Qu'est ce que vous allez faire ? Je suis un dieu, ne pensez pas que vous arriverez à m'avoir !

- Nous t'avons déjà eu, répliqua Tobirama. Mais pour ton information, puisqu'il est impossible de retirer ta bague du doigt de Minato, nous allons te sceller dedans, cela contiendra ta conscience et tes pouvoirs. Si nous te laissons retourner dans ton monde, rien ne nous dit que tu ne reviendras pas.

Lui et Sasori se placèrent chacun d'un côté, et ils effectuèrent divers mudras. Pendant de longues secondes, leurs mouvements synchronisés s'enchaînèrent pendant que le détenu hurlait sa rage, puis, ils posèrent chacun une paume sur le corps possédé, et, lentement, les cheveux noirs laissèrent place au blond, le bleu de ses iris revint briller doucement. Le quatrième Hokage convulsa violemment et bientôt, il redevint comme avant. Le souffle court, il balaya la pièce du regard, perdu. Tobirama lui posa alors une question dont lui seul pouvait connaître la réponse, et il la donna, il sourit.

- Bon retour parmi nous, Minato. Tu nous as fait peur.

Le Kazekage, qui voyait que la situation était réglée, prit la porte pour partir, mais un cri du blond retentit.

- Sasori !

L'homme aux cheveux rouges tourna la tête pour le regarder.

- Merci, sourit le quatrième Hokage pendant qu'un ninja le détachait enfin de ses liens.
 

*********

 

Sasori remonta avant d'aller dehors, puis il marcha jusqu'à se trouver près du lac de Konoha, s'asseyant sur la rive et laissant le bruit de l'eau apaiser son esprit. Il entendit le mouvement derrière lui juste avant que la personne ne s'assoit à ses côtés.

- Alors ça y est, il est scellé ?

- Oui.

- T'as l'air de bonne humeur toi encore.

Le marionnettiste tourna la tête pour fixer son interlocuteur.

- Qu'est ce que tu veux Deidara ?

- Rien, je n'ai pas le droit de juste venir te parler ?

Sasori ne répondit pas. Il ne savait pas quoi dire. Le blond souffla, vexé.

- C'est pas possible d'avoir un tel caractère de merde.

- Alors pourquoi tu continues de me suivre ?

- Hein ?

Le Kazekage soupira.

- Si j'ai un tel caractère de merde, pourquoi t'es encore là. T'es toujours là, tu restes à mes côtés, tu m'aides. Pourquoi ?

- Bah c'est évident, c'est parce qu'on est amis maintenant. Enfin je veux dire, on a toujours formé une bonne équipe, et quand on est revenus à la vie, je t'ai suivi par ennui. Mais la vérité Saso, c'est que je trouve qu'on s'entend mieux maintenant. J'ai confiance en toi, et j'apprécie passer du temps avec toi, malgré ton caractère de merde. Je sais pas, quelque chose a changé avec le temps. Pour moi, t'es un ami, un vrai.

- Tu dis ça parce que t'en aurais pas si tu ne me comptais pas.

- Mais t'es un enculé c'est pas vrai ! Je dis un truc sympa et toi t'agis comme un gros con encore !

Sasori eut un sourire amusé, il avait touché juste. Deidara le regarda, et, voyant qu'il s'était fait piégé, il donna un léger coup dans l'épaule de l'homme aux cheveux rouges.

- T'es vraiment chiant.

- Je sais. Mais tu t’ennuierais sinon.

Le blond rigola, mais il refusa de l'admettre.

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