Laiah

RP Naruto - Rupture de l’Éther

RP Shinobi no Saisei - Rupture de l’Éther

Depuis 2018, je gère un RP Naruto sur Twitter, Shinobi no Saisei, les premiers mois ont été très riches en aventures collaboratives, avec de nombreux arcs qui alternaient entre sérieux et humour, j’ai commencé en parallèle à faire ce ce RP une fiction, afin que nous puissions conserver notre création commune quelque part, sous une forme corrigée. Le groupe est actuellement plus calme, mais si de nouvelles histoires commencent, je les ajouterais. Temporellement, la narration est située après Shippuden et avant Boruto, nous avons convenu que les personnages censés être morts mais pourtant de retour seraient le point de départ du synopsis, ce qui permettait à tous les personnages de pouvoir être incarnés et en fonction des départs des membres du RP, d’expliquer l’absence ou les changements des protagonistes. 
Bien sûr, ces différentes contraintes ont des conséquences sur la cohérence commune de l’histoire ou vis-à-vis du manga, je fais donc au mieux pour assurer une justification aux évolutions et à l’éloignement de l’œuvre original en corrigeant et ajustant nos idées. Tout ne pourra pas être forcément logique cependant. 

La liste des thèmes à risque abordés (Trigger Warnings) est à consulter avant la lecture, sous l’introduction, en général il s’agit des mêmes qu’on peut retrouver dans Naruto, peut-être avec davantage de violence. Les relations entre les personnages du RP, quand elles sont romantiques, peuvent être développées, quand elles sont sexuelles, peuvent être mentionnées si cela est important à l’histoire (certains membres du RP ont lancé des arcs après des dramas dignes d’une série américaine) mais pas écrites pour garder la fiction accessible à un public jeune qui n’a pas à être exposé à cela. Certaines relations émotionnelles ne sont pas cohérentes à l’histoire originale, ce n’est pas un problème à condition que ce soit moral (j’ai encore un traumatisme à gérer avec le Rin x Pakkun qui a été développé un moment donné, pourquoi faire ???) donc évidemment pas de romance entre personnages majeurs et mineurs.

Pour les membres du RP SnS : tout ce que j'écris n'est pas forcément vrai et arrivé dans le RP (notamment pour ce qui concerne les discussions privées et les détails impossibles à récupérer), il peut y avoir des modifications liées à des incohérences entre des arcs, à des changements de personnages ou de membres du groupe sur un même protagoniste. Notre jeu commun est ici romantisé pour avoir une structure lisible et facile à suivre pour le lectorat comme pour les nouveaux membres, l’objectif étant de rendre notre création la plus cohérente possible et garder la dimension sérieuse. Bien sûr, interpréter les personnages est une tâche difficile, et le faire en intégrant la façon dont vous jouez vos rôles l'est encore plus, j'espère que je ferai quelque chose de potable. Je ferai de mon mieux. Puisque je ne peux suivre le RP que depuis le point de vue de Sasori, je ne pourrais écrire que depuis cette position là, donc si je commets des erreurs niveau lecture de votre propre RP, je présente toutes mes excuses d'avance. N’hésitez pas à venir m’en parler pour ajuster si besoin.

 

 

/Début écriture : Décembre 2018/ 

 

 

[TW : combats, mort, sang, blessures, violences (physique et psychologique), manipulation, torture, automutilation, suicide] 

 

 


 

Fiction rp sns

Chapitre 1 : Retour

Sasori ouvrit les yeux. Le soleil lui brûla la rétine et il se redressa légèrement. Le marionnettiste laissa ses yeux glisser autour de lui. Il était allongé dans le sable et la chaleur se faisait ressentir. Il reconnut sans peine le désert de Suna. Avec un soupir las, il passa une main dans ses cheveux ébouriffés. Il ne comprenait pas sa présence en ce lieu, il ne comprenait comment il pouvait être vivant. Il avait pourtant réussi à se libérer du jutsu de Kabuto grâce à Kankuro. Pourtant, il ne pouvait s'agir de la même situation. Lors de sa précédente résurrection, il avait retrouvé un corps humain, or cette fois, il possédait son enveloppe retravaillée de marionnette vivante, comme lorsqu'il était en vie. Il possédait également une sacoche contenant des rouleaux. Un rapide coup d’œil lui permit de savoir que ces derniers dissimulaient l'intégralité de ses pantins. Le dernier détail qui lui assurait qu'il était bel et bien de retour était le contrôle qu'il avait sur ses actions. Sasori se mit debout. Si lui était revenu, il était plus que probable qu'il ne soit pas le seul. Aussi, son nouvel objectif était de tenter de retrouver ses anciens compagnons. Déterminé, il se mit en route rapidement, ne voulant pas perdre de temps.

⁂

Le village de Konoha était en pleine ébullition. La fin de la guerre avait été compliquée pour tout le monde, et Tsunade avait eu beaucoup de difficultés à retrouver une certaine stabilité politique. Après deux années de travail acharné, elle avait lâché l'affaire. L'Hokage avait donné temps et énergie à la reconstruction du pays, elle ne désirait maintenant plus que repos, sources thermales, voyages et jeux. Et également un peu de saké. Mais avant de partir, elle devait choisir un successeur. Son choix s'était automatiquement porté sur Kakashi Hatake, un ninja brillant et responsable qui avait plus que contribué à la victoire de la Quatrième Grande Guerre. Mais à son grand désarroi, le ninja aux cheveux argentés avait refusé. Tsunade se retrouvait donc seule dans son bureau, à chercher une solution, inconsciente de l'émoi qui ébranlait actuellement l'intégralité du village. Ce dernier était pourtant justifié par l'arrivée de deux personnes dans le village. Deux personnes qui n'auraient jamais dû se trouver là. Deux personnes décédées depuis longtemps. Kushina Uzumaki et Minato Namikaze. La nouvelle de leur retour s'était propagée très vite, et elle avait entraîné un rassemblement gigantesque à la porte principale. Naruto était arrivé en catastrophe, les larmes brillant dans ses yeux bleu océan. Le jeune homme s'était jeté dans leurs bras, posant mille et une questions qui n'avaient aucune réponse. Shizune entra en catastrophe dans le bureau de Tsunade. Cette dernière sursauta.
– Et bien, pourquoi une telle précipitation ? demanda-t-elle avec flegme.
– Maître Tsunade, le village entier s'est précipité l'entrée du village !
– Quoi ? Mais pour quelle raison enfin ?
Sa jeune assistante semblait bien trop affolée pour que cela soit normal. L'Hokage fronça les sourcils, inquiète.
– Le quatrième du nom et Kushina Uzumaki y sont !
– Comment ?! cria la dirigeante de Konoha en se levant brusquement. De nouveau Edo Tensei ?
– Non, justement, ils sont bel et bien vivants.
– C'est impossible...
Tsunade contourna son bureau et se dirigea hors de la pièce. Shizune lui emboîta le pas, en silence. Le son des talons de la ninja médecienne martelant le sol donnait à sa marche un rythme qui témoignait de son anxiété. Malgré l'incompréhension et l'appréhension qui fusionnaient dans son esprit, l'Hokage ne put s'empêcher d'avoir une idée en tête, une idée qui résoudrait son problème. Lorsqu'elle arriva au milieu de la foule et que son regard croisa celui de Minato, elle sut qu'elle avait trouvé la bonne solution.

⁂

Minato referma le dossier qu'il lisait avant de lâcher un soupir las. Trop de questions lui trottaient dans la tête, et cela l'empêchait de se concentrer sur son travail. Lorsqu'il était revenu au village il y a quelques jours, vivant comme l'étaient tous les habitants, il n'avait pu fournir aucune explication. Kushina, qui était alors à ses côtés, n'en savait pas plus. Toutefois, tout le monde les avait accueillis à bras ouverts, et Tsunade, qui ne rêvait que de quitter son poste pour partir en voyage, avait proposé au quatrième de nom de reprendre du service. Ce dernier avait gentiment accepté, mais il restait troublé par cette histoire. Malgré ses recherches, il n'avait rien trouvé sur les raisons son retour. Minato se leva et s'approcha de la porte fenêtre de son bureau afin de rejoindre le balcon. De plus, sa nomination n’était pas approuvée par tout le monde, à juste raison puisque sans explications sur ces résurrections, rien n’excluait un complot d’ennemis inconnus pour causer du tort aux cinq nations. L’Hokage  n’avait jamais vraiment connu de conflits politiques internes lors de sa première vie, et il comprenait les réserves de ses détracteurs, il partageait même leurs craintes, mais il ne savait pas vraiment comment gérer la situation. Il glissa sa main gauche dans sa poche et en sortit un paquet de cigarettes. Il saisit une tige, la porta à ses lèvres avant de l'allumer avec le briquet qu'il tenait au creux de ses doigts. Le jeune homme inspira longuement, fermant les yeux pour mieux savourer la sensation, avant de souffler une fumée grise. Cette activité était une autre conséquence de ce nouvel état d'être humain. Il connaissait pourtant le danger provoqué par la toxine inspirée, mais il n'y pouvait rien, chaque nouvelle cigarette l'apaisait plus que la précédente. Un son retentit dans son dos et l'Hokage se retourna pour voir Sasuke entrer dans le bureau. Le meilleur ami de son fils et lui s'étaient bien entendus assez rapidement, à la grande surprise de tout le monde. Le jeune Uchiha appréciait la force et l'assurance tranquille du leader, et celui-ci aimait le sang froid et l'efficacité du brun. Ce fut donc naturellement que le plus jeune devint un conseiller de choix pour le dirigeant de Konoha. Et pour l’héritier du prestigieux clan, c’était aussi une façon de surveiller les évènements d’au plus près dans le cas où le retour du quatrième serait une attaque déguisée.
– Minato, j'ai des nouvelles assez inquiétantes à t'annoncer...
L'Hokage revint immédiatement dans la pièce.
– Que se passe-t-il ? interrogea le blond, le regard soucieux.
– Il semblerait que Kushina et toi ne soyez pas les seuls à être revenus. Des cas similaires se sont produits, et pas uniquement à Konoha.
– Qui, Sasuke ?
L'héritier des Uchiha prit une longue inspiration.
– Tout d'abord, vos prédécesseurs, ils viennent d'arriver au village. Mais aussi...
Il hésita, conscient de l’impact de l’information.
– Dis-moi.
– La rumeur court que l'Akatsuki est également de retour.
Minato écarquilla les yeux, conscient de ce que représentait cette information.

⁂

Il sourit avec satisfaction avant de tendre les dés à l'homme qui lui faisait face. Celui-ci s'empara des deux objets avant de les lancer sur le plateau.
– Et bien Hidan, susurra son interlocuteur avec un rire amusé, te voilà tout aussi chanceux que tes petits camarades.
L'homme aux cheveux argentés rigola à son tour.
– Décidément, vous êtes joueur depuis quelques temps.
– Tu n'imagines pas à quel point le monde est devenu ennuyeux. Je ne pourrais pas vous contrôler là-bas, et vous n'aurez aucun souvenir de ce qu'il s'est passé ici, c'est aussi pour cette raison que cela va être très amusant de vous y renvoyer.
– Vos désirs sont des ordres, s'inclina le ninja immortel.
Sur un simple claquement de doigt de l'inconnu, Hidan disparut de la pièce, ne laissant de son passage que deux dés indiquant un double de cinq. Un sourire malsain aux lèvres, il se tourna vers la dernière personne présente dans la pièce immaculée.
– Mon cher Kisame, il semble que tu sois le dernier de l'Akatsuki à être encore ici. Viens donc tenter ta chance toi aussi.
L'homme requin répondit d'un rictus amusé.
– Ce que tu peux être tordu Jashin, affirma-t-il en s'asseyant en face du dieu.
Ce dernier ricana avant de saisir les dés entre ses doigts pour les donner à son nouveau partenaire de jeu. 

 

Chapitre 2 : Discussions, décisions

Sasori entra dans le bâtiment avant de balayer la salle d'un regard las. Ses yeux se posèrent sur une chevelure blonde qu'il reconnaîtrait entre mille. L'homme était seul, un air boudeur et profondément ennuyé sur le visage, tout en sirotant une boisson sans grande conviction. Le marionnettiste avança avec nonchalance avant de s'assoir en face de lui. Aussitôt, les yeux couleur océan s'écarquillèrent de surprise.
– Sasori ! Tu es vivant !?
Un léger sourire flotta sur les lèvres du ninja aux cheveux écarlates.
– Je pourrais te dire la même chose, Deidara, répondit-il simplement.
Son interlocuteur fit la moue.
– C'est vrai, mais tu es parti avant moi quand le binoclard nous a utilisés.
Il plongea ses iris dans ceux de son aîné.
– Tu m'as abandonné à cette bande d'abrutis de l'alliance ninja. Tu n'imagines pas le calvaire que j'ai subi !
Le nukenin de Suna soupira. 
- Comment t’as fait pour me trouver Sasori ?
- Mon premier réflexe quand je suis revenu à été de réactiver mon réseau d’espions avec mon sceau, j’ai pu rattraper toutes les informations de ces dernières années.
- Évidemment, ricana le blond.
- Et puis tu n’es pas vraiment du genre discret.
Son acolyte ouvrit la bouche pour parler mais le marionnettiste leva la main pour l'inciter au silence.
– Je voulais te voir, l'informa-t-il d'une voix posée. Pour être plus exact, je te cherche depuis ma résurrection.
Deidara sembla surpris.
– Ah oui ? Et pourquoi cela ?
– Je veux reformer l'Akatsuki, j'ai l'intuition que nous ne sommes pas les seuls à être de retour.
Le ninja d'Iwa ricana.
– Reformer l'Akatsuki ? Et pour faire quoi exactement ? Enfin Sasori, on est de nouveau libres de nos actes, tu ne voudrais pas plutôt faire ce qui te plaît ?
Le maître marionnettiste roula des yeux.
– J'ai justement des projets personnels, et c'est pour les réaliser que je souhaite réunir notre organisation. Maintenant, la question n'est pas ce que je veux faire, mais plutôt si tu acceptes de revenir dans le groupe ?
Le jeune homme sembla réfléchir un instant. Il laissa son regard dériver sur son verre et il songea à l'ennui qu'il éprouvait depuis son retour.
– Je te suis.

⁂

Gaara entra à l'intérieur du village de Konoha. Minato l'attendait près de la grande porte, avec à ses côtés Sasuke et Naruto. Les quatre hommes profitèrent du trajet jusqu'au bâtiment principal pour échanger quelques familiarités. Peu avant d'atteindre l'édifice, le fils du quatrième du nom se fit interpeller par Konohamaru, qui désirait son aide pour une tâche particulièrement ardue, le blond partit donc, laissant ses acolytes monter jusqu'au bureau du Hokage. Le brun resta à l'extérieur de la pièce afin de veiller à ce que personne ne dérange les deux dirigeants, tandis que ces derniers s'installaient autour de la grande table. Minato prit une grande inspiration.
– Si j'ai demandé ta présence Gaara, c'est pour te parler d'une affaire hautement problématique
Le Kazekage hocha la tête, l'invitant à poursuivre.
– Je t'écoute.
– Comme tu le sais déjà puisque la nouvelle fait le tour du monde, de nombreuses personnes sont revenues à la vie sans aucune explication, moi compris. Toutefois, si pour l’instant nous n’avons pas de confirmation qu’il s’agirait de quelque chose de néfaste, nous avons tous le contrôle de nos actions, de nos pensées, il y des rumeurs inquiétantes qui circulent à propos de l'Akatsuki. Il semblerait qu'ils fassent partis des ressuscités.
– C'est en effet peu rassurant, nous devons absolument augmenter la surveillance des villages, et prévenir les autres Kages.
Minato le regarda avec gravité, hochant la tête.
– C'était prévu. Si je t'ai convié en premier, c'est parce que l'organisation s'en est prise à toi il y a quelques années, mais j'ai d'ores et déjà envoyé des messages à nos pairs des autres pays afin d'organiser un conseil ici, à Konoha.
– Excellente idée.
- Nous ne les laisserons pas semer de nouveau le chaos dans ce monde.

⁂

Le jeune homme souffla, vexé. Son acolyte lui jeta un coup d’œil aussi bref que désintéressé. Pourtant, derrière ce visage inexpressif, le blond aurait juré qu'il arborait un sourire amusé bien que ce dernier ne soit qu'une ombre au coin de ses lèvres.
– Pourquoi râles-tu déjà Deidara ? demanda alors le marionnettiste sans quitter sa nonchalance habituelle.
Le blond roula des yeux.
– Tu le sais très bien, arrête de te moquer de moi Sasori.
– Tu es revenu deux fois à la vie, il serait peut être temps d'enterrer la hache de guerre non ?
Le nukenin d'Iwa grogna pour toute réponse. Les deux revenants poursuivirent leur route en silence. Ils finirent par trouver celui qu'ils cherchaient, et Sasori s'avança seul pour parler avec lui, Deidara refusant de s'approcher. Il observa de loin son acolyte discuter avec l'homme qu'il haïssait plus que tout. Itachi Uchiha, ninja de Konoha. A ses yeux, ce type était l'arrogance même, et il ne pouvait le supporter. Se sentant observé, le possesseur du sharingan fit glisser ses iris rouges vers lui et le spécialiste des explosions détourna la tête, refusant de lui accorder de l'importance. Finalement, les deux hommes conclurent leur conversation et revinrent vers lui. Déçu de constater qu'Itachi avait décidé de rejoindre la partie, Deidara entreprit de n'avoir aucune interaction avec lui.

⁂

Les trois membres de l'Akatsuki s'arrêtèrent devant la porte. Le blond fronça alors les sourcils.
– Sasori, ne me dis pas qu'ils sont dans une bibliothèque ?
– Pourtant, ils sont bien ici... répondit le maître marionnettiste avec flegme.
Le nukenin d'Iwa ricana.
– Comme si Hidan savait lire.
Le ninja aux cheveux rouges ne daigna pas répondre, et Itachi garda le silence qu'il avait adopté depuis qu'il accompagnait le duo d'artistes. Ils entrèrent dans la haute bâtisse et se mirent à la recherche des deux immortels. Les trouver fut plus simple qu'ils ne l'avaient espéré car le calme du lieu était perturbé par une voix haute qui criait à fréquence régulière. Les nukenins suivirent l'origine du volume sonore jusqu'à s'arrêter entre deux étagères. Kakuzu était installé à une table, occupé à lire un épais ouvrage sans prêter attention aux babillages de son acolyte. Ce dernier, avachi sur le même bureau, se lamentait sur son ennui avec conviction. Le religieux finit par prendre conscience de la présence de ses anciens alliés.
– Sasori ?! Avec Itachi et le blondinet kamikaze ? Qu'est-ce que vous foutez là ?
Kakuzu leva alors les yeux de ses lignes pour regarder les nouveaux venus. Deidara ouvrit la bouche pour insulter le fanatique de Jashin en réponse au surnom employé mais Sasori l'en dissuada en posant sa main sur son épaule. Le plus jeune fit la moue, se jurant que ce n'était que partie remise.
– Je souhaite reformer l'Akatsuki, affirma le marionnettiste sans perdre de temps. Vous voulez venir ?
– Je te suis, répondit aussitôt Hidan en se levant, tout plutôt que de rester dans cet enfer de paperasse.
Sasori plongea ensuite son regard dans celui de Kakuzu.
– Je serai payé ? demanda enfin l'homme aux cinq cœurs.
Le nukenin de Suna soupira en roulant des yeux.
– Forcément, nous restons une organisation comme à l'époque. Seul l'objectif va changer, et encore.
Son interlocuteur resta un instant interdit, puis il se redressa à son tour, acceptant la proposition. L'équipe sortit du bâtiment, décidée à poursuivre leurs recherches sur les autres membres de leur groupe. Toutefois, ils n'eurent pas le temps de s'éloigner de l'édifice qu'une personne se matérialisa face à eux. 

 

Chapitre 3 : Gardiens

Le village de Konoha retrouvait doucement son calme habituel. Le retour des anciens Hokages avait perturbé la vie quotidienne autant que l'arrivée de Minato et Kushina quelques semaines auparavant. Le soleil éclairait l'intégralité des bâtiments et la forêt qui enfermait la cité offrait une ombre dansante sur les abords de la muraille. Un homme approchait des grandes portes, il avançait sur le sentier d'un pas tranquille, bien que son cœur battant à tout rompre soit la preuve de sa hâte. Dès qu'il entra dans l'enceinte, Izumo et Kotetsu, de garde à cet instant, se précipitèrent à sa rencontre.
– Alors toi aussi tu es revenu ! cria le premier, un air surpris mais heureux sur le visage.
– Quel plaisir de te revoir en vie ! enchérit le second avec le même enthousiasme.
L'homme leur offrit un sourire éclatant.
– Je vois que je vous ai manqué. A vrai dire, je ne pensais pas le moins de monde que je serai ressuscité. Pas après la dernière fois…
Les deux ninjas baissèrent alors les yeux, confus.
– Nous voudrions te présenter nos excuses, lança Kotetsu en porte-parole de leur pensée commune, nous avons été incapables de mener à bien notre dernière mission et notre incompétence t'a coûté la vie. Par notre faute, tu as même du affronter tes élèves en étant manipulé par Kabuto lors de la guerre.
Son interlocuteur posa une main sur son épaule, une expression bienveillante sur le visage.
– Vous avez fait de votre mieux, nous n'étions juste pas préparés. Ne soyez pas désolés, vous n'êtes pas responsables. Allez, ne tirez pas cette tête, on dirait que vous avez vu un revenant.
Le revenant rit de bon cœur, porté par la joie d'être de nouveau parmi les siens. Son nom résonna dans son dos et il se retourna pour se trouver face à Kakashi Hatake. Ce dernier le fixait simplement, les mains dans les poches et l'attitude nonchalante qui lui seyait à merveille.
– Tu n'as pas l'air très surpris de me voir, affirma le nouveau venu avec amusement.
– C'est qu'on commence à s'y faire, répondit le shinobi aux cheveux argentés avec légèreté. Entre Minato, Kushina, et les deux premiers Hokages, on a eu un bon lot de stupéfaction ces derniers temps. Il faut croire que la Mort rencontre quelques difficultés avec son autorité.
Il s'approcha alors, et l'homme put imaginer le sourire qui irradiait le visage de son interlocuteur derrière son masque.
– Toutefois, je suis content de te voir, Asuma.

⁂

Les membres de l'Akatsuki se figèrent lorsqu'un individu apparut soudainement devant eux. Ils reconnurent rapidement Tobi à son fidèle masque orange, ou plus exactement Obito Uchiha, qui avait été des leurs avant de les utiliser pendant sa guerre. L’homme qui avait manipulé Pain, qui les avait tous manipulés.
– Ainsi, commença-t-il simplement, vous avez décidé de reformer l'Akatsuki ?
Les ninjas déserteurs gardèrent le silence, ne sachant comment réagir. Ils avaient maintenant tous conscience de la réelle identité de leur ancien allié, et surtout, ils savaient qu'ils n'avaient été que des pions à ses yeux. Sasori s'avança le premier pour lui faire face, l'expression indéchiffrable, comme à son habitude.
– Effectivement, Obito. Que veux-tu ?
L'homme masqué prit le temps de découvrir son visage et tous purent voir son sharingan brillant de conviction.
– Savoir ce que vous comptez faire, parce qu'il est hors de question que je vous laisse semer une nouvelle fois la terreur dans ce monde.
Il fut coupé par un éclat de rire proche de la démence. Son propriétaire s'approcha à son tour, ses yeux violets écarquillés de colère, de haine mais aussi de folie meurtrière.
– Tu te fous de ma gueule le borgne ? hurla-t-il. Qui a manipulé l'Akatsuki pour ses petits projets secrets ? Qui a déclenché la Quatrième Grande Guerre Ninja pour les réaliser ? Qui a échoué en entraînant des milliers de morts au passage ? Et tu oses venir nous confronter en jouant les héros ? T'es le pire d'entre nous, Uchiha !
Le nukenin saisit sa faux, prêt à combattre, un sourire sadique aux lèvres.
– Jashin se délectera bientôt de tes entrailles, crois-moi !
Sasori leva son bras, barrant la route du ninja impulsif.
– Attends Hidan.
L'homme aux cheveux argentés serra les dents pour ne pas insulter le marionnettiste qui le coupait dans son élan. L'artiste de Suna ignora la réaction de son acolyte pour tourner ses yeux vers Obito.
– Nous n'avons pas besoin de nous battre. Je crois comprendre que tu as à ton tour trouvé ta rédemption. Que s'est-il passé pendant la guerre ?
L'Uchiha sembla pris de court, toutefois, il entreprit de raconter les évènements qu'il avait vécus. L'Akatsuki l'écouta plus ou moins patiemment, Sasori avait les bras croisés et le regard fixé sur l'orateur, Kakuzu semblait quelque peu distrait, Itachi avait posé attentivement ses pupilles sur celui qui partageait son nom, et en arrière, Hidan et Deidara tâchaient de se disputer sans élever la voix, ce qui fut rapidement peine perdue. Lorsqu'Obito se tut, ce fut le maître marionnettiste qui prit la parole, expliquant d'abord ses ambitions, puis la façon dont il avait réuni leur groupe mythique. Au bout d'une longue discussion, les nukenins finirent par savoir comment agir, marquant un nouveau départ qui promettait de lourds évènements à venir.

⁂

Shikamaru était allongé sur le toit de sa maison, le regard perdu dans la contemplation d'un ciel clair parsemé de nuages. Le jeune homme laissait ses iris glisser le long des masses blanches, avant de caresser leurs formes jusqu'à les libérer de son emprise visuelle. Il était ainsi depuis plusieurs heures, peu motivé à réaliser les différentes tâches qui l'attendaient patiemment. Las, il poussa un profond soupir avant se redresser. L'heure n'était malheureusement pas à la paresse, et il avait encore beaucoup à faire malgré son envie de rester à jamais dans sa contemplation céleste. Le shinobi sauta avec agilité de son perchoir pour se retrouver sur la terrasse, il entra ensuite à l'intérieur du salon et écarquilla les yeux. Devant lui, le plateau de shogi était installé, comme si une partie ne désirait que débuter. Il sentit alors un mouvement dans son dos et se retourna vivement pour se figer de stupeur. Asuma se tenait devant lui, bel et bien en vie, une cigarette accompagnée d'un sourire au coin des lèvres.
– Et bien, rigola le revenant, cette expression sur ton visage vaut bien le détour.
Shikamaru ouvrit la bouche, chercha ses mots, ne les trouva pas.
– Sensei... finit-il cependant par murmurer.
L'homme contourna son ancien élève pour aller s'assoir en face du jeu. Il lui jeta un œil amusé avant de reprendre.
– On se remet ça ? 

 

Chapitre 4 : Volontés

La salle de réunion planait dans un silence pesant. Les Kages étaient assis tout autour de la table, échangeant des regards inquiets. L'Hokage, Minato, venait d'informer ses pairs du danger des résurrections nombreuses. Il avait bien sûr abordé la rumeur qui disait que l'Akatsuki était de retour, et c'était bien cette dernière qui préoccupait maintenant les chefs de villages.
– Est-ce que qu'Orochimaru pourrait être derrière tout ça ? demanda Darui après un long silence.
Le leader de Konoha secoua la tête.
– Impossible, la technique qui nous a ramenés n'a rien à voir avec Edo Tensei. Nous avons le contrôle de nos corps, et sommes mortels. Nous pouvons être blessés, nous saignons, nous devons nous nourrir, nous reposer etc. De plus, depuis la fin de la guerre, il est sous surveillance constante.
Le Raikage acquiesça, il ne répondit rien, mais il était dubitatif. Comme tout ninja, il connaissait la légende de l’éclair jaune, et l’homme lui paraissait aussi compétent que sympathique, mais comme il faisait partie des ressuscités, le chef de Kumo ne pouvait s’empêcher d’être méfiant. Ce n’était pas personnel, mais après tout, ils ne savaient rien de ces étranges retours. Cependant, il partageait avec le blond l’inquiétude à l’idée de voir les déserteurs revenir.
Gaara, les coudes posés sur la table et les mains jointes devant son visage, ferma un instant les yeux, réfléchissant aux explications possibles comme aux éventuelles solutions. Après quelques minutes, il leva ses yeux verts en direction de ses collègues.
– Tout ce que nous pouvons faire pour l'instant est d'augmenter la surveillance de nos villages ainsi que le contrôle des frontières. Et bien sûr, nous devons faire coopérer nos services de renseignement afin de s'avertir mutuellement si nous apprenons la moindre nouvelle à ce propos.
Les autres hochèrent la tête, approuvant les mesures proposées par le plus jeune d'entre eux. La réunion prit encore quelques temps pour se conclure, puis tous quittèrent la salle, laissant l'Hokage seul face à ses pensées. Minato ouvrit la fenêtre, et, songeur, il alluma une cigarette avec nonchalance avant de la fumer lentement.

⁂

Les membres de l'Akatsuki étaient postés en ligne, le regard posé sur les deux silhouettes avançant vers eux. Tous avaient le visage grave. Une fois face à face, ce fut l'homme aux yeux violets qui prit la parole le premier.
– Qui a regroupé l'Akatsuki ? demanda-t-il simplement.
Sasori s'avança, plongeant ses iris ambrés dans les rinnegans de son interlocuteur. Le ninja aux cheveux roux demanda alors au marionnettiste de venir s'entretenir avec lui à l'écart. Les deux nukenins s'éloignèrent quelque peu du groupe sous les regards inquisiteurs des autres et celui, grave, de Konan.
– Tu n'es pas réapparu dans ton corps original Nagato ? demanda alors le déserteur de Suna.
– Non, lorsque je me suis éveillé, le corps que j'avais en tant qu'humain n'était nulle part, et je n'avais que le contrôle des six derniers corps de Pain. Je crois que c’est parce que mon enveloppe charnelle a été transpercée par l’épée de Totsuka, cela doit empêcher son utilisation. Je me suis donc résigné à redevenir celui que j'étais avant ma mort. Cependant, je me sens moins faible qu’à l’époque, sûrement parce que je les incarne pleinement, je ne les contrôle pas simplement à distance avec un corps affaibli.
Le regard de Sasori se fit alors plus intense.
– Et qu'en est-il de tes intentions ?
Les iris héliotropes de l’orphelin d'Ame se perdirent au loin tandis qu'un sourire triste fleurissait sur ses lèvres.
– J'ai perdu la vie juste après avoir trouvé le salut. J'aimerais profiter de cette nouvelle chance pour voir les choses d'une façon différente. Je songe à aller aux côtés de Naruto, et juste profiter pour une fois. Mais avant tout, je dois m'assurer que mes anciens démons ne vont pas refaire surface.
Le maître marionnettiste esquissa un rictus amusé.
– C'est nous, tes anciens démons, n'est-ce pas ?
– Malheureusement, oui.
Le ninja de Suna réprima une réplique sarcastique. Après tout, c‘était lui qui les avait recrutés, mais il comprenait sa pensée. Les pupilles au pouvoir divin se posèrent sur lui avec insistance.
– Pourquoi avoir reformé l'organisation, Sasori ? Que recherches-tu ?
Le jeune homme aux cheveux écarlates prit un instant pour observer le ciel clair qui surplombait leurs têtes.
– Je suis revenu à la vie pendant la guerre, murmura-t-il alors. J'ai croisé le chemin de Kankuro, le frère aîné du Kazekage que j'avais enlevé pour servir tes plans.
Il fit une pause, avant de reprendre.
– Il m'a fait prendre conscience de l'importance de la vie, de la liberté et de l'héritage. Que c’était en faisant perdurer cela que j’atteindrai vraiment mon idéal artistique : l’éternité. C'est cela que je veux désormais. Cependant, pour y parvenir, le monde doit être en paix. Alors je veux le préserver. Et pour cela, j'ai besoin de l'Akatsuki. Ainsi que des villages ninjas.
Pain ne répondit pas immédiatement.
– Tu me surprends beaucoup, lâcha-t-il enfin. Tu as beaucoup changé.
– La mort est une expérience unique, et elle a transcendé ma vision des choses.
Le possesseur des rinnegans posa sa main sur l'épaule de son acolyte.
– Sasori, aujourd’hui mon ambition n'est plus d'être à la tête d'une organisation, mais je ne souhaite pas l'abandonner pour autant. Et toi, non seulement tu as des projets qui sont honorables, mais en plus tu as toujours eu l'attitude d'un leader. Pendant longtemps, tu m’as été précieux pour organiser nos projets. Je te confie les rênes de l'Akatsuki, au nom de la paix. Même si techniquement, tu l’as fait avant d’avoir mon soutien, et que tu n’as pas besoin de mon accord. Je suis avec toi.
Son interlocuteur hocha la tête. Les deux nukenins revinrent alors auprès des membres du groupe. Une discussion suivit, Pain résuma la conversation qu'il avait eue avec le ninja aux cheveux rouges, et tous acquiescèrent face aux décisions prises, malgré les réticences initiales de certains.
- Quelle est la suite de ton plan, Sasori ? demanda alors Itachi. Est-ce que tu veux qu’on retravaille de nouveau en binômes pour réaliser des missions ? 
Il ne dit pas que son propre équipier n’était pas revenu, c’était inutile, le marionnettiste le savait.
- Pas tout à fait, l’idée des binômes est pertinente, et nos équipes fonctionnent bien, mais nous ne devons pas nous limiter à cela. D’autant plus que notre priorité actuellement va être de faire nos preuves au monde ninja. J’ai une liste en tête de ce que nous allons faire, mais ce ne sera pas toujours par équipes. Nous allons nous répartir le travail.
Comme toujours, il avait un temps d’avance sur tout le monde, aussi personne ne contesta et tous l’écoutèrent avec attention, prêts à le suivre.

⁂

Le visage caché par ses longs cheveux de jais, il était concentré sur la rédaction d'un parchemin particulièrement important. Le pinceau glissait avec régularité sur le papier, tandis que ses yeux suivaient avec attention chaque mouvement institué par son poignet. Lorsqu'il posa l'outil sur le coté du bureau, relisant une dernière fois son texte, il ne put s'empêcher de sourire avec une grande satisfaction. Bientôt, son heure viendrait enfin. L'homme jeta un œil par dessus son épaule, conscient des yeux attentifs portés sur lui. Il enroula le message qu'il venait de rédiger et le scella simplement. Avec lenteur, il posa sa main sur le rouleau et un serpent glissa de sa manche pour venir s'en emparer. L'animal rampa alors jusqu'au sol avant de s'engouffrer dans une fissure de la pièce jusqu'à disparaître de la vue du ninja. Ce dernier tourna brusquement la tête, il se leva de son siège. Un rictus amusé naquit sur ses lèvres.
– Yamato, que me vaut l'honneur de ta visite ?
– Pas de ces jeux là avec moi, Orochimaru, déclara alors le ninja de Konoha d'un ton sec. Que manigances-tu dans ton coin encore ?
Le nukenin laissa un rire s'échapper de sa gorge.
– Comme d'habitude enfin, des expériences inoffensives, quelques rapports scientifiques. La routine.
Tandis qu'il parlait, un éclat particulier faisait briller ses iris.

⁂

Les jeunes shinobis de Konoha filaient rapidement entre les arbres, attentifs à tout ce qui les entouraient. Neji, en tête du groupe, ne percevait pas le regard particulier que ses compagnons portaient sur lui. Lui aussi était revenu à la vie, et son retour au village avait causé beaucoup d'émoi parmi ses acolytes comme sa famille. Malgré leur trouble encore bien présent, les ninjas ne se permirent pas plus de dérives personnelles et ils se concentrèrent de nouveau sur leur environnement. Leur mission était capitale, bien qu'elle soit pour chacun d'eux signe d'un passé qu'ils auraient bien laissé derrière eux. Dès que l'aube s'était éveillée, Minato avait convoqué dans son bureau quelques camarades de son fils dont il avait connaissance des capacités. Il avait alors relaté les rumeurs concernant le retour de l'Akatsuki et avait avoué son inquiétude. L'Hokage avait donc monté une équipe pour effectuer des recherches dans les alentours du pays du feu. Il avait longuement réfléchi sur les effectifs à envoyer pour cette opération et avait finalement composé une escouade de shinobis aux capacités sensorielles et relativement puissants. Ainsi, Hinata, Kiba, Neji et Shino ouvraient la marche lors de l'expédition. A leurs côtés, Lee et Tenten s'étaient ajoutés comme soutiens en cas de combat, afin de ne prendre aucun risque s’ils devaient croiser les déserteurs. Neji, qui commandait la formation, leva le bras pour indiquer à ses acolytes une pause. Les jeunes ninjas se posèrent près d'une rivière pour se rafraîchir. Kiba flatta la tête d'Akamaru d'une caresse avant de se tourner vers ses amis.
– On se croirait retournés des années avant, lâcha-t-il alors. Rechercher des traces de l'Akatsuki, ça ne m'avait franchement pas manqué.
– Toujours à te plaindre Kiba, souffla Shino pour toute réponse.
Le dresseur canin prit immédiatement la pique pour une provocation.
– Je ne me plains pas ! hurla-t-il, vexé. Je constate c'est tout.
Le jeune homme fit la moue et Hinata laissa échapper un rire amusé.
– Moi ça m'avait manqué les missions avec vous, renchérit la kunoichi avec un sourire éclatant.
Kiba lui répondit d'un rictus similaire. Lui aussi était content de retourner en expédition avec son ancienne équipe.
– Personnellement même si je suis contente d'être avec vous, cette affaire sur l'Akatsuki m'inquiète un peu, reprit Tenten, la mine soucieuse.
– Ne t'en fais pas, lui répondit Lee en exécutant une série de mouvements vifs dans le vide. Nous leur réglerons leur compte comme à l'ancienne !
Neji regarda chacun de ses acolytes. Il ne regrettait pas son sacrifice lors de la guerre, mais ils lui avaient tous manqué durant les quelques temps où il n'était plus de ce monde. Il était heureux d'être de retour, même s'il ne faisait aucune réflexion sur le sujet.
– Nous repartons, décida-t-il après un instant. La pause est terminée.
Tous acquiescèrent, et le groupe repartit, concentré sur sa mission. 

 

Chapitre 5 : Retour à Suna

Sasori et Deidara avançaient en silence sur la route déserte. Après avoir rassemblé l'Akatsuki et abordé les nouveaux objectifs de l'organisation, ils avaient installé un nouveau repaire non loin de la frontière du pays du vent. Les ninjas s'étaient ensuite séparés par souci de discrétion, chacun avec une mission à accomplir. Depuis que les deux artistes étaient partis, le marionnettiste n'avait pas prononcé un mot, et son acolyte commençait à se poser des questions. Son compagnon n'avait jamais été très bavard, et c'était souvent lui qui menait les conversations avec son babillage incessant, mais cette fois, l'artiste de Suna semblait bien soucieux. De plus, depuis son retour à la vie, le maître des pantins n'avait pas une fois invoqué Hiruko. Pourtant, avant de mourir, il ne sortait quasiment jamais de cet automate défensif et les personnes à connaître son vrai visage se comptaient alors sur les doigts d'une main. Le jeune nukenin était intrigué par le changement de comportement de son partenaire.
– Sasori, tu nous emmènes où au juste ? Tu ne dis rien depuis que nous avons quitté le repaire, je veux bien te suivre mais je ne suis pas un petit chien à promener.
Le déserteur du pays du vent se retourna pour voir son partenaire affiche une expression contrariée. Il esquissa un sourire discret à la limite de l'imperceptible.
– Cesse donc de te plaindre. Nous allons à Suna, mais je t'en dirais plus le moment venu.
Ils continuèrent leur avancée jusqu'au crépuscule, où Sasori décida de faire une halte. Ils s'installèrent à l'abri de toute embuscade et firent un feu de camp sommaire pour parfaire à leurs besoins, ou plutôt à ceux de Deidara puisque l’autre n’en avait plus depuis longtemps. Le ninja aux cheveux écarlates s'adossa contre un arbre avant de dérouler un parchemin qu'il conservait sur lui. Intrigué, le blond s'approcha, regardant par dessus son épaule pour lire.
– C'est quoi ? demanda-t-il, curieux.
– Le terme « qui » serait plus adapté. Il s'agit de Komushi.
– C'est qui ? Une de tes marionnettes ?
Sasori soupira.
– C'est compliqué.
Il croisa alors le regard curieux de son acolyte. Un regard qui parlait plus par sa brillance que des lèvres s'ouvrant pour autoriser le passage de la voix. Un regard qui demandait le droit de connaître l'histoire. Le maître marionnettiste roula des yeux, mais il accepta de raconter. Pas tout, évidemment, il n’était pas prêt à s’ouvrir, il ne le serait sûrement jamais, mais il aborda en surface son enfance solitaire, la découverte du marionnettisme, son choix de n'avoir aucun contact avec son entourage, la façon dont le jeune garçon de son âge s’était pourtant imposé, devenant avec le temps son unique ami, jusqu’à son décès brutal. Deidara l'écouta sans l'interrompre, flatté de pouvoir enfin en apprendre plus sur son partenaire dont il n'avait finalement jamais rien su. Toutefois, touché par la fatigue, il finit par s'endormir vers la fin du récit, lorsque Sasori abordait les réactions des villageois et sa réputation suite à la mort de Komushi. Le nukenin de Suna sentit un poids sur épaule et il stoppa son monologue pour tourner la tête. Le jeune homme aux cheveux blonds s'était assoupi contre lui. Il hésita un instant à le dégager d'un coup sec, mais il n'en fit rien. Son regard se posa de nouveau sur le parchemin tandis qu'il se perdait dans ses pensées, pendant longtemps, perdant la notion du temps. Lorsque l'aurore arriva, Deidara s'éveilla lentement.
– Hum, pardon, souffla-t-il dans un bâillement, je n'ai pas écouté la fin de ton histoire. Tu disais ?
Le ninja du désert se leva simplement avant de regarder l'horizon.
– Plus tard, j'ai autre chose à te dire actuellement.
– Ah oui ? Quoi donc ?
– Suna n'est plus qu'à une demi journée de marche, j'aimerais que tu restes ici.
Le nukenin d'Iwa voulut protester mais son acolyte, qui s'y attendait, le devança.
– Je dois aller à Suna pour régler une affaire, c'est quelque chose qui ne concerne que mon passé et moi, je dois y aller seul. De plus, si je devais ne pas revenir d'ici demain, cela signifierait que j'ai un problème, je dois donc pouvoir compter sur toi pour venir m'aider.
Le plus jeune soupira, se résignant à attendre son ami. Satisfait, Sasori reprit la route.

⁂

Orochimaru aperçut le serpent longeant le sol au dernier moment. Il tendit la main et l'animal glissa dans sa manche, déposant au passage un message au creux de ses doigts. Le ninja déserteur déplia le rouleau et ses yeux parcoururent les signes avec fluidité. Un sourire satisfait étira ses lèvres et il jeta un regard bref en arrière, où son atelier présentait une multitude d'expériences diverses. L'heure était donc enfin venue. Il se dirigea tranquillement dans les couloirs, approchant de plus en plus de la sortie. Comme il s'y attendait, Yamato apparut rapidement en face de lui.
– Où comptes-tu aller ainsi Orochimaru ? demanda le ninja de Konoha d'un air sévère.
– Moi ? sourit le reptile avec innocence, mais nulle part enfin.
Tandis qu'il parlait, une ombre se glissa dans le dos de l'utilisateur du Mokuton pour lui asséner un coup puissant dans la nuque. Celui-ci s'écroula dans un bruit sourd, inconscient.
– Quelle ponctualité, apprécia le scientifique dans un rictus satisfait.
– Toujours pour vous, maître Orochimaru.
Sans qu'un mot de plus ne soit nécessaire, l'homme et son sbire quittèrent le repaire. En voltigeant en hauteur pour s'éloigner le plus rapidement possible, le nukenin de Konoha savoura la sensation du vent sur son visage. Il n'était pas sorti depuis si longtemps qu'il en aurait presque oublié la couleur du ciel.

⁂

Gaara fixait le sable danser avec douceur le long du village, transporté par le vent. Posté depuis la vitre de son bureau, il avait terminé depuis longtemps de remplir ses papiers et profitait de son répit pour se perdre dans la contemplation de Suna. Depuis la fin de la guerre, la cité qu'il dirigeait prospérait dans la paix et le calme. La situation n'avait jamais été aussi favorable pour eux, et le Kazekage en était soulagé. Toutefois, depuis le dernier conseil des Kages, il était plus qu'inquiet à propos de l'Akatsuki et redoutait une fois de plus leurs actions. Cependant, malgré ses recherches et celles de ses alliés, il n'y avait aucune information sur les activités de ce groupe, ni même la moindre preuve confirmant leur retour. Le jeune homme poussa un lent soupir empli de lassitude. Il ferma les yeux et laissa sa tête basculer jusqu'à rencontrer la fenêtre. La porte de son bureau s'ouvrit brusquement, manquant de le faire sursauter. Le dirigeant du village ninja se retourna pour faire face au nouveau venu qui se tenait dans l'entrée, il capta immédiatement le regard paniqué du shinobi mais n'eut pas le temps de poser la moindre question.
– Maître Kazekage ! cria l'autre, la peur faisant trembler sa voix. Il est là ! Aux portes du village !
– Qui ?
– Sasori des Sables Rouges ! 

 

Chapitre 6 : Bienvenus aux villages

Minato soupira avant de refermer le dossier. Il travaillait depuis l'aube et ne s'était permis aucune pause. Il avait hâte de passer le flambeau de la fonction à son fils, qui s'y préparait depuis de nombreux mois. La passation était prévue pour la fin de l'année, l'Hokage actuel devait donc encore s'occuper du village pendant une dizaine de mois. Un son retentit contre la porte tandis qu'il se penchait sur un nouveau papier et il autorisa l'entrée à la personne sans lever les yeux de ses lignes.
– Si c'est pour une mission, informa-t-il d'une voix neutre, je n'ai aucun contrat actuellement, il faudra voir au second étage dans le département approprié. Des jônins sont chargés de la distribution comme je suis occupé.
– Ce n'est pas pour une mission, Minato, répondit une voix féminine.
Le dirigeant de Konoha leva alors ses iris océans pour dévisager Kushina. Celle-ci avait le regard triste et l'expression sérieuse qui ne lui étaient pas habituels.
– Il faut qu'on parle toi et moi... reprit-elle en baissant la tête.
Le blond soupira.
– Ce n'est pas vraiment le moment...
– Ce n'est jamais le moment, contra-t-elle avec reproche, tu travailles constamment Minato.
Le jeune homme délaissa ses papiers pour se lever. Il se posta contre la fenêtre et observa son reflet. Sa compagne vint se placer à ses côtés. Ils étaient revenus tous les deux de la mort, ensemble, avec l'apparence juvénile de leurs vingt ans. Minato semblait plus être le frère de Naruto que son père, et Kushina faisait plus d'office d'amie aux côtés du futur Hokage.
– Je t'écoute, relança le grand blond, détachant son regard de la vitre pour le poser sur la kunoichi aux cheveux rouges.
– Et bien, reprit son interlocutrice avec moins d'assurance qu'à son arrivée, j'ai besoin de savoir si toi aussi tu as l'impression que tout a changé.
– C'est à dire ?
– Toi, moi, nous. Ce n'est plus comme avant… Dans notre première vie, je veux dire.
La jeune femme baissa les yeux.
– J'ai l'impression que quelque chose s'est brisé dans cette renaissance...
Il ouvrit la bouche pour répondre lorsque brusquement, Kotetsu entra dans le bureau sans prendre la peine de frapper.
– Maître Hokage ! Pain et Konan de l'Akatsuki sont aux portes du village !
Minato laissa Kushina et le shinobi dans la second, se téléportant directement à l'entrée de Konoha, prêt à combattre. Pourtant, quand il fut sur les lieux, Naruto était déjà en face des nukenins d'Ame, un sourire éclatant aux lèvres.
– Nagato ! Alors toi aussi tu es de retour ? lança-t-il à son aîné. Que viens-tu faire à Konoha ?
– Et oui, on ne peut rien te cacher, acquiesça ce dernier avec un sourire. Et bien, je viens pour toi à vrai dire, j'aimerais profiter de ma résurrection pour apprendre à ton contact, profiter de l'existence, et ne plus ressentir souffrance et solitude.
– Tu es le bienvenu ! Et Konan, continua l'hôte de Kurama, toi aussi tu es revenue, ça me fait plaisir de te revoir !
– Bonjour Naruto, je suis également contente d'être ici.

⁂

Gaara avançait, le regard sévère, vêtu de sa tenue de combat, son immense jarre fixée sur son dos. Son frère le rattrapa en quelques pas.
- Je viens d’apprendre la nouvelle, je t’accompagne.
- Non, répliqua le Kage, je préfère que tu te tiennes prêt avec les équipes restées ici. Au cas où ça tournerait mal et qu’il passerait nos défenses, ou bien si son acolyte infiltre le village pendant qu’il fait diversion.
Son aîné serra les dents.
- Je n’aime pas ça…
Le manipulateur du sable s’arrêta pour faire face au brun. Il remarqua rapidement sa posture tendue, son regard stressé, ses sourcils froncés, bien qu’il fasse de son mieux pour dissimuler son angoisse.
- Kankuro, tu l’as déjà vaincu pendant la guerre, pourquoi j’ai l’impression que tu doutes de toi.
- C’était complètement différent. Avec Edo Tensei, il n’était pas vraiment lui même. Il n’avait pas son équipement, ce n’était pas sa volonté, il était manipulé par quelqu’un d’autre.
Le dirigeant acquiesça, ce n’était pas faux.
- Il n’a peut être pas récupéré ses armes cette fois non plus.
- Si. J’étais allé sur les lieux de son combat contre Chiyo et Sakura, j’avais pris ses rouleaux, et son corps pour m’en servir comme pantin. Mais tout a disparu de mon atelier, depuis déjà un bon moment. Depuis les premières résurrections.  
Le jeune Kazekage observa son interlocuteur. Il vit ses mains trembler légèrement. Il savait l’influence que Sasori avait eu sur lui, en bien, comme en mal. Il l’avait inspiré. Il avait failli le tuer. Kankuro devait se souvenir de la douleur de son poison, et s’il essayait de rester de marbre, sa mémoire semblait affectée par ce traumatisme. Surtout qu’ils n’étaient plus en pleine guerre, le jeune homme n’avait pas besoin d’être un soldat refoulant ses émotions. Il posa une main sur l’épaule du brun.
- Je vais gérer, reste simplement attentif à mon signal si besoin et organise les équipes pour une éventuelle défense.
L’autre hocha la tête, lui intimant d’être prudent. Gaara se dépêcha, n’ayant pas une seconde à perdre, il arriva enfin à l'entrée du village et quitta l'abri du passage entre les falaises pour se placer en face du nukenin de Suna. Derrière lui, dans les parois rocheuses, se tenaient de nombreux ninjas chargés de la surveillance, tous étaient prêts à agir au premier ordre de leur dirigeant, et ce même s'ils savaient qu'ils n'avaient aucune chance de vaincre la légende des Sables Rouges. Alors que le leader de la cité s'attendait à se trouver devant Hiruko, l'imposante et redoutable défense du manipulateur, devant lui se tenait un jeune homme au visage doux et d'une jeunesse déroutante. Ses cheveux rouges dansaient doucement au rythme de la brise et ses yeux inexpressifs couleur de l’ambre étaient posés sur le Kazekage.
– Sasori, commença le chef du pays du vent d'un ton froid, pourquoi es-tu revenu ? Quelles sont tes intentions ?
– Je viens en paix, répondit simplement le maître marionnettiste.
Le plus jeune le fixa, surpris d'une telle réponse.
– Ah oui ? Et comment pourrais-je te croire ?
– Je ne suis pas à l'intérieur d'Hiruko, qui protège mes points faibles.
– Comme si tu en avais besoin.
Sasori esquissa un sourire amusé. Il reconnaissait que son argument était médiocre puisqu'il était capable de conquérir un pays entier sans faire appel à ses pantins les plus puissants.
– Gaara, si j'avais souhaité du mal à Suna, je n'aurais pas pris la peine de me présenter à l'entrée pour t'attendre sagement. Je sais que tu as pris des mesures pour la garde, que tu es prévoyant, et c'est tout à ton honneur, mais tu sais aussi bien que moi que je peux entrer et sortir d'ici sans que personne ne le sache.
– Ce n'est pas faux, admit son interlocuteur dans un soupir contrarié.
Il croisa les bras, dardant ses yeux verts sur l'homme qui, bien que beaucoup plus âgé que lui, ne semblait être qu'un adolescent d'une quinzaine d'années.
– Bon, reprit-il avec flegme, partons du principe que tu viens réellement en paix. Pourquoi revenir à Suna ? Tu as déserté l'Akatsuki ?
– Non, réfuta l’autre, bien au contraire. Je suis maintenant à la tête de l'organisation, et c'est en son nom que je viens aujourd'hui vers toi. Nous avons tous trouvé la rédemption lors de notre résurrection. Notre renaissance dans ce monde amène donc de nouvelles méthodes, bien que l'objectif soit le même, protéger la paix. Mais cette fois, il n'est plus question de traquer quiconque, ni d'agir comme des criminels. Nous avons déjà confronté une fois l'alliance shinobi, et nous avons échoué. Nous souhaitons dorénavant collaborer avec les villages ninjas.
Gaara fut interloqué d'entendre de telles paroles venant d'un homme tel que Sasori, toutefois, il vit dans le regard de ce dernier une grande assurance. Restant méfiant par prudence, et connaissant le don inhumain du nukenin pour la manipulation, il jugea cependant plus sage d'attendre d'en savoir plus.
– Entendu Sasori, Suna accepte de t'ouvrir officiellement ses portes, à la condition que tu restes sous étroite surveillance.
Le maître marionnettiste hocha la tête.
– Bien, allons discuter dans mon bureau, j'aimerais aussi avoir l'avis de Temari et Kankuro. Et je pense que ce dernier aura aussi beaucoup à te dire.
Le jeune Kazekage se décala pour libérer le passage à ce visiteur inattendu, qui s'avança, faisant le premier pas vers un passé empli de souvenirs. 

 

Chapitre 7 : L'Akatsuki à Suna

Orochimaru admirait les quelques centaines de ninjas s'entraînant dans l'arène. Tous étaient bien plus puissants qu'à leur arrivée dans ce lieu, et bientôt, ils seraient prêts pour l'offensive. Le ninja légendaire comptait profiter du chaos provoqué par les nombreuses résurrections pour enfin achever sa vengeance contre Konoha. Aussi, après son évasion, il avait passé de longues semaines à réunir ses sbires et à les former afin d’augmenter leur force. Il avait ainsi levé une armée digne de sa grandeur comme de son projet. Un de ses subordonnés s'approcha de lui, un léger sourire aux lèvres.
– Maître Orochimaru, comme vous l'avez souhaité, tout sera prêt d'ici deux jours, annonça-t-il simplement.
– Parfait, siffla le nukenin, le regard toujours posé sur l'arène.
Son interlocuteur suivit des yeux ce qui captivait le scientifique et à son tour, il jaugea les combattants.
– Croyez-vous qu'ils seront suffisamment forts pour vaincre Konoha ?
Un rire lui répondit.
– Bien sûr que non, je ne leur ai pas donné autant de puissance pour qu'ils restent en vie.
Un éclat particulier brilla dans ses iris.
– Leur rôle est de faire le plus de dégâts, et ils possèdent le pouvoir nécessaire à cet objectif. Mais ils ne serviront que de leurres dans ce plan, c'est moi, et moi seul qui réduirai Konoha en cendres.

⁂

Deidara était allongé sur l'herbe, appuyé nonchalamment contre un arbre, le regard perçant à travers le feuillage pour observer le ciel bleu. Il gonfla ses joues tel un enfant d'humeur maussade. La veille, quand Sasori l'avait laissé pour rejoindre Suna, il s'était dit qu'attendre serait une tâche aisée, mais la réalité l'avait vite rattrapé. Il n'avait rien à faire et s'ennuyait mortellement ; de plus, même si sa fierté refusait de l'admettre, il s'inquiétait pour son acolyte. Si ce dernier ne revenait pas bientôt, il lui faudrait agir. La dernière fois que le nukenin d'Iwa avait infiltré le village du sable, il avait pu entrer grâce au talent du maître marionnettiste, mais cette fois, il allait devoir entrer de force, et il ne savait pas réellement comment s'y prendre. Un bruissement dans les buissons attira son attention et il se redressa, le regard vif, prêt à se battre si nécessaire. Lorsque Sasori apparut devant lui, Deidara ne put réprimer un soupir soulagé, qui n'échappa pas à son partenaire puisque ce dernier esquissa un léger sourire amusé. Le leader de l'Akatsuki était accompagné de deux shinobis portant l’emblème de Suna, et le blond haussa un sourcil, surpris.
– Tout va bien, répondit son ami à sa question muette, je viens simplement te chercher, nous sommes conviés à Suna tous les deux.
– Moi aussi ? demanda-t-il, étonné. Mais lors de mon dernier passage, j'ai enlevé le Kazekage, je ne pensais pas être invité un jour.
Son acolyte haussa les épaules, indifférent à l'argument. Deidara se souvint alors que le marionnettiste avait bien séquestré le troisième du nom pour en faire son pantin. Souriant de cette anecdote, il posa alors ses yeux sur les deux hommes.
– Et eux ?
Le maître marionnettiste suivit le regard du nukenin d'Iwa.
– Ils sont chargés de me surveiller.
Le ninja aux dons explosifs ne put s’empêcher d'éclater de rire.
– C'est une blague Saso !? Regarde-les trembler dans leurs armures, ils se pissent dessus à l'idée de te voir bouger le petit doigt. Comme s'ils faisaient le poids face à toi.
Sasori prit un instant pour observer les deux shinobis. Ces derniers gardaient un air impassible, toutefois la crainte qu'ils éprouvaient était plus que perceptible. Les légers tremblements, les regards inquiets. Il soupira en roulant des yeux avant de se tourner vers son équipier.
– Bon, allons-y, je dois retourner auprès du Kazekage, et je ne veux pas le faire attendre. Et je te préviens Deidara, aucune explosion dans le village.
Le jeune homme hocha la tête, conscient des enjeux de leur venue. Adressant un clin d’œil moqueur aux gardes, il se dirigea vers Suna.

⁂

Gaara faisait face à Sasori. Tous deux étaient installés dans des fauteuils, au sein d'un salon privé, et ils discutaient de nouveau. A l'arrivée du maître marionnettiste, une première conversation avait eu lieu dans le bureau du Kazekage. Kankuro avait gardé son sang froid, mais il n'avait pu cacher les émotions conflictuelles qu'il ressentait face à la légende qui se tenait devant lui  et maintenant qu’ils se voyaient sans être des adversaires, la joie qu'il éprouvait devant les nouveaux idéaux de cette dernière. Temari avait manifesté bien plus de froideur, bien qu'elle ait démontré un grand respect à l'invité, consciente de ses capacités comme de sa renommée. La kunoichi n’était pas réputée pour mâcher ses mots, et elle avait clairement exprimé ses doutes. Si le jeune dirigeant avait voulu garder sa venue discrète, la rumeur du retour du prodige shinobi avait déjà parcouru le village, et ce dernier était en émoi. Beaucoup voyaient Sasori comme l'opportunité de relancer l'art du marionnettisme, ainsi que de hausser la puissance du pays du vent, mais il y avait aussi énormément de méfiance. Une grande part de la population voyait le leader de l'Akatsuki comme un danger réel, un traître et un homme à abattre. Ce dernier avait conscience de tout cela et y était complètement indifférent. Seulement six jours s'étaient déroulés depuis son retour, et il passait la plupart du temps aux côtés de Gaara, discutant de multiples choses. Son acolyte au tempérament explosif avait plutôt opté pour le tourisme, il s'amusait à faire rager les shinobis l'accompagnant et n'avait pas encore réellement confronté le jeune dirigeant. Le Kage de Suna se trouvait dans une situation complexe. Il avait bien sûr de la méfiance à l'égard des deux visiteurs, mais depuis qu'il fréquentait son aîné, il se sentait troublé. Il se surprenait à apprécier la compagnie de Sasori, ses conseils avisés, son calme constant, son expérience aussi prodigieuse que compétente et ses nombreuses qualités de ninja. Celui-ci faisait de son mieux pour lui être utile, conscient qu'il était dans une position délicate et qu'il lui fallait prouver sa fidélité à Suna.
– J'aurais besoin de bien plus d'effectifs sur cette zone, souffla alors le jeune homme, les yeux posés sur une carte.
Sasori glissa son regard sur le papier, observant avec attention.
– Pourquoi ne pas placer des marionnettistes ? suggéra-t-il. Avec des pantins, une plus grande surface serait couverte. De plus, quiconque approchant de loin aurait l'impression d'une plus grande quantité de shinobis.
Gaara réfléchit un instant, puis il secoua la tête.
– Notre équipe de ninjas marionnettistes est trop petite, et puis ils n'ont ni ton niveau, ni suffisamment de pantins. Kankuro a bien essayé de transmettre cette technique aux plus jeunes, mais elle n'intéresse plus grand monde aujourd'hui... Même si ton retour a changé cette vision des ch...
Le Kazekage se coupa soudainement, braquant ses yeux verts sur son interlocuteur. Un éclat particulier brilla un instant dans ses pupilles et il ouvrit la bouche pour parler, mais le leader de l'Akatsuki le devança.
– Oui, je peux. Quitte à ce que je sois à Suna, autant rentabiliser mes capacités. Je construirai des marionnettes pour la section, et j'entraînerai les ninjas intéressés par cet art.
Le plus jeune voulut le remercier, mais la porte du salon s'ouvrit brusquement sur Deidara qui vint se jeter dans un fauteuil sans plus de cérémonies. Il darda son regard bleu océan sur le dirigeant de Suna et lui offrit un grand sourire.
– Gaara, ça va depuis le temps ? Vraiment très sympa chez toi, j'avais pas pu profiter du tourisme la dernière fois, j'avais du travail.
– Tu parles de la fois où tu m'as enlevé ?
– Exactement, bonne mémoire.
Sasori se pinça l’arête du nez tandis que le Kazekage soupirait. S'il se découvrait une amitié naissante avec le maître marionnettiste, il pressentait que le contact avec le partenaire de celui-ci allait être bien plus compliqué. 

 

Chapitre 8 : Espoir brisé

Ils étaient tous ensemble, près de la rivière, allongés de part et d'autre sur l'herbe à regarder les nuages tout en discutant posément. Cela avait été une idée d'Hinata, qui avait voulu réunir tous ses amis pour un après-midi. C'est ainsi qu'elle avait d'abord parlé de son idée à Ino et Sakura, et toutes les trois avaient préparé minutieusement cette réunion entre camarades. Ainsi, Kiba, Lee et Naruto chahutaient avec énergie tandis qu'un peu plus loin, Sasuke discutait tranquillement avec Sakura. Shino, Neji, Saï, Ino, Tenten, Hinata et Choji riaient autour d'anecdotes datant de leur enfance, et Shikamaru, qui regardait de base le ciel, s'était finalement assoupi. Le jeune stratège était inquiet ces derniers temps, il se méfiait grandement des nombreuses résurrections, craignant que ces retours ne soient les outils du plan d'un ennemi encore inconnu. Tsunade avait légué la charge du village à l'un des ressuscités, Minato, et malgré son respect pour ce héros d'antan, il ne pouvait s'empêcher d'être méfiant à l'égard du shinobi légendaire. Choji jeta un œil sur son ami endormi avant d'ouvrir un paquet de chips.
– Vous ne trouvez pas qu'il est soucieux ces temps ci ? demanda-t-il soudain à ses camarades.
– Non, je n'ai pas vraiment remarqué, réagit Tenten en fronçant les sourcils.
Neji posa ses iris sur Shikamaru avant de le tourner vers l'héritier du clan Akimichi.
– Choji a raison, il réfléchit beaucoup depuis quelques semaines et semble souvent perdu dans ses pensées.
– C'est vrai, intervint alors Hinata. Pourtant, j'aurais pensé que le retour d'Asuma l'aurait rendu plus heureux.
– Peut-être qu'il pense à son père vu qu'il n'est pas revenu lui, suggéra alors Saï avec son tact habituel.
Personne ne répondit, et Shino, qui fixait le soleil glisser dans l'horizon depuis quelques temps, soupira.
– J'ai un mauvais pressentiment, lâcha-t-il simplement.
Les autres acquiescèrent, en accord avec l'intuition de leur ami qui n'avait pourtant aucune explication.

⁂

Saï entra dans le bureau après avoir frappé. Minato, penché sur ses dossiers, leva la tête pour le regarder avant de lui sourire.
– Vous m'avez demandé, maître Hokage ?
– Oui, répondit le légendaire shinobi.
Le dirigeant de Konoha se leva, un fichier dans la main et le tendit au jeune homme.
– J'ai besoin de toi pour une mission longue et dangereuse qui nécessite une discrétion importante. Je connais tes capacités et je pense que tu es le ninja idéal pour cette opération.
– Entendu, répondit le ninja en récupérant les papiers.
Sans perdre plus de temps, Saï se retourna pour quitter le bureau.
– Sois prudent, lança Minato avant de le voir disparaître dans le couloir.
Il allait se concentrer de nouveau sur son travail quand une personne apparut dans l'entrée du bureau. Kushina approcha lentement et, après un soupir, elle prit la parole.
– Minato, je pense qu'on devrait rompre.
Le jeune homme ouvrit la bouche, la referma, et hocha la tête.
– Tu es sûre de vouloir ça ? demanda-t-il après un long silence que tous deux avaient ressenti avec gêne.
– Oui... Nous avons eu l'opportunité de revivre, mais nous sommes très différents d'avant, tu as changé, et moi également. Nous avons perdu ce qui faisait autrefois notre famille, notre fils est adulte... On croirait qu'il a nôtre âge... Je... Je ne veux pas de cette vie pour reprendre là où elle s'était arrêtée alors que le temps a passé sans nous. Nos chemins doivent se séparer pour que nous puissions nous épanouir de nouveau.
L'Hokage acquiesça, il était du même avis.
– Alors qu'il en soit ainsi, Kushina.
– Quoi ?! hurla une voix derrière eux.
Les deux adultes se retournèrent pour voir le visage horrifié de Naruto qui venait d'arriver à la porte. La jeune femme fit un pas vers son fils, mais celui-ci, choqué par les propos qu'il venait d'entendre, recula et partit en courant dans le couloir. Le héros de la Quatrième Grande Guerre sentit les larmes lui monter aux yeux tandis qu'il parcourait les rues de Konoha. Lorsque ses parents étaient revenus à la vie, il avait naïvement cru qu'il pourrait enfin avoir une famille, la sienne. La conversation qu'il venait de surprendre avait réduit ses espoirs à néant. Perdu dans ses pensées, et la vision troublée par ses pleurs, il ne vit pas qu'il fonçait dans un homme avançant calmement et il se heurta contre lui.
– P.. Pardon, bredouilla-t-il alors.
– Et bien Naruto, répondit une voix que le blond reconnut immédiatement, tu es toujours aussi turbulent on dirait. En revanche, ce n'est pas habituel de voir tant de larmes sur ton visage. Que t'arrive-t-il ?
Lentement, les yeux écarquillés, le ninja releva la tête pour reconnaître son défunt maître, Jiraya. Ce dernier était là, son éternel sourire collé aux lèvres, bel et bien vivant. Sans parvenir à contrôler ses actes comme ses sanglots, le shinobi se jeta dans les bras de son mentor, lui expliquant brièvement la situation comme son réconfort de le voir de nouveau, le tout en balbutiant avec difficulté tant il pleurait. L'ermite mit une vingtaine de minutes à calmer son apprenti, puis il l'emmena dans le village et tous deux s'assirent autour d'un verre. Ils discutèrent longuement, et Jiraya vit bien que son protégé était en plein tourment. Ils convinrent que le mieux pour rattraper le temps perdu, pour mieux se retrouver et également pour apaiser le blond et sa douleur récente était de refaire un voyage comme celui qu'ils avaient jadis fait, à l'époque où Naruto n'était encore qu'un petit garçon en quête de son meilleur ami parti. 

 

Chapitre 9 : Première bataille

Les différents hologrammes apparurent autour de Sasori. Celui-ci se tenait au centre de la pièce sombre qu'il occupait. A ses côtés, Deidara attendait patiemment.
– Pourquoi nous as-tu convoqués ? demanda Kakuzu.
– Mes espions m'ont informé de nouvelles assez graves dont je dois vous parler, répondit le maître marionnettiste.
Hidan ricana, attirant l'attention du nouveau leader de l'organisation.
– Parce que même le temps où t'étais clamsé, ton réseau est resté intact ? Quelle fidélité chez tes petits jouets.
– J'ai en effet recontacté mes informateurs à mon retour, mes sceaux sont efficaces sans vouloir être présomptueux, as-tu d'autres réflexions pertinentes Hidan ?
L'homme ouvrit la bouche mais il fut coupé par Kakuzu qui lui lança son poing dans le ventre pour le faire taire.
– Et parmi les informations que tu possèdes, tu as reçu des nouvelles concernant Kisame ? demanda alors Itachi au marionnettiste.
Ce dernier secoua la tête.
– Non, je n'ai rien à son propos. Je surveillerai, Itachi.
Le jeune Uchiha acquiesça simplement.
– Pour en revenir à ce pourquoi je vous ai appelés aujourd'hui, j'ai appris qu'Orochimaru projetait d'attaquer Konoha avec une grande armée. L'alliance se méfie encore de nous et de nos projets. C'est l'occasion idéale de leur montrer nos nouvelles convictions. A moins que quelqu'un ici ait une objection à faire ?
Tous dans la pièce virent leur leader glisser son regard glacial sur chacun d’eux, attendant une éventuelle contradiction.
– Nous te suivrons, assura alors Itachi au nom de tous les membres de l'Akatsuki.
Sasori le remercia d'un geste de la tête. Le brun était le mieux placé pour le soutenir, il avait toujours tout fait pour Konoha, jusqu’à se faire passer pour un traître et intégrer leur groupe. L’opportunité de renforcer l’alliance avec le village était donc une aubaine pour lui.
– Bien. J'ai déjà informé le Kazekage qui s'entretient actuellement avec son conseil. Deidara, lui et moi ainsi qu'une troupe de ninjas d'élite partirons dès ce soir pour Konoha. Je veux que vous veniez nous rejoindre au village caché des feuilles au plus vite. L’Hokage est au courant et vous laissera entrer. Faites toutefois très attention à votre comportement, nous n’avons ni leur confiance, ni leur estime.
Pendant que les nukenins hochaient la tête, le chef de l'organisation fixa Hidan, et ce dernier afficha un air outré, comprenant que la consigne lui était particulièrement destinée. 
- Pourquoi ne pas envoyer juste un duo ? questionna alors Kakuzu.
- Orochimaru s’attend à ce qu’on fonctionne comme avant, entre la force des ninjas de Konoha et celle de toute l’Akatsuki, il sera pris au dépourvu. C’est le moment de montrer ce qu’on vaut.
Le ninja de Suna les congédia suite à cette réponse, et les différents hologrammes disparurent. Deidara esquissa un sourire amusé.
– Une vraie prestance de chef, lança-t-il à son acolyte.
– Cesse donc de dire des bêtises et suis-moi, nous devons rejoindre Gaara.
Les lèvres du blond s'étirèrent encore plus.
– A vos ordres, chef… susurra-t-il avec insolence.
Il suivit docilement son aîné tandis que celui ci soupirait d'exaspération. 

⁂

Orochimaru avançait, le regard rivé sur l'horizon dans lequel se dessinait le village de Konoha. Derrière lui, son armée suivait, docile. Aucun ne reviendrait en vie, mais ils ne le savaient pas. Leur maître avait bien dissimulé cette partie du plan. Alors qu'il voyait les portes de Konoha au loin, il se figea soudainement, s'arrêtant sur une branche avant de faire signe à ses hommes de l'imiter. Un de ses sbires avança et se posa à ses côtés.
– Maître Orochimaru ?
– Les portes sont fermées, et je sens de nombreux chakras puissants près d'ici. Il se passe quelque chose...
Un éclair lumineux éclata sur le sentier, juste devant l'entrée close de Konoha, et l'éblouissante clarté fit place à Minato Namikaze, son manteau d’Hokage flottant doucement dans son dos. L'instant d'après, le jeune homme était entouré de ses pairs. Gaara de Suna et sa jarre de sable, Mei de Kiri et sa crinière hérissée, Darui de Kumo et sa panthère noire électrique et enfin le doyen Onoki, flottant dans les airs. Le subordonné écarquilla les yeux.
– Comment ont-ils pu savoir ? lâcha-t-il, désemparé.
Une silhouette aux cheveux écarlates se découpa alors sur les remparts du village. Son manteau noir aux nuages rouges dansait doucement dans le vent. Il avait les bras croisés et le regard dénué de tout éclat.
– Sasori, siffla le serpent en serrant les dents, les iris braqués sur son ancien partenaire. J'avais entendu dire qu'il était de retour, mais je ne pensais pas que son réseau d'espions existait toujours. Il m'a encore devancé ce satané manipulateur.
Aux côtés de l'adolescent marionnette, de nouvelles ombres se formèrent.
– L'Akatsuki, souffla son sbire.
Agacé par la tournure des évènements, Orochimaru lança l'assaut sans attendre plus longtemps. L'armée se jeta en avant, et rapidement, une bataille fit rage devant l'enceinte du village. Les shinobis de Konoha, soutenus par l'alliance et l'organisation autrefois ennemie, combattirent les soldats du serpent, tandis que les Kages affrontaient le ninja légendaire. Ce dernier observait du coin de l’œil les anciens nukenins avec lesquels il avait travaillé un temps, surpris de les voir agir ensemble dans une harmonie presque irréelle. Tout était trop bien calculé. Il devina le rôle du marionnettiste dans cette nouvelle tactique de combat, et ne l’en détesta que davantage. Il se sentit vite dépassé par les évènements, et il tenta de battre en retraite. Toutefois, aucun de ses adversaires n'avait l'intention de le laisser partir. Avant l'attaque, le Conseil des chefs des cinq nations s'était réuni pour s'organiser. Et il avait pris une décision, éliminer une fois pour toutes la menace du reptile. Les dirigeants de l'alliance traquèrent Orochimaru dans la forêt pendant que les sbires de ce dernier étaient tués ou capturés par les shinobis. Ils réussirent à le rattraper après une vingtaine de minutes, un combat bref s'ensuivit, et ce fut Minato qui acheva l'ennemi.

⁂

Les cinq Kages étaient revenus devant les portes du village, où la bataille était enfin terminée. Les shinobis s'occupaient de rassembler les corps pendant que les blessés se faisaient soigner. Onoki fixait avec méfiance l'Akatsuki, qui était chargée de surveille les quelques prisonniers qui s'étaient rendus lors des combats. Il croisa alors le regard de Deidara, et ce dernier esquissa un sourire avant de lui faire un clin d’œil. Le doyen marmonna dans sa barbe, agacé par l'éternelle insolence de ce garnement. Minato remarqua le regard du plus âgé de ses pairs et il se racla la gorge pour attirer l'attention des quatre chefs de villages.
– Qu'allons-nous faire concernant l'Akatsuki ? demanda-t-il simplement. L'organisation nous a été d'une aide précieuse aujourd'hui. Les avoir pour alliés serait une excellente chose pour maintenir la paix.
Mei fronça les sourcils, peu convaincue, tandis qu'Onoki grognait de désapprobation.
– Ce n’est pas Sasori qui a averti l'alliance des plans d'Orochimaru ? questionna le Raikage, songeur.
Tous se tournèrent pour observer l'adolescent assis sur une pierre à réparer le bras d'un de ses pantins. Se sentant observé, il leva la tête et posa son regard inexpressif sur les dirigeants pendant quelques secondes, avant de retourner à sa tâche.
– C'est bien lui, confirma Gaara. Pour ma part, je retourne à Suna avec lui ainsi que Deidara.
– Pain et Konan étaient déjà à Konoha, renchérit Minato, ils ont acquis ma confiance. Itachi aussi, il m'a fait part de son souhait de revenir, et Sasuke appuie ce projet.
– Je pense que dans ces circonstances, enchaîna Darui, nous pouvons intégrer l'Akatsuki à l'alliance ninja.
Les autres hochèrent la tête, y compris le Tsuchikage, qui conserva toutefois une certaine réticence. 

 

Chapitre 10 : Discussions au village du sable

Sasori frappa à la porte avant d'entrer dans la pièce. Gaara lui faisait face, assis derrière son bureau à remplir des dossiers divers.
– Tu m'as fait appeler pour quelle raison ? demanda-t-il au jeune Kage de sa voix froide habituelle.
– J'ai quelque chose pour toi, répondit aussitôt le dirigeant de Suna en se levant.
Il contourna le meuble pour faire face à son aîné, la main serrée autour d'un objet. Conscient de son impatience, il présenta sans attendre sa paume au marionnettiste et déplia lentement les doigts pour révéler un bandeau de Suna brillant.
– Je ne sais pas si tu aimeras, murmura le chef du village, mais c'est ma façon de te remercier, et également celle de te dire que tu as toute ma confiance. Tu es chez toi Sasori, bon retour chez les tiens.
D'un geste mesuré et flegmatique, le maître de la manipulation s'empara du présent tout en plongeant son regard doré dans celui de son cadet.
– Je suis très honoré, j'en pendrais grand soin.

⁂

Les cinq Kages étaient réunis autour d'une table ronde. Plusieurs semaines s'étaient écoulées depuis l'attaque d'Orochimaru, et ils avaient jugé bon de faire un bilan de la situation. Suna avait accueilli l’événement afin d'épargner au Hokage de gérer une énième charge. Pendant de longues minutes, ils avaient fait le bilan concernant les prisonniers de la bataille, le contexte géopolitique entre les pays et la gestion de la paix malgré les différents conflits mineurs. Ensuite, ils abordèrent le cas de l'Akatsuki. Les quelques membres restés sous l'autorité des villages s'étaient extrêmement bien intégrés et participaient activement à la prospérité. Rien dans leur attitude ne pouvait montrer qu'ils avaient jadis été des criminels de rang S.
– Qu'en est-il de Sasori et Deidara ? demanda alors Darui au Kazekage.
– Je ne vous cacherai pas que le deuxième cause quelques ennuis, mais il s'agit plus de pitreries adolescentes que de fautes dignes d'un terroriste. Quant au leader de l'Akatsuki, il est toujours aussi froid et distant qu'auparavant, mais il est également très impliqué dans les évènements du village. Actuellement, il aide au développement de la section des marionnettistes.
– Personnellement c'est bien ce qui m'inquiète, trancha le Tsuchikage d'un air sévère. N'oublions pas qui il est, sa renommée n'est plus à faire. Sasori est réputé pour être un expert, un maître en la matière, qui nous dit qu'il ne nous manipule pas tous pour ses plans ? Dois-je vous rappeler ce qu'il a jadis fait au troisième Kazekage ? Sans parler de sa responsabilité dans la naissance de l'avant dernière Grande Guerre Ninja ?
Les Kages gardèrent un instant le silence, conscients que le risque était réel. Le jeune homme était aujourd'hui à la tête d'une organisation de ninjas puissants répartis au sein de toutes les grandes nations, et il savait contrôler à la perfection tout ce qui l'entourait. Plus encore, son réseau d'espions toujours performant lui donnait plusieurs coups d'avance sur le monde lui-même. Il était une aide précieuse pour Gaara, mais un danger mortel et silencieux pour la société. Un véritable scorpion, agissant dans l'ombre et capable d’empoisonner quiconque de sa seule volonté. Toutefois, Gaara secoua la tête, réfutant l'argument.
– Je ne pourrais dire pourquoi, mais je suis persuadé de pouvoir me fier à lui. L'avoir à mes côtés contre Orochimaru m'a convaincu de sa sincérité.
Onoki ouvrit la bouche pour répliquer, mais l'Hokage le devança.
– Pour ma part, Sasori bénéficie également de ma confiance. Gaara seul est au courant, mais il y a deux semaines, un espion du marionnettiste l'a informé de la résurrection de Danzo, que je n'ai pas besoin de vous présenter.
Minato fit une pause, regardant ses pairs un a un.
– Danzo avait pour projet d'attaquer Konoha, par vengeance bien sûr. Sasori m'a informé par courrier de ses plans, et nous avons pu non seulement éviter l'offensive, mais également traquer notre ennemi grâce aux informations fournies dans le message. Cela fait deux fois que Konoha se voit sauvé par son intervention. Je ne peux que me fier à lui. Je pense sincèrement qu'avec lui à la tête de l'Akatsuki, nous aurons l'organisation entière comme puissante alliée.

⁂

Le jeune homme aux cheveux blonds poussa un soupir en sortant de la salle. Le Conseil était devenu très mouvementé dès que la question de l'organisation de nukenins avait été abordée, toutefois, ils étaient finalement parvenus à s'entendre, malgré des réserves toujours présentes pour plusieurs d’entre eux. L'Hokage traversa les couloirs du bâtiment de Suna, perdu dans ses pensées. Un mouvement le sortit de son esprit et il reconnut Sasori qui refermait une porte à clef sur la droite du corridor. Le marionnettiste inclina légèrement la tête pour le saluer.
– Oh, bonjour Sasori, commença Minato en souriant. Je voulais justement te parler.
Le nukenin de Suna posa ses iris froids sur le dirigeant de Konoha, attentif. Le blond se passa une main derrière la tête tout en enchaînant.
– Je souhaitais sincèrement te remercier pour les informations sur Danzo, le village est sauf. J'ai une grosse dette envers toi.
– Non, tu ne me dois rien, répliqua le leader de l'Akatsuki de sa voix grave et glaciale. J'ai fait ce que je devais faire.
Il allait partir dans le couloir mais Minato lui saisit le bras, et l'artiste se retourna pour le regarder.
– Il n'empêche que tu as acquis ma confiance Sasori.
L'Hokage le lâcha et il sortit de sa poche l'un de ses kunaïs marqués de son sceau pour le tendre au jeune homme.
– Prends ceci je te prie. J'ai amélioré ma marque, tu n'as qu'à frotter le manche pour que je reçoive ton appel et me téléporte jusqu'à toi. J'en ai confié un à chaque Kage, et je voudrais que tu en aies un toi aussi.
Le ninja aux cheveux écarlates regarda un instant l'arme, puis il la prit et la rangea sur lui avant de fouiller dans sa poche pour en sortir une marionnette à son effigie un peu plus grande que sa main, qu'il présenta à son tour.
– J'ai moi aussi travaillé ma technique. En cas de crise urgente, je ne peux me déplacer d'un village à l'autre rapidement, il faut plusieurs jours de voyages, c'est bien trop pour agir efficacement. Et puis je déteste faire attendre. Ce pantin permet de me contacter, mieux encore, il est relié à mon cœur. Il te suffit d'insuffler du chakra à l'intérieur, légèrement pour me parler, intensément pour que je sois invoqué à tes côtés aussitôt.
Minato prit l'artefact avec le plus grand soin et il offrit un sourire éclatant à son interlocuteur.
– Je te remercie Sasori. J'espère avoir l'occasion de te revoir bientôt. 

 

Chapitre 11 : Ambitions

La jeune femme prit une longue inspiration, puis elle toqua contre la porte. Lorsqu'elle en reçut l'autorisation, la jeune kunoichi entra dans la pièce pour s'avancer doucement. Minato l'invita à parler d'un sourire bienveillant et elle se mordilla nerveusement la lèvre inférieure tout en baissant les yeux pour fixer le sol.
– Excusez-moi Maître Hokage, balbutia la princesse Hyûga d'une voix basse. Je voulais simplement savoir si vous aviez des nouvelles de Naruto ?
Le jeune homme soupira tristement.
– Non aucune. Jiraya m'écrit régulièrement depuis qu'il est reparti avec lui, mais jamais il ne m'informe de son état. Je pense que Naruto le lui a demandé. Il était réellement bouleversé, et j'en suis responsable... Je suis désolé Hinata...
La brune secoua la tête.
– Vous n'avez pas à l'être, ce sont des choses qui arrivent...
Minato prit un instant pour observer attentivement le visage de la kunoichi. Elle souriait doucement pour assurer ses propos, mais il décelait en elle une tristesse immense, et son cœur se serra en voyant cela. Il se sentait coupable du départ de son fils, et depuis, il passait son temps à travailler dans son bureau, négligeant sommeil comme santé. Désireux de réconforter la jeune femme, il se leva, plaçant son paquet de cigarettes dans sa poche tout en contournant le meuble, et il tendit la main vers elle.
– Hinata, viens donc boire un verre avec moi. Cela te changerait les idées et moi j'ai grand besoin d'une pause. Je me sens coupable pour toi, tu étais en train de te rapprocher de lui, et mes actions l’ont fait partir, je suis terriblement désolé...
La princesse Hyûga le fixa un instant, puis elle hocha doucement la tête et saisit sa main. Ils quittèrent le bureau en silence, et Hinata ressentit une légère reconnaissance pour l'attention que l’Hokage lui portait.

⁂

Le jeune homme soupira d'ennui, faisant voler sa longue mèche blonde. Les mains dans les poches, il déambulait dans les rues de Suna sans réel but. Depuis son retour au village des sables, il passait ses journées sans réelles occupations et cette routine vide l'agaçait. Ayant partiellement acquis la confiance des Kages, et en particulier celle de Gaara, il n'était plus accompagné de shinobis chargés de surveiller chacune de ses actions. Le nukenin fit la moue, cherchant une activité quelconque à faire. Son ancienne vie de criminel ne lui manquait pas, il en était assez surpris. Son amour pour l'art était toujours bien présent en lui, mais il ne ressentait pas le besoin de causer du tort. De plus, la constitution du pays du vent était parfaite pour lui, lorsqu'il désirait explorer sa fibre artistique, il n'avait qu'à voler dans le désert et produire ses créations sans se préoccuper de quoi que ce soit. Toutefois, il n'avait plus d'argile depuis quelques jours, et le temps d'en retrouver, il ne savait que faire. En venant dans ce village, il avait vu son acolyte renouer avec ses racines, et il commençait à se questionner sur l'envie ou le besoin de retourner à Iwa. Son ancienne patrie ne lui manquait pas, il en était conscient, mais il savait aussi que jamais il ne verrait son foyer ailleurs qu'au pays de la terre. Deidara soupira, il ne savait pas encore ce qu'il ferait, mais il était conscient qu'il devrait réfléchir à ce sujet. Son regard glissa sur le bâtiment principal et un sourire vint fleurir lentement sur ses lèvres. Il entra dans l'édifice et traversa les couloirs d'une démarche désinvolte jusqu'à atteindre le bureau du Kazekage, puis il ouvrit la porte sans frapper pour avancer tranquillement dans la pièce. Gaara, occupé à lire un dossier conséquent, leva doucement les yeux pour observer le shinobi.
– Que veux-tu ? demanda-t-il simplement de sa voix froide.
– Je m'ennuie, dit sincèrement le blond en s'asseyant en face du leader.
Le membre de l'Akatsuki lui jeta un regard intrigué.
– Dis, t’es sûr que t’as aucun lien de famille avec Saso toi ?
- Oui, pourquoi ?
- Vous vous ressemblez beaucoup, tirer la tronche, parler d'une façon froide, regarder les gens comme si vous vouliez les dépecer. Ou alors c’est un caractère local ? Non, j’ai vu plein de gens aimables, alors c’est génétique pour certaines personnes, genre avec les cheveux rouges ?
Le Kage soupira, fatigué par la charge de travail comme par la présence de son insolent invité. Il replongea dans ses fiches en ignorant les questions de son interlocuteur.
– En parlant de Sasori, répliqua-t-il cependant après quelques secondes, j'ai entendu dire qu'il avait toujours été solitaire, toutefois...
– Ouais ?
Le jeune homme releva ses iris émeraude sur son interlocuteur, plongeant dans le bleu azur des prunelles de l’ancien nukenin.
– J'ai l'impression qu'il se renferme beaucoup ces derniers temps. Il travaille toujours sur différentes choses, et il m'aide beaucoup sur de multiples plans, mais dès qu'il a du temps libre, il reste dans son atelier, sans lumière, sans repos, sans compagnie. Là, ça fait trois jours que je ne lui ai pas demandé quelque chose et donc qu’il n’est pas sorti…
Le blond haussa les épaules.
– C'est normal. Il est comme ça, t'inquiète pas pour lui, il sait ce qu'il fait.
– Mais...
– Gaara, je le connais mieux que personne alors fais-moi confiance. Il a sûrement trouvé un nouveau projet ambitieux et comme il est borné en plus d'avoir un caractère de merde, il sera à fond dessus jusqu'à ce qu'il ait terminé.

⁂

Tobirama soupira. Son frère était en retard et cela l'agaçait. Ses doigts pianotèrent avec impatience sur la table, et il leva les yeux vers la porte tandis qu'elle s'ouvrait sur Hashirama. Ce dernier laissa glisser son regard dans le bar jusqu'à s'arrêter sur le shinobi aux cheveux blancs. Un grand sourire étira ses lèvres et il s'avança dans la pièce pour venir s'assoir en face de lui.
– Tobirama ! Tu es là depuis longtemps ?
– Approximativement vingt minutes, soit l'heure de notre rendez-vous, répliqua son jeune frère aussitôt.
L'aîné eut un léger rire forcé tout en se passant une main derrière la tête, gêné par la remarque implicite sur son retard.
– Désolé Tobi, j'étais pas mal occupé en fait, j'avais...
– Tu t'es encore perdu ?
Hashirama baissa la tête lentement.
– Oui, admit-il finalement.
– Dans ton propre village, quelle honte, enchaîna le deuxième du nom en croisant les bras, le regardant d'un œil sévère.
– C'est bon, n'en rajoute pas, soupira son interlocuteur en affaissant ses épaules sous les mots durs de son propre frère. En plus ça a bien changé depuis qu’on est morts. Il a même été détruit et reconstruit, j’ai une bonne excuse.
Tobirama saisit son verre et avala une gorgée de sake.
– Bon, parlons sérieusement, cela fait longtemps que nous n'avons pas pris le temps de discuter. Qu'as-tu l'intention de faire Hashirama ? Tu as sûrement de nouveaux projets maintenant que tu as vérifié que le village était entre de bonnes mains.
Le premier du nom prit un instant pour réfléchir, ses iris figés sur le liquide du verre qui lui faisait face.
– Je songe à voyager, répondit-il enfin en regardant son frère. Konoha sera toujours mon foyer, mais j'aimerais profiter de cette nouvelle vie pour construire des choses, des villages aussi. J'ai passé beaucoup de temps à me battre et à détruire, même si c’était malgré moi, aujourd'hui je veux compenser en façonnant. Et toi ?
– Minato m'a proposé de prendre la tête de la police de Konoha. J'ai accepté l'offre, je pourrais ainsi veiller sur le village.
Hashirama accentua son regard sur son cadet.
– Tu ne comptes pas penser à toi même un peu ? Tu as toujours fait ce que tu estimais être ton devoir, quand prendras-tu enfin du temps pour toi ?
– Je suis heureux ainsi Hashirama, cesse de t'en faire pour moi. Je vais profiter de cette chance pour poursuivre mes objectifs.
Son aîné hocha finalement la tête.

 

Chapitre 12 : Nouvel ennemi

Kushina sangla sa ceinture avant de laisser son regard planer le long de la pièce, vérifiant qu'elle n'avait rien oublié. Elle partait pour une mission complexe et n'avait pas l'intention d'échouer. Selon les informations données par l’Hokage, des mouvements avaient été repérés dans les alentours du village de la part d'un individu suspect. La jeune femme sortit de son appartement avant de quitter rapidement Konoha, parcourant la forêt avec vigilance. Elle s'arrêta un instant lorsqu'elle repéra des traces laissées par l'intrus. Son travail de pistage commençait maintenant. La kunoichi avança ainsi pendant de longues minutes, attentive à effacer sa présence alors qu'elle se rapprochait de sa cible. Kushina arriva face à une caverne sombre, elle plissa les yeux. Le suspect était à l'intérieur, elle en était persuadée. Elle n’était censée faire que de la reconnaissance, et attendre avant d’agir. Avec discrétion, elle se glissa dans l'antre et se cacha derrière un rocher. Au fond de la grotte se trouvait un homme à la peau blanche. Sa silhouette était humaine, mais ses yeux immaculés et les cornes sur son front prouvaient qu'il ne l'était pas complètement. Kushina reconnut les traits caractéristiques des Otsutsuki. Elle devait attendre les renforts pour passer à l’action. Les iris de l'individu se posèrent sur l'entrée de la caverne.
– Je sais que tu es là, montre-toi, affirma-t-il d'une voix résonnante.
La jeune femme aux cheveux écarlates se redressa pour venir faire face à l'inconnu. Elle sortit un kunaï et le plaça en avant.
– Que comptes-tu faire, jeune imprudente ? renchérit l'Otsutsuki.
– Je vais devoir vous arrêter, vous êtes sur le territoire du pays du feu sans autorisation.
L'homme ricana doucement.
– Tu n'as pas idée du nombre des miens présents dans ce monde. Notre prince a de grands projets pour vous, stupides humains.
– Alors je vais te stopper, histoire d'envoyer une réponse claire à ton prince.
Kushina se jeta sur l'inconnu, lançant des shurikens pour attirer son attention le temps qu'elle puisse le frapper de ses poings. Son ennemi esquiva sans difficulté et il para les coups avec fluidité. Un combat de taijutsu débuta alors entre les deux combattants, et la kunoichi se rendit compte rapidement de la différence de force entre eux. Elle ne parviendrait pas à le vaincre, elle le savait. Enchaînant toutefois les assauts avec courage, elle réussit à lui porter néanmoins quelques offensives. Agacé, l'Otsutsuki la balaya violemment et elle heurta la paroi de la grotte avec brutalité, s’effondrant au sol. Alors que son adversaire avançait lentement vers elle, la jeune femme parvint à rédiger un bref message sur un parchemin qu'elle envoya à Konoha via un sceau efficace et discret. Alors que son appel à l'aide se dirigeait vers le village, l'homme la saisit par le cou pour la soulever.
– Je sens que tu vas m'être très utile.

⁂

Sasuke entra dans le bureau du Hokage pour le trouver vide. Il balaya la pièce du regard et aperçut celui qu'il cherchait sur le balcon. Lentement, il s'approcha. Minato était accoudé à la rambarde, une cigarette allumée entre ses doigts.
– Bonsoir Sasuke, souffla le jeune homme sans se retourner.
– Bonsoir Minato, répondit aussitôt l'Uchiha.
– Que puis-je faire pour toi ?
Sasuke vint se placer aux côtés du leader de Konoha.
– De nombreux bruits courent dans les pays voisins. Des choses se passent, et même si Sasori des Sables Rouges nous communique les informations obtenues par son réseau d'espions, je n'aime pas l'idée d'attendre sans savoir. J'aimerais partir du village quelque temps, voyager et rassembler les données. Je te ferai des rapports régulièrement.
Minato ferma un instant les yeux. Il perdait son fils, maintenant son bras droit. Il secoua la tête, il devait agir comme un Kage et cesser de songer à lui même. De plus, Kakashi était là aussi pour le soutenir.
– C'est une idée judicieuse en effet. Mais veux-tu partir seul ou bien emmènes-tu une équipe avec toi ?
– Garde tes ninjas, tu auras besoin d'eux pour d'autres choses. Je peux me débrouiller.
Il recula alors pour rejoindre la porte, mais il se stoppa avant de partir, se retournant vers le quatrième du nom.
– Et n'hésite pas à me contacter si tu as besoin, je te répondrais au plus vite.
Minato hocha la tête et le brun disparut dans les couloirs. Sasuke récupéra chez lui le sac qu'il avait préparé, puis il prit un instant pour aller saluer son frère aîné, lui faisant promettre de veiller sur le village en son absence. L'Uchiha quitta ensuite le village, repartant sur les routes comme il l'avait jadis fait de nombreuses fois.

⁂

Minato était resté sur son balcon après le départ de Sasuke. Sa cigarette était terminée depuis une dizaine de minutes mais il restait là, les yeux figés dans le vide et plongé dans ses pensées. Il sortit son paquet de sa poche et saisit une nouvelle clope pour la poser entre ses lèvres avant de l'allumer. Il tira lentement une taffe avant de souffler la fumée. Son esprit dériva vers Naruto. Il était fier de son fils, plus qu'il n'aurait pu l'imaginer. Il avait hâte que celui-ci ait un peu plus d'expérience et de maturité pour lui céder la place d’Hokage. Il soupira, las. Il aimait le travail qu'il effectuait, après tout, cela était son rêve depuis toujours. Mais l'expérience de la mort et surtout celle de la résurrection avait quelque peu changé sa vision des choses. Konoha avait évolué, et il se sentait décalé dans le temps. Il entendit un bruissement dans son bureau et se retourna subitement. Un parchemin venait d'apparaître sur le meuble. Écrasant sa cigarette dans le cendrier, Minato s'approcha. Il reconnut immédiatement le sceau de Kushina et l'ouvrit pour accéder au message. « L'ennemi est un Otsutsuki, demande de renforts immédiate, il est bien trop puissant pour moi » Le reste des inscriptions étaient des coordonnées. Le cœur du jeune homme accéléra subitement, l'inquiétude gagnant son être. Il connaissait le pouvoir de ces humanoïdes, il connaissait leur dangerosité. Il espérait simplement qu'il ne soit pas trop tard. Minato ouvrit le tiroir de son bureau et sortit un petit pantin, un peu plus grand que sa main, à l'effigie d'un adolescent aux cheveux rouges. Sans plus tarder, il activa le sceau. 

 

Chapitre 13 : Intervention d'urgence

Sasori tourna la page et il continua à écrire. Il était installé à son bureau, une faible lumière éclairant le plan de travail. Son atelier était un lieu sombre et parsemé d'affaires, mais tout était rangé minutieusement. Les étagères se départageaient le matériel chimique et artistique, les bocaux conservant de nombreux éléments divers et les pantins inachevés, entreposés dans un coin précis. Sur la longue table se trouvaient des parchemins contenant inscriptions, calculs et expériences sur un nouveau projet que le marionnettiste avait mis en pause le temps de s'occuper de l'imposant ouvrage qu'il remplissait actuellement. Depuis son retour, il avait longuement repensé à son combat contre Sakura Haruno et Chiyo. La jeune fille avait trouvé un antidote à son poison le plus élaboré, et il avait compris qu'il avait encore de nombreuses failles dans le domaine alors même qu’il était un expert. Le ninja aux cheveux rouges avait alors entrepris de longues recherches sur la chimie et la science en général, il avait développé de nouveaux talents et de nouvelles techniques dont il n'aurait jamais pensé qu'elles puissent exister. Ainsi, il avait pu composé des poisons encore plus efficaces que son ancienne formule, des composants dangereux, divers, et puissants. Sasori avait alors décidé de répertorier ses recherches et ses inventions dans un gigantesque grimoire. Il termina la page consacrée à sa soixante-dix-septième combinaison avant de reposer la plume dans l'encrier. Il leva alors la tête, pressentant l'activation du sceau qu'il avait confié à Minato. Une fraction de secondes après qu'il eut autorisé la téléportation, il était debout, face au Hokage qui le fixait d'un air soucieux.
– Sasori... Kushina est partie sur les traces d'un intrus, mais il s’est révélé qu’il s’agit d’un Otsutsuki, elle a besoin d'aide mais les jônins du village sont absents. Aide-moi à la sauver je t'en supplie.
Le garçon aux cheveux rouges hocha la tête.
– Selon mes indications, Kushina a déposé l'un de mes kunaïs à l'endroit où elle est. Je vais nous y transporter.
Sasori acquiesça et ils disparurent aussitôt que le blond l’eut touché. Les deux hommes se retrouvèrent aux abords d'une caverne. Ils prirent un instant pour contrôler les lieux puis ils entrèrent dans la grotte. Kushina était étendue sur le sol, inconsciente, et le reste de l'endroit était dorénavant désert, l'ennemi avait disparu. Minato se précipita pour vérifier que la jeune femme était toujours en vie tandis que Sasori inspectait les traces du combat. La kunoichi de Konoha ouvrit doucement les yeux et sa main se resserra sur le manche de son kunaï. Le maître marionnettiste fronça les sourcils en examinant le sol, puis il leva les yeux pour observer la combattante. Avec un réflexe surhumain, des fils de chakra sortirent du bout de ses doigts pour s'attacher au corps du Hokage afin de le tirer brutalement en arrière, permettant ainsi au jeune homme d'éviter de peu la lame brillante que Kushina avait brandi contre lui.
– Elle est manipulée Minato, affirma alors le ninja de Suna d'une voix froide sans détacher son regard de la combattante de Konoha. L’Otsutsuki en a fait son pantin afin de tendre un piège aux renforts. Il va falloir la neutraliser.
Il avança légèrement mais Minato leva sa main pour l'arrêter.
– S'il te plaît Sasori, laisse-moi essayer quelque chose avant de faire quoi que ce soit.
Le leader de l'Akatsuki hésita un instant, puis il hocha la tête. Le blond s'avança prudemment vers Kushina, qui le fixait sombrement, sa lame tendue en avant. Il leva lentement sa main en direction de la jeune femme, le regard implorant.
– Allez, je t'en prie, murmura-t-il, reprends-toi... Kushina, pense à Konoha, à tes amis, à Naruto... Notre fils. Tu te souviens, hein ?
L'expression de la femme aux cheveux rouges s'adoucit sous ses paroles, et elle abaissa son kunaï. Minato sourit, et il avança avec précautions vers elle. Kushina ne fit aucun geste dans sa direction, et il reprit la parole pour la rassurer et la ramener à la raison. Il put ainsi lui parler pendant une dizaine de minutes, se déplaçant lentement pour ne pas la brusquer et parvenant par ses mots à stabiliser son état. Sasori était admiratif, le contrôle sur l'esprit était redoutable, réussir à le dominer ainsi était simplement prodigieux. Il n’était pas le père de Naruto pour rien, ce dernier avait du hériter cela de lui. Lorsqu'il fut proche d'elle au point de pouvoir la prendre dans ses bras, la kunoichi posa sa main gauche sur la joue du Hokage, puis, d'un mouvement soudain, elle leva son autre bras et planta son arme dans l'abdomen du jeune homme. Il tomba à genoux, les yeux écarquillés de surprise, murmurant doucement le prénom de son ancienne compagne avant de s’effondrer. Le sang jaillissait rapidement à travers ses vêtements et il perdit conscience dès qu'il fut au sol. Sasori réagit aussitôt, ses doigts lançant avec fluidité une aiguille empoisonnée qui s'enfonça dans le cou de la ninja de Konoha. Il s'agissait d'une formule paralysante puissante qui plongeait sa victime dans un sommeil profond en plus de neutraliser l'usage de son corps. Kushina tomba à son tour et Sasori s'avança pour s'agenouiller près du Hokage. Il ouvrit sa veste pour observer la blessure avant de lui procurer les premiers soins. Il n'avait pas sur lui le matériel nécessaire pour s'occuper d'une plaie aussi béante, et il n’était pas médecin, mais il pouvait déjà stopper l'hémorragie. Plaçant un garrot sommaire, il plaça ensuite l'homme inconscient sur son dos, l'une de ses marionnettes saisissant Kushina pour la porter. Il prit le chemin de Konoha afin de revenir le plus rapidement au village. La nuit était tombée depuis quelques heures et la lune éclairait le sentier d'une douce lumière. Lorsqu'il traversa les grandes portes, Izumo et Kotetsu, de garde, se précipitèrent vers lui.
– Minato est blessé, il lui faut des soins d'urgence, lança le maître marionnettiste d'un ton autoritaire implacable. Kushina va bien, mais elle est manipulée par l'ennemi qu'elle cherchait lors de sa mission, un Otsutsuki, je vais avoir besoin d'une pièce close pour l'y enfermer le temps que je trouve comment lui rendre le contrôle de son esprit.
Les deux shinobis échangèrent un regard perplexe avant d'acquiescer.
– Entendu.
Aussitôt, une équipe médicale fut appelée pour prendre en charge l’Hokage. Les ninjas en charge des portes se firent relayer à l'entrée du village pour guider Sasori et Kushina dans un bâtiment surveillé et clos. Une fois enfermés dans une cellule, le chimiste installa la victime de l'Otsutsuki sur une table où il l'attacha avec des sangles. Il sortit ensuite son matériel et appliqua l’antidote de son poison à la jeune femme afin de pouvoir étudier le contrôle effectué sur son esprit et ainsi trouver comment le débloquer.

⁂

Minato prit une grande inspiration avant de frapper à la porte. Il s'était réveillé quelques heures auparavant à l'hôpital, le torse complètement bandé et sans comprendre ce qu'il s'était passé. Les infirmières lui avaient alors résumé la situation, depuis son inconscience jusqu'à son réveil. Il avait appris que Kushina était revenue à elle, et qu'elle était également dans l'établissement pour se reposer. Personne ne put toutefois informer l'Hokage du lieu où se trouvait Sasori, bien qu'il soit encore à Konoha afin de surveiller l'évolution des choses. Le jeune homme avait alors demandé à voir la kunoichi, et il était allé toquer à sa chambre. Il entra alors dans la pièce et la jeune femme baissa la tête en le reconnaissant.
– Je suis désolée.
– Ce n'est pas grave, ce n'était pas toi. Comment vas-tu ?
– J'ai encore mal à la tête, mais Sasori a dit que c'était normal.
Minato s'approcha pour s'asseoir sur la chaise près du lit.
– C'est lui qui t'a rendu le contrôle de toi même ?
Elle hocha la tête.
– Je ne sais pas comment il a fait, mais il a réussi à le faire sortir de mon esprit.
– Il est doué en manipulation, cela ne m'étonne pas. Kushina ?
– Oui ?
– Je suis content que tu n'aies rien, j'ai eu peur quand j'ai reçu ton message.
La jeune femme sourit.
– Moi aussi j'ai eu peur pour être honnête.

 

Chapitre 14 : Akatsuki

Sasori était accoudé à la rambarde, les yeux rivés sur le panorama de Konoha et le vent faisant doucement balancer ses mèches écarlates. Il était monté sur le plateau surélevé qui menait au parc et profitait du silence des lieux. Un mouvement léger dans son dos attira son attention et il se retourna pour apercevoir Pain avancer vers lui, plus précisément Chikushôdô. Ce corps était le seul des six Pain à posséder une apparence féminine, et la jeune fille, derrière ses rinnegans, donnait une impression de douceur qui contrastait avec sa puissance réelle.
– Est-il arrivé quelque chose à Tendô ? demanda-t-il simplement.
L'adolescente secoua la tête.
– Tout va bien. Toutefois j'ai à te parler Sasori.
Elle sourit.
- Mais avant, toutes mes félicitations pour ton héroïque sauvetage.
Il leva les yeux au ciel avant de pivoter pour se replacer face au paysage. Chikushôdô vint se mettre à ses côtés.
– Tendô et les autres sont partis de Konoha, expliqua-t-elle alors. Nous nous sommes aperçus que bien que nous ne soyons qu’une seule personne dans six corps, nous avons commencé à développer une certaine indépendance propre à chacun de nous depuis notre résurrection. Nous sommes toujours liés entre nous nos émotions, nous partageons nos visions, nos ressentis, mais nous existons aussi de façon individuelle, c’est assez étrange. Les autres Pain se sont séparés, et sont partis, le temps de comprendre ce qu’il se passe, et aussi pour surveiller le monde ninja pour l’organisation.
– Je vois. Et toi ?
L'adolescente sourit une nouvelle fois, elle semblait pétillante d'énergie et de bonne humeur, ce qui démontrait ses propos puisque Pain avait toujours été assez taciturne.
– J'ai voulu rester. J'aime ce village, et puis, j'ai pensé à toi aussi. Je suis là pour l'Akatsuki, si jamais tu as une mission pour nous, je m’en charge. Je sais que je n’ai qu’une partie des pouvoirs de Pain, mais je suis capable de beaucoup de choses.
Le regard de Sasori se posa sur la jeune fille, et elle fut surprise de voir ses iris, habituellement si froids, s'adoucir légèrement.
– Je te remercie.
– Avec plaisir.

⁂

Hinata se réveilla en souriant. Le soleil éclairait doucement sa chambre et apportait dans la pièce une chaleur agréable. La jeune femme se leva pour se diriger dans la salle de bain où elle se glissa sous la douche. Savourant la sensation de l'eau longeant sa peau, elle se perdit dans ses pensées. Son esprit divagua progressivement vers Minato. Ils se voyaient régulièrement depuis qu'elle était venue dans son bureau pour lui demander des nouvelles de Naruto, et elle appréciait de plus en plus la présence du jeune homme au sourire éclatant. Le blond semblait très attentionné à son égard, et se souciait sincèrement de son état moral. Il l’encourageait à être patiente quant au retour du garçon qu’elle aimait. Non pas qu’elle sentait ses sentiments partir, mais cela la rendait triste de le savoir si loin. La princesse Hyûga sortit et s'enroula dans une serviette avant de ses sécher. Elle s'habilla tranquillement avant de sortir de la demeure de sa famille pour rejoindre le dojo. Depuis quelques mois, son père l'entraînait personnellement afin qu'elle prenne la suite comme cheffe du clan. Hanabi avait en effet avoué qu'elle n'était pas intéressée par la charge, préférant être sur le terrain, et l'aînée, après une longue discussion avec son géniteur, s'était portée garante de la succession. Les deux Hyûga s'exercèrent pendant de longues heures, au combat comme à la partie administrative et formelle, puis, l'homme étant plus que satisfait des progrès de son héritière, il la libéra afin qu'elle puisse profiter de son après-midi. Hinata décida de rejoindre Kiba et Shino, qui étaient assis posément près de la rivière.
– Cela fait longtemps que je ne t'ai pas vu Shino, souffla la jeune femme en s'installant près des deux garçons. Comment vas-tu ?
– Je vais bien, merci Hinata. Et t...
– Tu connais pas la nouvelle Hinata ?! lâcha alors Kiba avec un grand sourire, coupant son ami. Shino va bientôt commencer sa formation pour devenir professeur à l'académie ninja !
Le shinobi aux lunettes de soleil jeta un regard noir à son acolyte, que ce dernier ignora royalement.
– J'aurais aimé l'annoncer moi même, reprit le futur enseignant.
Hinata lui offrit un sourire sublime.
– Je suis très contente pour toi ! affirma-t-elle.
Les trois coéquipiers savaient que cette nouvelle signifiait que leur trio serait bientôt dissous, mais ils n'étaient pas attristés, ils avaient profité de leurs années passées ensemble à partir en missions et n'avaient pas de regrets. De plus, leur amitié était forte, et elle perdurerait malgré les chemins qu'ils allaient prendre.

⁂

Choji et Ino attendaient debout l’arrivée de leur équipier, ils voulaient lui parler, ils étaient inquiets. Shikamaru était distant depuis quelques semaines, ils le trouvaient étrange, plus renfermé. Le jeune homme arriva d’une démarche nonchalante, les mains dans les poches.
- Salut, lança-t-il avec flegme, vous vouliez parler de quoi ? Ça avait l’air urgent.
- De toi, répondit Choji.
Le manipulateur des ombres haussa les sourcils.
- De moi ?
- On te trouve différent depuis un moment, expliqua Ino. Tu sembles t’isoler, tu mets de la distance avec tout le monde, on voudrait savoir si on peut t’aider, si tu as envie de nous en parler.
Le brun croisa les bras, regardant ses amis. 
- Il y a bien quelque chose qui me perturbe, mais dès que j’en parle, on ne me prend pas particulièrement au sérieux. Tout le monde semble trouver la situation normale.
Les deux autres restèrent silencieux, l’encourageant à poursuivre, mais Shikamaru resta silencieux, regardant au loin. Choji tenta de le relancer.
- Tu en as déjà parlé à Asuma Sensei ? Vous avez toujours été proches, il pourrait t’aiguiller. Et puis, on pensait que son retour t’aurait fait du bien.
Il y eut un blanc, puis le stratège du village soupira.
- Justement, ça fait partie de ce qui me dérange. Il n’aurait pas du revenir. Je ne peux pas lui en parler, parce que je me méfie de ces résurrections. On a aucune info sur ce qui provoque le phénomène, il pourrait très bien s’agir d’un plan pour détruire notre monde. Ne me pensez pas sans cœur, c’est bien parce que mes sentiments sont mis à mal par ces retours à la vie que je trouve la situation si dangereuse, on est tous là, super heureux de revoir les morts, et si ça se trouve ce bonheur va nous être brutalement retiré. Je n’aime pas ça.
Ino et Choji échangèrent un regard.
- Quand Pain, après son attaque, a ramené tout le monde, tu n’étais pourtant pas si méfiant ?
- Normal, on savait qui avait provoqué les résurrections, on savait comment puisqu’il avait usé du pouvoir du rinnegan, et on savait pourquoi, c’était complètement différent. Là, on a rien. Et comme Tsunade a refilé son rôle à un des revenants, je ne peux pas en parler au Hokage par sécurité.
Observant leur ami fixer l’horizon, les deux ninjas comprirent qu’il se sentait seul, eux aussi avaient accepté les retours à la vie sans se poser de question. Cependant, ils n’abandonneraient pas leur partenaire, même s’ils ne parvenaient pas à le comprendre.

⁂

Minato soupira. Il était las de tout ce qu'il faisait et ressentait de plus en plus le besoin de faire de nouvelles choses. Une idée lui traversa l'esprit et il se mordit la lèvre. Pouvait-il faire cela ? Cela risquait de lui attirer de sérieux problèmes avec les conseillers du village, probablement auprès des Kages aussi. Mais il n'en pouvait plus de sa routine, il voulait du changement. Décidé, il se téléporta à l'un de ses kunaïs, celui qu'il avait confié à l'homme qu'il voulait maintenant voir. Lorsqu'il réapparut, il était dans une pièce sombre. Devant lui, assis nonchalamment dans un siège, tenant un parchemin dans sa main et les iris glacés figés sur lui, Sasori. Le blond inclina doucement la tête pour le saluer.
– J'ai un service à te demander, commença-t-il, beaucoup moins sûr de lui maintenant qu'il faisait face au maître marionnettiste.
– Je t'écoute, répondit ce dernier en posant son rouleau sur le bureau.
– Je souhaiterais rejoindre l'Akatsuki.
Le leader de l'organisation, s'il fut surpris, ne montra aucun signe d'étonnement sur son visage neutre. Minato entreprit alors de lui exposer les raisons de sa demande, les yeux rivés sur le sol. Quand il se tut, un long silence emplit l'atelier de l'artiste.
– Tu as conscience du pouvoir que tu m'accordes si tu te places sous mes ordres ? demanda alors ce dernier.
– Je le sais.
Il leva les yeux pour enfin confronter le regard intense du ninja de Suna.
– Je te l'ai déjà dit, j'ai confiance en toi.
Sasori ne répondit pas, puis il se leva et se dirigea vers une armoire de laquelle il tira un long manteau noir aux motifs de nuages rouges ainsi qu'un coffre scellé. Il offrit le vêtement au Hokage et activa le sceau pour ouvrir la boîte. Avec précaution il en sortit une chevalière argentée avec une pierre dorée ornée d'un kanji noir. Le garçon aux cheveux rouges tendit le bijou à Minato, qui le glissa à son index droit.
– Voici la bague du crépuscule, prononça lentement le maître marionnettiste. Elle est désormais tienne, et toi tu es maintenant des nôtres. Bienvenue dans l'Akatsuki.
Le shinobi de Konoha enfila le manteau avant de s'agenouiller devant l'artiste, la tête légèrement baissée, jurant ainsi sa loyauté.
– Je te remercie, tu peux compter sur moi. 

Chapitre 15 : Humains

Hashirama était allongé sur le toit d'un bâtiment de Konoha, admirant le soleil descendre lentement dans l'horizon. Il s'était placé près des remparts du village pour profiter des sons apaisants de la forêt. Alors qu'il se sentait doucement glisser vers une paix complète de ses émotions, il se releva brusquement, fronçant les sourcils. Il venait de ressentir un chakra non loin de là, une énergie bien trop familière, et fort inquiétante. D'un bond agile et puissant, il se dirigea hors de l'enceinte du village, parcourant la forêt en direction de ce qu'il détectait. Le sang battait dans ses oreilles tandis que de multiples questions s'imposaient à toute vitesse dans son esprit. Il s'arrêta dans une clairière, face à un homme qui évapora ses derniers doutes quant à l'identité derrière la source de chakra ressentie. Les cheveux noirs, longs et hérissés, se balançant doucement aux vent, l'armure rouge faisant ressortir ses iris écarlates, l'expression sévère et le regard intense.
– Madara.
– Bonsoir Hashirama.
– Ainsi donc, toi aussi tu es revenu du monde des morts.
L'Uchiha esquissa un sourire moqueur.
– Non je viens juste me promener. Crétin.
Hashirama fit la moue.
– Tu ne changes pas dans la mort Madara, toujours aussi cassant.
Son visage redevint alors sérieux et il vrilla ses yeux dans les sharingans de son ami d'enfance.
– Quelles sont tes intentions ? Tu comprends bien que si tu t'opposes de nouveau à l'alliance ninja, nous devrons t'arrêter.
Madara secoua la tête.
– Je ne ferai rien, rassure-toi. J'ai bien compris ma défaite lors de la dernière guerre, il n'est pas question que je gaspille cette nouvelle vie.
Le premier Hokage prit le temps d'observer le visage de son rival, essayant d'y voir une quelconque assurance de ses propos. Il ne parvint pas à trouver la folie qui seyait l'expression de l'Uchiha la dernière fois qu'ils s'étaient affrontés. Un sourire vint lentement fleurir ses lèvres.
– Bienvenue chez nous dans ce cas, mon ami.

⁂

Sasori ouvrit les yeux avec difficulté. Son atelier était dans un état catastrophique, les étagères étaient fracassées, le plan de travail s'était affaissé par terre et le sol était jonché de flacons brisés comme de matériaux divers. Une bombe n'aurait pas fait de pires ravages. Le maître marionnettiste, allongé au centre de la pièce ravagée, se redressa légèrement avant de se figer, une sensation désagréable parcourant son corps pour la première depuis très longtemps. Il grimaça sous la douleur, essayant de se rappeler de ce qu'il s'était passé avant qu'il ne sombre dans l'inconscience. Il se souvint qu'il travaillait sur un nouveau corps, plus puissant et bien plus durable que sa forme de pantin en bois. Le garçon aux cheveux rouges s'était en effet rendu compte que si le bois restait figé dans le temps, la matière n'était pas plus pérenne qu'une autre. Il avait alors entrepris des recherches avancées, jouant entre les domaines de l'anatomie et de la chimie, pour parvenir à une enveloppe charnelle de meilleure qualité, constituée à partir de son propre ADN. Il avait préservé son immortalité, son apparence originelle, remodelée avec de nouvelles cellules. Toutefois satisfait de son apparence de marionnette, il ne voulait pas détruire cette dernière, et avait donc développé ses sceaux afin de la préserver. C'était en pleine nuit qu'il avait achevé la fabrication de son prochain corps, après des jours à repousser les limites de la science et de la morale, il s'était alors enfermé dans son atelier, et il avait effectué tous les tests pour vérifier que son corps serait à la hauteur des résultats prévus par sa théorie. Il avait lié sa nouvelle enveloppe charnelle à un sceau puissant dans lequel reposait sa forme de pantin. Mais cette expérience, aussi créative que dangereuse avait entraîné sur le jeune homme une réaction qu'il n'avait pas prévue. Dès que le transfert de sa conscience avait été terminé, intégrant ce nouveau corps biologique, il avait senti son chakra bouillonner en lui, et il n'avait pu contrôler le flot d'énergie. La dernière chose dont il se souvenait était l'explosion qui était sortie de lui pour frapper la pièce avec violence. Une lumière violette aveuglante, puis l’obscurité totale. Il s'était senti partir, ses jambes l'abandonnant en même temps que son esprit.
Sasori se leva avec des gestes lents et hésitants, éloignés de son assurance habituelle. Laissant son atelier dans un état désastreux, il sortit, veillant à ce que les couloirs soient vides, et il se dirigea vers le petit appartement qu'il occupait dans le bâtiment principal depuis son retour. Il s'arrêta dans la salle de bain et prit le temps d'observer son reflet dans le miroir. Son nouveau corps lui donnait maintenant une vingtaine d’années plutôt que quinze, et il dévoilait une musculature fine et bien dessinée, sur les bras comme le long du torse. Sous son pantalon, ses jambes avaient bénéficié du même changement athlétique. Malgré tout, il semblait toujours être ce jeune homme presque chétif, ayant conservé la même taille qu'auparavant. Cela ne l'importuna pas. Ses iris ambrés glissèrent le long de son corps de nouveau humanisé, longeant les veines violettes qui contenaient son poison le plus mortel, jusqu'à se poser sur sa hanche gauche, où un imposant tatouage noir en forme de scorpion venait grandir jusqu'à ses côtes. Le sceau. La marque qui contenait son œuvre la plus personnelle. Le maître marionnettiste leva doucement sa main, effectuant un mudra simple pour activer le jutsu de l'encre scindée à sa peau. Aussitôt, il redevint pantin, admirant sa forme de bois et de chair dans le miroir pendant de longues secondes, puis il refit son geste, et l'apparence de marionnette laissa place à l’humain, enfin presque, qu'il était à présent. Il sentit son chakra monter en lui, et un mince halo violet foncé entoura son corps. Visiblement, tout en lui ne s’était pas encore habitué à ce transfert. Afin de vérifier que son nouvel organisme s'était mis en place correctement, et qu’il ne s’agissait de rien de grave, le ninja de Suna sortit une seringue d'une armoire emplie de matériel chimique et il préleva une petite dose du poison qui coulait dans ses veines pour faire des analyses. Il enfila ensuite son long manteau noir aux nuages rouges sans prendre la peine d'enfiler un t-shirt, les pensées tournées vers le composant toxique qui lui servait de sang et l’intégration de son ADN modifié par cette nouvelle enveloppe aux propriétés majoritairement humaines. Il se demandait quelles divergences il pourrait constater dans le futur. Quittant sa réflexion, Sasori retourna dans son atelier avec l'intention de le ranger avant que le soleil ne se lève, mais lorsqu'il fut à la porte de la pièce, il s’aperçut qu’il ne l’avait pas refermée, il reconnut Deidara au centre de la salle sombre, le regard interloqué fixant l'état de cette dernière. En entendant son acolyte, le blond se tourna vers lui et leva immédiatement les mains en signe d'innocence.
– Je te jure que c'est pas moi qui ait explosé ton atelier ! affirma-t-il avant que le shinobi du désert ne puisse dire quoi que ce soit.
– Je sais.
Il ferma la porte derrière lui et rejoignit Deidara, levant les yeux pour confronter le regard de son partenaire, plus grand que lui.
– C'est moi qui ai fait cela.
L'autre ouvrit la bouche, un sourire amusé sur les lèvres.
– Avant que tu ne dises quoi que ce soit, le coupa Sasori d'une voix aussi glaciale que ses iris, sache que si tu t'avises de faire la moindre blague, tu finis empaillé dans un coin de la pièce.
Un éclat de provocation parcourut les prunelles océans du garçon, mais il ferma finalement la bouche, capitulant.
– Et pour quelle raison as-tu décidé de refaire la décoration intérieure ?
Sasori roula des yeux.
– Je me suis créé un nouveau corps, plus puissant et plus éternel que l'ancien, mais je n'avais pas prévu que mon chakra réagisse aussi violemment lors du transfert de ma conscience. Cela a généré une explosion dans la pièce.
– Un nouveau corps ? Tu n'es plus un pantin alors ?
– Non, répondit-il en passant derrière Deidara pour ramasser des outils, je suis désormais fait de chair, d’os, de muscles et d'une multitude de composants divers. Le chakra circule bien mieux en moi et je vais pouvoir contrôler plus de marionnettes qu'avec mon ancienne forme. Mais je ne suis pas un homme, le temps n'aura toujours pas d'emprise sur moi, et j'ai bien plus de force et de résistance que les être humains. Mes capacités physiques et mentales sont décuplées.
L'expression du nukenin d'Iwa s'éclaira alors et un grand sourire traversa son visage.
– Et en t’améliorant, t’as pas voulu changé ta taille, ton exceptionnel mètre soixante ? glissa-t-il avec malice.
Il grimaça de douleur lorsque la main de Sasori claqua derrière sa tête, mais il ne put s'empêcher de rigoler. Le blond se retourna pour affronter le regard noir que lui lançait l’homme aux cheveux rouges, et il lui offrit un sourire insolent.
– Oh allez, tu sais très bien que tu t’ennuierais sans moi, susurra-t-il avec provocation.
– Ben voyons.
Ignorant le rire moqueur de son acolyte, Sasori continua de ranger ses affaires, grommelant contre l’immaturité de son équipier et se demandant pourquoi il faisait preuve de tant de patience à son égard. Jamais il n'aurait admis qu'il voyait Deidara comme son ami, le seul qu'il ait eu depuis Komushi. Encore fragilisé par l’explosion, il trébucha quand il se tourna face à lui, et par réflexe, le nukenin d’Iwa se précipita pour le rattraper, posant sa main sur le torse du marionnettiste pour l’empêcher de basculer en avant. Il écarquilla légèrement les yeux en sentant la peau nue sous sa paume, la chaleur de son corps, les battements de son cœur qu’il pouvait percevoir par ce simple contact. Il plongea dans les yeux dorés de son partenaire.
- Tu es humain…
- Pas exactement.
Sasori ferma les yeux, invoquant son chakra à l’extérieur de son corps, et Deidara aperçut la lumière violette qui jaillissait de lui. Il n’avait vu une telle énergie vitale, elle semblait unique, à la fois similaire à son propre pouvoir et en même temps complètement différente. Le blond était bouche bée, et il cessa de regarder sa main, qu’il décolla de la poitrine de son interlocuteur, pour lever la tête pour croiser son regard.
- Putain, t’as tellement mérité ta réputation de savant fou…

 

Chapitre 16 : Le village abandonné

Gaara était assis dans un fauteuil, tourné vers la large fenêtre. Il était revenu de son bureau assez tard et profitait du silence pour se reposer quelques temps. La nuit était bien avancée et il fixait son village endormi en se posant de multiples questions. Le jeune homme se demandait s'il avait fait les bons choix dans sa vie. Il s'était toujours battu, d'abord pour lui-même, puis pour les autres. Naruto, son ami, lui avait ouvert les yeux sur beaucoup de sujets. Mais il se sentait las. Le Kazekage avait à peine vingt ans, il était à la tête de son village depuis plusieurs années, avait été commandant de l'alliance ninja, pourtant il avait l'impression de ne pas avoir réellement vécu. Il n'avait jamais eu d'enfance, et son adolescence ne s'était pas mieux déroulée. Il avait du devenir adulte bien trop vite, et il regrettait de ne pas avoir pu profiter de son existence comme les autres. La porte de ses appartements s'ouvrit, le tirant de ses réflexions. Temari entra lentement et vint s'assoir dans le canapé près de son frère.
– Gaara ? appela-t-elle doucement en remarquant l'absence du garçon aux cheveux rouges.
Il ne répondit pas mais quitta sa contemplation des yeux pour la regarder.
– Tu sembles distrait... Tout va bien ?
Les iris de la jeune femme laissaient entrevoir de l'inquiétude. Le dirigeant de Suna ouvrit la bouche pour répondre, mais il la referma, ne trouvant pas ses mots.
– Je me pose des questions... souffla-t-il enfin, comme s'il faisait une confidence.
– Quelles questions ? l'encouragea sa sœur d'une voix douce.
– Je suis fatigué de tout cela. Je ne sais pas si c'est ce que je veux sur le long terme... J'ai besoin de voir de nouvelles choses je crois... En fait... Je ne sais pas...
– Gaara... Je sais que c'est une charge difficile, mais Suna a besoin de toi, de ta force, de ta bienveillance. Kankuro et moi, nous serons là pour t'épauler, tu le sais bien. 
Le garçon aux cheveux rouges hocha la tête, toutefois peu convaincu. Il se sentait vide de quelque chose, mais il ne savait pas comment l'expliquer à Temari. La kunoichi posa une main réconfortante sur son bras.
– Repose-toi Gaara, tu iras mieux demain.
Elle se leva ensuite et quitta la pièce avec un dernier regard pour son frère. Celui-ci reporta ses yeux sur la fenêtre. Il se demanda alors s'il était vraiment indispensable dans ce lieu.

⁂

Tobirama attendait devant le bureau du Hokage, les bras croisés et le regard droit, pendant que celui-ci feuilletait un ensemble de rapports.
– Tu as fait de l'excellent travail, le félicita Minato en reposant enfin les dossiers. J'ai bien fait de te confier la police, ton expérience est vraiment bénéfique pour ce village.
Le deuxième du nom le remercia d'un hochement de tête. Une personne frappa alors à la porte avant d'entrer dans la pièce.
– Je peux faire quelque chose pour toi, Hashirama ? demanda le blond en souriant face au nouveau venu.
– Je viens te parler de Madara.
Les iris de Minato brillèrent d'inquiétude et il se leva aussitôt.
– Il a fait quelque chose ?
– Non non ! répondit l'aîné des Senju en agitant soudainement ses mains devant lui.
L'Hokage soupira.
– En fait, Madara aimerait partir, voyager, et rebâtir un village pour ne pas rester sur le premier échec lorsqu'il a délaissé Konoha. J'aimerais l'accompagner, moi aussi j'ai envie de construire dans cette nouvelle vie, et puis je pourrais le surveiller ainsi.
Le jeune dirigeant acquiesça.
– Oui c'est une très bonne idée, vous avez tout mon soutien pour ce projet.
– Mmmh, ne le quitte pas des yeux Hashirama, compléta Tobirama.
Son frère sourit à cette réaction puis il quitta le bureau. Minato tourna son regard vers le chef de la police.
– Toujours cette défiance ?
– Évidemment, répliqua le cadet Senju, n'oublions pas qui est Madara Uchiha.

⁂

Le jeune homme sortit dans la rue, fermant la porte derrière lui. Il se passa une main dans les cheveux, ébouriffant simplement les mèches rouges et sauvages avant de réajuster correctement sa veste, il était encore tôt, et les rues de Suna s’allumaient de lumière tout doucement, complètement désertes à cette heure matinale. Sasori n’avait pourtant pas eu envie de rester au lit, et il marcha en direction du bâtiment central. Dans le couloir, il croisa Kankuro qui s’approcha de lui.
- Bonjour Sasori, Gaara voudrait te voir dès que possible.
- Entendu.
- Je suis un peu inquiet pour lui, continua le brun, mon petit frère semble un peu ailleurs et démotivé dernièrement, et pour être honnête, je suis assez content que tu sois là, tu es vraiment devenu un pilier pour le village, tu as de l’expérience, je dirais même une certaine sagesse, et je sais que tes mots ont beaucoup d’importance à ses yeux, alors je te remercie pour tout ce que tu fais.
Le marionnettiste plongea dans le regard de son cadet.
- Je ne fais pas grand chose. 
- Tu es trop modeste, j’avais aussi une autre question pour toi. Quand tu es revenu, ton corps et tes rouleaux, que j’avais récupérés, ont disparu de mes affaires pour revenir vers toi. Mais je me demandais, tes trois créations, que j’utilise depuis que je suis genin, Karasu, Kuroari et Sanshôuo, je les ai toujours, tu veux peut-être les reprendre ?
Le jeune homme aux cheveux rouges pencha légèrement la tête, avant de repartir dans le couloir.
- Non, ils sont à toi.
Il poursuivit sa route jusqu’au bureau du Kazekage, et il frappa à la porte. La voix de Gaara lui parvint et il entra. Le jeune homme était à la fenêtre, pensif. Sasori le rejoignit en silence. L’ancien hôte le regarda.
- Tu es redevenu humain.
Contrairement à Kankuro, qui venait régulièrement le voir, cela faisait quelques jours qu’il n’avait pas été en présence du chef de Suna.
- Pas exactement, mais je m’en rapproche.
- Pourquoi ?
- Le câble empoisonné que j’avais dans l’abdomen n’était pas pratique. Maintenant que je vis à Suna, cela aurait pu causer des problèmes. Je ne veux pas être responsable d’incidents.
Ce n’était pas faux, il taisait ainsi toutes les raisons personnelles de ce choix. Gaara acquiesça simplement.
- Je voulais te voir pour faire le point, reprit le jeune Kage. Je réfléchissais à pas mal de choses concernant la sécurité du village en fait. Lors de la disparition du troisième du nom, les ninjas avaient été déployés partout pour les recherches, ce qui a entraîné une baisse d’effectifs aux frontières, et cela a mené à la Troisième Grande Guerre Ninja. C’est pourquoi, lorsque j’ai moi-même été enlevé par l’Akatsuki, le village a refusé d’envoyer des équipes à ma recherche pour éviter que cela ne se reproduise. Si Suna n’avait pas eu d’alliance avec Konoha, l’issue aurait été bien différente. Cependant, maintenant que la section des marionnettistes est relancée, grâce à tes efforts et à la bonne gestion de Kankuro, nous avons pu décupler nos capacités de surveillance et de patrouilles. 
- Ce n’est pas assez, intervint Sasori. 
Le plus jeune se tourna vers lui, un air amusé sur le visage.
- Je savais que tu dirais cela, je t’écoute. 
- Les armements sont trop inefficaces, il faut renforcer le matériel utilisé par les ninjas, surtout pour les attaques à distance depuis la falaise ou les toits. Je pense aussi qu’il faut revoir les méthodes d’entraînement des troupes, y compris des forces spéciales, qui n’agissent que dans l’ombre et sur certaines missions spécifiques, c’est dommage de limiter ainsi leurs fonctions. Tout le monde doit participer. Le fait que personne n’ait été capable d’empêcher Deidara de t’enlever est grave. Ce jour là, j’ai observé, il n’y avait aucune cohésion, aucune action menée. Tout le monde t’a laissé te battre seul en te regardant. Il faut que le village puisse compter sur son Kage, mais pas uniquement sur lui. Il y a des héros aujourd’hui, des personnes fortes et admirables, tu en fais partie. Mais tu ne peux pas être partout, tout le temps, et si tu ne délègues pas davantage, ça va te bouffer de l’intérieur. Ce qui est déjà un peu le cas, n’est-ce pas ?
Gaara l’observa un instant. Cet homme était vraiment perspicace, et intelligent. Il était content de l’avoir rencontré en dehors de son passé de criminel. Le jeune homme appréciait sa présence, ses conseils, son abnégation au travail, son efficacité. Il comprenait comment il était devenu une légende. Il avait du mal à le cerner, mais lui-même était aussi assez secret alors il ne pouvait le lui reprocher. 
- Tu as d’autres suggestions ?
Il n’avait pas répondu, mais c’était inutile, et ils le savaient tous les deux.
- Oui, je pensais aussi à un moyen de ralentir et affaiblir les éventuels ennemis qui approcheraient de Suna. Je ne sais pas si tu avais lu les rapports sur la mission de sauvetage de Konoha quand tu as été enlevé ?
Gaara acquiesça.
- Nous pourrions replacer le même modèle de sceau piège que celui qui protégeait le repaire où nous étions. Celui qui a piégé Gaï Maito et son équipe. Les intrus qui ne disposeraient pas du code pour passer par les frontières du pays de vent devraient affronter un clone d’eux-mêmes. S’ils parviennent à les vaincre, le combat les aura tout de même affaiblis, en plus de nous laisser le temps d’envoyer des équipes sur les lieux pour les appréhender.
- C’est une excellente idée, je vais l’ajouter à mes notes pour le prochain conseil de Suna, et si l’idée est acceptée, ce dont je ne doute pas, je reviendrais vers toi pour que tu puisses nous détailler le fonctionnement de ces sceaux et aider nos équipes à les installer sur toutes les zones nécessaires.
Le marionnettiste acquiesça avant de reprendre.
- Je pense qu’il faudrait aussi avoir une protection supplémentaire autour du village, capable de détecter toute intrusion ennemie. Un dôme de chakra, comme celui qui est installé à Konoha.
Le Kazekage réfléchit un instant.
- Le dôme leur est vital car le village peut être facilement accessible malgré la montagne et la forêt dense, surtout que cette dernière peut aussi servir aux ennemis pour se dissimuler et attaquer. Mais ici, nous avons des falaises tout autour du village, et si des ennemis arrivaient autrement que par le chemin, ils seraient à découvert, pourquoi aurions-nous besoin de cela ?
- Je reconnais que la falaise est un rempart efficace, mais il n’est pas infaillible, particulièrement pour les intrusions venues du ciel. Deidara avait survolé le village sans problème, et tu as été le seul à le détecter avant le début de votre combat. Nous gagnerions du temps pour intervenir si dès l’entrée d’un ennemi, l’alarme s’activait. 
- Oui, c’est vrai. Entendu, nous allons mettre cela en place. Tu es vraiment méfiant, mais aussi très prévoyant. Je pense sincèrement que depuis ton retour au village, ta vigilance et ta prudence ont rendu Suna imprenable. Personne ne risque plus rien.
- Je ne suis pas d’accord, il ne faut que que tu me confies la sécurité ainsi.
- On en a déjà parlé Sasori, je te fais confiance désormais, tu n’es…
- Non, il ne s’agit pas de cela, je veux dire qu’il n’est pas prudent de tout mettre sur une seule personne. Même si visiblement, la mort n’est plus aussi définitive, cela reste un risque, personne n’est irremplaçable, nous devons travailler à rendre le village indépendant au maximum. 
Gaara resta silencieux. L’ancien nukenin avait décidément beaucoup changé.
- D’autres choses ? demanda-t-il au manipulateur.
- Je me demandais ce qu’il en était de l’école et de l’éducation ? Quelles réformes as-tu apportées ?
Le jeune Kage, pourtant impassible, eut du mal à cacher sa surprise. 
- Depuis quand tu t’intéresses à ce sujet ?
Sasori soupira, et il détourna le regard vers la fenêtre. 
- Lors de la dernière guerre, quand j’ai affronté ton frère, il m’a permis de réaliser que mon objectif, celui de rendre mon art immortel, ne pouvait passer que par la transmission, l’héritage, car en tant qu’individu, on a une limite. L’éternité ne dure qu’un temps. Alors, si je veux atteindre mon but, je dois penser aux nouvelles générations. 
Gaara eut un léger sourire. Quel changement spectaculaire décidément. Il hocha la tête. Ses analyses étaient justes, ses suggestions excellentes, lui qui ne cessait de douter de ses choix dernièrement trouvait dans le marionnettiste un pilier des plus solides. Il semblait toujours savoir quoi faire, comment agir. Son efficacité était impressionnante. Il était parfait pour la suite. 
- Tu sais, je ne te savais pas si loyal. Je pensais que tu détestais ce village…
- Je l’ai longtemps détesté, mais j’ai fini par comprendre que ce n’était plus le village que j’ai connu. Suna a changé. Tu es un Kage qui mérites la loyauté. 
Le dirigeant pencha légèrement la tête, intrigué. Sasori ne parlait jamais de son passé, même sommairement.
- Ce n’était pas le cas du Kazekage que tu as servi avant de déserter ? Le troisième ?
Le marionnettiste le regarda alors, l’air impassible, bien que l’autre eût cru, durant un bref instant, apercevoir un tressaillement dans son expression glaciale. Et pendant une longue minute, l’ancien nukenin garda le silence, au point que son interlocuteur crut qu’il ne répondrait jamais à la question.
- Non.

 

Chapitre 17 : Le village abandonné

La jeune femme passa les portes du village d'un pas hésitant. Elle était heureuse de revenir, mais cela lui semblait si irréel que ses pas manquaient d'assurance. Elle déclina son identité auprès des ninjas chargés des entrées et sorties de Konoha, puis elle se dirigea dans les rues, essayant d'associer ses souvenirs aux changements que le temps avait causé à la structure de la cité. Tout avait changé, comme si le village avait été détruit, puis reconstruit. Elle ne pouvait pas savoir que c’était réellement ce qu’il s’était passé. Après s'être perdue dans les ruelles, elle demanda aux passants où elle pouvait trouver le quartier Uchiha, et elle apprit qu'il n'y avait plus de réelles séparations entre les clans depuis la reconstruction, excepté pour la noblesse Hyûga, mais un homme lui proposa de la conduire jusqu'au domicile d'un shinobi de sa famille résidant à Konoha depuis quelques temps. Il la laissa devant la porte, et la jeune femme frappa doucement, curieuse de savoir qui vivait dans l'édifice. Ses yeux se remplirent de larmes lorsqu'elle reconnut le garçon, et celui-ci fut surpris quand elle se précipita en avant pour le serrer dans ses bras.
– Maman...
Le jeune shinobi ne savait pas comment lui parler. La dernière fois qu'il l'avait vue, il tenait un sabre dans sa main et s'apprêtait à la tuer en même temps que son père. Mais ce souvenir ne perturbait pas Mikoto, elle venait de retrouver son fils aîné et c'était la seule chose qui lui importait.
– Itachi... Je suis tellement contente de te revoir, tu m'as beaucoup manqué.
– Je ne pensais pas que tu serais si enthousiaste à cette idée, souffla le membre d'Akatsuki en refermant la porte avant de répondre à l'étreinte de sa mère.
La kunoichi se redressa légèrement pour plonger ses yeux noirs dans ceux de son enfant.
– Ne dis pas de bêtise, jamais je ne t'en ai voulu. Tu es mon fils, je t'aimerais à jamais quoi que tu fasses. Et puis aujourd'hui, tout a changé. Oublions le passé.
Itachi hocha la tête en souriant.
– Ton frère est au village ? demanda alors la jeune femme.
– Il est parti en mission maman, mais je vais lui envoyer un message pour lui annoncer ton retour.
Il désigna ensuite la pièce en serrant la main de Mikoto dans la sienne.
– Bienvenue à la maison, tu es ici chez toi.
- Merci, j’ai hâte que tu me racontes ta vie, tu as du passer de terribles épreuves, et ton frère aussi. Je t’en prie, raconte-moi tout. Que s’est-il passé dans ce monde depuis que je suis partie ?
La brune offrit à son aîné un sourire éclatant. Elle était vivante, et elle était heureuse.

⁂

Sasori  entra dans le grand salon, et Deidara, allongé dans un canapé avec nonchalance, leva les yeux vers lui, haussant les sourcils. Son équipier avait l’air débraillé, comme s’il sortait d’un combat particulièrement difficile. Ses cheveux étaient encore plus décoiffés que d’habitude, ses vêtements semblaient mal ajustés, lui donnant un air négligé, qui, insolemment, lui allait pourtant bien.
- Et bah alors ? demanda-t-il d’un air amusé, tes pantins ont enfin lancé une révolution contre leur tyran ?
Sasori lui jeta un regard agacé, ne manquant pas la moquerie dans son intonation.
- Ne dis pas n’importe quoi.
Le blond ricana, mais il ne le relança pas, le regardant s’installer dans un fauteuil. Il savait que Sasori avait à cœur de devenir toujours plus fort, de combler ses lacunes, et depuis qu’il avait un nouveau corps, il s’était remis à travailler le corps à corps avec assiduité.
- Tu as l’air fatigué, tu passes trop de temps à travailler et à t’exercer dernièrement.
- Depuis quand tu te soucies de mon état ?
Le nukenin d’Iwa soupira et décida de changer de sujet pour ne pas provoquer sa colère. Son interlocuteur se mit à regarder avec ennui le paysage à travers la fenêtre tout en écoutant les bavardages de Deidara, auxquels il ne répondait qu’occasionnellement, mais cela ne dérangea pas, ils avaient l’habitude l’un de l’autre. Le maître marionnettiste cessa de prêter attention à son acolyte pour se concentrer sur les bruits de fond. Il lui semblait entendre depuis les couloirs beaucoup de chaos, les bruits de pas se succédant avec précipitation, accompagnés de cris paniqués. L’homme aux cheveux rouges soupira d'agacement, il sentait qu’il se passait quelque chose, et détestait ne pas savoir quoi. Il avait besoin de contrôler chaque événement autour de lui, et ce qu'il pressentait n'engageait rien de bon. La porte de la pièce s'ouvrit alors brusquement sur Baki et Kankuro. Deidara stoppa son monologue face à cette intrusion et Sasori tourna la tête pour les regarder. Les deux ninjas avaient le visage grave et le frère du Kazekage semblait très inquiet.
– Gaara a disparu depuis ce matin ! s'écria-t-il, répondant ainsi aux questions muettes qui traversaient l'esprit du leader de l'Akatsuki.
Connaissant l'histoire de la disparition du troisième du nom et la responsabilité de son acolyte dans l'affaire, ainsi que leur dernière prouesse avec l’ancien hôte quelques années avant, Deidara glissa son regard sur Sasori avec un air désapprobateur.
– Encore ? Ça fait beaucoup là non ?
Le manipulateur roula des yeux, résistant à l'envie de le frapper.
– Ce n'est pas moi, crétin.
Baki s'avança dans la pièce.
– Permettez-moi d'émettre quelques doutes Sasori, mais il se trouve que vos antécédents n'interviennent pas en votre faveur. Vous avez fait du troisième votre jouet, le quatrième fut éliminé par votre ancien partenaire et vous avez déjà une fois enlevé le cinquième avec votre acolyte actuel.
Deidara laissa un rire s'échapper de sa gorge à ce souvenir mais il s'arrêta quand il vit le regard noir des deux ninjas préoccupés. Le maître marionnettiste se passa une main dans les cheveux avec lassitude, cherchant comment répondre aux accusations cohérentes du shinobi. La porte s'ouvrit de nouveau sur Temari, un papier à la main.
– Baki, Kankuro, Sasori n'y est pour rien.
– Tu étais pourtant la première à te méfier de lui lorsqu'il est revenu, déclara son frère, perplexe.
– En effet, mais j'ai retrouvé ceci sous le lit de Gaara, soutint la jeune kunoichi en présentant la feuille qu'elle tenait. Il est parti de lui même, il le dit ici.
Les deux hommes saisirent le message pour le lire, tandis que Deidara regardait Sasori en essayant de comprendre. Le jeune homme originaire de Suna fixait les ninjas sans rien laisser paraître, comme à son habitude.
– Depuis quelques temps, je sentais qu'il avait quelque chose d'étrange, reprit Temari. Il doutait de ses choix, de lui, la charge de Kage est très conséquente, surtout à son âge. Sans oublier le rôle qu'il a eu pendant la guerre. Il a toujours agi pour remplir son devoir, et il a fini par s'oublier lui même. Il a craqué, et il est parti.
- Sasori aurait été capable de le manipuler pour le lui faire écrire, objecta Baki d’un air sévère.
Tout le monde se tourna vers le marionnettiste, qui affichait un air ennuyé.
- Dans quel but ? Et pourquoi serais-je resté au village si c’était moi ?
Les autres ne surent quoi répondre. Kankuro soupira.
- J’ai envie de croire Sasori, il a tellement fait pour Suna, pour Gaara. Et c’est vrai, pour quelle raison aurait-il fait cela alors qu’il avait sa confiance ? S’il voulait quelque chose de mon frère, il aurait pu simplement utiliser son pouvoir politique en le manipulant. De plus, je rejoins Temari, Gaara était vraiment différent dernièrement, je crois qu’il a effectivement choisi de partir.
– Mais qu'allons-nous faire si le Kazekage abandonne le village ? demanda alors Baki. 

 

Chapitre 18 : Crise majeure au village des sables

Les différents écrans montraient tous des visages inquiets et soucieux. Après le départ de Gaara, Baki avait demandé de l'aide au conseil de Suna, où siégeait le sage Ebizo depuis la mort de sa sœur Chiyo. Après avoir organisé des recherches qui ne donnèrent aucun résultat, le vieil homme avait décidé de contacter l'alliance ninja pour les avertir de la situation. Minato n'était pas seul devant la caméra, il avait à ses côtés Tobirama et Tsunade, revenue au village depuis peu. Darui, Mei et Onoki étaient en revanche isolés dans leurs bureaux afin d'assister à cette réunion urgente sans être dérangés. Du côté de Suna, Ebizo, Baki, Kankuro et Temari s'étaient installés dans la salle du conseil afin d'organiser cette discussion virtuelle. Ils avaient d'abord pris de longues minutes pour exposer le problème à leurs alliés, et l'ambiance était pesante.
– Vous avez bien dit que vous aviez organisé des recherches ? demanda Minato.
– Oui, confirma la kunoichi du village des sables, mais elles n'ont donné aucun résultat, si Gaara ne veut pas qu'on le retrouve, alors nous n'avons aucune chance.
– Et c'est ce jeune blanc bec qui me faisait des réflexions avant la guerre, railla le Tsuchikage.
Kankuro serra les dents.
– Gaara a fait un travail admirable, il n'a jamais eu d'enfance en plus d'avoir sacrifié toute sa vie pour Suna, c'est déjà exceptionnel qu'il en ait fait autant ! Personne n'a le droit de le juger, il ne va pas bien, et c'est parfaitement compréhensible !
Baki posa une main sur l'épaule du garçon.
– Du calme, tu t'adresses à un Kage.
– Il a raison, intervint alors Tsunade. Gaara a fait bien plus que beaucoup d'autres, sa réaction était à prévoir, nous aurions du faire preuve de plus de prévenance à son égard, et veiller à son bien-être. C’est une lourde responsabilité, pour un si jeune homme.
– Mais Suna ne peut se passer de Kazekage, affirma le Raikage en croisant les bras. Régler ce problème est une priorité.
Ebizo soupira alors.
– En effet, approuva-t-il. Pour l’heure, le conseil du village a décidé de prendre la gestion politique, il s’est renommé le Conseil Supérieur et s’est approprié les pleins pouvoirs, mais cela ne doit pas durer. J’en fais partie, mais je ne fais pas confiance aux autres, la plupart des hommes qui siègent dans ce conseil sont ambitieux et malhonnêtes, ceux qui ont manipulé le quatrième et ont essayé d’éliminer Gaara. Cela pourrait s’avérer dangereux. Comme il a disparu volontairement, il ne fait aucun doute que nous devrions choisir un nouveau Kazekage. Toutefois, il reste à choisir qui. 
– Je pense que la réponse est pourtant évidente, lança alors Mei, attirant l'attention des autres participants. Votre village possède un ninja talentueux, intelligent, qui a prouvé récemment qu'il était digne de confiance en plus d'être probablement le plus puissant de vos shinobis.
– Vous voulez parler de Sasori des Sables Rouges ? questionna Baki.
La Mizukage hocha la tête.
– En effet, cela paraît être la meilleure solution, réagit Tobirama. Il y a peu, il a sauvé l'une de nos kunoichis en plus du Hokage face à la menace Otsutsuki. Nous avons besoin d'alliés comme lui.
– Mais il est le leader de l'Akatsuki ! s'écria Onoki, scandalisé. Dois-je vous rappeler qui sont ces criminels ?! Qui est cet homme ?! Ce qu’il a fait par le passé ?! Il a kidnappé et empaillé le troisième du nom de votre village ? Il a déclenché la Troisième Grande Guerre Ninja ? Lui donner le rôle de Kage en plus serait lui accorder bien trop de pouvoir ! Si ça se trouve, la disparition de Gaara, sa bonne réputation, et votre suggestion de le nommer, tout cela était prévu depuis le début. Il attend d’avoir le pouvoir définitivement pour mettre le monde à feu et à sang !
Il fit une pause, observant tout le monde d’un air strict, défiant l’assemblée de le contredire. Il n’avait pas encore intégré les méthodes des nouvelles générations, qui n’avaient pas de problème à s’opposer à leurs aînés.
- Nous nous sommes déjà questionnés sur ce point, répondit Temari. Sasori a conscience de sa réputation, malgré l’amélioration depuis son retour. Si c’était son plan, il se serait douté que des personnes s’opposeraient à sa nomination, il avait la confiance totale de Gaara, il aurait simplement pu le manipuler sans que vous n’y puissiez rien.
Le Tsuchikage serra les dents, avant de prendre une longue respiration pour évacuer l’agacement, puis il reprit.
– Si vous voulez vraiment lui offrir le siège, il doit abandonner l'organisation !
Kankuro secoua la tête.
– Ça se voit que vous ne le connaissez pas, affirma le marionnettiste. Personne ne saura faire chanter Sasori, il est le maître de la manipulation, on ne peut jouer avec lui à ce jeu. De plus, il ne désire pas le poste, c'est nous qui avons besoin de lui. En somme, il est en position de force et nous ne pouvons donc pas lui poser d'ultimatum.
– Et puis ce serait parfaitement stupide, déclara Darui. Il tient l'Akatsuki entre ses mains, s'il est Kage, il pourra les contrôler dans les intérêts de Suna et de l'alliance, alors que s'il abandonne le groupe, que feront tous ces nukenins ?
– Je connais Sasori, intervint alors Minato. Personne ne pourra le forcer à faire quoi que ce soit. Mais nous pouvons nous fier à lui. Avec l'Akatsuki et Suna, il sera notre meilleur allié.
– Oh toi, ne la ramène pas ! s'énerva le Tsuchikage. Je te rappelle que tu as rejoint l'Akatsuki sans le dire, comme un fourbe ! Tu es devenu la marionnette de Sasori au même titre que les autres ! C'est une honte que tu sois encore accepté parmi les Kages !
– Mesurez vos paroles lorsque vous vous adressez au Hokage, siffla Tobirama en jetant un regard noir sur l'écran du vieil homme.
– L'heure n'est pas à la dispute, intervint alors Ebizo avec calme. D’ici quelques minutes, cette conférence sera rejointe par le seigneur du pays du vent, qui a aussi son mot à dire dans la nomination du Kazekage, nous devons nous montrer unis, pour que la noblesse ne pense pas que l’alliance est bancale. Contenez-vous.
Il fit une pause, avant de reprendre.
- Je connais bien Sasori, et ce malgré lui, n'oubliez pas qu'il est le petit fils de ma sœur. Je pense sincèrement qu'il est le meilleur candidat pour cette charge, le tout est de savoir s'il l'acceptera.
– Je ne suis pas convaincu, opposa Onoki. Je refuse d'accepter parmi nous un criminel de rang S. Surtout un individu aussi dangereux et détraqué que lui. Vous semblez tous oublier ce qu'il a fait jadis, à des ninjas de tous les villages, à des pays entiers même. Vous êtes des inconscients.
Un long silence suivit. Les Kages n'avaient avant pas de rôle décisionnaire lorsqu'un village ninja devait élire un nouveau leader, le vote de confiance n’était qu’une tradition informelle, un moyen de pression contre une nomination en cas de réelle opposition, mais il n’y avait jamais eu de droit de veto, toutefois, maintenant que l'alliance ninja était consolidée et durable, ils étaient concernés par la question. L'ambiance se fit assez pesante dans la salle du conseil, et c’est dans ce climat que le seigneur du pays du vent apparut sur l’écran.
- Bonjour, je n’ai malheureusement pas beaucoup de temps à accorder à cette situation, d’autres affaires nécessitent mon attention, aussi, essayons d’être concis. Ebizo, êtes-vous parvenu à une solution concernant le poste de Kazekage ?
- Oui, Seigneur, nous avons convenu de choisir un nouveau Kazekage, Gaara étant parti de sa volonté. Suna poursuivra ses recherches, mais nous prenons ce départ pour une démission. 
- Qui suggérez-vous pour prendre la succession ?
- Sasori des Sables Rouges, Seigneur.
Le dirigeant du pays du vent réfléchit un instant. Ebizo prit ce silence pour une désapprobation, il reprit donc.
- Nous savons que sa réputation peut inquiéter, mais il a changé, et dernièrement il a plus que prouvé son efficacité comme son sens moral, j’ajouterais que…
Le vieil homme s’interrompit en voyant son interlocuteur lever la main pour lui signifier de se taire.
- Oui, je connais cet homme, répondit alors le daimyo. Je connais sa réputation, mais je l’ai aussi rencontré quand il était adolescent. Mon père l’avait engagé avant qu’il ne déserte à plusieurs reprises pour des missions. Il était déjà redoutable à cette époque, et réputé pour ses compétences. Il était même pressenti pour devenir Kazekage. S’il est revenu à la raison en ressuscitant, c’est parfait. J’approuve ce choix.
L’assemblée sembla assez surprise, ce qui le fit sourire. Il continua.
- Qu’en pensent les Kages ?
Il y eut un léger silence, puis Tsunade prit la parole avec conviction.
– Je parlerai au nom de Konoha, ainsi que du deuxième et quatrième Hokage afin d'approuver et de soutenir la candidature de Sasori au poste de Kazekage. En effet il a commis des horreurs, comme beaucoup de shinobis, mais il a prouvé à notre village que nous pouvions lui faire confiance.
– Au nom de Kumo, j'apporte moi aussi mon soutien, enchaîna Darui avec désinvolte.
– De même pour Kiri, continua la Mizukage.
Tous se tournèrent vers l'écran du Tsuchikage qui se renfrogna.
– Iwa restera neutre quant à ce sujet, affirma-t-il.
Baki hocha la tête, comprenant ce choix.
– Temari, Kankuro, appela Ebizo. Vous êtes la famille de Gaara, qu'en pensez-vous ?
La jeune femme échangea un long regard avec son frère, puis elle soupira.
– Tout cela ne me plaît pas, si je m'écoutais je partirais immédiatement à la recherche de Gaara. Mais je dois penser au village... Je n'aime pas Sasori, mais je pense qu'il est le seul à pouvoir reprendre les rênes et à être suffisamment fort pour protéger notre nation.
– Pour ma part, j'ai confiance en lui, compléta le marionnettiste. Ce qu'il a fait pour Suna depuis son retour n'est pas négligeable, et il a permis au département des utilisateurs de pantins une évolution fulgurante. Il a amélioré presque tous les services du village, il a servi de pilier pour Gaara. Il est une légende pour moi, autant que Chiyo l'était, si ce n'est plus. J'approuve moi aussi.
Onoki se leva de son siège depuis son bureau.
– Alors soit, proposez donc à cet homme le rôle de Kage. Mais je vous aurais prévenus.
Sur ces mots, il éteignit la caméra, signant la fin de la réunion. Chaque dirigeant quitta l'appel virtuel sans rien ajouter, laissant les habitants du village des sables seuls dans la grande salle du conseil.

⁂

Minato soupira profondément lorsqu'il quitta la réunion. Il n'avait pas aimé les reproches du Tsuchikage, mais il ne pouvait se défendre car le vieil homme avait raison. Il savait bien que les réactions suite à son intégration à l'Akatsuki seraient vives, il savait aussi que son choix était dangereux.
– Tout va bien Minato ? demanda Tsunade en le fixant.
– Mmmh, oui oui, j'ai juste un peu de mal avec la fermeté d'Onoki. Il me condamne bien vite sans chercher à comprendre.
– Même avec tes explications Minato, lança alors Tobirama d'un ton tranchant, permets-moi de te dire que cette décision était stupide en plus d'être risquée. Tu as agi comme un imbécile doublé d'un inconscient.
Minato détourna le regard vers Tsunade, espérant son soutien.
– Je suis d'accord avec lui Minato, c’était une mauvaise idée.
L'Hokage saisit son paquet de cigarettes et se leva pour rejoindre le balcon, las des critiques. Il comprenait bien sûr l'inquiétude et la méfiance, mais il était persuadé au fond de lui qu'il avait raison. Ses deux interlocuteurs le suivirent du regard, puis ils le laissèrent seul avec lui-même, quittant le bureau. Le blond s'alluma une clope avant de tirer une longue taffe. Il avait commencé à fumer peu après son retour à la vie, perdu entre ses doutes, la stabilité de son quotidien qui s’étiolait et les évènements parcourant le monde ninja. Lui qui avait toujours su gérer la pression durant sa première vie, se sentait un peu démuni en ces temps troublés.

 

Chapitre 19 : Choix décisifs

Il faisait face au désert, débout sur les falaises qui enserraient le village pour le protéger des attaques. Seul sur la dune, il avait pris soin de s'éloigner pour laisser les patrouilles faire leur travail tout en se permettant de profiter du panorama sublime du crépuscule. Ses iris ambrés suivaient depuis de longues minutes le soleil s'enfoncer dans l'horizon de sable. Le vent balayait ses cheveux écarlates comme le tissus de ses vêtements puisqu'il avait exceptionnellement revêtu la longue tunique traditionnelle de Suna. Depuis que Gaara avait disparu, il n'avait presque pas dit un mot. Déjà silencieux de nature, il s'était enfermé dans ses réflexions, participant aux recherches sans trouver de réponse. Même son imposant réseau d'espions n'avait pu obtenir la moindre information sur le Kazekage, ce qui ne pouvait signifier qu’une chose : le ninja n’avait pas eu d’interaction sociale, qu’importe où il se cachait, il y était seul et n’avait été vu d’aucun être humain. Le maître marionnettiste se demandait ce qu'il se passerait maintenant. Il y avait beaucoup de personnes de pouvoir à Suna qui le détestaient et qui ne lui faisaient pas confiance, les anciens qui formaient le conseil, ceux qui l’avaient connu plus jeune, et qui avaient été ses détracteurs, autant à ses quinze ans lorsque ses expériences avaient été découvertes suite à l’incident Komushi que maintenant. Et ces mêmes personnes avaient décidé de prendre temporairement la direction des affaires courantes comme des armées du village en se renommant le Conseil Supérieur. Les échos qu’il entendait déjà ne présageaient rien de bon. Si lui et Deidara avaient été aussi bien accueillis, c'était le fait de Gaara. Mais le jeune Kage n'était plus là, et Sasori se retrouvait encore une fois abandonné par quelqu’un qui était parvenu à devenir proche de lui. Depuis quelques temps, il avait recommencé à travailler sur son sceau du sable. Le Sennô Sôsa no Jutsu était une sécurité pour lui, si les choses devaient mal tourner, et il avait pu, en utilisant des livres de la bibliothèque de Suna, faire évoluer sa technique de manipulation mentale. Désormais, il pouvait faire plus que poser un sceau de contrôle sur l’esprit humain, il pouvait se faufiler dedans, et modifier ou consulter les souvenirs, les connaissances, la loyauté, les valeurs, à sa guise. Un dangereux pouvoir qui n’allait pas plaire à ses adversaires. Un bruit de pas attira son attention et il se retourna pour voir Baki et Ebizo s'avancer vers lui avant de s'arrêter.
– Que puis-je faire pour le représentant du Conseil Supérieur ? demanda-t-il de sa voix froide et neutre, avec un soupçon d’ironie.
– En voilà des façons de saluer sa famille Sasori, répondit alors le vieux sage. Je suis ton grand-oncle tout de même.
Le leader de l'Akatsuki ne répondit rien, ignorant sa remarque pour retourner à sa contemplation.
- Sasori, je n’approuve pas cette décision du conseil des anciens, je suis sûr que tu le sais. C’est justement pour te proposer une solution qui permettrait de contenir les autres dans leurs ambitions qu’on est venus.
– Nous avons eu une conversation avec l'alliance ninja, expliqua alors Baki. Il fallait parler de la succession du Kazekage.
– Vous abandonnez déjà l'idée de retrouver Gaara alors ?
– Il est parti de lui même, se justifia le jônin, nous ne pouvons pas faire grand chose. Il faut impérativement penser à la sécurité du village.
– Sasori... souffla Ebizo en se plaçant devant le paysage que le nukenin admirait afin de plonger ses yeux dans les iris de glace de celui-ci. Les différents Kages ont décidé de soutenir une candidature en particulier. Une candidature approuvée par le seigneur du pays, ainsi que la famille de Gaara.
Le maître marionnettiste ne dit rien, attendant la chute. Il avait bien conscience que si les deux hommes venaient lui parler de cela, c'est qu'il était concerné par cette affaire. A la mine grave de ses interlocuteurs, il supposa que le candidat en question était sûrement l'un de ses détracteurs. Quel ninja le détestant assez venait d’être approuvé ainsi à l’unanimité ?
– C'est toi qu'ils veulent comme Kazekage, acheva enfin le vieil homme.
Si le jeune homme fut surpris, il n'en montra rien. Il resta simplement silencieux, fixant son grand oncle. Baki, impatient et stressé par tous ces évènements, se rapprocha à son tour.
– Alors, qu'en pensez-vous ?
Le regard glacial du garçon aux cheveux écarlates se posa sur le ninja, et ce dernier se sentit soudainement transpercé par l’or de ses iris.
– Il y a encore une semaine, lorsque Gaara a disparu, tu m'accusais d'être responsable de cela. Et aujourd'hui tu redoutes que je refuse de devenir le nouveau Kazekage ?
L'homme parut mal à l'aise.
– Je... je n'ai pas dit que je craignais votre ref...
– Tu es anxieux et impatient, je peux le lire sur ton visage. Tu me regardes sans cesse depuis qu'Ebizo m'a annoncé la nouvelle, cherchant sur mon expression une réponse. Tu paniques parce que tu ne vois rien. Tu l'as dit, pas avec des mots mais avec ton corps.
Baki ouvrit la bouche, cherchant quoi répondre, avant de la refermer, agacé de s'être fait analyser comme un enfant sans pouvoir maîtriser la situation. Sasori l'ignora et il avança lentement sur le rempart pour fixer le soleil qui avait maintenant presque disparu au travers des dunes, ne laissant filtrer que quelques rayons lumineux.
- Qu’en pense le Conseil Supérieur ?
- Ils ne sont pas contents, dit son grand-oncle. Le fait que nous ayons discuté avec les Kages et le seigneur, et obtenu leur approbation, sans les avoir consultés, les a révoltés. La dernière réunion ne s’est pas bien passée, mais c’est trop tard, maintenant que le seigneur a tranché. Ils ont été mis sur le fait accompli, et c’est ce qui les a tant énervés.
Le leader de l’Akatsuki sourit, amusé.
- J’imagine. Et cette offre, elle est soumise à des conditions ?
- Non, répondit Baki.
Il y eut un silence.
– J'accepte, affirma-t-il alors.

⁂

Hashirama se laissa tomber sur le dos au milieu de la place publique, épuisé. Cela faisait un peu plus d'une semaine que Madara et lui avaient commencé à construire un village. Ils s'étaient installés à la frontière du pays du feu près de quelques maisons perdues. Les habitants avaient expliqué aux deux voyageurs que le lieu était riche en ressources grâce aux terres fertiles et à la grande rivière qui donnait sur un lac, mais leur difficulté était le développement de leur contrée car ils étaient isolés des autres cités et le trajet était bien trop long pour le commerce rapide. Une ombre plana devant le shinobi légendaire et il leva les yeux pour contempler le visage de son ami.
– Je dois te parler, annonça simplement l'homme taciturne.
Le premier Hokage se leva et les deux acolytes marchèrent jusqu'à la lisière de la forêt. Madara plongea son regard dans celui de son camarade.
– Les gens me craignent.
– Tu te fais des idées, on leur construit une ville, ils ont même proposé de faire de l'un de nous le chef de leur cité. Et cette fois, ce sera ton tour !
– Non Hashirama, ouvre les yeux et arrête de voir le monde avec ton insupportable optimisme, ils savent tous qui je suis et ils ont peur.
Le ninja du clan Senju baissa la tête en soupirant.
– Si tu fais preuve de patience, cela ira, je te le promets.
– J'ai besoin de réfléchir, de savoir ce que je veux.
Il releva le menton pour regarder son ami. L'Uchiha esquissa un léger sourire.
– Je ne ferai pas deux fois la même erreur, je vais aller prendre un peu de temps pour moi, voyager, apprendre à comprendre les gens. Ensuite je reviendrais ici, et nous dirigerons ce village. Ensemble.
Hashirama tendit alors sa main vers le shinobi taciturne.
– Entendu mon frère, je t'attendrais. Mais ne tarde pas trop, d'accord ?
– Promis.
Madara serra la main de son ami fermement, puis il le laissa pour s'enfoncer dans la forêt, en quête d'une sagesse qu'il n'avait jamais réellement recherchée.

⁂

Minato marchait lentement le long de la berge, regardant de temps en temps Hinata qui avançait à ses côtés. Ils avaient passé une nouvelle soirée ensemble, et appréciaient mutuellement leur compagnie. Sans rien dire, ils traversaient les rues désertes éclairées par les rayons de la lune et la lumière de quelques lampadaires, puis ils franchirent un pont et s'arrêtèrent au centre afin d'admirer la rivière paisible. La jeune femme frissonna légèrement et Minato retira sa veste pour la poser sur ses épaules. Elle le remercia d'un léger sourire et il put admirer les traits de son visage. Elle semblait apaisée, mais il décelait toujours une grande tristesse en elle.
– Tu penses encore à mon fils ?
Elle hocha la tête.
– Tu l'aimes depuis toujours, je me trompe ?
Hinata rougit, bégayant une réponse trouble. Minato sourit.
– Rassure-toi, ton secret sera bien gardé. Tu sais, il a beaucoup de chance d'avoir une jeune femme avec autant de qualités pour l'aimer et l'attendre même quand il part longtemps. Je serais très fier de t'avoir comme belle-fille.
Il pencha légèrement la tête sur le côté.
– J’apprécie beaucoup ta compagnie, tu es une personne formidable. En ce moment je me pose beaucoup de questions, et ça m’apaise de pouvoir discuter avec toi.
En voyant l'absence de réaction de son interlocutrice, il recula légèrement, craignant de l'avoir embarrassée, mais soudain, elle posa sa main sur son avant-bras dans un geste affectif.
– Merci beaucoup d'être là Minato, c’est réciproque, et je serais vraiment fière de pouvoir entrer dans ta famille si Naruto le souhaite. 

 

Chapitre 20 : L'Akatsuki part en virée

Le jeune homme était accoudé à la rambarde du balcon. Il venait d’obtenir la clé du bureau du Kazekage et avait effectué un peu de tri dans les documents et les affaires en attendant le jour de sa nomination officielle. D’ici là, il n’avait pas à gérer les affaires courantes, ni les secrets d’état, et le Conseil Supérieur avait été très clair sur ce point, s’accaparant toute cette partie des responsabilités le temps qu’il le pouvait. Sasori se doutait que les conseillers essayeraient le plus longtemps possible de le tenir à l’écart, et de conserver le pouvoir. Il allait devoir les garder à l’œil. La porte de la pièce s’ouvrit, et le futur Kage jeta un regard par dessus son épaule à travers la baie vitrée ouverte pour voir qui venait d’entrer. Le nouvel arrivé avança, traversa l’espace qui le séparait du meuble empli de papiers, jeta un bref regard sur les cartons qui reposaient sur les sofas et la table basse qui attendaient dans le coin de la pièce, et il rejoignit le marionnettiste sur le balcon.
- J’ai appris que tu allais devenir Kazekage, dit-il d’une voix grave et brusque. Félicitations.
- Je n’ai pas besoin de tes moqueries, Kakuzu.
- Je ne me moque pas. Tu y seras à ta place. Je ne connais personne d’aussi compétent que toi.
Le ninja aux cheveux rouges soupira.
- Je ne sais pas. 
Il se redressa et se retourna, appuyant désormais son dos contre la rambarde pour lever les yeux sur son visiteur.
- Tu n’es pas venu pour ça. Tu n’es pas du genre à venir prendre des nouvelles, à faire des déplacements juste pour des félicitations. Tu veux quoi ? Et où est Hidan ?
Kakuzu eut un bref rire, sec, typique de lui.
- Je l’ai laissé à l’hôtel, il doit être là bas, ou sorti, j’en sais rien et je m’en tape. Je suis venu parce que je voulais te parler de l’Akatsuki. On a besoin de renflouer la trésorerie si on veut continuer à agir.  Tu as prévu quoi pour nous financer en attendant d’avoir de nouveaux contrats ? Surtout que tu veux maintenant qu’on agisse dans le respect des autres villages ninjas et des lois des nations, cela limite notre champ d’action.
- Tu as absolument besoin d’argent maintenant ?
- Oui.
Sasori esquissa un sourire.
- Très bien, viens avec moi, on bouge.
- Où ?
- La capitale du pays des rivières, ce n’est pas loin, et si Deidara nous emmène avec ses oiseaux, on passe d’un trajet de plusieurs jours à quelques heures.
Le marionnettiste traversa la pièce, suivi de son interlocuteur.
- Et ta nomination ? Tu dois devenir Kazekage dans peu de temps, est-ce que tu peux vraiment quitter Suna ainsi ?
- Justement, le village est en émoi sur les préparatifs, on me gonfle à chaque instant au sujet de la cérémonie, j’ai besoin de prendre l’air. Le Conseil Supérieur fait tout pour me tenir à l’écart de toute façon. Alors je préviens Kankuro, on se tire, je vais te trouver l’argent que tu veux et éviter de perdre mon self-contrôle ici au passage.
- Ok, j’ai hâte de voir comment tu vas t’y prendre.

⁂

Les trois hommes étaient assis au comptoir, visiblement perplexes face au spectacle qui se déroulait sous leurs yeux. Sasori était installé sur une table un peu plus loin, entouré de personnes, cartes en main. Il menait le jeu et accumulait les jetons devant lui. Il avait emmené ses acolytes dans un célèbre casino, et avait entrepris de jouer. Qu’importe la partie qu’il commençait, il finissait vainqueur. Capable de repérer les mensonges, y compris le plus petit bluff, anticipant chaque action par ses compétences de manipulateur, inexpressif au possible, il était fait pour jouer. Cela faisait des heures qu’il enchaînait les victoires, avec une aisance hors du commun mais sans être accusé de triche, car il ne se basait que sur des statistiques et le langage corporel de ses adversaires. Ces derniers étaient frustrés, mais pas inconscient pour lui faire le moindre reproche. Sous le regard médusé de ses trois équipiers, il surpassait les records de l’établissement, au point d’attirer l’attention de la salle entière, de nombreux spectateurs observant son jeu. Kakuzu s’était demandé plusieurs fois s’il ne comptait pas les cartes tant il était précis. Le plus insolent, c’est qu’il semblait s’ennuyer alors que les autres participants fronçaient les sourcils sous l’intensité du jeu.
- Je ne savais pas qu’il jouait, lâcha alors Hidan entre deux gorgées de son cocktail. 
- Il sait tout faire, répliqua Deidara avec lassitude. C’est presque agaçant d’ailleurs. Mais ça ne devrait pas nous surprendre, au casino il faut savoir réfléchir, anticiper, et repérer les mensonges. Il est parfait pour ces tâches. Je suis sûr qu’il avait déjà l’intégralité des évènements dès le début de la partie.
L’homme aux cheveux rouges poussa alors tous les jetons devant lui, le regard intense sur ses adversaires. Il remettait tous ses gains en jeu, c’était risqué, mais il voulait pousser les autres à jouer de grosses sommes, ce qu’ils firent, inconscients d’être manipulés par leur avidité.
- Le bâtard, réagit Hidan. Il est loin d’être pieux, mais il faut reconnaître qu’il est très fort.
Sasori gagna cette énième partie, il empila les jetons gagnés, les mit dans le sac qu’il remplissait depuis son arrivée et quitta la pièce pour rejoindre l’accueil. 
- Profitez de vos boissons les gars, soupira Hidan, si ça continue le casino va nous virer parce qu’il le dépouille et on sera interdits de revenir à vie.
Quelques minutes plus tard, le marionnettiste revint, plusieurs mallettes à la main. Il s’approcha du comptoir et en tendit une à Kakuzu en silence, qui l’ouvrit et constata la présence de billets soigneusement pliés. Il y avait là une véritable fortune, et c’était à multiplier par quatre pour le nombre de valises.
- Est-ce que ça te convient pour l’instant ? demanda le futur Kage avec flegme.
Kakuzu observa la fortune qu’il lui offrait, avant de confronter son regard doré.
- Pourquoi c’est pas avec toi que Pain m’avait mis en équipe déjà ?
- Hé, ça va je te dérange pas ? râla l’adorateur de Jashin derrière lui.
- Et laisser Hidan et Deidara en binôme ? répliqua le marionnettiste.
- Ah ouais, reconnut le plus âgé.
- Je suis là aussi, les gars,  au cas où, protesta le blond sans grande conviction cependant.

⁂

Minato plissa les yeux pour mieux observer ce qui se passait devant lui. Le coffre était gardé par cinq shinobis bien connus de l'ANBU. Tous étaient des déserteurs inscrits dans le Bingo Book. Ainsi, ils avaient réussi à se réunir pour former une guilde criminelle. Plus encore, ils étaient parvenus à mettre la main sur un rouleau de techniques interdites extrêmement rare et dangereux. Le parchemin était maintenant enfermé dans un coffre protégé au sein d'une redoutable forteresse. Pour l'éclair jaune de Konoha, pénétrer cette dernière n'avait été qu'une formalité. Les pièges entreposés dans le bâtiment étaient enfantins, il avait su déjouer chacun d'eux avec une facilité insolente, et il se trouvait maintenant dans la dernière pièce, face à cinq ennemis certes redoutables, mais qui ne faisaient pas le poids face à lui. D'un geste fluide, le blond lança un kunaï vers l'un des hommes qui le saisit par le manche avant de sourire.
– T'as raté ton coup, se moqua-t-il. Allez, sors de ta cachette.
Minato ne bougea pas.
– Qui t'a dit que j'avais raté ?
A peine sa phrase était finie qu'il avait disparu. Il apparut au niveau de son arme, juste devant son ennemi. Sa main tenait un autre kunaï, et dans un mouvement si rapide qu'il en parut presque invisible, il trancha la gorge du nukenin. D'un bond, il passa dans le dos d'un autre ninja et l'élimina tout aussi rapidement. Les survivants ne virent qu'un éclair passer entre deux et semant la mort. En quelques secondes, tout était fini. Minato posa sa main sur le coffre et il déverrouilla le sceau avant de saisir le parchemin. Sa mission était terminée, il balaya la pièce de son regard avant de disparaître comme s'il n'avait jamais été là. Il réapparut dans l'atelier de Sasori, dans lequel le marionnettiste était concentré sur une fiole d'un liquide violet. Le blond reconnut l'un des nombreux poisons du chimiste. Des mélanges redoutables réputés dans le monde ninja et qui avaient contribué à la réputation d'horreur de son créateur. L’homme aux cheveux écarlates posa ses outils avec minutie avant de se tourner vers le shinobi de Konoha. Ce dernier posa immédiatement un genou à terre avant de tendre le parchemin au leader de Suna. Ce dernier le scinda un instant de ses iris ambrés avant de saisir le rouleau.
– Je te remercie Minato.
– Tu n'as pas d'autres missions pour moi ?
– Non, tu peux y aller.
– Entendu. Oh, et félicitations pour le titre de Kazekage, tu le mérites.
Il inclina la tête avec respect, geste auquel son interlocuteur répondit et, sans se relever, disparut simplement. L'Hokage se téléporta directement dans ses appartements. Devant le miroir chez lui, il retraça les coutures de son manteau noir aux nuages rouge du bout des doigts. Un sourire fleurit lentement sur ses lèvres, cela faisait longtemps qu'il n'avait senti son cœur battre sous l'excitation du danger. 

 

Chapitre 21 : Kazekage, sixième du nom

Sasori était debout face à la fenêtre de la salle du conseil, le regard figé. Il écarta légèrement le col de son vêtement pour libérer son cou puis il soupira. Il regarda un instant la bague qui brillait à son pouce gauche avant de rabaisser les longues manches blanches sur ses mains. La porte s'ouvrit derrière lui et le jeune homme se retourna pour voir Deidara appuyé contre le chambranle. Il portait sa tenue de ninja habituelle mais avait délaissé les sacoches d'argile qu'il emmenait en mission ainsi que le manteau de l'organisation.
– Alors, qu'est-ce que ça te fait d'être à quelques minutes de devenir un Kage ? Stressé ?
- Non.
- Tu es venu ici demander des conseils à tes prédécesseurs ? continua l’autre en désignant les statues des Kazekages d’un mouvement de tête.
– Ne dis pas de conneries.
Le ninja aux cheveux rouges passa devant son acolyte pour sortir de la salle. L'autre le suivit aussitôt.
– Sasori ?
– Quoi ?
– Que va-t-il se passer maintenant ? Pour l'Akatsuki ? Pour moi ?
Le maître marionnettiste s'arrêta au milieu de couloir, tournant la tête pour fixer son partenaire.
– Je continuerai de gérer l'organisation. La paix se maintient, alors nous n'avons plus autant de missions que pendant notre première vie, mais je me tiens constamment au courant des évènements de ce monde donc je pourrai agir à tout moment si besoin. Notre petite virée au casino n’était que le commencement pour repartir avec un bon financement. Quant à toi, tant que tu n'as pas de missions, tu es libre de faire ce qu'il te plaît. Enfin, tant que ça ne cause pas de problèmes.
Le blond esquissa un sourire amusé et il hocha la tête.
– Dans ce cas, je t'aiderai ici. Il est sympa ce village, je peux aller dans le désert explorer mon art, et j'aime voir ceux qui me détestent être obligés de me respecter, ce qui va être encore mieux maintenant que t'es leur dirigeant.
Le plus petit roula des yeux à ces propos.
- En parlant de haine d’ailleurs, t’es pas mal non plus Sasori. Le Conseil Supérieur est enragé par ta prise de fonction, on sent leurs regards t’assassiner dès qu’ils te croisent dans un couloir. Fais gaffe, ils vont peut-être essayer de t’attaquer.
- Ce serait stupide de leur part. Je les surveille.
Les deux hommes rejoignirent le toit du bâtiment principal par les escaliers extérieurs. La population de Suna était réunie dans les rues et sur la place publique qui faisait face à l'imposant édifice central pour l'occasion. Les conseillers du village étaient déjà en place, l’air sévère et désapprobateur, n'attendant plus que leur nouveau Kazekage. Deidara jeta un regard malicieux à la coiffe blanche et verte de Kage que tenait Ebizo, et un sourire vint étirer ses lèvres.
– Pratique tout ça, glissa-t-il d'un ton amusé, avec ta taille tu ne vas même pas avoir besoin de te baisser pour qu'il te mette ton chapeau.
Sasori lui lança un regard glacial.
– Je vais te jeter dans le vide Deidara.
Le nukenin d'Iwa éclata de rire avant de se placer près des membres du Conseil Supérieur, n’oubliant pas de leur adresser un clin d’œil insolent. Le leader de l'Akatsuki s'avança jusqu'à se tenir en face de la foule, l'expression aussi inexpressive que de coutume. Son grand-oncle marcha vers lui, et dans un mouvement lent et mesuré, il posa sur ses cheveux écarlates le couvre-chef distinctif de la fonction. Il se tourna alors vers le peuple des sables et s'éclaircit la gorge avant de parler.
– Habitants et habitantes de Suna, j'ai l'honneur de vous présenter le sixième Kazekage de votre village, Sasori des Sables Rouges !
Des applaudissements fusèrent depuis la place, d'abord peu assurés puis de plus en plus enthousiastes. Le maître marionnettiste ne se faisait pas d'illusions, il savait que l'engouement venait de sa force, il savait qu'il était soutenu parce qu'il pouvait grandement augmenter la puissance militaire de la nation. Il savait aussi qu'il avait encore beaucoup d'ennemis, dont la plupart se situait dans son dos, occupés à l’applaudir faussement. Le jeune immortel prit le temps de balader son regard sur l'ensemble de ces gens présents, puis il se retourna simplement pour partir.
– Sasori, le retint Ebizo, un banquet est prévu pour fêter ton investiture.
– Profitez-en alors, répondit le jeune homme d'un ton cassant tout en poursuivant sa marche.
Le vieux conseiller soupira, mais il n'insista pas. Il s'était douté que la cérémonie ne compterait pas la présence du principal concerné. Il avait le pressentiment que la nouvelle fonction de son petit neveu ne l'aiderait pas à s'ouvrir au monde. Ce garçon de sa lignée avait toujours été un solitaire, mais il craignait qu'un jour, cette pesante absence de compagnie ne lui fasse défaut.

⁂

Deidara avait profité du buffet de l’investiture de Sasori, même s’il était plus exact de dire qu’il en avait abusé. De nature gourmande, il avait suivi le mouvement après la cérémonie, plus courte qu’il ne l’aurait crue, afin de profiter des festivités. Son partenaire s’était aussitôt éclipsé, et cela ne l’avait guère surpris. Le blond avait donc mangé, bu, tout en observant les convives présents, et particulièrement les membres du Conseil Supérieur, qui avaient l’air crispé. Ils n’étaient vraiment pas heureux de l’arrivée d’un nouveau Kage, sûrement car cela signifiait que leur pouvoir allait s’amoindrir, en plus du fait qu’ils n’avaient aucune confiance en Sasori. Le nukenin d’Iwa eut un sourire impertinent, comment leur en vouloir quand son aîné était la cause de deux catastrophes géopolitiques du village, et peut-être même davantage, après tout, il ne savait rien sur le passé du marionnettiste à Suna avant qu’il ne rejoigne l’Akatsuki. Finalement, le jeune homme commença à s’ennuyer, alors il décida de rechercher son équipier. Il déambula dans les couloirs, espérant qu’il n’était pas rentré chez lui, un logement quelque part dans le bâtiment qu’il n’était pas sûr de pouvoir retrouver, et qu’il était encore dans les parages. Il toqua à la porte du bureau du Kazekage et essaya de l’ouvrir, avec succès. La pièce était encore pleine de cartons d’affaires, certaines devant être transportées ailleurs, d’autres installées pour le nouveau propriétaire des lieux. Ce dernier était bien là, ni vraiment assis, ni vraiment allongé sur l’un des divans dans le coin gauche, lisant un livre.
- T’étais là depuis tout ce temps. Tu te rends compte que t’as séché ta propre fête ?
Sasori ne le regarda même pas, et il tourna la page.
- Et donc ? C’était bien ?
- Ennuyeux, même si la rage des anciens est marrante, on s’en lasse vite. Par contre la bouffe était super, comme les boissons. Pourquoi tu es parti ?
- Pourquoi je serais resté ?
Deidara soupira. Son partenaire avait vraiment un sale caractère. Il était toujours si cassant, sévère, et beaucoup trop sérieux. Il aurait cru qu’avec ce nouveau corps moins mécanique, sa personnalité s’humaniserait également, il avait eu tort.
- T’es franchement pas facile à vivre.
- Hum.
Le blond traversa la pièce et s’installa sur le divan en face de Sasori.
- Pourquoi tu n’es pas allé dans tes nouveaux appartements plutôt qu’ici ?
- Il va y avoir quelques travaux avant que j’y emménage. 
- Zut, moi qui comptais venir squatter un nouvel endroit de Suna.
Il y eut un nouveau silence, et le nukenin d’Iwa observa son équipier. C’était étrange de le voir plus vieux qu’adolescent, et en même temps, l’homme était toujours beaucoup plus jeune que son âge véritable. Au moins, il faisait adulte désormais. Deidara se fit inconsciemment la réflexion qu’il allait beaucoup plaire désormais tandis qu’il fixait les longs cils noirs de son acolyte, couvrant des yeux ambrés intenses, presque cachés derrière les mèches écarlates. Il ne s’était jamais posé beaucoup de questions sur le passé de Sasori, après tout, cela ne l’avait pas intéressé : quand ils s’étaient rencontrés, seul l’art les réunissait. Depuis que le marionnettiste lui avait raconté l’histoire de Komushi, depuis qu’ils étaient là, dans le village dans lequel il avait grandi, le blond se surprenait à vouloir en savoir plus. Pourtant, même ici, en plein territoire de son enfance, trouver des informations sur la vie de la légende du village était étrangement impossible. Le nukenin d’Iwa savait qu’il ne pouvait pas compter sur lui pour lui en parler, dès qu’il lui posait des questions, le jeune homme aux cheveux rouges répondait de façon évasive, et jamais autrement que par des faits. Il ne parlait jamais de ses ressentis, de son vécu personnel, c’était frustrant. 

 

Chapitre 22 : Politiques

Temari frappa à la porte. Une voix lui répondit positivement, aussi entra-t-elle simplement.
– Ah, Temari. Tu veux me dire quelque chose ?
– Oui Kankuro, je viens t'annoncer que je vais partir d'ici peu pour Konoha.
Le garçon sembla déconcerté.
– D'accord, mais ce n'est pas la première fois alors pourquoi as-tu un visage aussi grave ?
La jeune kunoichi prit une inspiration.
– Je n'y vais pas pour une mission, j'y vais pour y vivre. Je quitte Suna.
– Quoi ? Mais pourquoi ?
Il sembla alors prendre conscience d'une chose et un sourire moqueur fleurit sur ses lèvres.
– Oh je vois, ça se concrétise avec Shikamaru alors ?
La ninja du vent rougit violemment et elle frappa son frère derrière la tête. Il gémit de douleur et se frotta le crâne tandis qu'elle retrouvait son expression sombre.
– Un peu oui, mais ce n'est pas pour ça que je pars. Kankuro, je ne me sens plus à l'aise ici. Tout me rappelle constamment Gaara. Je... J'ai l'impression de ne plus être chez moi. Je ressens de la culpabilité de ne pas avoir su être là pour lui. Je n’arrive pus à me sentir à ma place. J’ai parlé avec Sasori, et il a accepté mon transfert là bas.
– Je vois oui. Et bien, ma chère sœur, je te souhaite le meilleur. Tout ce que je veux c’est que tu sois heureuse.
La kunoichi du village désertique sourit.
– Merci Kankuro, bon courage à toi. Et veille sur Suna. Je serais là si besoin.

⁂

Hinata était assise devant le miroir. Derrière elle, des jeunes femmes du clan Hyûga s'affairaient à coiffer les longs cheveux de leur princesse. Cette dernière était quelque peu anxieuse en cette matinée spéciale, mais surtout, elle était très fière. Aujourd'hui, elle devenait la dirigeante du clan. Son père avait décidé de passer la main et il avait organisé une grande cérémonie dans les règles de la tradition. La porte s'ouvrit alors sur Hanabi, qui rayonnait en cette journée.
– Tu es prête ? demanda-t-elle à son aînée.
Celle-ci hocha la tête avant de se lever. Hinata s'approcha de sa sœur qui lui saisit le bras.
– Je suis très fière de toi, tu es devenue si forte.
– Merci Hanabi, je t'aime fort.
– Moi aussi.
Les deux princesses échangèrent un sourire, puis elles longèrent le couloir pour sortir de chez elles. Marchant d'un pas régulier et assuré, elles avancèrent pour entrer dans le temple principal du quartier. Tous les membres du clan et ses représentants étaient installés le long de la pièce. Au fond, centré et présidant l’assemblée, leur père attendait, le visage grave. Hanabi frotta le dos de sa sœur pour l'encourager, puis elle s'assit près de l'entrée. Hinata marcha dans l'allée sous le regard de tous, elle croisa Neji, près des anciens membres de la branche secondaire qui avait été supprimée pour reformer une seule et même famille égale. Les yeux de la jeune kunoichi brillèrent quand elle songea à sa mort, puis à son retour à la vie. Il lui adressa un grand sourire, et elle répondit de la même façon. Elle se mit ensuite à genoux devant son père, attendant qu'il prononce les premiers mots, ce qu'il fit sans tarder.
– En ce jour si particulier, le clan Hyûga va accueillir sa nouvelle dirigeante. Il est désormais temps pour moi de passer la main, de confier l'avenir à la nouvelle génération avec l'espoir qu'elle saura agir avec sagesse et discernement pour le bien de notre grande famille. 
Il fit une pause, posant son regard sur sa fille, qui écoutait attentivement, avant de reprendre.
– Hinata, princesse du clan Hyûga, jures-tu de servir et diriger notre famille, de protéger nos secrets, de défendre les tiens et d'être pour eux comme pour le village entier une aide bienveillante ?
– Je le jure.
Un silence bref mais présent s'installa alors, et Hiashi se permit d'offrir à son aînée un sourire sincère. Il se leva et tendit la main à sa fille pour qu'elle se relève. Il lui céda sa place et lorsqu'elle fut installée où il se tenait quelques instants auparavant, il s'agenouilla à son tour et prononça quelques mots avant de s'incliner devant elle.
– Saluez votre nouvelle cheffe.
D'un mouvement uni, tous les membres de la famille s'inclinèrent devant Hinata, avec un profond respect. La princesse était aujourd'hui une reine.

⁂

Les politiciens échangèrent un regard anxieux. Le Kazekage avait convoqué l'intégralité du Conseil Supérieur, mais personne n'en connaissait la raison, pas même son grand-oncle Ebizo. Tous étaient assis autour de la longue table dans la salle sombre, et ils attendaient l'arrivée du jeune dirigeant. Kankuro était également présent, mais lui non plus ne savait pas pourquoi. Le jeune homme regardait le verre, posé en face de lui, sans comprendre ce qu'il faisait à une réunion d'une telle importance. Sasori entra enfin, son long manteau noir aux nuages rouges flottant dans son dos. Il contourna la table en silence, les doigts de sa main gauche frôlant le meuble. La tension montait en chaque personne tandis qu'il avançait. Lorsqu'il fut au bout, devant le siège vide qui n'attendait que lui, il se stoppa et balaya l'assemblée de son regard inexpressif et glacial. Kankuro et Ebizo, assis tous deux à la droite du fauteuil du Kage, se regardèrent, soucieux. Les portes de la salle claquèrent subitement et un grand blond entra avec une aise déconcertante. Il s'installa sur l'autre chaise restante, à la gauche de celle du dirigeant. Aussitôt, l'un des vieux conseillers se leva, outré.
– Il n'a rien à faire ici !
Le regard de Sasori, tranchant, se posa sur lui. Le vieil homme déglutit, mais il poursuivit, déterminé.
– Il n'est ni membre du Conseil Supérieur, ni ninja de Suna. Nous avons déjà accepté la présence du jeune marionnettiste pour vous montrer notre bonne volonté. Enfin, maître Kazekage !
Le maître marionnettiste fit glisser ses iris ambrés sur le nouveau venu, qui lui renvoya un sourire insolent. Il reporta son attention sur le politicien.
– Est-ce que tu viens d'insinuer que l'un des membres de mon organisation, mon binôme qui plus est, susurra-t-il doucereusement, est indigne de s'assoir à ma propre table ?
Son interlocuteur blêmit.
– Je.. Je veux simplement dire que... que cette réunion ne concerne que Suna et son gouvernement.
– Oh, je vois, reprit le jeune leader avec une froideur qui fit frissonner tous les conseillers. Pourtant, Deidara participera bien à cette conversation, et pour la simple raison que je l'ai décidé.
L'homme se rassit, frustré. Toujours debout, Sasori saisit son propre verre et le leva, un sourire charmeur aux lèvres.
– Je vous remercie pour votre abnégation, et pour célébrer cette première collaboration entre nous, ce départ de ma nouvelle nouvelle fonction, je lève mon verre à vous tous. A cette première réunion, au Conseil Supérieur, à Suna.
Tous saisirent leur propre gobelet et répétèrent un simple « A Suna » avant de boire une gorgée. Deidara avait croisé les bras sur sa poitrine, un rictus moqueur collé au visage. Le maître marionnettiste, quant à lui, s'était placé entre Ebizo et Kankuro, plaçant ses doigts sur les récipients pour que les deux hommes ne boivent pas. Son geste, discret, n'avait été remarqué que par les deux concernés, qui regardaient maintenant le Kazekage sans comprendre. Celui-ci but une longue gorgée sous le regard de tous, avant de revenir derrière son siège et de reposer son gobelet sur la table. Il sortit de la poche de son pantalon un rouleau qu'il montra à l'assemblée. L'un des conseillers posa la question qui leur brûlait tous les lèvres.
– Qu'est-ce que c'est, Maître Kazekage ?
Les iris glacials du shinobi firent une nouvelle fois le tour des anciens. Puis il prononça quelques mots de sa voix tout aussi froide.
– Les preuves que le Conseil Supérieur a commis quelques impairs que je vais vous lister maintenant. Tout d’abord, le fait que vous soyez en train d’organiser mon assassinat.
Un hoquet parcourut les conseillers, qu’il ignora, poursuivant.
- Ensuite, le fait que la principale raison de ce projet soit votre volonté de garder le pouvoir, et que vous soyez parfaitement conscients que pour cela, il vous fallait un pantin à manipuler à la place de Kage, un rôle auquel je ne corresponds pas. Vous devez vous demander comment je peux savoir que le but premier de mon assassinat soit votre ambition, et pas la protection du village face au danger que je représente, et bien parce que j’ai étudié les livres de comptes des finances de Suna.
Sasori commença à marcher le long de la table, passant derrière chacun d’eux, les observant blêmir petit à petit.
- Cela m’a permis de constater que vous vous êtes tous enrichis ces derniers temps, avant même la disparition de Gaara d’ailleurs, et sur le dos de la population. 
- Que veux-tu dire ? questionna Ebizo qui ne comprenait pas.
- Les membres du Conseil Supérieur, tous excepté toi, ont détourné des fonds destinés à l’école et aux services publics, répondit Sasori. Je me disais bien en travaillant sur les réformes scolaires avec Gaara que le budget qu’on anticipait était différent ce celui injecté dans le projet. Nous avons enfin les explications. Vous vous pensez vraiment mieux que les autres pour vous accaparer les richesses, et vous avez eu le culot de vous renommer le Conseil Supérieur, quelle vaste blague.
- Mais tout le monde fait ça ! Et depuis toujours ! se justifia un ancien, à la fois frustré d’être découvert et anxieux quant à la suite.
- Plus maintenant, répliqua sèchement le Kazekage. Je vous annonce la dissolution immédiate du Conseil Supérieur. 
- Vous n’en avez pas le droit, clama un ancien, outré.
Sasori eut un rire sec, glacial.
- Et vous, vous aviez le droit de me faire assassiner ? Vous tous ici présents, exceptés Deidara, Ebizo et Kankuro, êtes coupable de haute trahison envers le village avec plusieurs chefs d’accusation. D’autant plus que ce n’est pas la première fois, vous aviez déjà essayé d’éliminer Gaara après la mort du quatrième du nom.
Il y eut des murmures. Comment pouvait-il savoir cela ?
- Et maintenant vous faites la même chose avec moi. Quand est-ce que la fonction de Kazekage a-t-elle perdu son prestige pour être manipulée ainsi par des vieux dignitaires ambitieux et incompétents ? Gaara était prévenant, il comprenait votre tentative, il l’a pardonnée. Je ne suis pas lui.
Le silence se fit lourd. Certains conseillers ouvrirent la bouche dans l'optique de se défendre mais Sasori, revenu devant son propre siège, leva la main, intimant par ce simple geste le silence.
– Je ne veux pas vous entendre davantage. J’aurais pu comprendre votre peur de laisser un ancien criminel de rang S aux commandes de l'une des cinq grandes nations. J’aurais pu aussi comprendre que vous n'ayez pas confiance en moi. Mais ce n’était pas le problème au fond, vous êtes des hypocrites. Je n'étais pas votre ennemi. Vous avez attenté à ma vie, à présent, je le suis. Votre erreur a été d'engager des assassins de ce pays. C’était trop facile pour moi de l’apprendre.
Il se permit d'offrir un sourire des plus malsains aux politiciens.
– Que voulez-vous, j'ai toujours été un peu trop paranoïaque, et j’ai du mal à lâcher la bride quand il s’agit de mon entourage, alors je m’assure de tout savoir.
Un bref rire clair, léger, tout aussi effrayant que son rictus, suivit sa phrase. Le silence était passé de pesant à sinistre. Son sourire disparut aussi vite qu'il n'avait fleuri sur ses lèvres.
– Votre plus grande faute a été de croire que je n'allais pas le découvrir. Vous connaissiez pourtant ma réputation. Et pourtant, vous m'avez sous-estimé. C'est pourquoi vous ne ressortirez pas de cette pièce vivants.
Cette sentence, annoncée avec une froideur spontanée, sonna comme une certitude. Les conseillers étaient blêmes. L'un d'eux, plus courageux que les autres, prit la parole.
– Vous allez nous tuer, Maître Kazekage ?
De nouveau, Sasori sourit, posant ses yeux ambrés sur l'homme.
– Mais c'est déjà fait, susurra-t-il d'une voix doucereuse.
Les politiciens échangèrent un regard inquiet. Puis, l'un d'eux étouffa une exclamation en remarquant le filet de sang qui s'échappait de son nez. D'autres virent le liquide écarlate s’échapper de leurs oreilles ou même de leurs yeux. Le maître marionnettiste saisit de nouveau son gobelet, un sourire éclatant sur le visage.
– Nous avons trinqué ensemble, rappelez-vous.
Il but lentement une gorgée avant de reporter son regard sur les conseillers qui agonisaient dans la terreur.
– Oh, bien sûr, ne vous fiez pas au fait que je boive également. Comme si le poison pouvait m'affecter.
Au moment où il reposa son verre, tous rendirent leur dernier souffle. Kankuro et Ebizo ne savaient quoi dire. Deidara lui, éclata de rire.
– Tu as toujours aimé rendre les choses dramatiques et spectaculaires, affirma-t-il à son acolyte.
Ce dernier ignora la remarque avant de reprendre comme si rien ne s'était passé.
– Kankuro, j'aimerais que tu rejoignes officiellement le nouveau conseil de Suna. Ton point de vue m'importe en tant que jeune de la nouvelle génération. Ebizo et toi serez mes deux appuis politiques.
– Entendu, accepta le jeune homme.
– Si tu es d'accord, j'aimerais aussi que tu diriges la section des marionnettistes. Je veux qu'elle se développe encore, et ton expérience ne sera que profitable.
– Cela me convient.
Le nouveau Kage se tourna vers son grand-oncle.
- Je voudrais que le prochain conseil ne réunisse pas seulement des personnes de mon choix, organise une campagne dans le village, que la population élise des représentants et représentantes de tout âge, de toute catégorie sociale, pour que tout le monde ait un droit de regard et de parole dans les futures décisions.
Ebizo acquiesça, puis il laissa ses yeux se poser sur les corps affalés sur les chaises tout autour de la table.
– Sasori, tout ceci était-il nécessaire ?
– Oui, répondit le Kazekage. Je veux être sûr que personne ne trahira Suna pour son propre profit. L’ère des politiciens véreux est terminée.
Il se leva alors, et, sous le regard d'un Deidara hilare, il commença à quitter la salle en prononçant une dernière phrase.
– J'enverrais quelqu'un nettoyer tout ça, soyez tranquilles. 

 

Chapitre 23 : La brume s'élève

Le dieu de la destruction et du mal observait le monde mortel à travers l’eau de la fontaine. Son antre était plongée dans l’obscurité, mais le petit étang devant lui était lumineux, et il servait d’écran pour admirer l’humanité. Il pouvait choisir où, qui, et cela n’importe quand. Un bruit de pas dans son dos attira son attention, et un sourire fleurit sur ses lèvres.
- Pourquoi m’as-tu fait venir Jashin ? Nous n’avons pas parlé depuis bien des années.
L’interpellé tourna son corps rachitique pour regarder dans les yeux son invité. Ce dernier ne fut pas impressionné par l’aura effrayante qui se dégageait  de lui, ni par le jaune vif de ses iris. La divinité observa l’air serein de son interlocuteur, ses yeux marrons avec des éclats orangés qui ne montraient aucune surprise, ses bras croisés, son air strict et ses cheveux bruns aux reflets bleus attachés derrière son crâne bien que les mèches aient un effet éclaté tout autour de son visage.
- Oh, salut Ryuusa, c’est vrai que ça fait un bail, sourit le dieu. Tu tombes au bon moment, je pense que le spectacle auquel j’assistais dans le monde humain va t’intéresser.
Il se décala pour laisser l’homme s’approcher. Ce dernier avança et fit glisser son regard sur la surface de l’eau, constatant ce que l’autre observait avec tant d’attention. 
- Regarde qui vient d’être nommé Kazekage… Qu’est-ce que cela te fait de voir le type qui a tué l’imminent troisième du nom que tu as été prendre la place ?
L’ancien Kage eut un bref rire devant la provocation et susurra, plus à l’écran aquatique qu’à son hôte.
- Oh, petit scorpion, te voilà donc rendu là…
Il se tourna alors vers le dieu.
- Je ne suis pas surpris. Déjà enfant, il avait attiré mon attention, il était pressenti pour me succéder. Tu te rends compte, il est devenu chûnin à huit ans, un vrai petit prodige. Et sa puissance est loin d’être sa seule qualité. Même si jeune, il était…
Il eut de nouveau un rire.
- C’était déjà un sacré phénomène. 
Jashin le regarda, curieux.
- Il t’a buté, tu as du te sentir trahi non ? Je m’attendais à ce que sa nomination t’agace. Tu as été surpris quand il t’a tué ?
Le troisième Kazekage haussa les épaules.
- Oui et non, pour les deux questions. Il a essayé plusieurs fois de me tuer, il me détestait. J’ai été un Kage trop tyrannique, et lui était un rebelle. Je savais qu’il pouvait me trahir si je laissais la moindre opportunité alors j’ai été encore plus strict avec lui. Cependant, j’ai tout de même été un peu surpris, tout d’abord parce que je pensais l’avoir assez bien dressé pour qu’il n’ose plus s’en prendre à moi, et ensuite, parce que je me croyais encore plus puissant que lui quand il a réussi. Quel dommage… Tu m’as fait venir parce que tu pensais m’agacer avec la nouvelle, voilà qui est décevant, je m’attendais à plus vicieux de la part du dieu du mal et du chaos.
Le dieu eut un rire sec, et il leva son bras squelettique pour poser sa main sur l’épaule de son invité, utilisant l’autre pour ramener ses longs cheveux blancs en arrière d’un geste nonchalant.
- Ce n’est pas pour cette raison que je voulais te voir, Ryuusa. Je me suis dit que cela pourrait être amusant, pour toi comme pour moi, de te renvoyer dans le monde mortel ? 
Le troisième Kazekage haussa les sourcils.
- La réputation était donc vraie, tu rends la vie à certaines personnes… Mais n’est-il pas question de jouer son retour aux dés ?
- Pour toi mon ami, le passage est offert. Je pense que le divertissement de ta confrontation avec Sasori sera prodigieux…
Ryuusa eut un rire sinistre.
- Oh, tu n’imagines pas pas à quel point, susurra l’ancien Kage. Je vais lui faire payer si cher son insubordination…
Jashin se concentra quelques instants avant de froncer les sourcils.
- Je ne parviens pas à transférer ta conscience dans ton corps. Il y a un problème. La dernière fois que c’est arrivé, c’était pour Nagato Uzumaki, parce qu’Itachi l’avait transpercé par l’épée de Totsuka lors de la guerre. Son corps est désormais scellé définitivement, ce n’est pas un simple sceau. Toutefois, j’ai pu le transférer dans les six corps de Pain qui avaient été conservés. 
- Je vois. Le fait que Sasori ait transformé mon corps en marionnette doit être la raison alors.
Le dieu secoua la tête. 
- Non, ce n’est pas ça. Lui aussi était un pantin, utilisé par Kankuro, et cela n’a rien empêché… Et les ninjas scellés durant la dernière guerre ne m’ont pas non plus posé de problème. Non c’est autre chose.
Il se pencha vers la surface de l’étang.
- Montre-moi le corps du troisième Kazekage.
L’eau se troubla, puis le pantin de Sasori apparut, le regard vide, délaissé sur le plan de travail de l’atelier du marionnettiste. 
- Ah oui, voilà l’explication, regarde sous le col du vêtement, il y a un sceau qui empêche le corps d’accueillir une âme. Je l’ai sous-estimé, il est très prévoyant, il ne sait pas comment je m’y prends, ni que c’est moi puisque leurs souvenirs d’ici disparaissent une fois ressuscités, mais il a compris que je n’agis que sur les âmes, et il a trouvé comment bloquer un corps. Il a élaboré une technique spécifiquement pour cela. Ingénieux. Et très paranoïaque. Il n’a décidément pas du tout envie de te revoir.
Les deux partagèrent un rire. Le regard de Ryuusa se posa sur l’image de son ancien corps, simple jouet inanimé. Il était déçu de ne pas pouvoir revenir, mais il admira les précautions prises par son meurtrier. Il susurra doucement, un sourire énigmatique aux lèvres.
- Oh, Sasori, tu as toujours été… si intense… Tu redoutes à ce point de me revoir après toutes ces années ?

⁂

L'homme marchait sous la pluie battante. Il n'était pas venu ici depuis très longtemps, pourtant, il se sentait chez lui. Le shinobi savait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne soit repéré, qu'il avait des comptes à rendre à beaucoup de personnes, mais il était serein. La mort est une épreuve qui change fondamentalement une personne. Rien ne lui semblait aujourd'hui plus important qu'autre chose. Deux hommes apparurent soudainement devant lui, l'air méfiant, et il s'arrêta.
– Ainsi, toi aussi tu es revenu, commença l'un des shinobis.
Il hocha la tête, attentif.
– Tu comprends bien que tu ne peux pas te pointer ici et faire comme si de rien était, continua l'homme. Tu vas devoir nous suivre, nous allons t'amener à la Mizukage, elle décidera de la suite.
– J'accepte, obtempéra l'intrus avec une étrange docilité.
Les deux ninjas escortèrent le renégat à travers la ville, jusqu'à arriver dans le bâtiment qui comprenait le bureau de la dirigeante. Arrivés devant la porte, les deux gardes demandèrent la permission d'entrer en toquant. La voix féminine de Mei Terumi leur répondit.
– Entrez !
Les trois hommes obéirent et les yeux de la cheffe de Kiri s'écarquillèrent quand elle vit qui se tenait devant elle. D'un geste de la main, elle congédia ses deux soldats pour rester seule avec le nouveau venu. Un silence planant s'installa dans la pièce.
– Je ne m'attendais pas à te revoir ici, Zabuza.
Le concerné esquissa un sourire derrière les bandages qui couvraient son visage.
– Je ne suis pourtant pas le premier à revenir de ce que j’ai compris.
– Je voulais dire, à Kiri.
– Oh. Et bien pour être honnête, je suis assez surpris moi-même. Mais les temps ont changé. La dernière guerre et ma dernière vie, si on peut la nommer ainsi, m'ont permis de prendre du recul sur tout ça.
La Mizukage sourit à son tour.
– Et quelles conclusions en as-tu tirées ?
– Je n'ai plus pour convictions de m'opposer à ce que ce monde a construit. La société contre laquelle j’étais en colère n’existe plus. Combattre Kakashi de Konoha m'a fait voir les choses sous un nouvel angle, et mourir deux fois également. J'aimerais renouer avec mon village. La brume sanglante n'est plus, tu as prouvé tes capacités à diriger Kiri, je ne veux plus combattre les miens.
La cheffe de la cité hocha la tête. Elle aimait ce qu'elle entendait. Elle avait entendu parlé des actes du renégat avant sa mort, ainsi que de son combat contre le ninja copieur lors de la guerre. Zabuza était un homme changé, qui avait su se remettre en question tout en restant le shinobi fort qu'il avait toujours été.
– Je n'y vois pas d'inconvénient, affirma-t-elle alors. Mais tu devras prouver ta loyauté.
Il hocha la tête.
– As-tu des questions concernant ce monde ou les temps présents ? Ou quoi que ce soit ?
– Oui j'en ai une, répondit le ninja de la brume. Pas sur le monde toutefois, c'est plus personnel.
Il fit une pause et plongea ses yeux dans ceux de Mei.
– Où est Haku ?

⁂

Il était quelque peu déçu de ce qu'il voyait. A chaque fois qu'il renvoyait une personne, celle-ci était supposée renverser les choses, causer le trouble. Hors, les uns après les autres, ils s'intégraient simplement à la vie banale et quotidienne. Et cela l'ennuyait. Il voulait se divertir, il voulait voir le feu et le sang. Les évènements ne lui plaisaient pas, et pourtant il ne pouvait rien faire. Il ne pouvait agir que depuis ce lieu, et il était limité. Il fallait simplement qu'il trouve les bonnes personnes. Il avait pourtant cru que l'Akatsuki serait l'organisation idéale pour cette tâche, mais il avait oublié que les criminels avaient trouvé leur rédemption avec la mort. Seul Hidan aurait pu le contenter, si ses souvenirs étaient restés, mais il ne se rappelait pas et était retenu par le nouveau leader du groupe, et par son équipier, c’était frustrant. Il devait trouver autre chose. Un son attira son attention derrière lui et il se retourna. Un homme s'approchait de lui. Grand, à la musculature développée et impressionnante, la peau bronzée et des marques noires tatouées sur le visage, soulignant le bas de ses yeux pour descendre en pointe le long de ses joues. Un autre ligne ébène longeait le milieu de son menton pour glisser jusqu'à son cou. Le nouveau venu avait des cheveux massifs, couleur de l'onyx, qui remontaient de sa nuque jusqu'en haut de son crâne pour ensuite défier la gravité à l'aide de longues mèches hirsutes. Son visage était fin, mais ponctué d'une expression assurée qui frôlait l'arrogance. Ses iris écarlates brillaient d'une lueur amusée, donnant à son regard une intensité forte.
– Et bien, Jashin, susurra-t-il d'un air doucereux. Surpris de me voir ?
Un rictus tordit le visage du dieu du mal, creusant un peu plus ses joues.
– En effet, Hachiman, je ne m'attendais pas à ta visite.
Les deux divinités se jaugèrent un instant du regard. Ils étaient très différents. Jashin aussi était grand, mais il ressemblait plus à un squelette vivant. Son corps élancé était rachitique, effrayant. Pourtant, il n'avait pas l'air faible ou malade, une grande dangerosité se dégageait de sa stature. Ses yeux étaient jaunes vifs, brillants et entourés d'un noir profond, comme des cernes immortelles. Ses cheveux étaient d'un blanc immaculé qui semblait irréel, longs et lisses, attachés d'une pince à l'arrière de son crâne.
– Que vient faire le grand dieu de la guerre dans mon humble demeure ?
– Ne te joue pas de moi avec tes paroles mielleuses, Jashin, renchérit aussitôt le nouveau venu. Je te surveille depuis quelques temps, je sais ce que tu as fait. Les autres dieux ne s'intéressent pas assez au monde des humains pour le voir, mais je ne suis pas comme eux.
– Oooh, roucoula alors Jashin avec un sourire carnassier. Tu vas me dénoncer alors ? J'ai été très vilain moi...
Hachiman répondit d'un rire clair.
– Non, au contraire, j'adore ce que tu essaie de faire. Et j'ai bien compris que tu avais du mal à parvenir à tes objectifs. Tu es le seul parmi nous à pouvoir envoyer des âmes sur ce monde et à accepter de le faire. C'est pourquoi j'ai un marché à te proposer.
– Je t'écoute.
Le dieu de la guerre plongea ses iris dans ceux de son homologue.
– Lorsque le moment sera venu, envoie-moi sur terre. Et je t'offrirai le chaos que tu recherches tant.
Jashin le fixa un instant, puis un rictus étira ses lèvres. Il avait enfin trouvé une solution à son problème. 

 

Chapitre 24 : Réunion

Les cinq Kages s'observaient en silence. Ils étaient tous réunis dans la salle du conseil de Suna. C'est dans le village des sables qu'ils avaient choisi de se réunir, afin de souhaiter la bienvenue au nouveau chef de village, mais aussi pour s'assurer directement sur les lieux que tout se passait bien. Certains éprouvaient encore une méfiance mesurée à l'égard de Sasori. D’autant plus après avoir appris qu’il avait éliminé les membres du Conseil Supérieur. La trahison de ces derniers avait été rendue publique, et tous avaient été choqués d’apprendre les crimes des politiciens, qu’ils soupçonnaient depuis qu’Ebizo leur avait raconté leur prise de pouvoir à la disparition de Gaara, toutefois, la décision radicale et criminelle de leur nouveau Kage les inquiétait. A une époque où la violence et la cruauté n’étaient plus utilisées en politique, mettant fin aux régimes stricts comme il y en avait eu à Konoha lors de l’éradication du clan Uchiha ou à Kiri lors de la Brume Sanglante, Suna s’apprêtait-elle à devenir la nouvelle cité des horreurs ?
La réunion avait commencé quelques minutes auparavant. Si Mei, Minato et Darui avaient échangé quelques mots avec bonne humeur, Onoki lui se contentait de fixer le Kazekage avec insistance, comme s'il attendait l'instant fatidique où le marionnettiste ferait preuve d’un signe de monstruosité. Ce dernier avait bien noté l'attention particulière que lui portait le Tsuchikage, toutefois il prenait soin de l'ignorer.
– Maître Kazekage, lança alors Mei d'un ton clair, maintenant que vous êtes à la tête de votre village, quelle utilisation faites-vous de l'Akatsuki ? C'est une question qui nous préoccupe depuis notre dernière réunion, avant votre nomination, nous aimerions avoir votre avis pour pouvoir juger notre position concernant l'organisation.
Les pupilles ambrées de Sasori se posèrent sur la Mizukage, et il répondit d'une voix grave et tranquille, bien que très froide, comme à son habitude.
– Les membres de l'Akatsuki continuent leurs missions, elles ont simplement changé d'objectifs. Nous acceptons les primes comme avant, remplissons des contrats, toutefois, nous avons placé des limites à ce que nous faisons. Nous avons des valeurs morales à respecter, notamment sur le droit international, et nous pouvons également agir sur d'autres domaines si la paix ou la cohésion des nations se retrouvent menacées. Pour être plus précis et concrets, nous prenons la plupart du temps des avis de recherches de ninjas renégats considérés comme dangereux et menaçants pour le monde. Je comprends que la question vous intéresse étant donné nos actions passées, et c'est pourquoi j'ai répondu, cependant je tiens à rester clair sur un point, nous sommes ici réunis en tant que Kages. Je parle au nom de Suna, l'Akatsuki n'a pas a être mise en cause dans nos discussions, excepté si ses agissements peuvent être utiles à l'alliance. Pour le reste, si l'un de vous souhaite engager notre organisation par la suite, cela se verra en privé avec moi  dans un contexte plus approprié.
Un silence répondit à sa tirade. Onoki le fusilla du regard, contrarié par son assurance qu'il jugeait déplacée. Il hésita à parler, et le maître marionnettiste tourna la tête vers lui, plongeant ses iris glacials dans les siens. Le Tsuchikage chargea ses yeux de menace et prit la parole.
- Tu fais preuve de bien d’arrogance Sasori, nos questionnements sont pourtant légitimes. Tu devrais simplement répondre en toute transparence, sinon, nous pourrions ne pas te donner le vote de confiance qui rend la fonction de Kage officielle.
Le marionnettiste esquissa un léger sourire, et son regard brilla d’un éclat amusé.
- Le vote de confiance des Kages n’a jamais été décisif dans la nomination d’une personne, quand il a été créé, il s’agissait juste d’un moyen de pression des nations les unes sur les autres. Maintenant qu’il y a l’alliance, vous n’avez pas vraiment de raison de vouloir vous concurrencer. Cela dit, j’apprécierais ne pas être pris pour un imbécile qui ignore les coutumes politiques, ce vote a disparu depuis la dernière guerre ninja, et ni Darui, ni Minato à son retour, ne l’ont obtenu.
Pris au piège de son mensonge, le doyen se renfrogna et ne renchérit pas.
– Étant donné le climat de paix qui règne en ce moment, enchaîna Darui calmement pour apaiser les tensions, y-a-t-il d'autres sujets à aborder tant que nous sommes réunis ?
– En effet, assura alors l'Hokage avec un sourire. J'ai reçu il y a peu des nouvelles d'Hashirama Senju, premier du nom. Il était parti en compagnie de Madara dans le but de créer un nouveau village loin des grandes nations. Il compte bientôt inaugurer cette cité, nommée Kurayanami. Et il me semble que nous y serons tous conviés, les invitations ne devraient pas tarder. Toutefois, Madara ne sera pas présent. Il a choisi de voyager en solitaire pour des raisons personnelles, et selon les dires d'Hashirama, il ne s'agit pas de quelque chose d'inquiétant.
Onoki poussa une exclamation scandalisée.
– Rien d'inquiétant ? siffla le vieil homme, agacé. Mais vous êtes tous aveuglés ma parole ! Depuis la dernière guerre, vous faites comme si ce monde n'avait plus rien à redouter. Pourtant, c'est l'Akatsuki que nous avons affrontée ! C'est Madara qui a bien failli tous nous tuer ! Il est parti sans aucune surveillance explorer le monde, qu'est-ce qui nous assure qu'il n'est pas en train de préparer sa revanche ?! Entre lui, et le pouvoir que vous donnez sans réfléchir à des individus dangereux, vous êtes une belle bande d'inconscients !
Les Kages se tournèrent tous vers Sasori pour voir sa réaction, puisqu'il était totalement visé par les paroles du doyen. Le maître marionnettiste se contentait d'observer en silence, sans afficher d'expression. Il ressemblait à une poupée inerte, et si ses paupières n'avaient pas cligné à fréquence régulière, il aurait presque semblé mort.
– Personnellement, répondit enfin Minato après un long silence, je me fie à Hashirama. Après tout, il est celui qui connaît le mieux Madara. Il peut le vaincre, mais aussi prévoir ses actions. Tant qu'Hashirama ne sera pas inquiet, je me fierais à son jugement.
Les autres semblèrent approuver. La figure du premier Hokage était rassurante pour tous ceux qui connaissaient sa renommée.
– J'ai également une chose à vous révéler, intervint alors Mei. Il y a quelques jours, une nouvelle résurrection est apparue à Kiri. Un ancien renégat. Zabuza Momochi. Il a apparemment abandonné ses ambitions destructrices et souhaite revenir au sein du village. Il est pour l'heure encore sous surveillance et je compte m'assurer de ses intentions au fil du temps, mais je souhaitais vous avertir honnêtement de son retour.
Les autres acquiescèrent simplement, et la Mizukage reprit la parole après un instant.
– Maître Hokage, vous pouvez remercier Kakashi Hatake pour son implication dans le changement de Zabuza.
Minato lui adressa un sourire sincère tout en hochant la tête. La réunion se termina peu de temps après, et les dirigeants quittèrent la salle. Sasori resta assis un moment, laissant ses invités partir. Les yeux clos, les coudes posés sur la table et les mains jointes sous son menton, il réfléchissait. Une respiration qui n'était pas la sienne attira cependant son attention. Ses paupières s'ouvrirent et il vit le Tsuchikage, près de lui, qui le fixait. Ils étaient seuls dans la pièce, et le silence était pesant. Onoki fut le premier à parler.
– Ne crois pas que tu sauras m'avoir comme tu as déjà séduit les autres Kages. Je sais qui tu es, je ne te ferai jamais confiance.
Sasori le fixa un instant puis il se leva lentement et vint combler la distance qui le séparait du vieil homme. Il répondit d'une voix calme, glaciale mais très douce.
– Je n'ai que faire de ton avis à mon égard. En revanche, il serait temps de cesser ces piques futiles lors de nos rencontres, nous devons coordonner cette alliance.
– Tu te prends déjà pour le chef de cette dernière ?
– Non, je ne fais que le nécessaire pour Suna.
- Suna est tombé bien bas, alors, pour confier son sort à une vulgaire marionnette.
Le doyen avait bien vu le nouveau corps de son interlocuteur, mais il le provoquait.
- En tant que ninja et Kage, tu devrais être bien placé pour savoir que tous les shinobis sont les pantins des instances de pouvoir, répliqua le leader de l’Akatsuki. Quand ce n’est pas aux employeurs qu’on obéit, c’est à notre village, et quand ce n’est pas au village, c’est au seigneur de notre pays.
Las de la conversation, le jeune Kazekage commença à marcher vers la porte pour partir. La voix de son aîné retentit dans son dos.
– Pourquoi n'essaies-tu pas de me convaincre de tes bonnes intentions Sasori ? Comme tu l'as fait pour les autres ?
Son ton était railleur, et il le mettait au défi. Toutefois, le ninja des sables se contenta de lui jeter un regard ennuyé par dessus son épaule.
– Et pourquoi faire ?
Onoki parut surpris de la réponse, mais déjà, le marionnettiste continuait.
– Tu as raison tu sais. Je suis le même homme qu'autrefois. J'ai peut-être changé d'objectifs, ainsi que ma façon de faire, mais je ne me considère pas pour autant comme quelqu'un de bien. Si cela peut t'aider, déteste-moi, méfie-toi de moi, de mes paroles ou de mes actes. Cela n'a aucune espèce d'importance.
Et sur ces propos, le jeune homme quitta la salle, laissant le Tsuchikage seul. 

 

Chapitre 25 : Le choix du champion

Le village était festif. Les gens présents discutaient, buvaient, dansaient et s'amusaient dans une ambiance agréable alors que le soleil disparaissait doucement à l'horizon. Hashirama observait cela avec un sourire satisfait. La cité qu'il avait bâtie avec Madara était terminée, et même si son ami n'était pas là, la fête restait une réussite. Par égard pour l'Hokage légendaire, les cinq dirigeants des nations ninjas étaient tous venus pour l'inauguration de Kurayanami, la nouvelle commune. Mei Terumi était en pleine discussion avec le Tsuchikage et le Raikage, Minato discutait avec une villageoise en riant et Sasori était adossé à un mur, observant les gens sans prendre part aux festivités. Hashirama ne lui en tint pas rigueur, et il se dirigea vers le trio pour participer activement à la conversation. La météo était douce, pour la saison, le printemps n'était pourtant pas censé arriver avant de longues semaines, mais la température était agréable. Le Kazekage songeait à partir, mais il sentit soudainement une ombre au dessus de lui. Il leva les yeux et tomba sur le visage souriant d'un grand blond.
– Est-ce que tu prends un verre, maintenant que tu es presque humain ? demanda gentiment Minato en lui tendant un gobelet rempli de whisky. Enfin, peut-être que tu ne bois pas, je ne sais pas si tu tiens ou non ou l’alcool ?
Sasori attendit quelques secondes avant de saisir le récipient.
– Je peux boire ce que je veux, l'alcool ni aucune substance dans ce monde ne peut avoir le moindre effet sur mon corps la plupart du temps.
– Comment ça se fait ?
– Et bien, ce corps n'a pas de sang dans ses veines, mais un poison de ma conception. Les produits de ce monde ne peuvent pas impacter un tel liquide. Il n'y a pas de globules rouges, rien ne pourrait empoisonner l'intérieur donc, puisque cette enveloppe charnelle est déjà plus toxique que tout ce qui existe.
Minato le fixa un instant, interdit.
– Oh, dit-il simplement sans savoir comment réagir.
Sasori avala une lente gorgée de whisky, pendant que son interlocuteur réfléchissait à ses propos.
– Donc, reprit lentement le blond, tu ne peux pas être bourré, ou drogué ? Tu as dit « la plupart du temps », il y a des circonstances où ces caractéristiques peuvent changer ?
 Le Kazekage pencha légèrement la tête, hésitant à répondre, car cela lui semblait être une faiblesse. 
– Et bien, tout dépend du contexte et de mon état, dit-il lentement. Je ne suis pas insensible à la fatigue, même si j’ai une meilleure endurance que les êtres humains et moins de besoins vitaux à satisfaire, comme le fait de se nourrir ou de s’hydrater. J’imagine que je pourrais éventuellement concevoir des substances capables de m’impacter avec mes connaissances en chimie aussi, c’est une question de formule à doser.
L’Hokage parut fasciné par l'information. Sasori n’avait pas dit tout ce qu’il avait remarqué sur sa nouvelle enveloppe, par prudence. Il avait déjà fait quelques tests, sans aller jusqu’à ses limites, et il savait que plus sa santé se détériorait, par la fatigue ou des éventuelles blessures, plus il redevenait sensible aux substances, ou aux techniques de genjutsu, comme si son système immunitaire dépendait de son énergie. Ce secret, cette faiblesse, il n’avait pas l’intention de la partager. Inconscient de ses pensées, le blond poursuivit.
- Ta prise de fonctions s’est bien passée ? Tu as eu l’occasion d’échanger avec le seigneur féodal du pays du vent ?
- Oui, pour l’instant c’est beaucoup d’administratif. Je vais à la capitale la semaine prochaine pour le voir. 
Minato acquiesça et sortit de sa poche son paquet de cigarettes, il en sortit une avant de l'allumer, puis il tendit la boîte au marionnettiste.
– Je suppose que tu ne peux pas être touché par les risques mortels de ça non plus ?
Sasori saisit une clope lentement tout en répondant avec flegme.
– En effet, ça ne me fera rien. Mais je n'ai jamais essayé pour être honnête.
– Mieux vaut tard que jamais.
Le jeune homme aux cheveux écarlates esquissa un sourire très furtif avant de coincer le bâtonnet de tabac entre ses lèvres. Minato leva son briquet pour lui allumer la cigarette.
– Tu n'as qu'à inspirer profondément pour emplir tes poumons, lui dit-il simplement.
Sasori tira alors une première taffe, laissant la fumée s'infiltrer en lui, avant de souffler lentement. Il avait toujours refoulé ses émotions, au point même de détruire son humanité en même temps que son corps. En vain, puisqu’elles l’avaient rattrapé à la fin, lors de son combat contre sa grand-mère et Sakura. Depuis qu’il pouvait de nouveau ressentir, il lui était plus difficile de les faire taire, particulièrement l’anxiété face à tous les évènements qu’il n’était pas en capacité de contrôler. Inspirer le tabac avait un effet apaisant qu’il n’avait pas anticipé. Le blond le fixa avec un sourire.
– Alors ?
Les iris ambrés du ninja de Suna se posèrent sur lui.
– C'est particulier. Mais je crois que j’aime cette sensation.
L'Hokage sourit encore plus.
– Bienvenue chez les êtres humains, et leur créativité indétrônable en addictions létales.
Les deux hommes échangèrent un regard amusé, complice des prémices d'une amitié qui se formait lentement, malgré la réserve de l'un d'eux.

⁂

Hachiman était penché sur le monde. Depuis sa dernière conversation avec Jashin, il regardait les actions de l'humanité. Le dieu de la guerre n'avait jamais vraiment accordé son attention aux êtres inférieurs. Il s'était contenté de juger leurs conflits, de les influencer parfois, mais il ne s'agissait que d'actions ponctuelles. Seulement, pour réaliser son plan, il devait mieux les connaître. Il s'était donc placé près de l’étang de l’antre de Jashin, et il observait. Plusieurs êtres humains l'intéressaient, mais un en particulier avait su capter son attention. Et depuis deux jours, il épiait ses faits et gestes avec beaucoup de minutie. Un sourire éclatant étira alors ses lèvres, et il se passa une main dans les cheveux d'un geste désinvolte. Il avait trouvé son champion. Se relevant enfin, il se dirigea sans perdre une seconde vers la pièce de vie principale du dieu de la destruction. L'homme rachitique aux cheveux blancs était allongé avec nonchalance sur un divan, et il regardait le plafond de sa caverne. A son arrivée, il leva son visage squelettique vers le nouveau venu avant de sourire.
– Hachiman, tu t’ennuies déjà de regarder les êtres humains ou bien je te manquais ?
L'autre roula des yeux sans toutefois cacher son air amusé.
– C'est bon Jashin, j'ai trouvé ma cible.
– Oh ? s'étonna la divinité, je pensais que tu aurais eu besoin de plus de temps.
– Et bien il se trouve que parmi les âmes que tu as ramenées pour ton amusement personnel, une est tellement intéressante que dès que je l'ai vue, je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir une volonté spontanée d'en faire mon jouet. Alors vas-y, envoie-moi là bas, et je t'offrirais le chaos que tu recherches.
Les deux hommes échangèrent un regard complice débordant de destruction. Jashin laissa sa langue humidifier ses lèvres asséchées. Il avait hâte d'assister au spectacle.
– Mais bien sûr, je vais t'y envoyer, susurra-t-il en réponse, mais avant, puis-je savoir quelle est cette âme qui a conquis aussi vite le dieu de la guerre ? Qui est donc cet élu divin qui va ouvrir la porte de tous les massacres ?
Hachiman se permit un rire clair qui résonna longuement dans toute la pièce avant de répondre simplement.
– Minato Namikaze. 

 

Chapitre 26 : Possession

Minato était seul dans son bureau. La nuit avait commencé depuis déjà plusieurs heures, et le bâtiment central de Konoha était maintenant désert. Le dirigeant était resté plus longtemps pour travailler. Il avait besoin de se plonger dans les dossiers pour éviter de laisser son esprit se perdre dans des réflexions qui pourraient être désagréables pour lui. Le jeune homme avait toujours connu une réelle stabilité, mais, depuis sa résurrection, il se confrontait à l'inconnu, au doute et à l'inquiétude. Il soupira, las de cette sensation. Quelqu'un toqua alors à la porte, et il autorisa la personne à entrer. Mais personne n'ouvrit la porte. Pensant que son invité imprévu n'avait pas entendu, le Kage se leva, il traversa la pièce pour saisir lui même la poignée, et la tourner.
– Oui ?
Il se figea. Il n'y avait personne derrière. Le blond s'avança légèrement et il regarda des deux côtés du couloir, mais l'endroit était vide. Il était pourtant sûr d'avoir entendu frapper. Minato retourna dans son bureau, perplexe, avant de refermer la porte. Une respiration s'éleva alors dans son dos et il fit volte face. Devant lui se tenait un inconnu. L'homme était vraiment grand. Ses cheveux noirs étaient massifs, et sa peau hâlée était tatouée de marques noires à divers endroits de son visage. Minato plongea alors dans un regard rouge sang débordant d'amusement. Aussitôt, sans qu'il puisse se l'expliquer, l'Hokage ressentit une grande méfiance envers son visiteur improbable, tout comme il sentit son aura, d'une puissance exceptionnelle.
– Bonsoir, Minato, murmura d'une voix grave l'homme.
– Qui êtes-vous ? demanda alors le ninja de Konoha avec une politesse mesurée.
L'homme sourit, puis il répondit.
– Je m'appelle Hachiman. Je suis le dieu de la guerre.
Le jeune Kage afficha un air perplexe. Les dieux n'étaient pas beaucoup célébrés dans le monde shinobi, pour la simple raison que les êtres humains savaient d'où ils tiraient leurs capacités et d'où ils venaient. Les religions diverses n'avaient qu'un impact mineur sur leurs vies, exceptés pour ceux et celles qui y dédiaient leurs vies dans différents temples.
– Euhh... hésita le blond après un instant de silence.
– Je te sens sceptique, s'amusa son interlocuteur.
– Bah, c'est à dire que... Un dieu, c'est pas commun...
– Tu ne me crois pas ?
– Après tout ce que j'ai vu, la mort y compris, si, je te crois. Mais je me demande quelles sont tes intentions.
Hachiman eut un sourire étrange.
– Là dans l'immédiat, prendre possession de ton corps. Sur le long terme, me servir de toi pour répandre le chaos sur cette terre, rien de bien nouveau je sais, mais je suis irrésistiblement attiré par la mise en scène, que veux-tu, on est un dieu ou on ne l'est pas...
Minato fronça les sourcils, oubliant la prévenance diplomatique qu'il avait d'abord affichée.
– Tu penses vraiment que c'est une bonne idée de venir me provoquer au centre même de Konoha ?
Le rictus du dieu se tordit encore plus tandis qu'il susurrait enfin.
– Oh tu sais, moi je suis quelqu'un, j'adore le risque...
Aussitôt, Minato se mit en garde, prêt à combattre, mais son adversaire disparut sans qu'il ne puisse le suivre. Le jeune dirigeant regarda autour de lui, guettant le moindre signe qui trahirait la présence de son ennemi. Un mouvement attira alors son attention dans son dos et il fit volte face, apercevant enfin une légère brume noire, il voulut reculer mais la fumée presque invisible fut plus rapide, le shinobi la sentit traverser son corps et s'infiltrer en lui. Il se crispa pendant qu'une présence s'insinuait dans son esprit comme dans son corps. Il lutta pour la dégager, repoussant tout ce qui était étranger à son être. Ses cheveux blonds commencèrent à noircir sur les racines, puis ses yeux, couleur océan, se teintèrent de rouge écarlate.
– Sors de là... siffla l'éclair jaune de Konoha.
Un rire lui répondit ; un rire qui n'existait qu'à l'intérieur même de sa tête. Minato se concentra, et lentement, ses cheveux reprirent leur teinte initiale, et ses iris retrouvèrent la couleur de l'azur. Il se laissa tomber à genoux, le souffle court et prit le temps de comprendre tout cela. Il avait cru faillir, mais il avait finalement senti la présence du dieu se rétracter. Il soupira, soulagé. Minato se redressa alors, observant les alentours de la pièce pour voir si son ennemi était toujours là, mais il était bel et bien seul. Sur sa main gauche, à l'auriculaire, se tenait maintenant une bague dorée. Le jeune homme voulut l'inspecter, mais il ne parvint pas à la retirer. Voilà qui était d'autant plus surprenant.

⁂

Ses yeux ambrés étaient tournés vers la vitre, il regardait simplement le sable se faire balayer par le vent, légèrement plus violent que de coutume. Une tempête approchait. Dans son bureau, Sasori était resté à travailler plusieurs jours, sans voir personne. Quelqu'un toqua alors à la porte et il tourna ses pupilles froides vers cette dernière.
– C'est ouvert, répondit-il de son habituel air inanimé.
Ebizo entra alors dans la pièce, refermant derrière lui. Il plongea son regard dans celui du jeune marionnettiste et fut une nouvelle fois déconcerté par l'absence de sentiments qui y flottait.
– Bonjour Sasori, comment vas-tu ?
– Comme d'habitude, répondit ce dernier à sa façon, cassant et direct.
– Tu es resté enfermé longtemps, et tu ne vois personne, je m'inquiète un peu.
– Tu ne dois pas, je suis mieux seul.
Ebizo pinça ses lèvres, peu convaincu. Il regarda alors le bandeau de Suna rayé du jeune homme, qui était posé sur le bureau.
– Tu as gardé ton bandeau frontal rayé ? Je croyais que Gaara t'en avait offert un nouveau...
Sasori suivit le regard de son grand-oncle et il tira de sa poche un objet identique, dont le symbole du village était cette fois intact. Ebizo plongea alors dans les iris d'or de l'artiste, si intenses et pourtant tellement glacials. Le Kazekage répondit alors avec désinvolte.
– Ce n'est pas parce que j'ai changé que j'ai oublié qui j'étais.
Sans savoir quoi répondre, le vieil homme lui glissa de faire attention à lui, et il quitta la pièce. Le marionnettiste fixa alors les deux bandeaux. Lentement, son esprit rejoua une scène qui datait de quelques temps, avant que Gaara ne disparaisse dans la nature sans laisser le moindre indice.

⁂

Il venait de terminer sa mission, et alors que la nuit était déjà avancée, il toqua à la porte du bureau. La voix de son cadet lui dit d’entrer, ce qu’il fit. Il savait que le dirigeant de Suna ne dormirait pas à cette heure tardive, Gaara n’avait plus son démon en lui, mais il restait insomniaque avec la pression de son rôle. Le jeune homme était occupé à observer le ciel noir depuis le balcon du bureau, la baie vitrée ouverte. Le marionnettiste traversa la pièce pour le rejoindre dehors.
- Tu es déjà rentré de ta mission ? demanda le Kazekage, surpris.
Sasori lui tendit simplement un rouleau, qu’il prit et ouvrit, le lisant rapidement.
- Je te remercie, encore une fois, tu es redoutablement efficace.
Le marionnettiste s’accouda à la rambarde, Gaara posa alors son regard sur lui. Il avait l’air fatigué, il enchaînait des missions, des réunions pour améliorer les stratégies du village, la création de pantins pour la section des manipulateurs, et ses propres projets, dont le jeune dirigeant ne savait pas grand chose, mais qui devait prendre beaucoup de son temps. Il remarqua alors le bandeau sur le front du leader de l’Akatsuki. 
- Tu as porté le symbole de Suna pendant ta mission.
- Il semblerait.
- Je peux demander pourquoi ?
Sasori tourna la tête vers lui, et les rayons de la lune firent briller le métal.
- Disons que je suis fier de le porter cette fois. Grâce à toi, je me sens loyal à ce village, plus que je ne l’ai jamais été.

 

Chapitre 27 : Doutes

Tobirama étudia minutieusement le rapport qu'il avait sous les yeux. Il fronça les sourcils. Depuis quelques jours, les choix de Minato avaient drastiquement changé, et cela ne lui ressemblait pas. Il fallait qu'il lui parle. L'ancien Hokage se leva pour quitter la pièce où il travaillait, prenant les dossiers avec lui. Il rejoignit le bâtiment principal et longea les couloirs jusqu'au bureau de celui qu'il voulait voir. Avec politesse, il frappa à la porte, et ne l'ouvrit qu'après avoir reçu l'aval du propriétaire des lieux. Il trouva le dirigeant de Konoha confortablement installé derrière le meuble, les pieds posés sur les dossiers ouverts et une cigarette entre les lèvres.
– Bonjour Minato, tout va bien ?
– Salut Tobirama, répondit le blond avec un sourire, oui et toi ?
Le frère Senju se contenta d’un hochement de la tête. Il s'approcha du bureau et lui montra les documents qu'il avait emportés.
– Je suis en train de consulter les rapports de ces quelques jours, et il fallait que j'en discute avec toi, tu as fait des choix bien différents de ton habitude.
Minato se redressa et saisit les dossiers pour les consulter avec sérieux.
– En effet, cela ne fait pas de mal de changer les habitudes.
– Certes, répliqua le second Hokage, mais permets-moi de douter de certaines décisions, les répartitions des missions et des équipes sont très ambitieuses, je pense que cela pourrait coûter sur le succès des opérations, en plus d'être plus dangereux.
Minato plongea ses iris océans dans le regard écarlate de son interlocuteur, soucieux.
– Et bien, nos ninjas sont compétents, je leur fais confiance... Tu trouves vraiment cela inconscient ?
– Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est inconscient, mais c'est très risqué. Enfin bon, c'est toi l’Hokage, mais je voulais t'en toucher un mot pour être sûr. Je te laisse, j'ai encore du travail.
Le shinobi légendaire récupéra ses papiers et il quitta le bureau. Minato fixa longuement la porte refermée, un éclat rouge passa dans ses prunelles azur, et un sourire se dessina sur ses lèvres. Lentement, il murmura, d'une voix plus grave que de coutume.
– Oh, moi, je suis quelqu'un, j'adore le risque...

⁂

Tobirama soupira lorsqu'il quitta le bâtiment. Son entrevue avec Minato le laissait perplexe. Il aperçut au loin une silhouette qui se dirigeait vers lui et reconnut le prodige de la famille Uchiha, Itachi. Ce dernier s'inclina avec respect devant lui.
– Bonjour Tobirama. Pourrions-nous parler ?
– Je t'écoute.
Le jeune shinobi plongea son regard dans celui du second Hokage.
– Je voudrais votre avis sur un projet auquel j'ai pensé. Puisque vous êtes chargé de diriger la police du village, il me semble important d'avoir votre approbation en premier lieu. Voilà, depuis quelques temps, nous sommes nombreux à revenir à la vie, et si tout semble merveilleux pour l'instant, rien ne dit que ce n'est pas inquiétant pour l'avenir. Je suis heureux d'être vivant, ne vous méprenez pas, mais soyons honnêtes, ni vous ni moi ne devrions être ici.
– Ce n'est pas faux, approuva Tobirama avec gravité.
– C'est pourquoi j'aimerais partir du village quelques temps, le temps de trouver des informations sur cet étrange phénomène, et aussi, j'aimerais chercher mon ancien partenaire de l'Akatsuki, Kisame. Seul il est dangereux, mais si je parviens à le convaincre de revenir dans l'organisation, il peut être un allié précieux.
Le second Hokage réfléchit un instant, avant d'approuver d'un mouvement de tête.
– Oui ça me paraît judicieux.
– Je suis content d'avoir votre accord, continua Itachi, je vais aller en parler avec l'Hokage à présent.
Alors qu'il dépassait son interlocuteur pour se diriger vers le bâtiment principal, le cadet des Senju lui agrippa le bras pour le retenir.
– Je vais me charger de l'avertir pour toi Itachi, j'en prendrai la responsabilité ne t'en fais pas. Je pense que tu devrais plutôt mettre le temps que tu as à préparer ce qu'il te faut pour cette mission qui sera probablement assez longue, et aussi, pour aller avertir ta mère.
D'abord incertain, le jeune homme acquiesça finalement, Tobirama avait raison, il fallait qu'il en parle à Mikoto. L'Uchiha s'inclina alors et il partit en direction de sa maison, sous le regard écarlate du second Hokage. Celui-ci jeta un regard en hauteur vers l'édifice qui accueillait le bureau du dirigeant de Konoha. Sans qu'il ne puisse l'expliquer, il avait un étrange pressentiment à propos de Minato, et il préféra rester méfiant concernant le départ de l'ancien nukenin.

⁂

Le jeune homme terminait de rassembler les affaires nécessaires à sa mission lorsqu'il entendit la porte claquer. Il descendit les marches pour rejoindre le salon et faire face à la personne qui venait d'arriver. Mikoto posa les sacs de courses sur la table en levant les yeux vers son fils aîné. Puis elle vit la grande sacoche qu'il descendait, et son regard se teinta d'une ombre mélancolique.
– Bonsoir maman, commença Itachi en s'avançant. J'ai parlé avec Tobirama Senju aujourd'hui, je pars en mission. Je ne sais pas combien de temps je serai absent, mais il est possible que ce soit assez long.
La kunoichi sourit doucement.
– Je suis à peine revenue à la vie, mon fils cadet était déjà parti pour travailler, et maintenant on m'enlève aussi mon aîné...
Itachi voulut répondre mais elle le devança.
– Inutile de t'expliquer, je sais bien que c'est le devoir des shinobis. Je suis fière de vous deux, même si vous me manquez quand vous êtes loin de moi. Va Itachi, et fais ce que tu as à faire. Mais sois prudent, je t'en prie.
Le shinobi hocha alors la tête avant de sourire.

⁂

Sasori était accoudé à la barrière qui encerclait le toit du bâtiment principal du village. L'endroit même où, il y a peu de temps, il avait été fait Kazekage devant la population. Le soleil se couchait à l'horizon avec une lenteur qui teintait le ciel d'une couleur orangée. Un mouvement dans son dos attira son attention, sans toutefois le faire réagir, et Deidara vint se poster près de lui.
– Encore tout seul à ruminer ?
– Pourquoi est-ce que tu viens encore m'agacer ? T’as pas autre chose à faire ?
Le blond fit la moue.
– Oh voyons, tout de suite des insinuations. Rien n'a évolué depuis l’époque de notre rencontre ? Tu me vois toujours comme un gamin insupportable ?
Sasori le regarda un instant.
– Si je réponds oui, ça fait quoi ?
Deidara croisa les bras, indigné.
– Un jour je vais vraiment t'exploser, t’es un sale con !
Le Kazekage tourna la tête vers le paysage, un étrange sourire sur les lèvres.
– Oh, mince, t’es piqué, dit-il avec insolence. Tu peux pas me tuer, te fatigue pas.
Deidara se redressa pour faire face au jeune marionnettiste, les iris océans colériques. Ce dernier leva la tête pour soutenir son regard, pas plus déstabilisé par la menace du blond que par sa taille plus élevée que la sienne. Il avait grandi depuis sa résurrection, et cela ne semblait pas encore être terminé.
– Ne me tente pas, je pourrais essayer, affirma alors le plus jeune.
Il ne parlait pas sérieusement, mais ils avaient toujours communiqué ainsi, leur relation se basait sur le conflit et la complémentarité. Le marionnettiste soutint son regard, gardant juste son léger sourire qui exaspérait Deidara. Ce dernier ne rajouta rien, et il tourna les talons. Tandis qu'il repartait d'où il était venu, Sasori reprit la parole, le visage de nouveau tourné vers l'horizon.
– Bien sûr que ça a changé, tu es aujourd'hui la personne à qui je confierais ma propre vie sans hésiter.
Le blond eut l'air surpris, mais un sourire qu'il ne contrôla pas illumina son visage, et il quitta les lieux avec un étrange sentiment de satisfaction. Enfin, il était reconnu par son équipier.
 

 

Chapitre 26 : Démasqué

Le seigneur du pays du vent sourit en voyant le nouveau Kazekage. Il le reconnaissait, il l’avait rencontré quand ils étaient tous deux adolescents, le ninja de Suna avait été engagé par son père, le précédent dirigeant, pour des missions. Il connaissait la réputation de Sasori, mais il était arrogant, son géniteur l’avait fait obéir, alors il ne doutait pas un instant d’avoir le même pouvoir sur lui. D’autant plus maintenant que l’ancien criminel s’était rangé du côté des ninjas et de l’alliance. Il avait l’intention de lui montrer qu’il lui était supérieur, et en tous points. Qu’il soit devenu Kage ne changeait rien, leurs positions étaient les mêmes qu’autrefois, lui était noble, il méritait sa place. Sasori lui serait docile comme il l’avait été plus jeune avec son père, et il comprendrait qui était aux commandes du pays du vent. Quand la porte du salon se referma, les isolant, il posa sur le marionnettiste un regard confiant.
Quelques heures plus tard, le seigneur quitta la pièce, blême. Sasori, derrière lui, n’affichait aucune expression, comme à son habitude. Se plaçant face au noble, il inclina légèrement la tête en signe de respect, ignorant son air inquiet.
- Tenons-nous au courant des évènements, pour que notre nation reste unie, dit-il avec calme.
Le seigneur tressaillit, comprenant l’ordre implicite.
- A votre convenance, maître Kazekage.
Le jeune homme aux cheveux rouges lui tourna le dos pour partir, convaincu qu’il ne serait plus sous-estimé par son interlocuteur. Il devait cependant rentrer à Suna au plus vite. Il avait un étrange pressentiment. 

⁂

Minato était occupé dans son bureau, un sourire satisfait sur le visage. Tout se passait comme il l'avait prévu. Bientôt, il pourrait passer à la suite de son plan, détruire ce monde, comme il l'avait promis à Jashin. En fond de son corps, la conscience du quatrième Hokage était encore présente. Il était maintenu prisonnier de sa propre enveloppe charnelle. Hachiman avait pris le contrôle de son être, et le blond ne pouvait qu'assister, horrifié, à ce qu'il préparait lentement. Il avait l'impression d'être un insecte immobilisé dans une toile d'araignée, voyant le monstre s'approcher lentement, mais sûrement, de lui. La porte s'ouvrit alors sur Tobirama qui paraissait contrarié.
– Minato, qu'est-ce que ça veut dire encore ? demanda-t-il en levant un dossier.
Hachiman leva un sourcil.
– Tu pourrais être un peu plus précis ?
– Envoyer une équipe de genins menés par un chûnin à peine promu pour une mission de rang A ? Tu as perdu la tête ?
– Je ne vois pas le problème.
Tobirama vint poser ses main sur le bureau, plongeant ses iris dans ceux, d’un bleu azur, de son interlocuteur.
– Le problème, Minato, c'est que Konoha possède un service de répartition des missions de sorte à ne mettre en danger aucun shinobi dans la mesure du possible. Et toi depuis plusieurs jours, tu envoies des équipes irrégulières pour des voyages dangereux sans consulter personne, et ce sont de choix plus que risqués ! Enfin Minato, tu n'as jamais été aussi irresponsable !
Un sourire étira les lèvres du blond, et un éclat rouge brilla dans son regard. Tobirama se figea alors. Avait-il bien vu ? Cela expliquerait beaucoup de choses. Lentement, il articula.
– Je trouve que tu es très étrange depuis quelques temps, alors... Permets-moi de te poser une question.
– Je t'écoute, répondit aussitôt Hachiman en souriant.
Les yeux du second Hokage se plissèrent.
– Qui es-tu et qu'as-tu fait de Minato ?
Un long silence lui répondit, interrompu par un rire bruyant et démentiel.
– Et bien, reprit le blond avec amusement, je ne pensais pas être démasqué aussi vite. Comment as-tu su ?
– Minato est un excellent Hokage, ce qui n'est pas ton cas. Tu n'as pas répondu à ma question.
Hachiman pencha la tête sur le côté, provocateur.
– Et bien en réalité, tu en as posées deux. Mais je suis fort sympathique, alors je vais répondre aux deux. Mon nom est Hachiman, je suis le dieu de la guerre envoyé par Jashin pour semer le chaos afin de combler son ennui mortel, et le mien par la même occasion. Minato est enfermé dans son propre corps, que je contrôle avec grand plaisir.
Tobirama se mit en garde.
– Dans ce cas je vais te vaincre et aviser pour le libérer.
– Mais quel prétentieux, tu te crois vraiment de taille à affronter un dieu.
Le second Hokage disparut aussitôt, réapparaissant près de son ennemi, un kunaï en main. L'arme étant emplie de chakra, le coup s'annonçait brutal et puissant. La divinité s'écarta soudainement pour éviter l'attaque, et ce fut la fenêtre qui explosa à sa place. Hachiman éclata de rire tandis qu'il se laissait entraîner dehors à travers la vitre brisée, pour atterrir souplement au sol, près du bâtiment central de Konoha. Tobirama le suivit aussitôt, enchaînant les assauts à son encontre. Les forces combinées de la légende Senju et du dieu guerrier causèrent de brutales explosions autour d'eux, et rapidement, les villageois fuirent tandis que les shinobis, désorientés, ne savaient comment réagir. Fallait-il les séparer, ou bien l'un des deux était à neutraliser ? Ils n'en avaient aucune idée. Après de longues minutes, les deux adversaires s’éloignèrent pour se juger, et tous purent voir le changement sur le quatrième Hokage. Ses cheveux blonds avaient viré au noir, et ses yeux étaient écarlates. Un sourire dément barrait son visage tandis qu'il fixait Tobirama. Ce dernier regarda les ninjas autour de lui avant de clamer.
– Minato a été possédé ! Prévenez immédiatement l'alliance et l'Akatsuki, je vais le retenir, mais nous aurons besoin de renforts. Que personne ne l'attaque de front, il est bien trop puissant pour nous !
Avec ces nouvelles directives, certains shinobis partirent vers l'édifice pour contacter d'urgence les autres villages pendant que d'autres restaient en retrait, près à seconder le cadet des Senju. Une silhouette apparut près de lui. La chevelure grise, le regard concentré, le visage masqué.
– Je vais vous aider à l'affronter, affirma Kakashi.
Tobirama hocha la tête.

⁂

Dehors, le combat faisait rage avec violence, mais les shinobis de Konoha étaient courageux. Pendant que certains appuyaient le second Hokage et Kakashi, d'autres ninjas s'étaient rassemblés dans une salle spacieuse à l'intérieur du bâtiment principal.
– Est-ce qu'on est sûrs que cela va marcher ? demanda un homme, peu rassuré. Nous n'avons fait que quelques expérimentations jusque là.
– On est sûrs de rien, répliqua la kunoichi chargée d'organiser les choses, mais nous n'avons pas le choix. Nous avons besoin d'aide.
La Mizukage, le Raikage et le Kazekage ont reçu notre appel à l'aide et sont prêts à essayer cette technique. Sasori des Sables Rouges a également ordonné à certains membres de l'Akatsuki de se préparer.
– Entendu.
Ils préparèrent de gigantesques sceaux à l'intérieur de la pièce, puis, de nombreux ninjas se positionnèrent à distance égale les uns des autres. D'un même geste, ils effectuèrent plusieurs mudras avant de poser leur paume devant eux. Une lumière éclatante illumina la salle et quand elle se dissipa, Mei Terumi, Sasori, Darui, Deidara, Hidan et Kakuzu étaient au centre. Les nouveaux venus ne perdirent pas un instant de plus et ils sortirent se joindre au combat. La situation leur avait été expliquée, il fallait immobiliser Minato, mais sans causer de dégâts sur lui. Hachiman, furieux, sortit les kunaïs de son hôte et insuffla à l'intérieur un chakra électrique avant de les envoyer envers ses adversaires. Et dans la foulée, il effectua un jutsu, et une pluie d'électricité tranchante s'abattit tout autour de lui. Tobirama invoqua une gigantesque vague pour protéger les shinobis, et Mei cracha de la lave sur l'ennemi, qui l'esquiva. Hachiman sentit alors une morsure sur sa jambe et il baissa le regard pour voir un serpent d'argile enroulé autour de lui, les crocs plantés dans sa chair. Deidara leva sa main, prêt faire exploser l'animal de sa conception mais Sasori cria.
– Ne blesse pas le corps de Minato, Dei !
Frustré, il abandonna l'idée de faire sauter le reptile et se contenta de raffermir sa prise sur la jambe du dieu. Le Kazekage, minutieux, lança quelques-uns de ses pantins pour bloquer les bras de l'homme possédé. Aussitôt, les alliés profitèrent de l'occasion pour se précipiter sur la divinité guerrière. En travaillant ensemble, en ajustant leurs attaques les unes par rapport aux autres, ils finirent par attacher solidement l'ennemi grâce aux fils de Kakuzu qui bloquaient le chakra divin tout en le maintenant fermement immobile. Les ninjas étaient pour la plupart essoufflés. Hachiman, lui, criait de rage.
– Que faisons-nous pour libérer Minato maintenant ? demanda Kakashi, inquiet.
Le ninja copieur essayait en vain de retirer la bague étrangère sur le doigt de son ancien maître. Mais le bijou était coincé et impossible à retirer. Tobirama fronça les sourcils, puis il fixa Sasori qui rangeait ses marionnettes dans un parchemin.
– Le Kazekage et moi allons chercher un moyen de sceller le dieu pour qu’il sorte du corps de Minato. S'il y a d'autres spécialistes des sceaux ici, venez avec nous pour travailler là dessus.
Il laissa son regard glisser sur les personnes présentes. Hidan leva la main, ouvrant la bouche pour parler, puis la baissa finalement. Kakuzu lui donna un coup de coude avant de lui murmurer.
– Laisse tomber, toi à part de l'emmerdement, t'es un spécialiste de rien du tout.
Le second Hokage poursuivait déjà.
– Les autres, mettez-le à l'intérieur dans une cellule, et gardez le à l’œil. Maîtres Mizukage et Raikage, merci pour votre aide, j'espère que vous pourrez rester le temps que nous trouvions une solution.
Les deux concernés hochèrent la tête. Sasori s'apprêtait à suivre Tobirama quand une voix l'interpella.
– Bah et moi je fais quoi ? demanda Deidara.
Le Kazekage le lorgna d'un regard par dessus son épaule.
– Ce que tu veux, à part des explosions ou des idioties.
Le blond fit la moue à cette réponse, et il tira la langue à son acolyte qui repartait en lui tournant le dos. 

 

Chapitre 29 : Scellé

Les deux Kages faisaient des recherchent depuis plusieurs jours. Enfermés dans la bibliothèque de Konoha, ils étudiaient tous les documents qui parlaient de la pratique du sceau. Si Tobirama se permettait de temps en temps de s'absenter quelques heures afin de dormir ou se nourrir, Sasori n'avait pas de genre de contraintes, il restait donc dans la salle gigantesque à éplucher les ouvrages en attendant le retour du Hokage. Ils auraient avancé plus vite s’ils avaient pu travaillé avec Minato, tous trois étant des grands spécialistes des sceaux, mais le dieu captif conservait son emprise sur l’Éclair Jaune de Konoha. Le marionnettiste posa le livre qu'il feuilletait et en saisit un autre, qu'il ouvrit avant de laisser ses yeux parcourir les pages avec rapidité. Au bout de quelques minutes de silence, il s'approcha de Tobirama.
– On devrait essayer cette technique, dit-il. Nous ne savons pas quelle influence nous avons sur un dieu. Avec celle-ci, nous pourrons constater directement de la réussite ou de l'échec de notre tentative.
Le cadet Senju se pencha sur ce que le Kazekage lui tendait, lisant avec attention.
– Oui, c'est une méthode complexe. Mais à deux, ce sera plus simple et moins long.
Les deux hommes quittèrent les lieux, rejoignant les prisons de Konoha pour entrer dans la cellule dans laquelle Hachiman était enfermé et surveillé. Il était placé dans une pièce particulière, enchaîné au centre et placé immobile. Il hurlait depuis sa captivité, scandalisé par le traitement des mortels sur un être divin comme lui. Tobirama et Sasori commencèrent à tracer des inscriptions sur le sol, tout autour du prisonnier, qui était de plus en plus en colère.
– COMMENT OSEZ-VOUS ?! Vous devriez vous mettre à genoux devant moi ! Je suis immortel !
– Oui c'est ça, lança froidement Tobirama au bout d'un moment. L'immortalité n'est pas exceptionnelle de nos jours.
Il désigna Sasori d'un mouvement de tête.
– Regarde-le. Tu lui donnes une vingtaine d’années mais il en a bien plus. Presque quarante si je ne me trompe pas.
– Trente-cinq, informa Sasori en continuant de préparer le sol.
– Alors tu vois, Hachiman. On se fiche bien de toi, et de ton essence divine. Tu nous as attaqué, tu en paies le prix.
Le dieu fixa un instant Sasori, les yeux plissés. Pendant leurs recherches pour le sceller, les deux Kages lui avaient rendu visite plusieurs fois, pour l'étudier, et si Tobirama répondait vite avec agressivité à ses paroles, le ninja de Suna lui ne lui avait jamais adressé la moindre parole. Il n'aimait pas être ignoré. Se sentant observé, le leader de l'Akatsuki leva la tête, plongeant ses iris ambrés dans ceux, écarlates d'Hachiman. Il détourna ensuite le regard pour fixer le second Hokage.
– Tu es prêt ?
– Oui.
Hachiman les regarda tour à tour.
– Prêt à quoi ? Qu'est-ce que vous allez faire ? Je suis un dieu, ne pensez pas que vous arriverez à m'avoir !
– Nous t'avons déjà eu, répliqua Tobirama. Mais pour ton information, puisqu'il est impossible de retirer ta bague du doigt de Minato, nous allons te sceller dedans, cela contiendra ta conscience et tes pouvoirs. Si nous te laissons retourner dans ton monde, rien ne nous dit que tu ne reviendras pas.
Lui et Sasori se placèrent chacun d'un côté, et ils effectuèrent divers mudras. Pendant de longues secondes, leurs mouvements synchronisés s'enchaînèrent pendant que le détenu hurlait sa rage, puis, ils posèrent chacun une paume sur le corps possédé, et, lentement, les cheveux noirs laissèrent place au blond, le bleu de ses iris revint briller doucement. Le quatrième Hokage convulsa violemment et bientôt, il redevint comme avant. Le souffle court, il balaya la pièce du regard, perdu. Tobirama lui posa alors une question dont lui seul pouvait connaître la réponse, et le détenu la donna, il sourit.
– Bon retour parmi nous, Minato. Tu nous as fait peur.
Le Kazekage, qui voyait que la situation était réglée, prit la porte pour partir, mais un cri du blond retentit.
– Sasori !
L'homme aux cheveux rouges tourna la tête pour le regarder.
– Merci, sourit le quatrième Hokage pendant qu'un ninja le détachait enfin de ses liens.

⁂

Sasori remonta avant d'aller dehors, puis il marcha jusqu'à se trouver près du lac de Konoha, s'asseyant sur la rive et laissant le bruit de l'eau apaiser son esprit. Il entendit le mouvement derrière lui juste avant que la personne ne s'assoit à ses côtés.
– Alors ça y est, il est scellé ?
– Oui.
– T'as l'air de bonne humeur toi encore.
Le marionnettiste tourna la tête pour fixer son interlocuteur.
– Qu'est-ce que tu veux Deidara ?
– Rien, je n'ai pas le droit de juste venir te parler ?
Sasori ne répondit pas. Il ne savait pas quoi dire. Le blond souffla, vexé.
– C'est pas possible d'avoir un tel caractère de merde.
– Alors pourquoi tu continues de me suivre ?
– Hein ?
Le Kazekage soupira.
– Si j'ai un tel caractère de merde, pourquoi t'es encore là ? T'es toujours là, tu restes à mes côtés, tu m'aides. Pourquoi ?
– Bah c'est évident, c'est parce qu'on est amis maintenant. Enfin je veux dire, on a toujours formé une bonne équipe, et quand on est revenus à la vie, je t'ai suivi par ennui. Mais la vérité Saso, c'est que je trouve qu'on s'entend mieux maintenant. J'ai confiance en toi, et j'apprécie passer du temps avec toi, malgré ton caractère de merde. Je sais pas, quelque chose a changé avec le temps. Pour moi, t'es un ami, un vrai.
– Tu dis ça parce que t'en aurais pas si tu ne me comptais pas.
– Mais t'es un enculé c'est pas vrai ! Je dis un truc sympa et toi t'agis comme un gros con encore !
Sasori eut un sourire amusé, il avait touché juste avec sa pique. Deidara le regarda, et, voyant qu'il s'était fait piéger en réagissant si vivement, il donna un léger coup dans l'épaule de l'homme aux cheveux rouges.
– T'es vraiment chiant.
- C’est l’hôpital qui se fout de la charité.
Le blond rigola, mais il refusa de l'admettre. 

 

 

 

Faudra patienter pour la suite.

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